Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 4 février 2008 | Mise en ligne à 15h54 | Commenter Un commentaire

    Rambo: tues-en un pour Reagan

    rambo

    Sans grande surprise, le retour au grand écran de John Rambo n’a pas séduit les critiques. Pourtant, accuser le film de manquer de réalisme ou de glorifier la violence, c’est répondre aux mauvaises questions. Au-delà des clichés de film d’action, l’appréciation et la popularité de la franchise Rambo doivent se mesurer à travers son discours idéologique.

    Dans les années 1980, les sanglantes victoires militaires de Rambo ont servi de baume à une génération d’Américains désillusionnés par le dénouement de la guerre au Viet Nam. Le regain de patriotisme engendré par ces exploits fictifs a renforcé l’image d’un autre produit d’Hollywood, Ronald Reagan. L’ancien acteur de série B est devenu, à toute fin pratique, président Rambo. Son allure de leader fort et intransigeant envers ses ennemis plaisait énormément. Le conservatisme était à son apogée.

    Sylvester Stallone rappelle dans une entrevue au Figaro l’influence qu’exerçait son personnage à la Maison-Blanche:

    C’est Ronald Reagan qui, à mon corps défendant, a fait de Rambo un héros républicain. Une autre fois, il me reçoit à la Maison-Blanche en tenue de jogging. Sur son tee-shirt, il avait fait inscrire, «Rambo est un républicain». Une semaine plus tard, il annonce au monde, «j’ai vu Rambo 2 et je sais maintenant comment traiter Kadhafi». Et il a bombardé son palais!

    Aujourd’hui, alors que les États-Unis sont à nouveau plongés dans une guerre qui semble sans issue, quel impact, s’il en est un, le retour de Rambo peut-il avoir dans la psyché collective? La récente obsession des candidats républicains envers Ronald Reagan devrait en principe mousser la popularité de son homologue fictif. Dans un essai publié dans Village Voice, l’historien de cinéma J. Hoberman parle des conséquences d’une éventuelle nomination du héros de la guerre du Viet Nam John McCain:

    Rambo was arguably the great pop icon of the decade-after Vietnam War revisionism that characterized the reign of Ronald Reagan. It’s as though the ongoing political discourse, with some politicians claiming to be the new Reagan and others denying it, had conjured his reappearance: Rambo redux. Stallone knows that if the Republicans nominate action-hero McCain, Vietnam will return—with bells on. And, back on the national agenda, the war will have to be won again.


    • Analyse pertinente. En espérant que ce nouveau Rocky, plus mou que jamais, ne gonflera pas la candidature de John «héros du Vietnam» McCain.

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