Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Jutra’

Lundi 27 janvier 2014 | Mise en ligne à 13h16 | Commenter Commentaires (5)

Nominations Jutra : dans tous les sens…

Louis Cyr - Affiche

Louis Cyr, Gabrielle et Le démantèlement dominent une course un peu étrange…

Que de très beaux films comme Le météore, Une jeune fille, et autres Sarah préfère la course n’obtiennent pas la moindre nomination a franchement quelque chose de choquant…

Il n’y a pas de système parfait ; il n’y a pas de tableau parfait. N’empêche qu’à la lumière des nominations dévoilées ce matin, l’analyse «à chaud» est un peu difficile à faire. Les incohérences sont trop nombreuses.

Onze nominations pour Louis Cyr, c’est parfait. Et mérité. On se demande toutefois ce qu’il aurait fallu de plus au film de Daniel Roby pour être aussi inscrit dans la catégorie du scénario.

Neuf nominations pour Gabrielle, c’est très bien aussi. Il s’agit d’ailleurs du seul film (autre bizarrerie) en nomination dans les trois catégories de pointe : scénario, réalisation et film. Cela dit, la composition vibrante de l’interprète principale, Gabrielle Marion-Rivard, est ignorée alors que pas moins de quatre de ses partenaires (Alexandre Landry, Mélissa Désormeaux-Poulin, Vincent-Guillaume Otis et Benoît Gouin) sont en lice. Allez comprendre. Il y a même là quelque chose de scandaleux.

Le démantèlement recueille six nominations, toutes méritées (particulièrement la direction photo de Michel La Veaux) mais encore là, le film de Sébastien Pilote n’apparaît pas dans la catégorie du scénario. Vic + Flo ont vu un ours, cité quatre fois (notamment au scénario et à la réalisation) est absent de la catégorie du meilleur film de l’année.

Au cours d’une année très riche sur le plan créatif, Catimini (Nathalie Saint-Pierre) et Diego Star (Frédérick Pelletier) se distinguent particulièrement en obtenant chacun cinq nominations, dont quelques-unes dans les catégories les plus prestigieuses. On se réjouit aussi des quatre citations du film de Martin Laroche Les manèges humains, et des cinq nominations de Chasse au Godard d’Abbittibbi (dans des catégories plus techniques il est vrai). Cette belle performance s’est toutefois faite au détriment d’autres productions tout aussi méritoires, qui ont complètement mordu la poussière. Que de très beaux films comme Le météore, Une jeune fille, et autres Sarah préfère la course n’obtiennent pas la moindre nomination a franchement quelque chose de choquant…

Personnellement, je n’ai jamais entendu parler d’Upside Down (3 nominations), ni d’Erased (2 nominations)…

La 16ème Soirée des Jutra, animée par Pénélope McQuade et Laurent Paquin, aura lieu le 23 mars. On aura bien le temps d’y aller de plus savantes analyses d’ici là. En attendant, voici la liste des nominations :

Meilleur film
Catimini
Le démantèlement
Diego Star
Gabrielle
Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde

Meilleure réalisation
Louise Archambault (Gabrielle)
Denis Côté (Vic + Flo ont vu un ours)
Robert Lepage, Pedro Pires (Triptyque)
Sébastien Pilote (Le démantèlement)
Daniel Roby (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)

Meilleure actrice
Chloé Bourgeois (Diego Star)
Lise Castonguay (Triptyque)
Rose-Maïté Erkoreka (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Marie-Evelyne Lessard (Les manèges humains)
Pierrette Robitaille (Vic + Flo ont vu un ours)

Meilleur acteur
Gabriel Arcand (Le démantèlement)
Antoine Bertrand (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Alexandre Landry (Gabrielle)
Marcel Sabourin (L’autre maison)
Issaka Sawadogo (Diego Star)

Meilleure actrice de soutien
Marie Brassard (Vic + Flo ont vu un ours)
Sophie Desmarais (Le démantèlement)
Mélissa Désormeaux-Poulin (Gabrielle)
Muriel Dutil (Ressac)
Frédérique Paré (Catimini)

Meilleur acteur de soutien
Guillaume Cyr (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Normand Daoust (Les manèges humains)
Benoit Gouin (Gabrielle)
Vincent-Guillaume Otis (Gabrielle)
Gilles Renaud (Le démantèlement)

Meilleur scénario
Louise Archambault (Gabrielle)
Denis Côté (Vic + Flo ont vu un ours)
Martin Laroche (Les manèges humains)
Frédérick Pelletier (Diego Star)
Nathalie Saint-Pierre (Catimini)

Meilleure direction de la photographie
Steve Asselin (L’autre maison)
Nicolas Bolduc (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Michel La Veaux (Le démantèlement)
Nathalie Moliavko-Visotzky (Catimini)
André Turpin (Whitewash)

Meilleure direction artistique
Jean Babin, Christian Légaré, David Pelletier (Triptyque)
Isabelle Guay (Upside Down)
Marie-Hélène Lavoie (Chasse au Godard d’Abbittibbi)
Michel Proulx, Marc Ricard (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Marjorie Rhéaume (Diego Star)

Meilleur son
Sylvain Bellemare, Pierre Bertrand, Bernard Gariépy Strobl (Gabrielle)
S.Bergeron, M. Pinsonnault, S. Poudrette (Louis Cyr)
Jérôme Boiteau (La légende de Sarila)
M. Bordeleau, F. de Ravignan, G. Fernandes (Jappeloup)
Yann Cleary, Martin Rouillard (Chasse au Godard d’Abbittibbi)

Meilleur montage
Richard Comeau (Gabrielle)
Dominique Fortin (Erased)
Louis-Martin Paradis (L’autre maison)
Nathalie Saint-Pierre (Catimini)
Arthur Tarnowski (Whitewash)

Meilleure musique originale
Olivier Auriol, Elisapie Isaac (La légende de Sarila)
Ramachandra Borcar (Roche papier ciseaux)
Benoît Charest (Upside Down)
Michel Cusson (Rouge sang)
Thomas Hellman (Les manèges humains)

Meilleurs costumes
Carmen Alie (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Caroline Bodson (Chasse au Godard d’Abbittibbi)
Judy Jonker (Triptyque)
Nicoletta Massone (Upside Down)
Madeleine Tremblay (Rouge sang)

Meilleur maquillage
Kathryn Casault (Les 4 soldats)
Kathryn Casault (Whitewash)
Maïna Militza (Chasse au Godard d’Abbittibbi)
Colleen Quinton (Erased)
Natalie Trépanier (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)

Meilleure coiffure
Réjean Goderre (Il était une fois les Boys)
Manon Joly (Lac Mystère)
Martin Lapointe (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Maïna Militza (Chasse au Godard d’Abbittibbi)
Denis Parent (Les 4 soldats)

Meilleur long métrage documentaire
Le chant des ondes de Caroline Martel
Dans un océan d’images d’Helen Doyle
En attendant le printemps de Marie-Geneviève Chabot
Le prix des mots de Julien Fréchette
Québékoisie de Mélanie Carrier et Olivier Higgins

Meilleur court ou moyen métrage de fiction
Gaspé Copper d’Alexis Fortier Gauthier
Mémorable moi de Jean-François Asselin
Nous avions de Stéphane Mourkazel
L’ouragan fuck you tabarnak ! d’Ara Ball
Quelqu’un d’extraordinaire de Monia Chokri

Meilleur court ou moyen métrage d’animation
Le courant faible de la rivière de Joël Vaudreuil
La fin de Pinky de Claire Blanchet
Errance d’Eleonore Goldberg
Gloria Victoria de Theodore Ushev
Le jour nous écoute de Félix Dufour-Laperrière

Film s’étant le plus illustré hors Québec
Le démantèlement de Sébastien Pilote
Gabrielle de Louise Archambault
Inch’Allah d’Anaïs Barbeau-Lavalette
Tom à la ferme de Xavier Dolan
Vic + Flo ont vu un ours de Denis Côté

Jutra Billet d’or
Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde

L’audace laissée pour compte (chronique de Marc Cassivi).

Compte Twitter : @MALussier

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Lundi 18 mars 2013 | Mise en ligne à 14h47 | Commenter Commentaires (16)

Retour sur les Jutra : l’occasion ratée…

Girard - 1

(Photo : Olivier Jean – La Presse)

Les Jutra ont 15 ans. Cet anniversaire aurait pu être souligné de façon un peu particulière en mettant le cinéma en valeur. Oui, je suis parfois naïf. Encore.

Je l’ai souvent dit et écrit : on peut remettre en question le système de sélection et trouver certaines nominations aberrantes parfois, il reste qu’au bout du compte, les «professionnels de la profession» ont toujours fini par faire les bons choix à l’arrivée. C’est à dire que les films les plus méritoires ont été primés la plupart du temps. Parmi les lauréats du Jutra du meilleur film au cours des 15 dernières années : Le violon rouge, Post Mortem, Maelström, Les invasions barbares, Québec – Montréal, C.R.A.Z.Y., J’ai tué ma mère, Incendies, Monsieur Lazhar, et quelques autres. Ce beau bouquet aurait dû inspirer bien davantage qu’un concours visant à élire le choix du public parmi les lauréats des années précédentes. Pourquoi ne pas avoir profité du moment pour revenir sur ces titres, montrer des extraits, rendre hommage à leurs artisans ?

Sans surprise, C.R.A.Z.Y. fut plébiscité par le public mais on en a fait seulement l’annonce. Jean-Marc Vallée, qui était dans la salle, n’a même pas eu l’occasion de monter sur scène. Il aurait été certainement intéressant d’entendre ce qu’il avait à dire. Même chose pour Philippe Falardeau, lauréat du Jutra du film s’étant le plus illustré à l’étranger grâce à Monsieur Lazhar. En cette époque où l’on parle beaucoup du déséquilibre entre le rayonnement de notre cinéma national à l’étranger et celui qu’il obtient moins à l’intérieur même de son territoire, la réflexion d’un homme aussi brillant aurait été fort bienvenue.

Mais non. Plutôt que de célébrer le cinéma, on a préféré concevoir des numéros n’ayant aucun rapport avec les films dont il était question. J’adore Louis-Jean Cormier (il a d’ailleurs cassé la baraque au Vieux-Clocher de Magog samedi ; j’y étais) mais la raison pour laquelle il fut invité à livrer une performance aux Jutra demeure encore floue dans mon esprit.  Si je comprends bien, sa présence était simplement due au fait que la formule «happy end» figure dans le titre de l’une de ses chansons. Dans un gala consacré au cinéma, no offense L-J, j’aurais préféré entendre les compositeurs en lice pour la meilleure musique, notamment les lauréats Viviane Audet, Robin Joël-Cool et Éric West-Millette, signataires de la magnifique trame musicale du film de Rafaël Ouellet Camion. Par ailleurs, le sketch interminable des trois gars des Parent, au cours duquel ils affirment à quel point le cinéma est «poche» mais concèdent n’avoir rien vu, restera le moment emblématique de cette soirée ratée.

Les chroniqueurs télé ont aussi relevé la ribambelle de malaises qui ont jalonné ce gala, notamment tous ces bouts qui semblent avoir été improvisés sur le champ. À vrai dire, on avait l’impression que les concepteurs ont tout fait pour que le téléspectateur qui se serait adonné à tomber là-dessus par hasard ne se rende pas compte qu’il était question de cinéma. Un peu comme quand on cache le fait qu’il y a des scènes de hockey dans Maurice Richard. Faudrait surtout pas que ça se sache pour ne pas faire fuir ceux qui ne sont pas naturellement attirés vers le genre.

Vrai, la petite classe de maître d’André Turpin – réalisateur d’Un crabe dans la tête et l’un des meilleurs directeurs photo du Québec – ressemblait à ce que l’on attend d’une telle célébration. Turpin était engageant au point où certains ont même suggéré sur les réseaux sociaux qu’il prenne le relais de Rémy Girard à l’animation. Michel Côté, lauréat du Prix-Hommage, a aussi posé de très bonnes questions dans son discours, notamment sur le manque de curiosité d’un peuple qui boude son propre cinéma.

À la fin, Rémy Girard a presque imploré le public d’aller voir des films québécois. Je veux bien. Encore faudrait-il donner à ce public l’envie d’aller les voir. On pourrait peut-être commencer par les mettre davantage en valeur dans un gala qui, en principe, est conçu pour les célébrer.

Vincent Guzzo a ri dans sa barbe (Hugo Dumas)

Rebelle s’impose aux Jutra (mon compte-rendu)

Rémy Girard : «Pour moi c’est mission accomplie».

Compte Twitter : @MALussier

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Lundi 14 mars 2011 | Mise en ligne à 22h17 | Commenter Commentaires (6)

Petit retour sur les Jutra

Jutra-1

La poupée Guylaine «Guylou» Tremblay

(Photo: François Roy, La Presse)

Alors? Cette Soirée des Jutra? Du côté des résultats, rien d’étonnant. Incendies a tout raflé. Il aurait été un peu bizarre que le milieu du cinéma québécois ne plébiscite pas ce film de très grande qualité. Lequel, de surcroît, a eu droit à un rayonnement remarquable, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières.

Seule vraie surprise : Claude Legault a été sacré meilleur acteur grâce à sa performance dans 10 1/2, alors que tout le monde attendait une «lutte à finir» entre Emmanuel Bilodeau (Curling) et François Papineau (Route 132). Cela dit, n’importe lequel des acteurs nommés dans cette catégorie (Jay Baruchel et Jacques Godin étaient aussi en lice) aurait fait un lauréat honorable. Aucun scandale.

Quand même un peu dommage que des longs métrages méritants, qui ont eu le malheur d’être produits la même année qu’un film phénomène, doivent se contenter de miettes s’ils ne sont pas carrément écartés. Mais c’est la règle du jeu.

On m’a beaucoup posé de questions aujourd’hui à propos du Jutra du film s’étant le plus illustré à l’étranger, enlevé par Les amours imaginaires. On veut d’abord savoir comment diable le film de Xavier Dolan a bien pu surclasser Incendies dans cette catégorie. On veut aussi comprendre pourquoi ce Jutra n’est jamais mentionné au moment de l’annonce des nominations.

Un peu comme le Jutra du billet d’or, remis automatiquement au film ayant généré le plus de recettes aux guichets (Piché – Entre ciel et terre a obtenu le titre), le Jutra du film s’étant le plus illustré à l’étranger n’est pas attribué par les membres votants (d’où son absence au moment de l’annonce des nominations). Le lauréat est plutôt désigné à la suite d’un savant calcul orchestré à l’aide d’un système de pointage complexe.

Oui mais, quand même, comment se fait-il qu’Incendies n’ait pas obtenu le trophée, malgré sa nomination aux Ocars? Parce que la compilation des données a pris fin le 31 décembre 2010. Les points attribués pour les Oscars compteront pour les Jutra de l’an prochain. Tout comme ceux que vaudront aussi à Incendies sa carrière française, amorcée là-bas en janvier. En 2010, Les Amours imaginaires a eu droit à une sélection officielle au Festival de Cannes; à une carrière commerciale enviable en France;  à des sélections dans de nombreux festivals; et le film a aussi été vendu dans de nombreux pays. À moins qu’un autre long métrage québécois connaisse une carrière fulgurante sur le plan international en 2011, vous pouvez déjà parier un petit 2 qu’Incendies mettra le grappin sur ce Jutra-là l’an prochain.

Vous pouvez revoir plusieurs extraits de la cérémonie sur le site de Radio-Canada. Sylvie Moreau et Yves Pelletier ont fait un excellent boulot à l’animation.

Jutra: Un 13 chanceux (la chronique de Hugo Dumas)

Rire, émotion et glamour : Les Jutra revivent! (le blogue de Richard Therrien)

Les Jutra : 857 000 (le blogue de Richard Therrien)

Vous pouvez aussi me suivre sur Twitter.

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