Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Personnalités’

Lundi 6 février 2012 | Mise en ligne à 7h51 | Commenter Commentaires (6)

Souvenir de Truffaut…

Truffaut - 2

Je lui dois en grande partie mon amour du cinéma. François Truffaut célébrerait son 80e anniversaire de naissance aujourd’hui.

François Truffaut ou l’enfance de l’Art (L’Express).

Truffaut le bien-aimé (Chronique publiée en 2009).


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Mardi 24 janvier 2012 | Mise en ligne à 17h36 | Commenter Commentaires (8)

In Memoriam Theo Angelopoulos

Angelopoulos - 1

Theo Angelopoulos (Photo de François Roy  - La Presse)

La triste nouvelle vient de tomber. Le grand cinéaste Theo Angelopoulos, l’un des derniers maîtres du cinéma, n’est plus. Voici la dépêche de l’AFP :

«Le réalisateur grec Theo Angelopoulos, 76 ans, a succombé ce soir à une hémorragie cérébrale dans un hôpital près du Pirée, où il avait été admis après avoir été renversé par un motard dans la rue, a indiqué la télévision publique NET.

Figure emblématique du “Nouveau cinéma” grec à partir des années 1970 et lauréat de la Palme d’or de Cannes en 1998 pour son film L’Eternité et un jour, Angelopoulos a réalisé une quinzaine de films, retraçant pour la plupart l’histoire et la société de la Grèce contemporaine, et caractérisés par de longs et silencieux plans sur fond de paysages de son pays.»

Je vous propose ici une interview que le cinéaste m’avait accordée lors de son dernier passage à Montréal. Cet article a été publié dans La Presse le 23 septembre 2010.

«De passage à Montréal cette semaine pour lancer un programme que lui consacre la Cinémathèque québécoise à l’invitation du Festival des films du monde, Theo Angelopoulos affirme d’entrée de jeu apprécier ce genre de coup de chapeau. Sept longs métrages, choisis selon les disponibilités des copies par le Centre du cinéma grec, sont présentés gratuitement au public. L’opération est financée par l’entrepreneur Costas Spiliadis à l’occasion du 30e anniversaire du restaurant Milos, dont il est le propriétaire.

Le vénéré cinéaste déplorait toutefois du même souffle les difficultés qu’il éprouve maintenant pour mettre ses projets en marche. Et les diffuser.

«Quand ça va mal sur le plan économique, la culture écope toujours en premier, expliquait-il au cours d’une entrevue accordée à La Presse. C’est comme ça partout dans le monde. Comme la crise est particulièrement aiguë en Grèce, je suis en mode d’attente. Je serais évidemment prêt à tourner L’autre mer, le dernier volet d’une trilogie amorcée avec La terre qui pleure, mais c’est impossible pour l’instant. Cette crise ne touche d’ailleurs pas seulement le secteur économique. Il y a aussi crise artistique. Et, surtout, crise des valeurs.»

Lauréat de la Palme d’or du Festival de Cannes en 1998 grâce à L’éternité et un jour, Theo Angelopoulos a aujourd’hui l’impression de lancer une bouteille à la mer en défendant une conception du cinéma qui ne correspond plus aux attentes de «l’industrie». Ni à ses impératifs commerciaux.

«Les goûts du public ont changé, c’est indéniable, dit-il. La télévision en est responsable en grande partie car elle ne produit plus que des émissions destinées à plaire au plus grand nombre. Il est maintenant plus difficile pour un spectateur de se construire une éthique, ou d’être sensible à l’esthétique du cinéma, car son regard est perverti très jeune par les images qu’il voit à la télé. Or, un regard, ça se cultive. Comme le reste.»

Tout s’entremêle

Si le contexte est différent de celui qui prévalait au moment où il tournait Reconstruction, son premier film, le réalisateur de L’apiculteur n’abandonne pas la partie pour autant.

«Le cinéma est ma respiration, confie-t-il. C’est ma vie. Le dialogue est très fort entre le créateur et son œuvre. Au point où les films s’entremêlent souvent à sa vie privée. Et deviennent sa vie en fait. Même si les sujets ont souvent été inspirés par des articles que j’ai pu lire dans les journaux, il y a beaucoup de mon histoire personnelle dans mes films. Paysage dans le brouillard, par exemple, évoque l’enfance à travers une histoire que j’ai racontée à mes filles. Avant de devenir un scénario et un film, c’était d’abord un conte de fées!»

Selon lui, une démarche artistique s’inscrit dans la continuité.

«Je suis condamné à ne faire qu’un seul film, explique-t-il. De la même manière qu’un compositeur ne produira qu’une seule musique, qu’un écrivain n’écrira qu’un seul roman. Dans mon esprit, une œuvre de cinéma est constituée de chapitres qui s’ajoutent dans un grand livre. L’œuvre se construit de film en film.»

Même s’il doit désormais composer avec les nouvelles méthodes de diffusion des films – DVD, Internet, etc. –, Theo Angelopoulos estime qu’une œuvre cinématographique ne peut exister que sur grand écran.

«Je suis bien obligé d’accepter ces nouveaux modes de diffusion, dit-il. Mais je ne les aime pas. Pour moi, le cinéma est une messe. Il doit y avoir communion entre une œuvre cinématographique et un public.»

Récemment, les compatriotes de Theo Angelopoulos se sont exprimés par votre populaire et ont inscrit le nom du cinéaste sur la liste des 100 personnalités grecques les plus marquantes de l’histoire. L’artiste fut bien entendu touché par cette marque d’affection. «Ils me voient comme l’un des leurs et cela me fait très plaisir», commente-t-il.

Quand on lui demande ce qui le motive à poursuivre sa démarche, malgré les difficultés du contexte dans lequel il évolue, le maître, reconnu pour son approche très pure et l’utilisation du plan-séquence, nous réfère à un passage de La mort d’un apiculteur, un livre écrit par le romancier suédois Lars Gustafsson.

«Devant la mort, on ne se livre pas. On continue…», conclut-il avec un large sourire.»

Qu’ajouter de plus?

Théo Angelopoulos meurt dans un accident (AFP)

L’éternité et une nuit (Le Monde)

Un cinéaste au fond des yeux (Télérama)

Choc et controverse après l’accident mortel de Theo Angelopoulos (AFP)

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Lundi 16 janvier 2012 | Mise en ligne à 6h03 | Commenter Commentaires (3)

Woody Allen, acteur dans un premier film français!

Woody Allen - 2

Photo : AFP

Woody Allen n’était pas au Beverly Hilton hier pour aller cueillir le Golden Globe du meilleur scénario  attribué à son film Midnight in Paris. Il préfère visiblement les festivals de cinéma aux soirées de gala. Il aime aussi aller là où l’on ne l’attend pas nécessairement.

Étonnament, Woody Allen fait partie de la distribution d’un film français, un premier long métrage réalisé par une jeune cinéaste encore inconnue, Sophie Lellouche. Paris Manhattan est une comédie sentimentale dont les têtes d’affiche sont Alice Taglioni et Patrick Bruel. Les droits d’exploitation pour le territoire québécois ont été achetés par les Films Séville. Aucune date de sortie n’est encore fixée chez nous. En France, Paris Manhattan prend l’affiche (en principe) le 28 mars.

Aux Rendez-vous d’Unifrance, qui se déroulent depuis quelques jours à Paris, j’ai tenu à rencontrer la réalisatrice afin qu’elle puisse me raconter cette histoire quand même pas banale. Comment une jeune cinéaste peut-elle réussir à obtenir l’accord d’une icône aussi vénérée par les cinéphiles? Qui se fait de surcroît aussi rare devant les caméras des autres que devant la sienne par les temps qui courent?

«Je suis d’abord et avant tout une très grande admiratrice du cinéma de Woody Allen, explique Sophie Lellouche. Mon scénario évoque un peu celui de Tombe les filles et tais-toi (Pay It Again, Sam). Dans ce film, le personnage que campe Woody demande conseil à son alter ego Humphrey Bogart. Dans le mien, l’héroïne demande conseil à son idole : Woody Allen !»

Sur la foi d’une interview qu’a accordée un jour le cinéaste, dans laquelle il déplorait que personne ne fasse appel à ses talents d’acteur, Sophie Lellouche a pris son courage à deux mains et s’est rendue à New York. Elle a dans un premier temps déposé son scénario, puis, est allée aborder son idole après l’un de ses fameux concerts de clarinette du lundi soir au bar du Carlyle.

«Quand je lui ai parlé, il avait déjà lu le scénario. Et il l’avait aimé!», raconte la réalisatrice en se pinçant encore.

Arrangements furent pris. Allen, qui éprouve une affection particulière pour la France, a tourné ses scènes au mois d’avril l’an dernier, alors qu’il se trouvait dans la Ville Lumière pour offrir un concert. Le tournage de Midnight in Paris était alors terminé depuis longtemps. Nous étions d’ailleurs à un mois de l’ouverture du Festival de Cannes. Le célèbre cinéaste a ainsi accordé une heure à la production en fin d’après-midi, peu avant d’aller répéter pour son concert le soir même.

«J’y ai vu un signe, commente Sophie Lellouche. La présence de Woody Allen était tellement indispensable que je m’étais dit que si mes démarches n’aboutissaient pas, je devrais probablement m’orienter vers autre chose. Or, j’ai obtenu son accord. Et tout s’est bien passé. Dans son ensemble, l’expérience de tournage fut au-delà de tout ce que j’aurais pu rêver. Je crois que je vais continuer à faire des films!»

Patrick Bruel, se plaît aussi à raconter l’anecdote, d’autant que le personnage qu’il incarne dans le film n’est pas vraiment un admirateur du cinéaste.

«Dans la scène que j’ai tournée avec Woody Allen, je me suis retrouvé à donner la réplique à quelqu’un que j’admire dans la vie mais que je n’admire pas dans le film, fait remarquer l’acteur. Cela faisait un peu étrange. Mais nous avons eu le temps de bavarder un peu de cinéma ensemble. Il était particulièrement inquiet de la réception qu’allait obtenir Midnight in Paris le mois suivant à Cannes. Aussi, la situation était légèrement tendue car il fallait mettre en boîte notre scène très vite. Je ne pouvais pas me permettre de dépasser de beaucoup le temps qui nous était alloué non plus car je jouais deux représentations de la pièce Le prénom ce soir-là. J’avais quand même avisé les gens au théâtre de la possibilité d’un léger retard. Quand ils m’ont demandé pourquoi, je leur ai simplement dit que je tournais avec Woody Allen!»

Paris Manhattan prenant l’affiche plus tard cette année en France, aucune bande-annonce n’est encore disponible. On vous tiendra au courant!

Des Golden Globes pour tous (le compte-rendu de Marc Cassivi).

Compte Twitter: @malussier

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