Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 28 avril 2008 | Mise en ligne à 16h20 | Commenter Commentaires (2)

    La tristesse du combattant

    Takashi Shimura dans «Les sept samuraïs»

    Takashi Shimura dans «Les sept samuraïs»

    À l’occasion de la sortie de son film Redbelt, l’histoire d’un instructeur de jiu-jitsu brésilien, David Mamet livre une réflexion sur les films de combat dans un essai publié par le New York Times.

    Sans doute plus reconnu pour son oeuvre dramatique (dont The Postman Always Ring Twice, Glengarry Glen Ross et Edmond ont été adaptés au cinéma) que pour ses efforts en tant que réalisateur, Mamet se spécialise dans l’illustration d’univers masculins et acerbes, où les apparences sont souvent trompeuses. L’exploration du monde du combat était quelque peu inévitable pour l’auteur.

    Mamet note une distinction entre le «film d’arts martiaux» et le «film de combat» :

    Fight films are sad. There is nobility in effort, in discipline and, if not in suffering, in trying to live through suffering and endeavor to find its meaning. Redbelt, generically, is a fight film. The martial art film is about opposing strength to strength: two humans compete, and we are allowed to root for the underdog and enjoy his final victory. But the fight film is a celebration of submission, which is to say, of loss. As such, it finds itself on the outskirts of my beloved genre of film noir.

    Le film noir comme une variante bâtarde de la tragédie :

    The punchline of drama is «Isn’t life like that. …» But its elder brother, tragedy, is the struggle of good against evil, of man against the gods. In tragedy, good, and the gods, are proclaimed winners; in film noir, which is tragedy manqué, the gods still win, but good’s triumph gets an asterisk.

    Dans son essai, Mamet cite trois interprétations de «combattants tristes» qui l’ont marqué:

    - Stanislaus Zbyszko dans Night and the City (Jules Dassin, 1950)
    - Takashi Shimura dans Seven Samurai (Akira Kurosawa, 1954)
    - Kola Kwariani dans The Killing (Stanley Kubrick, 1956)

    Voici la scène de combat préférée de Mamet, tirée de Seven Samurai. C’est Takashi Shimuda, le samurai errant témoin du duel, qui l’intéresse particulièrement :

    We see in his face, sad and wise to the point of tragedy, complete foreknowledge of the fight’s outcome and of its purposelessness and of the unutterable folly of humankind.


    • Je suis un fanatique de Kurosawa, à mes yeux le plus grand réalisateur de tout les temps. Dans le clip que vous avez posté on y vois pendant une seconde un des nombreux talent de Kurosawasan: le mouvement de masse.

      J’adore aussi le jeu des yeux: lorsque l’apprentis samurai regarde Shimura et porte ensuite son regard dans la même direction.

      Aucun réalisateur n’a enchainé autant de chef-d’oeuvres sur autant d’années. Et dire que vers la fin de sa vie, il a déclaré que son souhait le plus cher serait de réaliser un film dont il serait réellement fier.

      Ah ces artistes.

    • J’ai toujours aimé Mamet. Spanish Prisoner, The Heist, et un film fin des années 80, House of Games. Mon préféré, sa comédie, une des meilleurs dans ce style, State and Main, scénarisé un peu à la manière Aaron Sorkin et The West Wing…

      Je ne connais par contre rien à sa dramaturgie…

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