Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 23 avril 2008 | Mise en ligne à 1h00 | Commenter Aucun commentaire

    Comment éviter la caricature

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    Dans Forgetting Sarah Marshall, un compositeur de télévision se fait larguer par sa copine (la Sarah du titre) qui est tombée pour une vedette pop britannique, Aldous Snow. Ce dernier apparaît initialement comme un simple bouffon: on le voit dans une vidéo chanter un hit ridicule à saveur écolo, We’ve Got to Do Something. Durant le premier acte, Snow n’est rien de plus qu’une astuce typique de la comédie romantique; le bellâtre nono qu’on aime détester. Lors de sa première confrontation avec le héros au coeur brisé, Peter, on le voit donner nonchalamment une tape sur les fesses de Sarah avant de sincèrement tenter de faire copain-copain.

    Puis, quelque chose d’inusité se produit: Aldous Snow commence à gagner notre sympathie. Lentement mais sûrement, il acquiert une personnalité propre et nuancée. L’évolution de son personnage s’accorde judicieusement avec le point de vue de Peter qui, se remettant de sa peine d’amour, apprend à apprécier son ancien ennemi juré. On ne rit plus de lui mais bien avec lui.

    Mis à part le travail des cinéastes, c’est l’interprétation habile de Russel Brand qui permet d’éviter la caricature. Vedette de la scène humoristique britannique, Brand insuffle une crédibilité inespérée à l’excentrique et narcissique Aldous Snow. Dans la plupart des cas, les acteurs qui incarnent un second rôle dans une comédie en font trop par souci de se faire remarquer. Pas Brand. Il joue de manière très calme, presque effacée. À noter la scène où il gît blessé sur le bord de la plage avec un morceau de corail planté dans la jambe. Alors que d’autres donneraient dans l’hystérie, lui opte soudainement pour le naturalisme, ne semblant que légèrement irrité par la situation. Un minimum de jeu pour un maximum d’effet comique.

    Parrainé par Judd Apatow, Forgetting Sarah Marshall est le dernier d’une série de films très populaires (The 40 Year Old Virgin, Knocked Up) qui exploitent le thème de l’homme-enfant sensible qui, après de dures épreuves impliquant une ou des femmes, finit par passer à la phase adulte. Avec son mélange de vulgarité et de romance à fleur de peau, cette formule connaît beaucoup de succès auprès des deux sexes. Il va sans dire, la Nouvelle Comédie n’est pas du goût de tous. Nostalgiques pour les bonnes vieilles histoires d’amour, David Denby du New Yorker et A. O. Scott du New York Times défendent éloquemment leur position ici et ici.


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