Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Personnalités’

Jeudi 18 juin 2015 | Mise en ligne à 13h37 | Commenter Aucun commentaire

Martin Scorsese, lauréat du Prix Lumière

Taxi Driver - 1

Robert De Niro et Martin Scorsese – Taxi Driver

Martin Scorsese recevra en octobre prochain à Lyon le prestigieux Prix Lumière dans le cadre du septième festival Lumière. Les lauréats précédents sont Clint Eastwood, Milos Forman, Gérard Depardieu, Ken Loach, Quentin Tarantino et Pedro Almodovar. Présidé par Bertrand Tavernier, et dirigé par Thierry Frémaux (aussi délégué général du Festival de Cannes), l’Institut Lumière a moins de 35 ans d’existence mais s’est quand même vite imposé parmi les plus importantes institutions mondiales vouées à la gloire du septième art.

Le Prix Lumière a été créé par Thierry Frémaux et Bertrand Tavernier afin de célébrer à Lyon un metteur en scène ou une personnalité du septième art, à l’endroit même où le Cinématographe a été inventé par Louis et Auguste Lumière et où ils ont tourné leur premier film, Sortie d’Usine, en 1895. Parce qu’il faut savoir exprimer notre gratitude envers les artistes qui habitent nos vies, le Prix Lumière est une distinction qui repose sur le temps, la reconnaissance et l’admiration. (extrait du communiqué officiel)

Alors qu’on célèbre cette année le 25e anniversaire de la sortie de Goodfellas, le festival Lumière tient à honorer le cinéaste pour «l’ensemble de son œuvre, pour sa cinéphilie généreuse, pour son inlassable combat en faveur de la sauvegarde du cinéma du passé, pour ses fictions, pour ses documentaires, pour son amour de la musique, pour sa bienveillance à l’égard des jeunes cinéastes du monde entier, et aussi pour son rire tonitruant.»

Le communiqué officiel.

Un petit montage vidéo a été lancé aujourd’hui pour l’occasion :

Lien YouTube.

Compte Twitter : @MALussier

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Vendredi 3 avril 2015 | Mise en ligne à 23h30 | Commenter Aucun commentaire

Manoel de Oliveira par Claudia Cardinale

Gebo et l'ombre - 1

Claudia Cardinale dans Gebo et l’ombre

«J’avais vu quelques-uns des films de Manoel bien sûr, mais je ne l’avais jamais rencontré auparavant»
- Claudia Cardinale

C’était il y a deux ans, à l’occasion des Rendez-vous du cinéma français, l’événement qu’organise annuellement Unifrance à Paris. Pendant quatre jours, une centaine de journalistes, venus du monde entier, sont invités à rencontrer les artisans des films français déjà achetés par des distributeurs dans leur pays respectif.

Cependant, il arrive que certains films, même achetés par un distributeur local, ne prennent finalement jamais l’affiche en salle. Ce fut le cas de Gebo et l’ombre, le film que Manoel de Oliveira, décédé jeudi, a réalisé à l’âge de… 103 ans ! Acquis par Fun Film, le long métrage, qui met notamment en vedette Michael Lonsdale, Claudia Cardinale et Jeanne Moreau, aura été montré exclusivement sur la chaîne TFO. D’ailleurs, la chaîne publique ontarienne a modifié sa programmation afin de rendre hommage au cinéaste. Gebo et l’ombre sera présenté à TFO dimanche (5 avril) à 21h. (rediffusion lundi à 0h30).

On suggérerait d’ailleurs à ceux qui seraient intéressés à visionner ce film de l’enregistrer. On nous dit que Gebo et l’ombre sera peut-être, éventuellement, mis à la disposition des cinéphiles en vidéo sur demande mais rien n’est confirmé à cet égard pour l’instant. Le film n’existe pas non plus en DVD ou en Blu-ray de ce côté de l’Atlantique.

Il y a deux ans, donc, j’avais eu l’occasion de rencontrer Claudia Cardinale, en compagnie de deux autres journalistes, venus d’Italie et de Grande-Bretagne. Comme il arrive très souvent avec les acteurs et les actrices qui comptent quelques chefs d’oeuvres dans leur filmographie, la conversation dévie souvent vers «la grande époque».

«Je ne suis pas du tout dans la nostalgie mais les gens me ramènent toujours à cette époque-là !, faisait remarquer l’actrice. Je reçois même encore plusieurs lettres de jeunes admirateurs qui me déclarent leur amour parce qu’ils viennent de découvrir Le guépard ou Il était une fois dans l’Ouest. C’est comme s’ils ne se rendaient pas compte qu’ils s’adressent aujourd’hui à une femme de 75 ans. Ça me fait beaucoup rire !»

Un admirateur inattendu

Parmi les admirateurs que comptent l’actrice, il y avait quand même quelqu’un qui n’était plus tout à fait jeune. Claudia Cardinale sourit quand elle évoque sa première rencontre avec Manoel de Oliveira.

«C’est une histoire incroyable !, dit-elle. Il y’ a quelques années, la Mostra de Venise rendait hommage à plusieurs acteurs. Manoel s’amène sur scène et il commence à raconter que je suis son actrice préférée. Je n’en savais rien. Je lui ai évidemment envoyé un petit mot pour le remercier ensuite. Quelques mois après, il m’a appelée pour me proposer Gebo et l’ombre. Ça s’est fait tout bonnement comme ça. J’avais vu quelques-uns des films de Manoel bien sûr, mais je ne l’avais jamais rencontré auparavant.»

L’idée de ce film est née d’une suggestion faite par un ami proche du réalisateur qui se demandait pourquoi Oliveira n’avait jamais fait de film sur le thème de la pauvreté : «Je lui ai répondu qu’un tel film serait très difficile à réaliser, à moins qu’il ne s’agisse d’un documentaire où je pourrais montrer différents cas de pauvreté. Je me suis souvenu alors de la pièce de Raul Brandão, Gebo et l’ombre, qui parle de la pauvreté et de l’honnêteté», avait expliqué le cinéaste.

«Je ne connaissais pas la pièce d’origine mais j’ai adoré le scénario à la lecture, confie Claudia Cardinale. En plus, j’étais entourée d’acteurs merveilleux : Michael Lonsdale, Jeanne bien sûr, mais aussi des acteurs portugais remarquables. Et puis, le scénario était écrit en français et nous avons tourné le film non loin de Paris en un temps record. Je crois que je n’avais jamais participé à un film dont le tournage s’est fait aussi rapidement. Ving-cinq jours ! Nous répétions nos scènes comme s’il s’agissait d’une pièce de théâtre. J’adorais le fait que ça se passe dans une maison très pauvre, éclairée avec des bougies. La lumière est réelle et magnifique.»

Celle dont la carrière fut lancée par de grands maîtres (Visconti, Fellini, Leone) a ainsi eu l’occasion de côtoyer un homme de grande culture, doté d’une rare intelligence.

«Nos discussions étaient fascinantes. La mémoire de Manoel est prodigieuse ! Il est aussi très attentif sur un plateau mais il laisse ses acteurs très libres. Même à plus de 100 ans, il était doté d’une énergie incroyable. Il nous laissait souvent poursuivre les scènes sans dire «coupez!». Il choisit ses acteurs parce qu’il croit en eux.

«Ce qu’il y a de plus intéressant dans le métier d’actrice, poursuit-elle, est de devenir une autre devant la caméra. Dans ce cas-ci, le rôle était fort intéressant car cette femme est toujours dans la peine, toujours dans l’attente de son fils. Et son mari lui cache toujours la vérité. Ça m’a rappelé un petit peu La storia de Comencini. J’ai vraiment été chanceuse car j’ai pu travailler avec des maîtres. Ils m’ont tout enseigné. Ce fut une chance incroyable de tourner avec Manoel à cette étape de sa vie. Ce tournage fut vraiment très heureux.»

Vous dire que je suis un grand admirateur du cinéma de Manoel de Oliveira serait mentir. Mais qu’on souscrive ou pas à sa démarche esthétique et très austère, son oeuvre mérite assurément  le respect. Parmi ses plus récents films, j’ai personnellement beaucoup apprécié deux films qu’il a tournés dans les années 2000 avec Michel Piccoli : Je rentre à la maison, ainsi que Belle toujours, l’étonnante suite de Belle de jour

Quelques liens :

Bande annonce de Gebo et l’ombre.

Décès de Manoel de Oliveira à 106 ans (AFP)

Deux jours de deuil national (AFP)

Manoel de Oliveira laisse un film posthume sur sa vie (AFP)

Le cinéma québécois salue Manoel de Oliveira (André Duchesne)

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Samedi 28 mars 2015 | Mise en ligne à 9h15 | Commenter Commentaires (4)

Abdellatif Kechiche : une autre tuile…

Kechiche - 1

Abdellatif Kechiche
(Photo : Éric Gaillard, archives Reuters)

Il y a maintenant deux ans, Abdellatif Kechiche obtenait la consécration ultime en décrochant la Palme d’or du Festival de Cannes, remise à l’unanimité à La vie d’Adèle par un jury que présidait alors Steven Spielberg.

Depuis, les tuiles ne cessent de tomber sur la tête du cinéaste franco-tunisien. On se rappellera la succession de polémiques qui ont miné la carrière du film au moment de sa sortie : techniciens mécontents; déclarations intempestives des actrices (particulièrement Léa Seydoux), réputation entachée, etc.

Plus tôt cette semaine, un tribunal français a condamné le cinéaste à verser 180 000 euros (250 000 dollars environ) à la société de production MK2. Objet du litige ? Un contrat signé en 2008 (soit après La graine et le mulet) dans lequel Kechiche s’engageait à tourner avec la société ses trois prochains longs métrages.

Or, les choses se sont très mal déroulées sur le tournage de Vénus noire, rare échec dans la carrière du cinéaste. La mésentente avec le producteur Marin Karmitz fut notoire. De sorte que Kechiche est allé voir ailleurs pour la mise en chantier du film suivant (La vie d’Adèle). Avec le succès que l’on sait.

Un extrait du compte-rendu du journal Libération :

«… le tribunal a estimé que pour n’avoir pas respecté le contrat d’exclusivité qui le liait à MK2, pour lequel il avait touché un chèque de 270 000 euros, Kechiche se trouvait redevable d’une compensation de 180 000 euros.

Cela ne devrait entraver en rien le tournage dans les prochains mois, à Lyon, de son nouveau film. La Blessure, adapté d’un roman de François Begaudeau, est en cours de casting ces jours-ci – mais on sait déjà qu’un autre tempérament parmi les plus éruptifs du cinéma français devrait en être : Gérard Depardieu.»

Abdellatif Kechiche serait-il le plus mal aimé des cinéastes français ?

Quelques liens :

Marin Karmitz fait condamner Abdellatif Kechiche (Libération)

Polémique La vie d’Adèle : le beau gâchis.

Polémique La vie d’Adèle : le point de vue de Kechiche.

Compte Twitter : @MALussier

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