Jozef Siroka

Vendredi 26 août 2016 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (100)

Mulholland Drive, le Citizen Kane du 21e siècle?

Mulholland Dr David Lynch

Le vibrant cauchemar de David Lynch situé dans un Hollywood parallèle, à la fois lettre d’amour au cinéma et satire acide de l’industrie, est tout simplement indétrônable. La BBC a publié mardi les résultats d’un sondage international qui le consacre plus grand film du 21e siècle. Début 2010, Film Comment avait mené un exercice d’une ampleur similaire, sondant la communauté critique au sujet de la décennie précédente. Mulholland Drive y a ravi la première marche du podium. Idem chez les Cahiers du Cinéma, la Los Angeles Film Critics Association, IndieWire, Slant Magazine et The Village Voice.

Le chef-d’oeuvre de Lynch jouit aujourd’hui d’une adoration critique qui peut être comparée à celle qu’a vécu Citizen Kane au courant du siècle dernier, si l’on se fie au baromètre Sight & Sound. Cette publication britannique publie à chaque dix ans, depuis 1952, ce qui est considéré comme étant la mère de toutes les listes cinéphiliques. Le classique radical d’Orson Welles y a régné à partir de 1962 jusqu’à 2012, quand il a été délogé par Vertigo.

Il est intéressant de noter à quel point le Top 100 de la BBC – concocté par les avis de 177 critiques – s’accorde avec l’esprit du plus récent Top 50 de Sight & Sound. En effet, seuls deux films sortis au 21e siècle figurent dans ce dernier : In the Mood for Love (24e) et Mulholland Drive (28e); les numéros 2 et 1, respectivement, de la BBC.

25. ​Memento (Christopher Nolan, 2000)
24. The Master (Paul Thomas Anderson, 2012)
23. Caché (Michael Haneke, 2005)
22. Lost in Translation (Sofia Coppola, 2003)
21. The Grand Budapest Hotel (Wes Anderson, 2014)
20. Synecdoche, New York (Charlie Kaufman, 2008)
19. Mad Max: Fury Road (George Miller, 2015)
18. The White Ribbon (Michael Haneke, 2009)
17. Pan’s Labyrinth (Guillermo Del Toro, 2006)
16. Holy Motors (Leos Carax, 2012)
15. 4 Months, 3 Weeks and 2 Days (Cristian Mungiu, 2007)
14. The Act of Killing (Joshua Oppenheimer, 2012)
13. Children of Men (Alfonso Cuarón, 2006)
12. Zodiac (David Fincher, 2007)
11. Inside Llewyn Davis (Joel and Ethan Coen, 2013)
10. No Country for Old Men (Joel and Ethan Coen, 2007)
9. A Separation (Asghar Farhadi, 2011)
8. Yi Yi: A One and a Two (Edward Yang, 2000)
7. The Tree of Life (Terrence Malick, 2011)
6. Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Michel Gondry, 2004)
5. Boyhood (Richard Linklater, 2014)
4. Spirited Away (Hayao Miyazaki, 2001)
3. There Will Be Blood (Paul Thomas Anderson, 2007)
2. In the Mood for Love (Wong Kar-wai, 2000)
1. Mulholland Drive (David Lynch, 2001)

> Consultez le Top 100 de la BBC

En ce qui me concerne, les résultats du sondage me sont fort satisfaisants (il est d’ailleurs inutile de trop s’attarder à analyser ce genre d’exercice, qu’il faut davantage considérer comme déclencheur de discussion que parole d’évangile). Comme tout le monde, je vais y trouver des titres qui me sont désolants; Zero Dark Thirty et Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain se démarquant particulièrement à cet égard. Et, comme le note avec justesse Les Inrocks, je m’étonne franchement de l’absence de la superbe trilogie de la mort de Gus Van Sant (Elephant, Gerry, Last Days). Sinon, pas d’amour pour Grizzly Man, Donnie Darko, Still Walking, Carlos Reygadas, James Gray ou Clint Eastwood?

Mais la présence de petits bijoux qui n’ont pas eu l’occasion de suffisamment briller dans l’imaginaire collectif me fait oublier ces minces tracas. Je pense à The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford (92), Inherent Vice (75), Spring Breakers (74), Before Sunset (73), Fish Tank (65) et surtout 25th Hour (26).

Un seul documentaire s’est frayé son chemin dans le Top 100, et pas le moindre : The Act of Killing (14) de Joshua Oppenheimer, que j’ai hissé au premier rang de mon Top 10 de la présente décennie. La moitié des films que j’ai inclus dans cette liste publiée l’été dernier dans La Presse sont cités par la BBC. En plus de mon No. 1, il y a Carlos (100), Melancholia (43), The Social Network (27) et The Master (24).

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(Les hyperliens mènent à mes critiques)

10) Into the Abyss de Werner Herzog (2011)

Une impression de sérénité tour à tour lugubre et lumineuse enveloppe ce documentaire qui n’est pas tant un compte rendu d’un triple homicide sordide, mais plutôt une méditation poignante sur la mort, le deuil et cet impératif instinct de survie qui caractérise les êtres humains, peu importe les circonstances.

9) The Master de Paul Thomas Anderson (2012)

L’oeuvre la plus énigmatique du cinéaste surdoué. On s’attendait à une critique en règle du culte de la Scientologie, et l’on a en fin de compte obtenu une expérience bien plus enrichissante: un tour de force de cinéma total, visuellement et musicalement enivrant, doublé d’un duel d’acteurs qui marquera l’histoire.

8) Melancholia de Lars von Trier (2011)

Beaucoup ont vu dans l’approche de l’enfant terrible du cinéma européen la célébration d’une philosophie nihiliste. Au contraire, son «film magnifique sur la fin du monde» – comme il aime le décrire – est une profonde affirmation de la vie, qui est néanmoins intrinsèquement liée à l’acceptation de notre propre mortalité.

7) The Social Network de David Fincher (2010)

Aaron Sorkin, scénariste de ce portrait libre et controversé du créateur de Facebook, a parfaitement résumé le talent de son réalisateur: ses scènes de personnes qui discutent informatique sont aussi excitantes que des vols de banque. On apprécie également la fine mélancolie infusée dans ce récit sur un Charles Foster Kane de l’ère 2.0.

6) Carlos d’Olivier Assayas (2010)

Probablement le film d’auteur le plus divertissant de la décennie jusqu’à maintenant. On parle ici de 339 minutes d’intrigue internationale explosive sans aucun temps mort. Dans la peau d’Ilich Ramirez Sanchez, ce terroriste notoire qui se voyait comme un noble révolutionnaire, Edgar Ramirez nous happe par son charisme magnétique.

5) Bellflower d’Evan Glodell (2011)

Un ovni à la fois naturaliste et impressionniste, sincère et irrationnel, exerçant un lyrisme de la souffrance puisé à même une profonde peine d’amour, la vraie, l’apocalyptique. L’urgence de la survie et l’urgence de la création artistique ne font qu’un dans cette production férocement indépendante dotée d’un budget de 17 000$.

4) Beasts of the Southern Wild de Benh Zeitlin (2012)

Une démonstration des plus habiles de réalisme magique, dans laquelle une fillette vivant dans un bayou post-Katrina se sert de son imagination fertile afin de sublimer sa situation miséreuse. Des performances extrêmement authentiques de la part de non professionnels, le tout agrémenté de notes panthéistiques candides que ne renierait pas Terrence Malick.

3) Poetry de Lee Chang-dong (2010)

Le titre du film invite à une question: lorsque tout s’écroule autour de nous, comme c’est le cas pour la protagoniste, une semi-retraitée dont le petit-fils a commis l’impensable, le seul salut n’est-il pas de partir à la découverte de la poésie contenue dans notre quotidien prosaïque, aussi élusive soit-elle?

2) Tinker Tailor Soldier Spy de Tomas Alfredson (2011)

Une oeuvre d’une élégance et d’une intelligence hors du commun, qui transcende le genre du polar, en conjuguant son intrigue d’espionnage avec le mystère de la condition humaine. Une superbe distribution d’acteurs britanniques qui allie vétérans aguerris (Gary Oldman, John Hurt) et jeunes premiers (Benedict Cumberbatch, Tom Hardy).

1) The Act of Killing de Joshua Oppenheimer (2012)

Un documentaire d’une audace inouïe, aussi meta que constructif, qui part à la rencontre de bourreaux impénitents de l’époque des massacres anticommunistes en Indonésie. Ces génocidaires idolâtrés dans leur pays se transforment devant la caméra en héros de films de série B, la force du cinéma les mettant brutalement face à leurs péchés.

(De retour le 6-7 septembre)

À lire aussi :

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Mercredi 24 août 2016 | Mise en ligne à 18h00 | Commenter Commentaires (30)

Ben-Hur : le public chrétien n’a pas suffi

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Même les prières les plus pieuses ne pourront sauver Ben-Hur du désastre financier dans lequel il s’est engouffré. La superproduction co-financée par Paramount et MGM a récolté un maigre 11 millions $ au box-office lors de son premier week-end d’exploitation. Le film serait en voie de perdre 100 millions $, c’est-à-dire l’équivalent de son budget (excluant les frais de marketing), selon ce papier de Variety. On parle sans surprise du plus gros flop de la saison estivale, mais aussi d’une blessure auto-infligée déconcertante.

La triste performance de Ben-Hur était cependant écrite dans le ciel, si l’on se fie aux nombreux analystes qui se sont amusés à déconstruire cette énième adaptation du roman de Lewis Wallace. Après Gladiator et son demi-milliard $ de recettes mondiales, il y a 16 ans, le genre du péplum n’a pas réussi à susciter un intérêt renouvelé. Kingdom of Heaven, Exodus: Gods & Kings, Gods of Egypt, Noah, Seventh Son ou The Immortals ont tous perdu de l’argent, ou accumulé de modestes profits.

Paramount et MGM ont commis deux importantes erreurs. La première : présumer que l’histoire saura se répéter. Publié en 1880, l’ouvrage de Wallace, Ben-Hur : A Tale of the Christ, est devenu le best-seller numéro 1 du XIXe siècle en Amérique du Nord. S’en sont suivis une pièce de théâtre à grand déploiement qui a fait une tournée nationale qui s’est étalée sur 21 ans, ainsi que trois films qui ont chacun battu des records de coûts de production, mais aussi de profits (le long métrage le plus connu aujourd’hui, celui de William Wyler sorti en 1959, est devenu à l’époque le 2e film le plus lucratif après Gone With the Wind).

Les gens sont probablement au courant de l’héritage de Ben-Hur, mais ça ne veut pas dire qu’il ont automatiquement envie d’en voir une nouvelle mouture, suggère Scott Mendelsohn de Forbes. Le fameux brand awareness a ses limites, et dans ce cas-ci il a créé de la «suspicion» plutôt que de l’intérêt. Le film n’a pas non plus été capable de fournir des «facteurs alléchants» dans sa campagne promotionnelle; il s’agit du flop «le plus prévisible de l’été», conclut Mendelsohn.

> Voici un docu narré par Christopher Plummer qui revient sur le phénomène Ben-Hur :

Un corollaire de cette foi aveugle dans le pouvoir de la marque est le manque de souci envers le casting. Une observation à la mode ces dernières années est de dire qu’Hollywood vit dans une ère post-stars, où le «package» a plus d’influence que les noms inscrits au haut de l’affiche. Une tendance qui n’est peut-être pas aussi béton qu’on le pense. Je propose un extrait de l’analyse de Variety sur le choix de l’inconnu Jack Huston pour incarner le prince de Judée :

Ce qui aurait dû leur importer est de trouver un acteur qui évoque un équivalent contemporain de la force, du coeur et de la rogne de Charlton Heston. Gladiator de Ridley Scott est un film superlativement bien fait, mais si on en retirait Russell Crowe, on n’aurait pas le même film. Sa férocité sauvage imprègne chaque image. Ben-Hur avait besoin d’un acteur comme ça. Mais à notre époque, la célébrité a de plus en plus été retirée de l’équation, et c’est en partie parce qu’elle a été dévaluée au profit d’une culture obsédée par le voyeurisme superficiel. Toute personne qui a le visage et le corps approprié est potentiellement une «star», et on retrouve tellement de ces demi-dieux fumants – des bellâtres avec un minimum de talent – que les gens qui font des films oublient comment faire la différence. Il a l’air sexy en portant du Zegna sur le tapis rouge? C’est une star!

Mais ce n’est pas ça la définition d’une star de cinéma. Russell Crowe, Brad Pitt ou Julia Roberts ont une certaine qualité d’âme. Il ou elle a du caractère, et la capacité rare de le projeter. [...] Une vraie vedette, c’est quelqu’un qui est au-delà de nous. Elle est notre miroir, nous montre qui nous sommes. On ne se fait pas de faveurs (pas au public, pas à l’industrie) quand un film comme Ben-Hur s’écrase, mais dans ce cas il peut y avoir une leçon précieuse à retenir : les stars de cinéma ont encore de l’importance. Parce que sans elles, nous ne faisons qu’avoir les yeux rivés sur des films qui sont de grandes et étincelantes coquilles vides.

Deuxième erreur : tout miser sur le public dit religieux. Comme je l’ai indiqué cet hiver, le cinéma chrétien est en pleine recrudescence. On parle en gros de longs métrages transmettant explicitement la parole de Dieu, dotés de budgets modestes et étrillés par la critique. Par exemple, War Room, l’histoire d’une famille aisée mais malheureuse qui surmonte ses problèmes grâce au pouvoir de la prière, a engrangé 11 millions $ à son premier week-end au box-office. Le même montant que Ben-Hur. À la différence que War Room a coûté environ 50 fois moins cher à financer et à promouvoir…

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Pour s’attirer le public religieux – plus spécifiquement catholique et évangélique – Paramount et MGM se sont adjoint les services du power couple Mark Burnett et Roma Downey (photo ci-dessus), producteurs de plusieurs hits à saveur chrétienne. Notamment The Bible, mini-série ultra-populaire diffusée par la chaîne History qui présentait Satan sous les traits de Barack ObamaThe Bible à ensuite été adaptée au grand écran sous le titre Son of God (2014), engrangeant 68 millions $ versus un budget de 22 millions $.

Le duo Burnett – Downey avait un mandat clair : faire de Ben-Hur le nouveau Passion of the Christ (2004), le plus grand succès domestique pour un film coté R de l’histoire des États-Unis, avec 371 millions $ de recettes à l’intérieur des frontières. Avant même sa sortie, le drame sanglant de Mel Gibson a réussi a s’attirer les faveurs de la communauté évangélique, qui a apprécié que le réalisateur parle ouvertement de sa foi lors de tournées promotionnelles dans des églises. Il a obtenu l’appui public des pasteurs les plus influents du pays, qui enjoignaient leurs fidèles a se rendre dans les salles pour notamment y convertir les non-croyants. Une suite à Passion of the Christ a été annoncée en juin.

Comme l’épique de Wyler, le Ben-Hur de Timur Bekmambetov a été tourné à Cinecittà, studio romain qui a fameusement été l’hôte de plusieurs classiques de Fellini, ainsi que de Passion of the Christ. Burnett et Downey ont amené leur Jésus, le sex-symbol brésilien Rodrigo Santoro, rencontrer le pape, qui lui a offert sa bénédiction. Le fils de Dieu a un rôle bien plus important dans la version de 2016 – dans la pièce de théâtre, il était représenté par un faisceau lumineux, tandis qu’en 1959 on ne le voyait que de dos, façon Muhammad.

Burnett et Downey ont également invité des télévangélistes et des pasteurs vedette à dîner dans leur maison à Malibu, rapporte Deadline. Ils ont d’ailleurs fait appel à des firmes de marketing religieuses comme Grace Hill Media et Motive afin de propager la parole du blockbuster. Enfin, la bande-annonce a fait l’objet d’un topo à l’émission The World Over, qui affirme être diffusée dans 350 millions de foyers catholiques de par le monde.

«Mais il y a des experts en marketing qui croient que le studio a été plus traditionnel dans sa promotion», précise Deadline. «Les bandes-annonces explicites sur les thèmes de la foi étaient difficiles à trouver. La majorité des spots de Ben-Hur misaient trop sur la course de chariots, regrettait la communauté religieuse (une des critiques parlait de «Jésus rencontre Fast & Furious»). Ils essaient d’attirer le public plus jeune, en présumant qu’il sont au courant de cette course de chariots, a dit un autre promoteur chrétien».

Il s’agit là d’observations fort justes, d’après Jeff Bock, analyste de box-office interviewé par Business Insider. «Paramount a initialement promu le film comme un blockbuster estival traditionnel, mais quand ça ne semblait pas marcher, ils ont soudainement porté leur attention sur les spectateurs religieux. Cette décision a non seulement polarisé le public de masse, mais les chrétiens aussi». En bout de ligne, ils n’ont obtenu ni le beurre, ni son argent…

L’échec retentissant de Ben-Hur est dû au fait qu’il s’agit d’un Goliath qui a désespérément voulu se faire passer pour un David. The Atlantic énonce ce qui aurait pourtant dû être évident pour n’importe quel humain normalement constitué :

Au cours des dernières années, des films comme Heaven Is for Real, War Room, Miracles from Heaven, God’s Not Dead, et Risen ont été de solides succès de taille moyenne, récoltant entre 40 et 90 millions $ à la fin de l’hiver et au début du printemps, lorsque le marché est moins encombré. Mais il ne s’agissait pas d’épiques à 100 millions $ comme Ben-Hur; ils n’avaient pas l’espoir d’attirer un public friand d’action pour stimuler leur week-end d’ouverture. À la place, ils commençaient petit et ajoutaient des salles au fur et à mesure que leur popularité grandissait. En raison de son énorme budget, Ben-Hur ne pouvait pas se permettre une telle stratégie – il avait besoin d’ouvrir aussi fort que Passion of the Christ. Mais un coup d’œil sur le succès relatif de tous les films à saveur chrétienne montre que le triomphe de Mel Gibson était probablement une anomalie bizarre, pas un modèle magique que les studios devraient suivre.

À quoi ont bien pu penser les patrons de Paramount/MGM? Ou, pour reprendre les regrets totalement non sarcastiques de Jay de Red Letter Media : «Comment suis-je maintenant censé faire confiance aux cadres hollywoodiens surpayés»? Ce à quoi son collègue Mike offre une réponse franchement saine : «Ils auraient pu prendre leur 100 millions $ et faire 100 films à 1 million $, et faire 100 fois plus d’argent. Mais quelqu’un, quelque part, s’est dit “Que diriez-vous d’un reboot de Ben-Hur, ça c’est une bonne idée!”».

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Trêve de chiffres. Penchons-nous maintenant sur ce qui importe vraiment : la qualité artistique de l’oeuvre. Le toujours fiable Justin Chang du Los Angeles Times – il se décrit comme «un critique qui s’avère être un chrétien (ou vice versa)» – reproche à Ben-Hur d’approcher le public religieux comme «une entité monolithique distante qui peut, si elle est adéquatement courtisée, livrer une fortune surabondante au box-office». Je traduis la conclusion de son analyse :

Ça ne me dérange pas de reconnaître que mon admiration pour les croyances personnelles de Burnett et Downey dépassent de loin mon respect pour leurs décisions en tant que créateurs d’histoires. La continuité dramatique et esthétique entre Son of God et le nouveau Ben-Hur est évidente à voir, et ce n’est pas un compliment : le film de Bekmambetov respecte ses fondements spirituels, mais il est complètement perdu quant à la manière de les dramatiser, ou comment parler à son public cible autrement qu’à travers des termes les plus ternes et prosaïques possibles. Le film essaye peut-être de placer Jésus sous les projecteurs, mais ce qu’il fait réellement est de l’insérer de force dans les crevasses de l’histoire de Ben-Hur, réduisant ses paroles et ses actes à une attraction plus catholique que le Pape.

C’est un piège que le Ben-Hur de 1959 a en quelque sorte miraculeusement réussi à éviter, et ce même s’il dure deux fois plus longtemps que le nouveau et donne à Jésus bien moins de temps à l’écran. Il y a beaucoup de raisons aujourd’hui de se moquer du film de Wyler, et encore plus de raisons de le célébrer : Pour toute sa rigidité dramatique et ses longueurs ampoulées, c’est un film qui a le courage de ses convictions grandioses. Et il vient d’une époque révolue d’artisanat hollywoodien de qualité supérieure, quand des réalisateurs comme Cecil B. DeMille (The Ten Commandments, Samson and Delilah), George Stevens (The Greatest Story Ever Told), Nicholas Ray (King of Kings) et Henry Koster (The Robe, The Story of Ruth) pondaient des divertissements majestueux, instruits, qui ne sentaient pas le besoin de marcher sur la pointe de pieds autour des sceptiques dans la salle.

Peu importe si ces cinéastes voyaient la Bible comme un document sacré, ils comprenaient instinctivement sa valeur en tant qu’objet dramatique, littéraire, comme sa propre lingua franca culturelle. Ci-gît la mère de tous les feuilletons, un méga-récit éternellement résonnant, et dramatiquement exploitable; Game of Thrones avant la lettre. En gros, Hollywood savait comment aborder cette oeuvre avec le respect et la sensibilité nécessaires, sans les flatteries timides à l’égard de la niche chrétienne qui écrase tant de cinéastes contemporains s’aventurant dans les eaux religieuses.

Des cendres ben-huriennes pourrait surgir quelque chose que l’on désire ardemment depuis des lunes : un retour à l’originalité. Tout le monde s’entend pour dire que cet été fut moche pour les recyclages : Independence Day: Resurgence, Star Trek Beyond, Jason Bourne, Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows et Ghostbusters ont tous moins bien fait que leurs prédécesseurs, indique Variety. Par contre, des nouvelles idées comme les animations Sausage Party et The Secret Life of Pets, et même le mal-aimé Suicide Squad, avec ses super-antihéros inconnus du grand public, ont très bien fait au box-office.

«La barre est tout simplement beaucoup plus haute en ce qui concerne le soutien pour les suites et les remakes», affirme Rob Moore, vice-président chez Paramount. Le public veut quelque chose qui est soit «génial» ou «original». Dans le cas de Ben-Hur, il n’a obtenu ni l’un ni l’autre, conclut Variety.

À lire aussi :

> L’ascension du cinéma chrétien
> Noah, ou les risques d’une superproduction religieuse

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Mercredi 17 août 2016 | Mise en ligne à 22h00 | Commenter Commentaires (4)

Werner Herzog et Kanye West dans un volcan

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Deux de mes humains préférés se sont partagé le micro, le week-end dernier, dans un garage à Los Angeles. Werner Herzog était l’invité de l’humoriste Marc Maron à son populaire podcast WTF. Les deux hommes étaient manifestement sur la même longueur d’ondes, leur conversation coulant de source. Malgré une longue tournée promotionnelle – comme en témoigne sa voix rauque – le cinéaste de 73 ans s’est montré très généreux, y allant de nombreuses anecdotes sur sa vie et carrière, ponctuées de ses réflexions typiques sur le «coeur de l’homme» et la «vérité extatique».

Maron était clairement bien préparé, en plus d’être un franc admirateur de l’oeuvre de Herzog. Il a d’entrée de jeu analysé avec justesse Even Dwarfs Started Small (1970), un cauchemar allégorique en noir et blanc sur une révolte de nains dans une institution insulaire, et l’un des films les moins accessibles du maître allemand. Mais son point de vue sur le plus récent long métrage de Herzog, le documentaire sur l’internet et les nouvelles technologies Lo and Behold, Reveries of the Connected World, a semblé trop cynique et sombre d’après le cinéaste, qui a rétorqué :

«Tu ne sembles pas être un gars englouti par des forces obscures. Je suis sûr que tu apprécies un bon steak une fois de temps en temps. Ton rire n’est pas démoniaque.»

Herzog faisait ici la démonstration de son nouveau talent, qu’on peut qualifier de variante de la télépathie (un sujet brièvement abordé dans Lo and Behold). Au cours d’un échange avec des utilisateurs de Reddit le mois dernier – les fameux AMA (Ask Me Anything) – il a affirmé pouvoir déterminer la nature d’individus simplement en les dévisageant. Lors d’une rencontre avec cinq astronautes de la NASA…

Je voulais les persuader d’une manière très étrange d’être des figurants dans un film. Ils étaient assis dans un demi-cercle quand je suis entré, et mon coeur a coulé. Je ne sais pas quoi dire. J’ai regardé autour de moi, et j’ai regardé leurs visages et tout d’un coup j’ai eu cette impression : je connais ces gens. Je connais le coeur de ces hommes et de ces femmes. Je sais, en regardant leurs visages, lequel parmi eux est capable de traire une vache. J’ai regardé un des pilotes et j’ai dit: «Vous, monsieur!», et il a esquissé un large sourire et a dit: «Oui, je peux traire une vache».

L’entrevue avec Herzog commence à partir de la 34e minute :

Pour revenir à WTF, Herzog a notamment révélé qu’il rêve très rarement, «peut-être une fois par année». Mais il a eu un vilain cauchemar récemment, dans lequel il était poursuivi par «Dieu sait quoi» au Mexique, avant de tomber sur un prêtre qui l’a empoigné : «Crois-tu aux forces du Mal? Renonces-tu à Satan?». Ce à quoi le flegmatique bavarois a répondu : «Je ne crois pas au mal; je crois seulement à la stupidité».

Herzog admet avoir déjà flirté avec la religion; il s’est converti au catholicisme à l’âge de 13 ou 14 ans, mais ça n’a pas duré. S’il n’est pas vraiment interpellé par le divin, il est néanmoins fasciné par les humains et leur comportement souvent insondable.

Un des passages les plus fascinants de Lo and Behold est sa visite chez la famille Catsouras. Les parents racontent la cruauté d’internautes anonymes qui les ont harcelés avec des messages haineux après avoir mis en ligne des photos du cadavre décapité de leur fille, qui est morte à l’âge de 18 ans dans un brutal accident de voiture. «La méchanceté et la stupidité ne peuvent être légiférées», regrette Herzog en voix off. Il ne croit pas que des réglementations plus strictes sur l’internet pourraient stopper ce type d’incidents vicieux.

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Un autre aspect intéressant de cette scène est sa qualité artificielle (pour un documentaire). L’intervention de «Herzog le metteur en scène» y est flagrante; la construction visuelle est accentuée par un objectif grand angle, qui renforce l’idée de gouffre émotionnel dans lequel se trouve cette famille endeuillée (les vêtements noirs ne sont pas anodins non plus). Et pour ce qui est de la large quantité de croissants et de muffins exposés à l’avant-plan, votre interprétation est aussi bonne que la mienne. Je dois dire que j’aime y voir une sorte de coussin, ou de tampon, suggérant une promesse de sérénité domestique.

Cette forme d’incursion artistique dans le réel est la spécialité de Herzog, qui a réitéré au micro de Maron qu’il approche sensiblement de la même manière le documentaire et la fiction. Il affirme esthétiser et scénariser ses docus : «Je le fais pour mettre en valeur une vérité plus profonde, quelque chose qui est beau, qui nous relie à la poésie. J’aime amener le public à gauche, et à droite, et puis tout droit dans l’illumination pure. Et je revendique le droit d’empiéter [sur la réalité] si je peux vous amener dans cette zone».

Classe de maître

Les règles carrées qu’on apprend dans les écoles de cinéma, Herzog n’en a que faire. Il s’insurge par exemple contre le dogme des trois actes qui est régulièrement enseigné dans les universités. Prenant pour exemple son classique Aguirre, Wrath of God (1972), il explique que les scénarios n’ont pas à être «structurés autour de l’arc d’un personnage dans lequel le protagoniste devient quelqu’un de différent à la fin du film». Dans son Rogue Film School, un séminaire de 5 jours qui en est à sa septième édition, il enseigne entre autres «l’art du crochetage, les voyages à pied, l’exaltation de se faire tirer dessus infructueusement, le côté athlétique du tournage, la neutralisation de la bureaucratie, l’auto-suffisance».

Récemment, il offre via l’internet une «classe de maître» de 6 heures au coût de 90 $. Herzog est l’un des nombreux professeurs liés au projet MasterClass, qui réunit des figures respectées issues de divers domaines (sport, entreprenariat, littérature) qui offrent leurs conseils via des vidéos. Un long papier du New York Times explore l’aventure MasterClass.

En entrevue à The Verge, Herzog explique la différence entre ses deux cours :

La Rogue Film School est une rencontre très très intense, une rencontre directe avec des cinéastes en herbe. Ils sont en fait déjà tous des professionnels. Je ne choisirais pas des amateurs. C’est davantage axé sur du cinéma de style de guérilla, y compris des choses qui se situent à l’extérieur des limites de la légalité. Parfois, je leur apprend à forger un permis de tournage dans une dictature militaire, ce que j’ai fait deux fois. C’est une approche différente, et bien sûr beaucoup plus ciblée puisque j’ai une proximité étroite avec les élèves. Ils ont leur voix et je les écoute et ils peuvent parler de leurs problèmes, de leurs obstacles et de leurs doutes.

Tandis que dans la classe de maître je n’ai personne en face de moi, à l’exception de deux caméras. Je parle à partir de mon expérience et j’essaie de communiquer quelque chose qui serait utile pour des cinéastes en herbe. La classe de maître est également destinée aux jeunes, des personnes de tout âge qui n’ont pas encore fait des films. Avec la Rogue Film School, tout le monde doit me faire parvenir une demande écrite – je les lis toutes – et tout le monde doit m’envoyer un film. Je suis le comité qui vérifie les films. Je les regarde tous, des centaines et des centaines, et je fais une sélection très serrée d’un maximum de 50 personnes.

Herzog s’est amusé la semaine dernière à sortir ses lunettes de professeur pour analyser Famous, la vidéo controversée de Kanye West qui met en scène de nombreuses célébrités numériquement dénudées qui partagent le lit du célébrissime chanteur. «Je n’ai jamais rien vu de tel» a affirmé le cinéaste, particulièrement enthousiaste, à The Daily Beast, qui lui a proposé cet exercice inusité de critique pop.

Ses propos rejoignent une réflexion du réalisateur Monte Hellman (Two-Lane Blacktop) que j’ai souvent citée ici, au sujet du film parallèle que le spectateur construit dans sa tête lors d’une projection; un film parallèle qui est souvent bien plus captivant que celui qui se déroule devant nos yeux. Je traduis quelques passages de son commentaire (via Pitchfork) :

C’est un truc intéressant que l’internet peut créer : le doppelgänger [le double d'une personne]. Ce qu’il y a d’intéressant pour moi en tant que conteur est… dans un film, oui, vous avez une histoire, et vous développez une histoire. Mais en même temps, il faut être très prudent et organiser une histoire parallèle, une histoire indépendante qui ne se produit que dans l’esprit collectif du public. Et quand vous entendez le rap, qui est très bien fait, tout d’un coup il vous donne plus de temps que toute autre chose pour simplement y réfléchir. Et cette vidéo vous donne de l’espace pour créer votre propre histoire parallèle. Et vous vous dites, ces personnes-là sont-elles réelles? Sont-elles des doppelgängers? Et que pourraient être leurs propres histoires? Que font-ils? Comment ont-ils fait la fête? Qu’est-ce qui les a réuni? Donc, tout d’un coup, le rappeur me donne l’opportunité d’être complètement sauvage dans ma propre histoire. C’est très très intéressant. … J’y vois quelque chose de très sauvage, ce qui est essentiel dans le récit profond.

Bien sûr, Donald Trump, on peut voir que ce n’est pas le Donald. Mais c’est bien de s’en rendre compte parce qu’on commence à réfléchir sur le soi superposé, et le soi inventé. Ce qui se passe sur Facebook ce sont des formes très stylisées, inventées. Et je vois dans mon contact personnel avec l’internet qu’il y a beaucoup de doppelgängers qui prétendent être moi, qui essaient de parler avec mon accent, ma voix, qui répondent à des trucs sur Facebook, Twitter. Ce sont tous des imposteurs. Donc, notre compréhension de notre propre personne a, en quelque sorte, profondément et radicalement changé… Il y a tout d’un coup un gars dans le monde des rappeurs qui fait quelque chose que j’ai toujours essayé de faire comprendre aux gens qui veulent faire des films. Je tente de leur expliquer qu’il n’y a pas seulement l’histoire que vous racontez, mais que vous concoctez une sorte de relation entre les personnes… J’essaie d’intégrer, d’implanter des moments où le temps n’a plus d’importance. Il y a un arrêt, seulement la respiration.

À propos des «imposteurs», Herzog se dit amusé par tous ses pasticheurs dans une entrevue à Rolling Stone. «Je pense qu’il est bon d’avoir une certaine quantité de, euh, comment dire, d’ironie. Et c’est tout à fait OK qu’il y ait des imitateurs de ma voix. Ils sont un peu comme mes gardes du corps non rémunérés. Ils se battent là-bas, et je suis heureux qu’ils existent. La racine de tout cela est que j’ai donné ma voix à un personnage dans Les Simpson, et suis devenu l’un des méchants dans Jack Reacher. C’est tout simplement parce que j’aime tout ce qui a à voir avec le cinéma».

Deux volcans et deux mystères

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Herzog a révélé à WTF que deux de ses films feront bientôt l’objet de premières. D’abord le documentaire Into The Inferno – qui a été annoncé il y a plus de quatre ans – sera projeté au Festival de Telluride (2-5 septembre), sorte de fanclub du réalisateur allemand si l’on se fie à la photo ci-dessus. Le producteur Andre Singer avait décrit le projet en entrevue à Screen Daily en mars 2012 :

L’idée de faire un film grand format sur des volcans est très excitante. Herzog, volcans, IMAX: ces trois mots vont extraordinairement bien ensemble. Le film serait une combinaison de nature et de spectacle, et leurs potentiels effets dévastateurs sur l’humanité. L’Indonésie et Java pourraient être des destinations.

Singer a dit à l’époque que le projet ressemblerait à Lessons of Darkness (1992), sublime docu-fiction quasi expérimental décrit comme une «méditation sur une catastrophe». Ce moyen métrage est principalement composé d’images aériennes de champs de pétrole en flammes au Koweït – conséquences de la première guerre du Golfe – et de la narration poético-fataliste de Herzog, ponctuée d’envolées musicales de Wagner et de Mahler.

On ne sait pas si la composante IMAX fait toujours partie de l’équation mais, comme prévu, le docu bénéficie de la collaboration du volcanologue Clive Oppenheimer. Into The Inferno est basé d’après un de ses livres, Eruptions that Shook the World, qui explore «les thèmes de l’influence des volcans sur le climat et la société humaine, ainsi que l’évidence que les volcans ont façonné notre monde».

Il s’agira en quelque sorte d’une suite au court métrage de Herzog La Soufrière (1977), alors que l’intrépide cinéaste est allé assister à l’irruption imminente du volcan éponyme dans un village déserté sur l’île de la Guadeloupe (j’en parle plus en détail ici).

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L’autre film de Herzog bientôt en salle est Salt And Fire, qu’on pourra voir au TIFF le mois prochain. Le tournage s’est déroulé en avril dernier dans le Salar d’Uyuni, en Bolivie. Le thriller romantique met en vedette l’actrice allemande Veronica Ferres dans le rôle d’une «scientifique en Amérique du Sud qui se bute à un patron d’une corporation [Michael Shannon] responsable d’un désastre écologique.» L’élément central de l’intrigue concerne la potentielle éruption d’un «supervolcan» qui pourrait causer une «catastrophe mondiale».

La distribution inclut également Gael García Bernal ainsi que Herzog lui-même, dans le rôle intrigant du «Man with one story». À propos du reptilien Shannon, avec qui Herzog a précédemment travaillé sur le bizarroïde My Son, My Son, What Have Ye Done? (2009), le cinéaste n’a que des louanges à son égard, disant à WTF : «Il n’y a personne comme lui. J’aime cet homme. Son charisme provient d’un endroit qu’on ne peut même pas nommer».

Et ce n’est pas fini. Herzog affirme qu’il planche présentement sur deux projets de longs métrages, mais n’en dit pas plus. Un de ceux-là pourrait très bien être une adaptation du roman de D.B.C. Pierre Vernon God Little, lauréat du Booker Prize en 2003. Le récit se déroule au Texas, lieu de son remarquable documentaire Into the Abyss. On y suit les tribulations d’un ado de 15 ans soupçonné d’être l’auteur d’une fusillade mortelle dans son école dont est en fait coupable son ami qui s’est suicidé après l’acte.

Pour être franc, j’espère que l’autre projet sera un documentaire. Le format de la fiction n’a pas trop souri à Herzog ces derniers temps (on se rappelle que Queen of the Desert, son biopic sur l’exploratrice Gertrude Bell avec Nicole Kidman et James Franco, s’est fait ramasser par la critique à la Berlinale l’an dernier). Son dernier film de fiction de qualité est sorti il y a sept ans. Voici d’ailleurs une analyse comparative entre l’oeuvre originale et le remake fait par Herzog :

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