Jozef Siroka

Jeudi 16 avril 2015 | Mise en ligne à 17h45 | Commenter Commentaires (23)

«Chewie, nous voilà à la maison»

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Qu’il osent l’admettre ou non, la plupart des amateurs de la plus fameuse saga de l’histoire du cinéma ont eu à peu près la même réaction que James Gunn, réalisateur de Guardians of the Galaxy, en savourant la toute nouvelle bande-annonce de Star Wars: The Force Awakens.

Harrison Ford a peut-être 72 ans, mais son sourire et l’étincelle dans son regard n’ont pas pris une ride depuis la première fois qu’il a endossé le costume de Han Solo, il y a quatre décennies. Quant à son fidèle compagnon hirsute, eh bien, on peut dire sans crainte que Jar Jar Binks est déjà un lointain souvenir…

La deuxième b-a de Star Wars a été dévoilée plus tôt aujourd’hui lors d’une convention de fans organisée à Anaheim. Les faits saillants de l’événement, qui compte comme invités notables Mark Hamill et Carrie Fisher, sont disponibles dans cette vidéo en cours de montage, qui devrait accumuler une trentaine d’heures d’ici dimanche. Selon le reportage d’AFP :

Les acteurs n’ont donné que de maigres informations sur l’intrigue encore ultra-secrète du film, qui se déroule trente ans après la fin du Return of the Jedi.

Daisy Ridley a expliqué que son personnage, Rey, vit sur «une planète désertique» en «vagabonde qui fait tout seule, très solitaire jusqu’à ce qu’elle rencontre d’autres personnages».

John Boyega incarne pour sa part un «soldat de l’Empire», dont la route va croiser celle de Rey et de Poe Dameron joué par Oscar Isaac. Il définit son personnage comme «le meilleur pilote de la galaxie, envoyé en mission par une certaine princesse» et qui va voir «son destin changer pour toujours».

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Le site spécialisé dans la SF Collider a recensé 17 détails qui ont été divulgués par l’équipe de production durant la convention. En voici quelques uns :

- Le réalisateur J.J. Abrams (qu’on voit ci-dessus, en compagnie d’un robot BB-8) a donné comme mot d’ordre de construire autant que possible des décors et accessoires tangibles; il voulait ainsi procurer à son film une «authenticité» et une «légitimité» rappelant celles de A New Hope.

- La planète désertique se nomme Jakku. Il ne s’agit pas de Tatooine, comme le suggéraient de précédentes rumeurs.

- On verra de nouveaux modèles de droïdes (R5, R6), et chacun des pilotes en aura un qui lui est spécifique.

- Il y aura plus de personnages féminins dans ce film que dans les autres de la saga, assure la productrice Kathleen Kennedy.

- L’influente productrice, qui a commencé sa carrière avec E.T., et qui a soutenu la plupart des projets subséquents de Steven Spielberg, a été très persistante auprès d’Abrams, qui initialement ne se sentait pas apte à relever le défi, et qui ne voulait pas faire «une autre suite» d’une méga franchise (après les nouveaux Star Trek et Mission: Impossible III).

Star Wars: The Force Awakens prendra l’affiche le 18 décembre.

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Mercredi 15 avril 2015 | Mise en ligne à 11h00 | Commenter Commentaires (11)

It Follows, et les remparts du cinéphile contre l’horreur

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On s’en sort comme on peut lorsque confronté à des situations effrayantes. On s’accroche au connu pour parer l’inconnu; que l’objet de la terreur soit ancré dans le réel ou dans la fantaisie.

Ainsi, lorsqu’on vit l’expérience d’un film d’horreur, en général, plus ça va, mieux c’est. Notre bagage de spectateur nous permet de nous rassurer: la 20e fois qu’on voit un groupe d’ados se séparer dans une forêt menaçante ou dans une maison abandonnée va nécessairement moins nous faire peur que la première fois qu’on a réagi à cette décision peu prudente. On est plus habiles à détecter ce type de lieux communs et donc, forcément, moins prompts à sauter de notre siège.

Bien entendu, on ne peut pas réduire le cinéma d’horreur aux seuls chiffres. Il est très possible, en effet, que même le plus aguerri des amateurs du genre se surprendrait à vouloir se cacher derrière son sofa la 21e fois qu’il voit le sempiternel groupe d’ados se dire «à tout de suite» de manière insouciante dans un lieu sinistre, alors qu’il n’avait pas bronché les 15 fois précédentes face à des situations similaires. C’est là qu’entre en compte l’habileté du cinéaste à repenser, subvertir ou même déconstruire les conventions de l’horreur.

C’est ce qu’accomplit à merveille David Robert Mitchell dans le film indépendant de l’heure, It Follows. Le jeune réalisateur – qui en est seulement à son deuxième long métrage – a réussi à déboulonner un des clichés les plus persistants du genre, qui a notamment fait de l’horreur un terreau fertile pour les pulsion puritaines, voire réactionnaires : l’acte sexuel comme cause directe à une mort sanglante.

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Dans It Follows, le monstre vous prend pour cible dès que vous avez eu une relation sexuelle avec une personne précédemment infectée. Mais pour s’en débarrasser, il n’y a qu’un seul moyen: faire l’amour avec une autre personne et ainsi lui transférer le FTS, ou «fantôme transmissible sexuellement». L’héroïne du film, Jay (interprétée par Maika Monroe, qui pourrait être la soeur cadette d’Amber Heard), finit par coucher avec tous les personnages masculins du film, ainsi qu’avec un trio de figurants à l’air malcommode, afin de se défaire de sa malédiction.

La traitement de la promiscuité sexuelle par Mitchell est une des principales forces du film : non seulement le sexe n’est pas exclusivement synonyme de «mal», mais son illustration évite le paradoxe de tant d’autres films d’horreur qui, tout en le condamnant, se plaisent à hypersexualiser leurs futures victimes. Dans It Follows, Jay est une ado de 19 ans tout ce qu’il y a de plus ordinaire: elle ne passe pas son temps à parler vulgairement de cul ou à allumer agressivement les garçons. En même temps, elle ne correspond pas à la fille à papa typique des teen slashers qui attend le «bon gars», et dont la pudeur finit par lui sauver la vie.

La relation normale entre les personnages (qui ont d’ailleurs une apparence physique «normale» fort bienvenue) rend les scènes d’épouvante d’autant plus frappantes. Ces dernières sont assez éparpillées, et il n’y en a qu’une et demi qui sont franchement graphiques, mais la véritable source d’horreur du film, celle qui se glisse sous la peau du spectateur réceptif, se manifeste à l’intérieur de cet espèce d’érouv d’anxiété palpable qui relie les épisodes d’effroi entre eux.

La majeure partie du récit repose sur le quotidien d’une banlieue plutôt déserte de Detroit, où l’on fait ce qu’on peut pour chasser l’ennui : regarder des vieux films de série B, lire Dostoïevski sur une liseuse en forme de coquillage, laver sa voiture, fumer des joints, prendre des longues marches en discutant de garçons et en fumant une cigarette à l’écart du regard parental (on ne voit presque jamais d’adultes, et leur absence n’est jamais expliquée).

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Contrairement à la plupart des films du genre, le groupe traqué entretient ici une saine camaraderie, ne se sépare pas de manière arbitraire à tout bout de champ afin de mieux pouvoir jouer aux Dix petits nègres. Les jeunes sont aussi très attachants. Mitchell utilise le précepte fantastique de son intrigue pour faire de fines observations sur une réalité très concrète. Par exemple, Paul, l’ami d’enfance de Jay, propose régulièrement de coucher avec elle afin de la sauver : il formule sa proposition avec un air désintéressé, alors que tout le monde connaît ses plus profondes motivations. Et le fait que son «sacrifice» pourrait causer sa mort? C’est un prix à payer convenable pour tout ado qui vit son premier coup de foudre!

Mitchell a trouvé l’idée de It Follows après une série de cauchemars dans lesquels il était poursuivi par une figure humaine, qui prenait tantôt la forme de ses proches, tantôt celle de parfaits inconnus. Il n’est certainement pas le premier réalisateur à procéder ainsi. Robert Altman a écrit le synopsis de 3 Women en se réveillant après une nuit agitée. Ce chef-d’oeuvre du cinéma onirique a par ailleurs grandement influencé Virgin Suicides de Sofia Coppola (dont le père a incidemment rêvé à son plus récent film, Twixt). Si, dans It Follows on ne retrouve pas de vierges, ni de suicidaires, on relève cependant la même langueur poétique que dans le premier long métrage de la cinéaste. Je pense en particulier à une scène vers la fin, où trois-quatre jeunes font la sieste dans une chambre à la lumière bleutée.

Parlant d’héritage cinématographique, It Follows est un véritable catalogue de références dont peuvent se délecter cinéphiles. L’hommage le plus explicite survient dès le prologue : un plan-séquence à la steadicam agrémenté d’une musique électro affolante tout droit sortie des années 1980, tous deux rappelant la scène d’ouverture d’Halloween de John Carpenter. Dans son commentaire DVD, le réalisateur culte dit que le mouvement de sa caméra créait une «sensation bizarre de flottement», ce qui est également transmis ci-dessous. Avec comme boni des talents hauts rouges rappelant à la pauvre jeune fille qu’elle «n’est désormais plus au Kansas». Voici «l’anatomie de la scène» narrée par Mitchell :

Mitchell se décrit comme un «cinéphile démocratique», et son amour vaste pour le 7e art est reflété tout au long de It Follows. Les références sont parfois diégétiques, comme lorsque les jeunes regardent de vieux films d’horreurs – Killers From Space, Voyage to the Planet of Prehistoric Women – sur une vieille télé anachronique (l’époque n’est jamais définie; il y a un côté rétro ambigu à la Bates Motel). Ou lorsque Jay se rend avec son copain à une projection de Charade, classique de la comédie romantique avec Cary Grant et Audrey Hepburn.

En entrevue à The Playlist, Mitchell a nommé et décrit les cinq plus grandes influences pour It Follows. 1. Creature From the Black Lagoon : «Il y a définitivement des similarités en terme de la lenteur [du FTS] et de ce monstre très persistant». 2. Night of the Living Dead : «Vous pouvez fuir, mais à un moment donné ça va vous accabler». 3. The Thing (les versions de Carpenter et de Howard Hawks) : le géant dans le cadre de porte est une référence directe au film de 1951. 4. Nightmare on Elm Street : «La même impression d’enfants sans supervision confrontés à une terreur immortelle». 5. Paris, Texas : «C’est tourné avec un objectif grand angle assez large, et il y a un certain type de beauté dans le cadrage et les compositions de ce film. Pas seulement les trucs dans le désert, mais aussi les personnes, la maison de banlieue, et tout le reste de ce film qui est incroyable».

En regardant It Follows, j’ai relevé certaines de ces références, d’autres pas. Je rajouterais le sang qui teinte la piscine vers la fin, qui rappelle la marée de sang qui sort de l’ascenseur dans The Shining. Et une référence que je pense être, comme Jay et ses fantômes, le seul à avoir vue – ou pour être plus précis, imaginée. Je parle de la scène la plus brutale dans Breaking the Waves, lorsque Bess se rend sur un navire pour volontairement se faire violer par des marins, qui dans mon esprit correspond au moment où Jay décide de transmettre sa malédiction à trois hommes qu’on voit au loin dans un bateau à moteur. Bien entendu, mon côté cinéphilique ratisse très large dans ce cas, et j’ai compris par après ce qui motivait ce genre de réflexion : je m’accrochais désespérément à toute entité qui m’était connue, et donc qui me rassurait, qui découlait de cette expérience inédite qui me terrifiait au plus haut point.

Pour revenir au commentaire DVD de Carpenter, il affirme d’entrée de jeu que, avant même la sortie de Halloween, les critiques, à l’unanimité, ont violemment descendu son film. Ce n’est qu’après qu’il eut fait sauter le box-office, et qu’un critique respecté en eut parlé favorablement, en faisant notamment des parallèles avec Hitchcock, que les autres se sont ravisés. Carpenter est convaincu que c’est «le public à l’époque qui a fait de mon film ce qu’il est aujourd’hui». It Follows a été plus chanceux. Après une première saluée au Festival de Cannes, il n’a cessé de gagner des appuis dans la communauté critique. Mais il reste qu’on a encore tendance à sortir le réflexe du «bon pour un film d’horreur», comme si le genre représentait inévitablement une sous-catégorie. À ce propos, voici un échange entre Mitchell et Den of Geek :

Dans le passé, on sentait souvent qu’il y avait un certain snobisme par rapport à l’horreur. Pensez-vous que ça c’est apaisé de nos jours? Par exemple, il est difficile d’imaginer quelque chose comme Halloween présenté à Cannes en 1978.

Je ne sais pas. Quand vous regardez ce film, vous pouvez imaginer qu’il aurait pu y être montré – c’est un grand film, un film stupéfiant. Cela a-t-il changé? Peut-être. C’est possible. C’est difficile de répondre parce que je suis un amoureux du cinéma en général, et j’adore les films d’horreur. C’est l’un des nombreux types de films que j’aime vraiment, et que j’ai toujours aimé. Je pense que beaucoup de gens qui aiment véritablement le cinéma aiment vraiment l’horreur, et je pense que toute personne qui n’est pas de cet avis saute par-dessus de grands films.

Est-ce que ça a changé? Je ne sais vraiment pas. Les gens ont dit que c’était une surprise d’avoir ce genre de film [It Follows] jouer à Cannes, mais de la façon dont les gens ont réagi, peut-être que cela se produira plus souvent, et ça serait cool.

Comme vous le dites, le cinéma d’horreur est du cinéma pur à bien des égards.

Absolument. Il y a une raison pour laquelle tant de cinéastes différents prennent plaisir à travailler dans l’horreur. Et c’est en partie parce que vous pouvez vous en sortir avec des expérimentations, et faire des choses qui pourraient être perçues comme un peu trop bizarres dans tout autre genre. Vous pourrez le faire, mais les gens n’y seraient pas aussi réceptifs. Tandis que dans un film d’horreur, je sens que les gens sont ouverts et peuvent vraiment apprécier une approche différente.

J’ai vu It Follows samedi dernier et je ne parviens toujours pas à sortir le film de ma tête. Et je ne dis pas ça comme si c’était une mauvaise chose, au contraire. Je suis obsédé par le tout dernier plan, qui est à la fois si paisible, touchant et inquiétant. Mais c’est surtout la bande originale qui me hante; je n’ai pas été emballé par une musique de film à ce point depuis The Social Network (ou, pour remonter encore plus loin, There Will Be Blood). Elle apporte une dimension épique insoupçonnée à ce qu’on peut qualifier de simple exercice de style, aussi brillant soit-il. C’est signé Disasterpeace, et ça s’écoute le son dans le tapis.

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Mardi 7 avril 2015 | Mise en ligne à 17h30 | Commenter Commentaires (12)

Commando : retour sur la sexualité ambigüe de Bennett

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C’est simple: pour réussir un film d’action, il faut au moins avoir un méchant qui saura se mesurer au héros, question d’entretenir ne serait-ce que l’illusion que rien n’est gagné d’avance. Mais il y a des exceptions. La plus flagrante étant le classique du genre Commando (1985), où un ex-Monsieur Univers autrichien est confronté à un Australien dans la quarantaine bedonnant qui cherche davantage à le séduire qu’à le tuer.

Cette relation pour le moins curieuse entre protagoniste et antagoniste est devenue un des emblèmes du cinéma d’action des années 1980, et a cristallisé cette notion populaire d’un sous-texte homosexuel dans des films qui pourtant prétendent à la virilité absolue, et qui en principe s’adressent à de jeunes spectateurs qui prennent plaisir à s’identifier à des personnages omnipotents avec de l’attitude.

Mais il y a un autre type de spectateur pour qui ce genre de divertissement aurait (secrètement) été conçu : essentiellement, le père homosexuel refoulé dans American Beauty, un vétéran de l’armée homophobe et conservateur en surface, qui déplore haut et fort le style de vie liberal de son voisin, mais qui en réalité est physiquement attiré par lui.

La perception altérée et la nature ambigüe du cinéma d’action des années 1980 en général, et de Commando en particulier, ont été fameusement examinées dans un article de Hotdog Magazine, défunte publication britannique. Au sujet de l’ennemi du John Matrix d’Arnold Schwarzenegger :

Bennett est un cliché ambulant de la peur de l’homosexualité dans une ère Reagan machiste et puritaine, en proie à la crainte que la moindre faille dans l’armure masculine nous mènerait instantanément à une visite au YMCA, et à l’achat d’une paire de chaps et d’un tube de lubrifiant.

Le point de vue de l’auteur de l’article, Andy McDermott, est résumé dans une section de la foire aux questions d’IMDb intitulée «Is Bennett homosexual?».

Tandis que Bennett appelle toujours Matrix par son prénom, suggérant de l’affection et de la familiarité, Matrix appelle toujours Bennett par son nom de famille, suggérant de la distance. L’hypothèse veut que Bennett a peut-être été exclu de l’unité [de commando d'élite] de Matrix, car Matrix a découvert que Bennett était sexuellement attiré par lui.

McDermott donne également une grande importance métaphorique à la réplique de Matrix à la fin du film, «Put the knife in me. Look me in the eye and see what’s going on in there when you turn it. Don’t deprive yourself of some pleasure. C’mon Bennett. Let’s party». L’image d’un homme qui met quelque chose dans un autre homme puis qui le tourne, selon McDermott, a des connotations homosexuelles évidentes.

McDermott commente également l’ironie inhérente dans le fait que, bien que Bennett semblait être en amour avec Matrix, c’est Matrix qui pénètre Bennett à la fin du film, mais avec un tuyau d’acier dans le torse. Ce qui n’était probablement pas ce que Bennett avait en tête.

Le réalisateur de Commando Mark L. Lester ne partage cependant pas ces conclusions, affirmant dans son commentaire DVD : «Je ne comprends pas ce que les gens veulent dire. Il me semble que [Bennett] est le soldat ou la personne la plus macho qui soit». Mais le scénariste, Steven E. de Souza, se montre un peu plus nuancé. Parlant du look de Bennett – que McDermott qualifie de «Freddie Mercury casual» – il dit : «Son costume a mené à beaucoup de conjectures indiquant qu’il avait le béguin pour le personnage d’Arnold».

L’actrice Rae Dawn Chong, qui incarne dans Commando l’hôtesse de l’air qui se joint à la mission de Matrix, est encore plus catégorique : «Ils sont comme des amants. La tenue qu’ils lui ont mise, je veux dire, ALLÔ, il ressemble à un des Village People! Arnold représente l’idéal, et vous savez, si vous ne pouvez pas l’avoir, vous voulez le tuer. Cette sexualité vraiment déconcertante finit par se manifester par de la violence.»

Enfin, le principal intéressé, l’acteur australien Vernon Wells, a discuté de son plus célèbre personnage dans une entrevue publiée samedi par Dangerous Minds :

Wells a semblé choisir ses mots soigneusement en expliquant que «la ligne est bien mince entre l’amour et la haine», et qu’il y avait définitivement de l’amour entre Bennett et Matrix – mais qu’il «ne s’agissait pas d’un amour sexuel, plus d’un amour fraternel». Wells ajoute : «Je n’ai jamais trouvé qu’il y avait quelque chose de sexuel entre ces personnages», mais il soupçonne que des gens ont lu un sous-texte sexuel dans des scènes comme celle où il frotte sa main le long de la lame d’un couteau en disant : «Welcome back John, I’m so glad you could make it». Wells admet que des scènes comme celle où Matrix invite Bennett à «mettre le couteau dans lui», ou celle où Bennett est empalé par un long tuyau crachant de la vapeur «marchent sur une corde raide», mais que le sous-entendu sexuel «involontaire» est «renforcé par les deux personnes jouant les rôles».

Involontaire? Probablement. Mais l’analyse de ces sous-textes n’en est pas moins valable, ou amusante. Pour paraphraser une maxime, l’homoérotisme d’une oeuvre se trouve dans l’œil de celui qui regarde. Un exemple récent, provenant du plus notoire des critiques contrariens, Armond White, qui commence sa critique d’un film d’action dans Out Magazine par : «Si les poils de nuque d’un homme font dresser vos propres poils de nuque, en même temps que d’autres parties érogènes, alors 300: Rise of an Empire est un film pour vous».

Pour revenir au cinéma d’action des années 1980, le nombre faramineux d’allusions «involontaires» plus ou moins symboliques à l’homosexualité latente de ses personnages nous mène à croire qu’il ne s’agit peut-être pas du fruit du hasard. Il y a trop d’exemples pour les lister ici, mais rappelons-nous les plus connus: la scène du volleyball de plage dans Top Gun, la course sur la plage suivie de l’embrassade dans Rocky 3, le «I used to fuck guys like you in prison» lancé à Patrick Swayze dans Roadhouse, la bataille dans un bain public au début de Red Heat, avec un tuyau d’arrosage comme seule arme utilisée par Arnold…

Mais le champion incontesté de cette catégorie – on s’entend, complètement frivole – est Showdown in Little Tokyo, qui a incidemment été mis en scène par le réalisateur de Commando. Comme l’indique la fiche du film issue du 80s Action Guide de Ruthless Reviews, qui recense avec humour les cas d’homoérotisme dans les films de gros bras, on a oublié d’appliquer le «sous» à sous-texte. Et ça donne cette réplique mémorable :

> Le flop des Expendables : au-delà du piratage
> Le parrain des films de gros bras n’est plus
> Où l’on apprend que JCVD a failli jouer le Predator…

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