Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Récompenses’

Jeudi 28 janvier 2016 | Mise en ligne à 16h14 | Commenter Commentaires (8)

Ces trois films en lice aux César sortiront-ils au Québec?

Marguerite - Photo

Catherine Frot dans Marguerite

Si vous suivez un peu le domaine, vous savez maintenant que le film de Xavier Giannoli, Marguerite, et celui d’Arnaud Desplechin, Trois souvenirs de jeunesse, dominent la course des César du cinéma français avec 11 mises en nomination chacun. Des sept longs métrages en lice dans la catégorie du meilleur film de l’année, trois n’ont toujours pas encore de contrat de distribution pour le territoire québécois en poche : Marguerite, La tête haute (Emmanuelle Bercot) et La loi du marché (Stéphane Brizé).

Ce fait étonne d’autant plus que Marguerite, dont la tête d’affiche est Catherine Frot, fait partie de ces films français – de plus en plus rares – qui pourraient fort bien tirer leur épingle du jeu chez nous. La tête haute, qui a ouvert le Festival de Cannes l’an dernier, met de son côté en vedette Catherine Deneuve. Quant au film de Brizé La loi du marché, aussi lancé sur la Croisette l’an dernier, il a valu à Vincent Lindon, rappelons-le, le prix d’interprétation masculine du Festival.

Vérification faite auprès de Memento Films International, chargé des ventes internationales de Marguerite, il appert qu’une entente devrait être conclue très bientôt avec un distributeur canadien. Comme le film a déjà été acheté par Cohen Media Group aux États-Unis, on ne sait toutefois pas si cette entente est négociée de façon indépendante pour le marché francophone du Canada. Dossier à suivre.

Les droits de La tête haute ont par ailleurs été acquis par Search Engine Films, une petite société torontoise. Quel est le plan du distributeur pour la sortie du film au Québec ? Mystère.

Quant à La loi du marché, les droits ont été acquis par la société américaine Kino Lorber, une compagnie dont le catalogue contient plusieurs films internationaux. On ne sait rien de l’intention du distributeur non plus.

Une chose est certaine, cette inféodation de notre marché avec celui de l’ensemble de l’Amérique du Nord a de quoi soulever l’ire des distributeurs québécois. Qui n’ont pratiquement plus aucune marge de manoeuvre, même avec les films français (de langue française, faut-il préciser) pour lesquels le Québec constitue, dans les faits, le premier marché en Amérique du Nord. Ceux-ci doivent en effet rivaliser avec des distributeurs américains à qui l’on cède des droits en échange d’une bouchée de pain et de belles promesses (rarement tenues). La perspective de pouvoir «percer» le marché américain l’emporte ainsi sur tout le reste.

Misère.

La 41ème cérémonie des César aura lieu le 26 février.

La liste complète des nominations.

Lien YouTube.

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Mercredi 20 janvier 2016 | Mise en ligne à 20h36 | Commenter Commentaires (7)

Le point sur le fameux Billet d’or… *(Ajout)

Le mirage - AfficheGuerre des tuques - Affiche

Personne n’aurait pu croire qu’un jour, la mesure de la performance d’un film québécois au box-office ferait l’objet d’une telle discussion. Depuis que les statistiques ont révélé que les recettes engendrées par un film ne se matérialisaient pas obligatoirement de la même façon en nombre d’entrées, une réelle confusion règne dans le milieu.

D’abord, distinguons deux choses. Sur le plan de la performance globale d’un film, le fait est maintenant incontestable : La guerre des tuques 3D domine le classement autant au chapitre des revenus que sur celui du nombre d’entrées (327 938 aux dernières nouvelles). Bien.

C’est plutôt le mode d’attribution du Billet d’or à la cérémonie des Jutra, remis au film québécois le plus populaire de l’année, qui suscite maintenant beaucoup de discussions. Et de confusion. D’autant que des affirmations contradictoires nous ont été communiquées à cet égard.

Pour en avoir le cœur net, je suis allé lire le règlement dans la charte de Québec Cinéma, l’organisme responsable de la Soirée des Jutra. J’ai aussi discuté avec Ségolène Roederer, la directrice de l’organisme.

Ainsi, au moment d’écrire ces lignes, le 20 janvier vers 20h30, je peux vous affirmer que, dans ce pays où jamais rien n’est simple, personne ne sait encore qui aura le Billet d’or en main !

Comment est-ce possible ? Décortiquons la partie consacrée au Billet d’or, telle qu’on la retrouve dans les règlements des Prix Jutra 2015 – 2016 :

Jutra Billet d’or

Le Jutra Billet d’or est décerné au long métrage de fiction admissible dans toutes les catégories des prix Jutra ayant enregistré le plus grand nombre d’entrées dans les salles de cinéma du Québec dans l’année précédant celle du gala des Jutra.

Un film dont l’exploitation en salle commence après le 1er décembre, dont les recettes au 31 décembre n’ont pas dépassé la meilleure recette d’un film de cette même année, et dont l’exploitation se finit après le 1er janvier de l’année suivante, sera admissible l’année suivante. Le calcul total des entrées du film sera cumulatif sur les deux années de son exploitation.

Les lauréats du Jutra Billet d’or sont le distributeur, le réalisateur et le producteur du film. Le trophée est remis au distributeur. Le producteur et le réalisateur lauréats reçoivent un certificat.

Bon. La guerre des tuques 3D a pris l’affiche le 12 novembre. C’est dire que le film de Jean-François Pouliot et François Brisson participe à la course de cette année. Or, si l’on se fie aux données de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, au 31 décembre, Le mirage a attiré plus de spectateurs dans les salles que La guerre des tuques 3D. Billet d’or au tandem Morissette-Trogi alors ? Et bien non. Enfin…, peut-être. Parce qu’il y a encore plus drôle.

Il se trouve en effet, que même s’il n’en est nulle part fait mention dans ses statistiques officiellement mises à jour sur son site le 19 janvier, l’Institut de la statistique du Québec ne serait pas encore en mesure de fournir des données définitives à propos du nombre d’entrées en 2015 ! Certains cinémas n’auraient pas encore fourni leurs chiffres. Imaginez !

Qu’un organisme aussi sérieux ne prévienne pas ses utilisateurs que ses données sont provisoires dépasse tout simplement l’entendement. Un petit astérisque messieurs dames, c’est pourtant simple.*

En conséquence, Québec Cinéma ne peut encore déterminer le lauréat du Billet d’or parce que l’Observatoire de la Culture et des Communications ne pourra fournir ses données définitives de 2015 avant la fin du mois. Il se pourrait alors que le nombre d’entrées engendrées par La guerre des tuques 3D en 2015 augmente dans les statistiques à la faveur des chiffres que certains cinémas n’auraient pas encore divulgués. Voyez ?

Si quelqu’un pouvait nous trouver le laissez-passer A38, ce serait grandement apprécié.

Avec tout ça, on ne se trouve guère plus avancé. Théoriquement, Le mirage a encore une chance de mettre la main sur le Billet d’or, si jamais les statistiques restent sensiblement du même ordre (326 008 spectateurs pour Le mirage au 31 décembre; 314 098 pour La guerre des tuques 3D).

En attendant, l’annonce de l’ensemble des nominations pour la Soirée des Jutra aura lieu lundi. On souhaite ça simple.

* Ajout : Il faut cliquer sur le lien «Mise à jour de la base données» pour avoir droit à l’explication suivante. Une mise en garde aussi importante devrait pourtant être inscrite clairement sur la page d’accueil de la Banque de données Léo-Ernest Ouimet. Ce serait bien la moindre des choses.

Une mise à jour de la banque de données est faite à chaque jour. Elle correspond aux données reçues quotidiennement dans le cadre de l’enquête menée par l’Institut de la statistique du Québec auprès des exploitants de salles de cinéma et de ciné-parcs.

Par ailleurs, considérant le délai entre la projection d’un film dans les cinémas du Québec et la réception des résultats d’exploitation de l’ensemble des établissements, une fois qu’un film a quitté les salles de cinéma, il faut attendre environs six semaines pour avoir le portrait complet de ses résultats d’exploitation.

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Mardi 12 janvier 2016 | Mise en ligne à 15h36 | Commenter Commentaires (3)

DGA Awards : que retenir des nominations ?

Inarritu - 1

Un doublé pour Alejandro González Iñárritu ?

Il n’y a pas vraiment de surprises dans la liste de nominations que vient de dévoiler la Directors Guild of America. Alejandro González Iñárritu (The Revenant), Thomas McCarthy (Spotlight), Adam McKay (The Big Short), George Miller (Mad Max : Fury Road) et Ridley Scott (The Martian) deviennent du même coup les favoris pour décrocher aux Oscars l’une des cinq nominations dans la catégorie de la meilleure réalisation. Règle générale, le lauréat du DGA Award (qui sera annoncé le 6 février) répète l’exploit à la cérémonie des Oscars.

Il y a évidemment eu quelques exceptions au cours des dernières années. En 2013, par exemple, le lauréat de la Guilde des réalisateurs fut nul autre que Ben Affleck. Or, le réalisateur d’Argo n’était même pas en lice aux Oscars dans sa catégorie. Cela dit, il est notoire que les prix remis par les différentes associations professionnelles ont un effet de miroir au moment de la cérémonie des Oscars. C’est particulièrement le cas dans la catégorie réservée aux cinéastes.

Si les choix de la DGA, qui en sera à sa 68ème cérémonie, sont pratiquement incontestables cette année, il reste que plusieurs réalisations méritoires ont été laissées de coté. On pense notamment à celles de Todd Haynes (Carol) et de Steven Spielberg (Bridges of Spies). De façon tout à fait chauvine, on aurait aussi pu espérer voir Denis Villeneuve figurer au tableau d’honneur. Déjà retenu par quelques associations professionnelles (pour le scénario et la direction photo notamment), Sicario se distingue aussi – surtout – par la qualité de sa réalisation. J’ai comme l’impression que ce n’est que partie remise pour Villeneuve.

Un nouveau prix

Par ailleurs, il y a du nouveau à la DGA cette année. Pour la première fois, le syndicat remet aussi un prix au meilleur réalisateur d’un premier long métrage. Sont retenus dans cette catégorie : Fernando Coimbra (A Wolf at the Door), Joel Edgerton (The Gift), Alex Garland (Ex Machina), Marielle Heller (The Diary of a Teenage Girl) et  László Nemes (Saul Fia). Le film de Nemes, au sommet de mon palmarès personnel 2015, devrait en principe être finaliste pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère mais il pourrait aussi se distinguer dans d’autres catégories. On saura tout cela jeudi matin.

L’an dernier, le lauréat du DGA Award (et de l’Oscar de la meilleure réalisation) était Alejandro González Iñárritu. Le réalisateur de Birdman or (The Unexpected Virtue of Ignorance) pourrait-il obtenir le même honneur deux années consécutives ? Son triomphe aux Golden Globes dimanche, grâce à The Revenant bien sûr, pourrait être un bon présage. Mais je n’y crois guère. Les «professionnels de la profession» préféreront probablement jeter leur dévolu sur quelqu’un d’autre. On voudra sans doute célébrer un vétéran qui n’a encore jamais eu droit aux grands honneurs (Scott a été nommé trois fois; Miller, jamais), ou des cinéastes plus jeunes qui, cette année, ont offert des oeuvres accomplies (McCarthy, McKay).

La liste des nominations de la 88e Soirée des Oscars sera dévoilée jeudi matin à 8h30.

Site officiel de la Directors Guild of America.

Compte Twitter : @MALussier

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