Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 31 juillet 2008 | Mise en ligne à 14h00 | Commenter Commentaires (2)

    Lars von Trier se lance dans l’horreur

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    Après une comédie absurde sans prétention (The Boss of It All), Lars von Trier s’attaque à un genre inédit dans son oeuvre avec le film d’horreur Antichrist. Le scénario est assuré par von Trier et Anders Thomas Jensen, le scénariste attitré de Susanne Bier (Brothers, After the Wedding). Le récit suit un couple endeuillé par la mort de leur fils qui se rend dans une cabane isolée où se manifestent des «forces sinistres».

    À l’instar de Werner Herzog et David Lynch qui, eux aussi, abordent le genre pour une première fois* avec My Son, My Son, le réalisateur danois est reconnu pour exploiter des thèmes et une mise en scène s’apparentant par endroits au cinéma d’horreur. La notion que von Trier (ainsi que Herzog et Lynch) applique tout son talent et son énergie dans le but de nous effrayer a de quoi faire… peur!

    Pour l’instant, l’on détient très peu d’information sur Antichrist. À part le mini-synopsis, la dépêche de Variety révèle que le film sera tourné en anglais à Cologne et qu’il dispose d’un budget de 11 millions $. Rien sur le casting.

    Ce qui m’intrigue le plus est de savoir quel style von Trier compte employer. S’agira-t-il d’un film austère et naturaliste inspiré du Dogme 95 rappelant Breaking the Waves et Dogville ou d’un film ultra-stylisé évoquant Element of Crime et Europa. Et pourquoi pas un mélange des deux?

    Je garde un oeil sur les mises à jour.

    ***

    Pour ceux qui seraient moins familiers avec l’oeuvre du cinéaste, voici les bandes-annonces de deux films au styles radicalement opposés. Europa (1991) est la conclusion de sa «Trilogie de l’Europe» tandis que Breaking the Waves (1996) entame sa «Trilogie du Coeur d’Or».

    Le changement d’approche envers son cinéma est survenu en 1995 lorsque von Trier a appris que l’homme qu’il considérait comme son père était en réalité son beau-père. Cette révélation troublante l’a amené a rédiger le manifeste du Dogme (surtout connu pour son voeu de chasteté) qui appelle à un cinéma «honnête».

    Europa

    Breaking the Waves

    - La musique dans cette bande-annonce porte à confusion en ce sens que la seule musique d’accompagnement qu’on entend dans le film a lieu lors d’intertitres. Ceci étant dit, Breaking the Waves n’est pas entièrement conforme aux règles du Dogme, Les idiots étant le seul vrai film Dogme réalisé par Lars von Trier.

    * Certains diront que Nosferatu (1979) est un film d’horreur; je le considère plutôt comme un exercice de style en hommage au film de Murnau. En tout cas, Herzog ne l’a pas fait dans l’intention première d’effrayer (enfin, je l’espère!).


    • Element of Crime a longtemps été mon film #1 tout genre confondus. Cependant, en voyant la tangente cinema-verité plus facile empruntée par Von Trier, et surtout en voyant “The humiliated” documentaire sur le tournage des Idiots ou il force ses acteurs a avoir des relations sexuelles non protégées a la camera et va meme jusqua courir apres une actrice qui se sauve toute nue pour continuer de la filmer, j’ai fini par décrocher de ce soi-disant génie.

      J’espere que son film d’horreur reviendra au style d’Element of Crime ou de sa serie télé The Kingdom (la version americaine n’y arrive pas a la cheville).

    • Je dois dire que je suis un fan littéralement « fini » de la trilogie du coeur d’or. J’ai vu tous ses films, même l’étrange Médée qui est apparue en dvd il y a quelques années, mais je n’arrive pas à le trouver aussi bon que dans ces films où il fait passer l’humiliation et le malaise à travers l’écran. On aura raison d’aimer la trilogie d’Europe pour des raisons cinématographiques évidentes, mais la charge émotionnelle qu’il donne au spectateur reste, pour moi, la seule fin de tous les procédés du cinéma. Je me souviens, à la projection de Dancer in the Dark, lorsqu’a résonné le cou de corde final, une femme derrière moi a éclaté si fort en sanglots qu’on aurait pu croire qu’elle venait de perdre sa fille devant ses yeux. J’étais sidéré. Il pousse ses acteurs dans les pires retranchements et son exigence paranoïaque légendaire vaut le détour. Et si ça peut paraître poussé dans les Idiots, c’est aussi PARTICULIÈREMENT réussi dans ce film. Qui n’a pas senti le poil se dresser sur ses bras en voyant les deux amants se déchirer d’amour autour de la voiture du père qui retire sa fille de cette « maison de fous ». Tant qu’à moi, Lars von Trier fait du cinéma d’horreur depuis longtemps, c’est juste qu’on ne l’appelait pas ainsi !

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