Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Vendredi 22 février 2008 | Mise en ligne à 17h02 | Commenter Commentaires (4)

    Éloge de la stupidité

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    La stupidité est un des thèmes prédominants dans la filmographie des frères Coen. Dans Fargo, un mari engage des criminels de second ordre pour enlever sa propre femme dans l’espoir d’escroquer son beau-père millionnaire. Comme on peut l’imaginer, le plan ne se déroulera pas comme prévu. Autre histoire de kidnapping, autre suite de péripéties loufoques dans The Big Lebowski. Cette fois-ci, un millionnaire dont la fille a soudainement disparu choisit le plus inusité des inspecteurs pour assurer les recherches: le Dude, un chômeur bohème et hirsute adepte de pot et de bowling.

    Dans le numéro courant du New Yorker, David Denby dénote le plaisir qu’ont les Coen à filmer la bêtise humaine:

    What interests the Coens is how foolishly people behave, and how little they understand of what they’re doing. (…) The Coens may be the first major filmmakers since Preston Sturges to exploit the dramatic possibilities of stupidity. (…) In their world, stupidity leads to well-deserved disaster. The Coens spread dark blood on the floor in a spirit of play.

    Selon Denby, l’avènement de No Country for Old Men semble toutefois mettre un terme au traditionnel style sardonique des frangins:

    Stimulated by McCarthy’s tough little sentences, which record action and thought but not sentiment, the Coens have hardened their style to a point far beyond what they accomplished in Fargo. This movie never lets up.

    Dans No Country for Old Men, la stupidité ne forme plus le catalyseur de l’intrigue. Les deux personnages principaux, très alertes et pragmatiques, trouvent toujours des moyens astucieux pour survivre. Un troisième, le shérif incarné par Tommy Lee Jones, assure les réflexions cyniques et misanthropes caractéristiques aux Coen mais le fait de biais, tel un observateur lointain. Seul ce chasseur de prime suave et narcissique interprété par Woody Harrelson (photo) amène une dose de pathétisme existentiel nous rappelant la drôlerie particulière des Coen.

    Les frangins ont-ils épuisé les «possibilités dramatiques de la stupidité» pour de bon ou s’agit-il simplement d’un intermède?


    • Le titre du film, “No Country for Old Men”, fait-il référence au premier vers du célèbre poème “Sailing to Byzantium” de William Butler Yeats (”that is no country for old men”)? Un poème sur la vieillesse et sur l’acceptation de la mort…

    • Le film est superbe. À la fin lorsque le tueur veut acheter la chemise du jeune ado, celui-ci lui répond (à peu près) ” Je vais vous la passer la chemise, je ne veux pas vous la vendre. Je le fais pour vous aider”. Il enlève sa chemise la donne au psychopathe. Celui-ci sort un billet de 1 000 $ et le main dans la main de l’enfant qui finit par le prendre. Peu après on entend les garçons qui se parlent. L’un demande sa part de l’argent. Celui qui a donné sa chemise refuse, il argumente que c’est lui qui a perdu la chemise. Pour moi le message est clair, l’argent corrompt. D’ailleurs toute l’histoire tourne autour de ce thème. En fait, il n’y a que que le psychopathe qui ait des principes !

    • Quand même, il faudrait m’expliquer de quels principes on parle! Non, c’est vrai: le tueur tue la femme de Llewelyn Moss “par principe”, sans aucune raison pratique. Beaux principes!

    • Excellent film, un de mes préférés sans l’ombre d’un doute!

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