Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Oscars’

Dimanche 5 mai 2013 | Mise en ligne à 18h59 | Commenter Commentaires (3)

Oscar film langue étrangère : changement majeur !

Bandeau Oscars - 1

Amour - 1

L’air de rien, l’Académie des Arts et des sciences du cinéma a effectué un changement majeur dans le règlement des Oscars pendant le week-end. D’autant que cette modification au règlement touche la catégorie qui, souvent, suscite le plus d’intérêt chez nous : celle du meilleur film en langue étrangère. Le (long) processus de sélection des finalistes reste le même : des académiciens réunis en comité sont chargés de visionner tous les films soumis par les différents pays (ils étaient 71 dans la course en 2012) et déterminent d’abord une short list de 9 candidats. Ensuite, un autre comité, formé de membres différents, a le mandat de choisir les cinq finalistes parmi les neuf candidats retenus au préalable.

Pour déterminer le lauréat dans cette catégorie, il y avait jusqu’à maintenant une règle très stricte : seuls les membres de l’Académie ayant vu les cinq films retenus, au cours de projections spécifiquement organisées pour eux, avaient droit de vote dans cette catégorie. C’est dire que l’académicien devait obligatoirement se présenter à l’une de ces projections, où sa présence était enregistrée, et voir les cinq films en lice avant d’obtenir son droit de vote pour l’oscar du meilleur film en langue étrangère. Combien des quelques 6000 membres se prévalaient habituellement de ce droit ? 500 ? 1000 ? 250 ? Nul ne sait. L’académie ne divulgue jamais ce genre de statistiques.

Dès l’an prochain, il sera permis de faire parvenir à l’ensemble des membres de l’Académie les films en DVD pour fin de visionnement. À part les catégories du meilleur long métrage documentaire et du meilleur film en langue étrangère, cette pratique est établie depuis longtemps. Au cours des récentes années, l’Académie avait même permis cette pratique dans les catégories court métrages, courts métrages d’animation, et courts métrages documentaires. En la permettant maintenant aussi pour les documentaires et films de langue étrangère, il n’y a maintenant plus aucune restriction. Il n’y a plus obligation de voir les films dans une salle de cinéma, peu importe la catégorie.

Deux remarques. La première : on peut applaudir l’initiative, même si cette ouverture prête flanc à la controverse. Dans la mesure où l’on devra se fier sur la bonne foi des académiciens afin qu’ils voient tous les films avant de se prononcer.

La deuxième : cette ouverture rééquilibrera peut-être un exercice qui, parfois, pouvait être marqué par certains jeux de coulisses. Il pouvait en effet être dans l’intérêt des «négligés» de rendre l’accessibilité à leur film plus difficile, histoire d’éliminer d’office des membres «acquis» à d’autres candidats. Si au bout du compte, ce membre ne parvenait pas à voir les cinq films en lice, il n’était pas autorisé à exercer son droit de vote.

Ces histoires sont-elles véridiques ?  Personne, évidemment, ne les confirmera jamais. Mais ces rumeurs circulent. C’est d’ailleurs peut-être ce qui explique des résultats un peu étranges parfois. En 2009, le film japonais Departures (Okuribito) a déclassé Entre les murs et Valse avec Bachir. En 2010, Dans ses yeux (El secreto de sus ojos) a eu le meilleur sur Le ruban blanc et Un prophète. Je ne dis pas que ces deux lauréats doivent leur Oscar à des jeux de coulisses, mais je crois qu’en élargissant le vote à l’ensemble des membres de l’Académie, des incongruités de ce genre risquent d’être plus rares.

Cela dit, quand un favori se détache nettement du lot, comme ce fut le cas au cours des deux dernières années (Une séparation, Amour), le fait que 500 ou 5000 académiciens se prononcent ne change strictement rien à l’affaire.

Les liens :

Le communiqué officiel de l’Académie.

71 pays en lice pour l’oscar du film en langue étrangère.

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Lundi 25 février 2013 | Mise en ligne à 14h50 | Commenter Commentaires (23)

Oscars : quelle serait la bonne formule ?

85th Academy Awards - Show

Seth MacFarlane (Photo : AP)

Je n’ai pas vraiment vu la cérémonie. Croyez bien que j’étais devant mon écran pourtant. Alors que la plupart des gens pestent contre les longueurs d’une cérémonie qui n’en finit plus, je vois au contraire le temps défiler trop rapidement, pris que je suis à rédiger des textes sur le fil du rasoir. L’annonce des lauréats dans les catégories de pointe se fait habituellement alors que notre heure de tombée approche dangereusement. Hier, on a su qu’Argo enlevait l’Oscar du meilleur film alors qu’il ne restait plus que sept minutes au compteur…

C’est dire que je pourrai évaluer l’ensemble du spectacle le jour où je regarderai la cérémonie à tête reposée. Cela dit, il est clair que la performance de Seth MacFarlane, que j’aime beaucoup habituellement, n’a pas fait l’unanimité, loin de là. Dans les médias américains, on dénonce vertement le mauvais goût de son numéro d’ouverture, notamment la chanson dans laquelle il nomme toutes les actrices ayant été vues les seins nus au grand écran. Le type d’humour que privilégie monsieur MacFarlane ne cadre pas tout à fait dans l’esprit de la plus prestigieuse remise de prix de l’année à Hollywood.

L’Académie est aux prises avec un problème cornélien depuis quelques années. Elle tente désespérément de trouver une formule qui lui permettrait de renouveler (lire «rajeunir») son auditoire, tout en maintenant une tradition qu’elle a elle-même établie, et que tentent d’imiter toutes les autres cérémonies du genre.

Dans sa chronique aujourd’hui, mon collègue Hugo Dumas suggère que les prix qui intéressent moins le grand public (c’est à dire les catégories techniques) soient remis hors d’ondes afin d’écourter un peu la cérémonie. Cela pourrait être une solution en effet. Il est indéniable que le téléspectateur rivé devant son écran de télé aura tendance à zapper ailleurs quand des inconnus, lauréats de l’oscar du meilleur mixage sonore par exemple, montent sur scène pour remercier la Terre entière en général, et leur famille en particulier.

Cela dit, on remet 24 Oscars en tout. C’est beaucoup pour une cérémonie télévisée, certes, mais bien peu en regard des galas consacrés à la musique ou à la télé. Avant qu’on fasse le ménage dans les catégories pour n’en donner finalement «que» 78, on attribuait pas moins de 109 trophées aux Grammy Awards. Chez nous, les Gémeaux en donnent plus d’une soixantaine. C’est complètement ridicule. On voit mal comment l’Académie pourrait multiplier les prix en subdivisant tous les genres cinématographiques possibles et imaginables (l’Oscar du meilleur film d’horreur, l’Oscar de la meilleure comédie romantique, l’Oscar du meilleur film «lamentard», etc.).

On peut reprocher bien des choses à l’Académie, notamment d’avoir dilué la valeur d’une nomination dans la catégorie du meilleur film en élargissant cette catégorie-là à 10 candidats potentiels, mais au moins, elle maintient toujours son aura de prestige. Et refuse d’offrir un hochet à tout le monde. Donc, 24 catégories. Pas une de plus. Il est toutefois vrai que les vainqueurs dans quelques-unes d’entre elles pourraient fort bien être annoncés un peu avant que la visite télévisuelle arrive.

Quant à Seth, je crains fort qu’il ne fasse désormais partie du club des «jamais rappelés», duquel font notamment partie David Letterman et James Franco. Message à l’Académie : suivez le conseil de William Shatner et amenez-nous Tina Fey et Amy Poehler l’an prochain !

Surprise quand même : les premiers rapports indiquent une augmentation significative de la cote d’écoute. Ben coudonc.

Les liens :

Drôle de soirée pas drôle (chronique de Hugo Dumas)

Seth MacFarlane and the Oscars’ Hostile, Ugly, Sexist Night (The New Yorker)

Le grand paradoxe (ma chronique du jour)

Argo entre dans l’histoire (compte-rendu)

TV Ratings : Oscar Telecast Grows… (Hollywood Reporter)

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Samedi 23 février 2013 | Mise en ligne à 8h23 | Commenter Commentaires (12)

La citation du jour…

Dujardin - 1

(Photo : Martin Chamberland – La Presse)

«DiCaprio a été très sympa sur le tournage du Scorsese, mais en même temps, je sentais qu’il me regardait un peu du genre : «Tu ne serais pas un accident, toi ? Tu l’as eu comment ton Oscar ?»

- Jean Dujardin dans Première (no. 432 – février 2013)


Lien YouTube.

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