Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Jutra’

Lundi 18 mars 2013 | Mise en ligne à 14h47 | Commenter Commentaires (16)

Retour sur les Jutra : l’occasion ratée…

Girard - 1

(Photo : Olivier Jean – La Presse)

Les Jutra ont 15 ans. Cet anniversaire aurait pu être souligné de façon un peu particulière en mettant le cinéma en valeur. Oui, je suis parfois naïf. Encore.

Je l’ai souvent dit et écrit : on peut remettre en question le système de sélection et trouver certaines nominations aberrantes parfois, il reste qu’au bout du compte, les «professionnels de la profession» ont toujours fini par faire les bons choix à l’arrivée. C’est à dire que les films les plus méritoires ont été primés la plupart du temps. Parmi les lauréats du Jutra du meilleur film au cours des 15 dernières années : Le violon rouge, Post Mortem, Maelström, Les invasions barbares, Québec – Montréal, C.R.A.Z.Y., J’ai tué ma mère, Incendies, Monsieur Lazhar, et quelques autres. Ce beau bouquet aurait dû inspirer bien davantage qu’un concours visant à élire le choix du public parmi les lauréats des années précédentes. Pourquoi ne pas avoir profité du moment pour revenir sur ces titres, montrer des extraits, rendre hommage à leurs artisans ?

Sans surprise, C.R.A.Z.Y. fut plébiscité par le public mais on en a fait seulement l’annonce. Jean-Marc Vallée, qui était dans la salle, n’a même pas eu l’occasion de monter sur scène. Il aurait été certainement intéressant d’entendre ce qu’il avait à dire. Même chose pour Philippe Falardeau, lauréat du Jutra du film s’étant le plus illustré à l’étranger grâce à Monsieur Lazhar. En cette époque où l’on parle beaucoup du déséquilibre entre le rayonnement de notre cinéma national à l’étranger et celui qu’il obtient moins à l’intérieur même de son territoire, la réflexion d’un homme aussi brillant aurait été fort bienvenue.

Mais non. Plutôt que de célébrer le cinéma, on a préféré concevoir des numéros n’ayant aucun rapport avec les films dont il était question. J’adore Louis-Jean Cormier (il a d’ailleurs cassé la baraque au Vieux-Clocher de Magog samedi ; j’y étais) mais la raison pour laquelle il fut invité à livrer une performance aux Jutra demeure encore floue dans mon esprit.  Si je comprends bien, sa présence était simplement due au fait que la formule «happy end» figure dans le titre de l’une de ses chansons. Dans un gala consacré au cinéma, no offense L-J, j’aurais préféré entendre les compositeurs en lice pour la meilleure musique, notamment les lauréats Viviane Audet, Robin Joël-Cool et Éric West-Millette, signataires de la magnifique trame musicale du film de Rafaël Ouellet Camion. Par ailleurs, le sketch interminable des trois gars des Parent, au cours duquel ils affirment à quel point le cinéma est «poche» mais concèdent n’avoir rien vu, restera le moment emblématique de cette soirée ratée.

Les chroniqueurs télé ont aussi relevé la ribambelle de malaises qui ont jalonné ce gala, notamment tous ces bouts qui semblent avoir été improvisés sur le champ. À vrai dire, on avait l’impression que les concepteurs ont tout fait pour que le téléspectateur qui se serait adonné à tomber là-dessus par hasard ne se rende pas compte qu’il était question de cinéma. Un peu comme quand on cache le fait qu’il y a des scènes de hockey dans Maurice Richard. Faudrait surtout pas que ça se sache pour ne pas faire fuir ceux qui ne sont pas naturellement attirés vers le genre.

Vrai, la petite classe de maître d’André Turpin – réalisateur d’Un crabe dans la tête et l’un des meilleurs directeurs photo du Québec – ressemblait à ce que l’on attend d’une telle célébration. Turpin était engageant au point où certains ont même suggéré sur les réseaux sociaux qu’il prenne le relais de Rémy Girard à l’animation. Michel Côté, lauréat du Prix-Hommage, a aussi posé de très bonnes questions dans son discours, notamment sur le manque de curiosité d’un peuple qui boude son propre cinéma.

À la fin, Rémy Girard a presque imploré le public d’aller voir des films québécois. Je veux bien. Encore faudrait-il donner à ce public l’envie d’aller les voir. On pourrait peut-être commencer par les mettre davantage en valeur dans un gala qui, en principe, est conçu pour les célébrer.

Vincent Guzzo a ri dans sa barbe (Hugo Dumas)

Rebelle s’impose aux Jutra (mon compte-rendu)

Rémy Girard : «Pour moi c’est mission accomplie».

Compte Twitter : @MALussier

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Lundi 14 mars 2011 | Mise en ligne à 22h17 | Commenter Commentaires (6)

Petit retour sur les Jutra

Jutra-1

La poupée Guylaine «Guylou» Tremblay

(Photo: François Roy, La Presse)

Alors? Cette Soirée des Jutra? Du côté des résultats, rien d’étonnant. Incendies a tout raflé. Il aurait été un peu bizarre que le milieu du cinéma québécois ne plébiscite pas ce film de très grande qualité. Lequel, de surcroît, a eu droit à un rayonnement remarquable, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières.

Seule vraie surprise : Claude Legault a été sacré meilleur acteur grâce à sa performance dans 10 1/2, alors que tout le monde attendait une «lutte à finir» entre Emmanuel Bilodeau (Curling) et François Papineau (Route 132). Cela dit, n’importe lequel des acteurs nommés dans cette catégorie (Jay Baruchel et Jacques Godin étaient aussi en lice) aurait fait un lauréat honorable. Aucun scandale.

Quand même un peu dommage que des longs métrages méritants, qui ont eu le malheur d’être produits la même année qu’un film phénomène, doivent se contenter de miettes s’ils ne sont pas carrément écartés. Mais c’est la règle du jeu.

On m’a beaucoup posé de questions aujourd’hui à propos du Jutra du film s’étant le plus illustré à l’étranger, enlevé par Les amours imaginaires. On veut d’abord savoir comment diable le film de Xavier Dolan a bien pu surclasser Incendies dans cette catégorie. On veut aussi comprendre pourquoi ce Jutra n’est jamais mentionné au moment de l’annonce des nominations.

Un peu comme le Jutra du billet d’or, remis automatiquement au film ayant généré le plus de recettes aux guichets (Piché – Entre ciel et terre a obtenu le titre), le Jutra du film s’étant le plus illustré à l’étranger n’est pas attribué par les membres votants (d’où son absence au moment de l’annonce des nominations). Le lauréat est plutôt désigné à la suite d’un savant calcul orchestré à l’aide d’un système de pointage complexe.

Oui mais, quand même, comment se fait-il qu’Incendies n’ait pas obtenu le trophée, malgré sa nomination aux Ocars? Parce que la compilation des données a pris fin le 31 décembre 2010. Les points attribués pour les Oscars compteront pour les Jutra de l’an prochain. Tout comme ceux que vaudront aussi à Incendies sa carrière française, amorcée là-bas en janvier. En 2010, Les Amours imaginaires a eu droit à une sélection officielle au Festival de Cannes; à une carrière commerciale enviable en France;  à des sélections dans de nombreux festivals; et le film a aussi été vendu dans de nombreux pays. À moins qu’un autre long métrage québécois connaisse une carrière fulgurante sur le plan international en 2011, vous pouvez déjà parier un petit 2 qu’Incendies mettra le grappin sur ce Jutra-là l’an prochain.

Vous pouvez revoir plusieurs extraits de la cérémonie sur le site de Radio-Canada. Sylvie Moreau et Yves Pelletier ont fait un excellent boulot à l’animation.

Jutra: Un 13 chanceux (la chronique de Hugo Dumas)

Rire, émotion et glamour : Les Jutra revivent! (le blogue de Richard Therrien)

Les Jutra : 857 000 (le blogue de Richard Therrien)

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Samedi 12 mars 2011 | Mise en ligne à 10h36 | Commenter Commentaires (27)

Les Jutra : Serez-vous au poste?

Jutra Villeneuve-1

Denis Villeneuve (Photo: Graham Hughes, PC)

La saison des récompenses dans le domaine du cinéma prend fin ce week-end avec la 13e Soirée des Jutra. Pas beaucoup de suspense cette année. À moins d’un revirement spectaculaire et inattendu, Incendies obtiendra les Jutra les plus prestigieux.  Le grand défi de cette soirée célébrant l’excellence dans les productions cinématographiques québécoises réside ailleurs : attirer le grand public et générer des cotes d’écoute conséquentes alors que la plupart des films en lice n’ont été vus que des initiés.

Ce fait n’est pas nouveau. Mais on en parle davantage cette année il me semble. Peut-être est-ce dû aux statistiques rendues publiques par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec. Qui emprunte le modèle français. Plutôt que de répertorier les films selon les montants des recettes amassées aux guichets, on enregistre en effet le nombre de billets vendus.

Enfin! Des spectateurs plutôt que des dollars…

Soirée des Jutra: un pari quasi impossible.

Quand il les a reçus à Tout le monde en parle la semaine dernière, Guy A. Lepage n’a pas manqué de faire remarquer aux animateurs du gala, Sylvie Moreau et Yves Pelletier, que les quatre concurrents d’Incendies dans la catégorie  du meilleur film, même réunis, totalisaient à peine plus de 100 000 entrées. Pas évident.

Soyons quand même optimistes car le duo Moreau-Pelletier est prometteur. Cela dit, la qualité du spectacle ne repose pas uniquement sur les épaules des animateurs. Elle tient aussi aux discours des lauréats.  Mon collègue Hugo Dumas y va d’ailleurs de quelques suggestions dans cette chronique :

Le 13 chanceux des Jutra?

Notre dossier sur les Jutra.

La liste des finalistes.

La 13e Soirée des Jutra a lieu dimanche à 19h30. Nous vous invitons à suivre la soirée avec nous sur Twitter. @MarcCassivi, @HugoDumas, et moi-même (@malussier) commenteront alors en direct. Je vous rappelle que si vous n’êtes pas abonné au fil Twitter, vous pouvez néanmoins suivre les «gazouillis» des journalistes sur la page d’accueil de la section des Arts.

Enfin, une (magnifique) photo géante, signée Bernard Brault, est publiée dans la version «papier» de La Presse du week-end.

Voyez le «making of».

Bon gala!

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