Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Jutra’

Vendredi 29 janvier 2016 | Mise en ligne à 19h11 | Commenter Commentaires (24)

Les Jutra font encore scandale ? Vraiment ???

Passion - 1

On peut être d’accord – ou pas – avec les choix des sélectionneurs, mais il reste que l’exercice est quand même fait de façon rigoureuse.

À en croire certains esprits chagrins, les Jutra seraient encore une fois tombés dans leur marmite élitiste en célébrant des films que pratiquement personne n’a vus. Dans ce pays trop tranquille, où l’on a décidément le scandale facile, on ne se gêne pas pour qualifier de méprisante l’approche d’une industrie qui n’a même pas la gratitude de valider les goûts du public. Comment se fait-il que Le mirage n’est pas en lice pour le meilleur film ? Et Paul à Québec ? Et La guerre des tuques 3D ? C’est quoi ça, Corbo ? Et Les démons ?

Bon. Par où on commence…

D’abord, on remarque que depuis l’annonce des mises en nominations des Jutra, un amalgame s’est fait entre deux discussions qui, pourtant, devraient avoir lieu de façon distincte. Cela est une chose de polémiquer sur les choix que les 28 sélectionneurs des Jutra ont fait; c’en est une autre de faire le procès du cinéma québécois tout entier et d’en faire porter l’odieux sur ceux qui ont eu le mandat d’établir la liste des nominations.

Je tiens d’ailleurs à préciser d’emblée que je suis tout à fait favorable à cette discussion-là. Comme le relevait très justement, dans Le Devoir, mon estimée collègue Odile Tremblay plus tôt cette semaine, il est clair qu’un effet d’accumulation – et de fatigue – s’est abattu sur le public au fil des ans. Trop de thèmes similaires dans les films, trop de sombres tonalités aussi. Un peu de diversité dans les genres et dans les histoires ne serait certes pas de refus. Cela dit, les institutions restent quand même à la merci des projets qu’on leur propose. Mais de cela, nous pourrons en reparler.

Revenons aux Jutra.

Qui établit la liste ?

On peut être d’accord – ou pas – avec les choix des sélectionneurs, mais il reste que l’exercice est quand même fait de façon rigoureuse. Contrairement à plusieurs des gens que j’ai entendus crier au scandale un peu partout cette semaine, les 28 professionnels réunis par Québec Cinéma pour établir la liste des finalistes, ont vu les 42 longs métrages admissibles sur une période de deux mois. TOUS.

Ces 28 personnes, jamais les mêmes d’année en année, sont recrutées dans les différentes associations professionnelles de l’industrie. On compte quatre acteurs, trois réalisateurs, deux scénaristes, deux distributeurs, deux compositeurs, deux monteurs, deux techniciens du son, deux directeurs artistique, deux directeurs photo, deux généralistes, un costumier, un maquilleur et un coiffeur.

Pendant une journée entière, de 9h à 17h, ces 28 personnes se réunissent pour, dans un premier temps, retenir les dix longs métrages – et les dix performances – qui, à leurs yeux, méritent une citation dans l’une ou l’autre des catégories principales (film, réalisation, scénario, interprétation). Une fois cette première élimination faite, on amorce une autre discussion, à la suite de laquelle chacun des pros établit secrètement sa liste personnelle des cinq meilleures candidatures, par ordre de préférence. Le groupe se scinde ensuite en deux comités distincts, selon les associations professionnelles auxquelles les membres sont affiliées, pour déterminer les mises en nominations dans les catégories techniques, plus spécialisées.

Quand ils quittent la réunion à la fin de la journée, aucun des membres ne connaît le résultat du choix collectif. Une firme comptable s’occupe de compiler et de pondérer les scores respectifs des sélectionneurs selon les ordres de préférence. Les 28 professionnels qui participent à l’exercice apprennent les mises en nomination en même temps que vous et moi. Certains d’entre eux ont dû être aussi surpris que nous. Mais au moins, ces choix sont cohérents. Maintenant, un bulletin de vote sera envoyé à environ 7000 professionnels pour déterminer les lauréats. Au moins 5000 d’entre eux ne retournent pas le bulletin.

À chacun son scandale…

Bien sûr, Le mirage ou Paul à Québec n’auraient absolument pas déshonoré la catégorie du meilleur film. À l’autre bout du spectre, on peut aussi affirmer que Chorus ou Endorphine se sont fait voler. On pourra aussi déplorer l’absence de Martine Francke dans la catégorie de la meilleure actrice. Dans Antoine et Marie, madame Francke livre de loin la performance la plus vibrante et la plus «gutsy» de l’année. C’est décevant, oui. Mais qui nous dit que des films et des performances méritoires (Patrick Huard dans Guibord s’en va-t-en-guerre ?) ne se sont pas rendus très loin dans la discussion ?

À ceux qui affirment que le public ne sera forcément pas au rendez-vous lors de la diffusion du gala le 20 mars, je rappellerai l’année où le très beau film de Kim Nguyen Rebelle est sorti grand vainqueur. Malgré sa nomination aux Oscars, Rebelle n’a pourtant attiré que 18 357 spectateurs dans les salles du Québec. En lice aussi en 2013 : Camion (15 078 entrées), Inch’Allah (51 436), Laurence Anyways (50 574) et Roméo Onze (5 203). Avec un tel tableau, nombreux étaient ceux qui croyaient qu’à part les familles des artisans, aucun téléspectateur ne serait au poste. Pourtant, le gala en a quand même attiré 620 000.

L’année suivante, celle de Louis Cyr, très grand succès populaire (477 646 entrées), la cote d’écoute s’élève à… 631 000 ! L’an dernier, celle du triomphe de Mommy (371 029 entrées), 670 000 téléspectateurs étaient au rendez-vous, soit à peine 50 000 de plus qu’au gala de Rebelle.

Certains détracteurs oublient aussi que La Passion d’Augustine, très beau succès public (224 630 entrées), domine la course avec 10 nominations (autant que Corbo). Ils oublient aussi que le Québec, grâce à son Billet d’or (tout autant que le Canada avec sa Bobine d’or), est probablement le seul endroit au monde où un trophée est remis au film ayant enregistré le plus grand nombre d’entrées en salles. Cela n’existe pas aux Oscars, ni aux César, ni aux Goya en Espagne, ni aux David di Donatello en Italie, ni dans aucune cérémonie où l’on célèbre d’abord et avant tout la qualité artistique des œuvres plutôt que leur popularité.

Une fausse polémique

Faisant partie de ceux qui ont vu les cinq longs métrages en lice cette année pour le Jutra du meilleur film (Corbo, Les démons, Les êtres chers, Félix et Meira, La passion d’Augustine)  je peux affirmer qu’aucun d’entre eux n’a volé sa place. Même si, pour toutes sortes de raison (de diffusion notamment), ils n’ont pas pu joindre le grand public. Personnellement, j’aurais sans doute fait des choix différents, mais cette liste-là demeure hautement défendable.

Et je dis bravo à tous ces artisans qui, depuis lundi, n’ont pas eu l’occasion de savourer leur accolade plus de deux secondes, empêtrés qu’ils sont dans une polémique stérile et profondément inutile.

Évidemment, tout le monde souhaite des triomphes publics et critiques comme Les invasions barbares, C.R.A.Z.Y. Incendies, Monsieur Lazhar, et Mommy. Mais il y a des années «avec» et d’autres «sans». C’est tout. Il n’y a vraiment pas matière à scandale.

La liste des finalistes.

Jutra : Par ici les surprises !

La mesure de la richesse (Marc Cassivi)

Compte Twitter : @MALussier

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Lundi 27 janvier 2014 | Mise en ligne à 13h16 | Commenter Commentaires (5)

Nominations Jutra : dans tous les sens…

Louis Cyr - Affiche

Louis Cyr, Gabrielle et Le démantèlement dominent une course un peu étrange…

Que de très beaux films comme Le météore, Une jeune fille, et autres Sarah préfère la course n’obtiennent pas la moindre nomination a franchement quelque chose de choquant…

Il n’y a pas de système parfait ; il n’y a pas de tableau parfait. N’empêche qu’à la lumière des nominations dévoilées ce matin, l’analyse «à chaud» est un peu difficile à faire. Les incohérences sont trop nombreuses.

Onze nominations pour Louis Cyr, c’est parfait. Et mérité. On se demande toutefois ce qu’il aurait fallu de plus au film de Daniel Roby pour être aussi inscrit dans la catégorie du scénario.

Neuf nominations pour Gabrielle, c’est très bien aussi. Il s’agit d’ailleurs du seul film (autre bizarrerie) en nomination dans les trois catégories de pointe : scénario, réalisation et film. Cela dit, la composition vibrante de l’interprète principale, Gabrielle Marion-Rivard, est ignorée alors que pas moins de quatre de ses partenaires (Alexandre Landry, Mélissa Désormeaux-Poulin, Vincent-Guillaume Otis et Benoît Gouin) sont en lice. Allez comprendre. Il y a même là quelque chose de scandaleux.

Le démantèlement recueille six nominations, toutes méritées (particulièrement la direction photo de Michel La Veaux) mais encore là, le film de Sébastien Pilote n’apparaît pas dans la catégorie du scénario. Vic + Flo ont vu un ours, cité quatre fois (notamment au scénario et à la réalisation) est absent de la catégorie du meilleur film de l’année.

Au cours d’une année très riche sur le plan créatif, Catimini (Nathalie Saint-Pierre) et Diego Star (Frédérick Pelletier) se distinguent particulièrement en obtenant chacun cinq nominations, dont quelques-unes dans les catégories les plus prestigieuses. On se réjouit aussi des quatre citations du film de Martin Laroche Les manèges humains, et des cinq nominations de Chasse au Godard d’Abbittibbi (dans des catégories plus techniques il est vrai). Cette belle performance s’est toutefois faite au détriment d’autres productions tout aussi méritoires, qui ont complètement mordu la poussière. Que de très beaux films comme Le météore, Une jeune fille, et autres Sarah préfère la course n’obtiennent pas la moindre nomination a franchement quelque chose de choquant…

Personnellement, je n’ai jamais entendu parler d’Upside Down (3 nominations), ni d’Erased (2 nominations)…

La 16ème Soirée des Jutra, animée par Pénélope McQuade et Laurent Paquin, aura lieu le 23 mars. On aura bien le temps d’y aller de plus savantes analyses d’ici là. En attendant, voici la liste des nominations :

Meilleur film
Catimini
Le démantèlement
Diego Star
Gabrielle
Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde

Meilleure réalisation
Louise Archambault (Gabrielle)
Denis Côté (Vic + Flo ont vu un ours)
Robert Lepage, Pedro Pires (Triptyque)
Sébastien Pilote (Le démantèlement)
Daniel Roby (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)

Meilleure actrice
Chloé Bourgeois (Diego Star)
Lise Castonguay (Triptyque)
Rose-Maïté Erkoreka (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Marie-Evelyne Lessard (Les manèges humains)
Pierrette Robitaille (Vic + Flo ont vu un ours)

Meilleur acteur
Gabriel Arcand (Le démantèlement)
Antoine Bertrand (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Alexandre Landry (Gabrielle)
Marcel Sabourin (L’autre maison)
Issaka Sawadogo (Diego Star)

Meilleure actrice de soutien
Marie Brassard (Vic + Flo ont vu un ours)
Sophie Desmarais (Le démantèlement)
Mélissa Désormeaux-Poulin (Gabrielle)
Muriel Dutil (Ressac)
Frédérique Paré (Catimini)

Meilleur acteur de soutien
Guillaume Cyr (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Normand Daoust (Les manèges humains)
Benoit Gouin (Gabrielle)
Vincent-Guillaume Otis (Gabrielle)
Gilles Renaud (Le démantèlement)

Meilleur scénario
Louise Archambault (Gabrielle)
Denis Côté (Vic + Flo ont vu un ours)
Martin Laroche (Les manèges humains)
Frédérick Pelletier (Diego Star)
Nathalie Saint-Pierre (Catimini)

Meilleure direction de la photographie
Steve Asselin (L’autre maison)
Nicolas Bolduc (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Michel La Veaux (Le démantèlement)
Nathalie Moliavko-Visotzky (Catimini)
André Turpin (Whitewash)

Meilleure direction artistique
Jean Babin, Christian Légaré, David Pelletier (Triptyque)
Isabelle Guay (Upside Down)
Marie-Hélène Lavoie (Chasse au Godard d’Abbittibbi)
Michel Proulx, Marc Ricard (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Marjorie Rhéaume (Diego Star)

Meilleur son
Sylvain Bellemare, Pierre Bertrand, Bernard Gariépy Strobl (Gabrielle)
S.Bergeron, M. Pinsonnault, S. Poudrette (Louis Cyr)
Jérôme Boiteau (La légende de Sarila)
M. Bordeleau, F. de Ravignan, G. Fernandes (Jappeloup)
Yann Cleary, Martin Rouillard (Chasse au Godard d’Abbittibbi)

Meilleur montage
Richard Comeau (Gabrielle)
Dominique Fortin (Erased)
Louis-Martin Paradis (L’autre maison)
Nathalie Saint-Pierre (Catimini)
Arthur Tarnowski (Whitewash)

Meilleure musique originale
Olivier Auriol, Elisapie Isaac (La légende de Sarila)
Ramachandra Borcar (Roche papier ciseaux)
Benoît Charest (Upside Down)
Michel Cusson (Rouge sang)
Thomas Hellman (Les manèges humains)

Meilleurs costumes
Carmen Alie (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Caroline Bodson (Chasse au Godard d’Abbittibbi)
Judy Jonker (Triptyque)
Nicoletta Massone (Upside Down)
Madeleine Tremblay (Rouge sang)

Meilleur maquillage
Kathryn Casault (Les 4 soldats)
Kathryn Casault (Whitewash)
Maïna Militza (Chasse au Godard d’Abbittibbi)
Colleen Quinton (Erased)
Natalie Trépanier (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)

Meilleure coiffure
Réjean Goderre (Il était une fois les Boys)
Manon Joly (Lac Mystère)
Martin Lapointe (Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde)
Maïna Militza (Chasse au Godard d’Abbittibbi)
Denis Parent (Les 4 soldats)

Meilleur long métrage documentaire
Le chant des ondes de Caroline Martel
Dans un océan d’images d’Helen Doyle
En attendant le printemps de Marie-Geneviève Chabot
Le prix des mots de Julien Fréchette
Québékoisie de Mélanie Carrier et Olivier Higgins

Meilleur court ou moyen métrage de fiction
Gaspé Copper d’Alexis Fortier Gauthier
Mémorable moi de Jean-François Asselin
Nous avions de Stéphane Mourkazel
L’ouragan fuck you tabarnak ! d’Ara Ball
Quelqu’un d’extraordinaire de Monia Chokri

Meilleur court ou moyen métrage d’animation
Le courant faible de la rivière de Joël Vaudreuil
La fin de Pinky de Claire Blanchet
Errance d’Eleonore Goldberg
Gloria Victoria de Theodore Ushev
Le jour nous écoute de Félix Dufour-Laperrière

Film s’étant le plus illustré hors Québec
Le démantèlement de Sébastien Pilote
Gabrielle de Louise Archambault
Inch’Allah d’Anaïs Barbeau-Lavalette
Tom à la ferme de Xavier Dolan
Vic + Flo ont vu un ours de Denis Côté

Jutra Billet d’or
Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde

L’audace laissée pour compte (chronique de Marc Cassivi).

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Lundi 18 mars 2013 | Mise en ligne à 14h47 | Commenter Commentaires (16)

Retour sur les Jutra : l’occasion ratée…

Girard - 1

(Photo : Olivier Jean – La Presse)

Les Jutra ont 15 ans. Cet anniversaire aurait pu être souligné de façon un peu particulière en mettant le cinéma en valeur. Oui, je suis parfois naïf. Encore.

Je l’ai souvent dit et écrit : on peut remettre en question le système de sélection et trouver certaines nominations aberrantes parfois, il reste qu’au bout du compte, les «professionnels de la profession» ont toujours fini par faire les bons choix à l’arrivée. C’est à dire que les films les plus méritoires ont été primés la plupart du temps. Parmi les lauréats du Jutra du meilleur film au cours des 15 dernières années : Le violon rouge, Post Mortem, Maelström, Les invasions barbares, Québec – Montréal, C.R.A.Z.Y., J’ai tué ma mère, Incendies, Monsieur Lazhar, et quelques autres. Ce beau bouquet aurait dû inspirer bien davantage qu’un concours visant à élire le choix du public parmi les lauréats des années précédentes. Pourquoi ne pas avoir profité du moment pour revenir sur ces titres, montrer des extraits, rendre hommage à leurs artisans ?

Sans surprise, C.R.A.Z.Y. fut plébiscité par le public mais on en a fait seulement l’annonce. Jean-Marc Vallée, qui était dans la salle, n’a même pas eu l’occasion de monter sur scène. Il aurait été certainement intéressant d’entendre ce qu’il avait à dire. Même chose pour Philippe Falardeau, lauréat du Jutra du film s’étant le plus illustré à l’étranger grâce à Monsieur Lazhar. En cette époque où l’on parle beaucoup du déséquilibre entre le rayonnement de notre cinéma national à l’étranger et celui qu’il obtient moins à l’intérieur même de son territoire, la réflexion d’un homme aussi brillant aurait été fort bienvenue.

Mais non. Plutôt que de célébrer le cinéma, on a préféré concevoir des numéros n’ayant aucun rapport avec les films dont il était question. J’adore Louis-Jean Cormier (il a d’ailleurs cassé la baraque au Vieux-Clocher de Magog samedi ; j’y étais) mais la raison pour laquelle il fut invité à livrer une performance aux Jutra demeure encore floue dans mon esprit.  Si je comprends bien, sa présence était simplement due au fait que la formule «happy end» figure dans le titre de l’une de ses chansons. Dans un gala consacré au cinéma, no offense L-J, j’aurais préféré entendre les compositeurs en lice pour la meilleure musique, notamment les lauréats Viviane Audet, Robin Joël-Cool et Éric West-Millette, signataires de la magnifique trame musicale du film de Rafaël Ouellet Camion. Par ailleurs, le sketch interminable des trois gars des Parent, au cours duquel ils affirment à quel point le cinéma est «poche» mais concèdent n’avoir rien vu, restera le moment emblématique de cette soirée ratée.

Les chroniqueurs télé ont aussi relevé la ribambelle de malaises qui ont jalonné ce gala, notamment tous ces bouts qui semblent avoir été improvisés sur le champ. À vrai dire, on avait l’impression que les concepteurs ont tout fait pour que le téléspectateur qui se serait adonné à tomber là-dessus par hasard ne se rende pas compte qu’il était question de cinéma. Un peu comme quand on cache le fait qu’il y a des scènes de hockey dans Maurice Richard. Faudrait surtout pas que ça se sache pour ne pas faire fuir ceux qui ne sont pas naturellement attirés vers le genre.

Vrai, la petite classe de maître d’André Turpin – réalisateur d’Un crabe dans la tête et l’un des meilleurs directeurs photo du Québec – ressemblait à ce que l’on attend d’une telle célébration. Turpin était engageant au point où certains ont même suggéré sur les réseaux sociaux qu’il prenne le relais de Rémy Girard à l’animation. Michel Côté, lauréat du Prix-Hommage, a aussi posé de très bonnes questions dans son discours, notamment sur le manque de curiosité d’un peuple qui boude son propre cinéma.

À la fin, Rémy Girard a presque imploré le public d’aller voir des films québécois. Je veux bien. Encore faudrait-il donner à ce public l’envie d’aller les voir. On pourrait peut-être commencer par les mettre davantage en valeur dans un gala qui, en principe, est conçu pour les célébrer.

Vincent Guzzo a ri dans sa barbe (Hugo Dumas)

Rebelle s’impose aux Jutra (mon compte-rendu)

Rémy Girard : «Pour moi c’est mission accomplie».

Compte Twitter : @MALussier

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