Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Général’

Cannes 15 - Bannière

Fils de Saul - 1

Au début, l’image est floue. Au point où l’on craint même le pépin technique. Tout se met pourtant en perspective quand le personnage principal, qu’on ne lâchera jamais plus, s’approche de l’objectif. Saul (formidable Géza Röhrig) est prisonnier des nazis, mais membre de la Sonderkommando, une brigade d’ouvriers juifs recrutés de force pour aider les nazis dans leur plan d’extermination.

Dans le prologue, la caméra suit toujours cet homme de très près, l’accompagnant dans toutes les tâches auxquelles il s’adonne depuis quatre mois dans l’un des crématoriums du camp d’Auschwitz. On suit ainsi toutes les étapes à partir de l’arrivée d’un nouveau convoi. On ne voit pratiquement rien mais on entend tout. Quand la porte de la chambre à gaz se referme sur les condamnés, dans un bruit assourdissant, pour laisser place au générique du début, le spectateur est déjà sonné par cette évocation qui glace le sang.

Le parti pris de mise en scène du cinéaste hongrois László Nemes, qui signe ici un premier long métrage stupéfiant, constitue la grande force de Saul Fia (Le fils de Saul). Constitué de plan séquences vertigineux, le film emprunte aussi le point de vue subjectif du protagoniste. Qui vit en permanence dans l’horreur absolue. Tout ce qui se passe autour de lui n’atteint d’ailleurs bien souvent son champ de vision que de façon floue et confuse. Instinct de survie.

Une approche inédite

Aussi se donne-t-il une mission quasi impossible quand il découvre le cadavre d’un jeune garçon en qui il croit reconnaître son propre fils. Dès lors, Saul fera des efforts surhumains pour préserver le cadavre et offrir à son fils une véritable sépulture.

Alors que l’on croyait avoir déjà pratiquement tout vu, tout entendu à propos de la Shoah, voici que ce jeune cinéaste, né à Budapest en 1977, arrive avec une approche inédite, d’une rare puissance d’évocation, et un film d’une maîtrise à couper le souffle sur le plan de la réalisation.

Du coup, László Nemes offre aux festivaliers le premier candidat sérieux pour la Palme d’or. Les festivals de cinéma du monde entier s’arracheront ce film au cours de la prochaine année. C’est certain.

La conférence de presse.

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Jeudi 2 avril 2015 | Mise en ligne à 9h04 | Commenter Commentaires (4)

In Memoriam Manoel de Oliveira

De Oliveira - 2

Photo : archives Reuters

Nous apprenons à l’instant la mort du doyen mondial du cinéma. Le cinéaste portugais Manoel de Oliveira a rendu l’âme à l’âge de 106 ans. Il n’a jamais été question de retraite pour lui.

Son dernier long métrage, toujours inédit en salle au Québec, date d’il y a trois ans. Gebo et l’ombre mettait en outre en vedette Michael Lonsdale, Claudia Cardinale et Jeanne Moreau. Manoel de Oliveira a amorcé sa carrière de cinéaste, longue de plus de 80 ans, en 1931 en tournant des courts métrages documentaires. Il a réalisé plus d’une cinquantaine de longs métrages depuis.

Je vous invite à lire un portrait qu’avait publié le journal Libération à l’occasion du 100ème anniversaire du cinéaste.

Manoel de Oliveira : un siècle de cinéma (Libération).

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Mardi 3 février 2015 | Mise en ligne à 6h42 | Commenter Commentaires (7)

Truffaut par Falardeau…

Truffaut - 2

Jacqueline Bisset et François Truffaut

Dans le cadre des «projections commentées du Festival du nouveau cinéma», la Cinémathèque québécoise propose demain (4 février) à 18h30 La nuit américaine, l’un des films phares de François Truffaut. Belle occasion de revoir sur grand écran cette incursion dans le processus créatif d’un cinéaste.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, le cinéaste Philippe Falardeau agira à titre de maître de cérémonie. Il livrera commentaires et impressions.

J’ai récemment eu le plaisir d’aller visiter l’exposition qu’a consacré la Cinémathèque française au mythique cinéaste à Paris. Je mets le lien vers mon reportage s’il vous intéresse d’en savoir plus. Je vous invite également à cliquer sur le lien «Truffaut par Truffaut». Ce site se révèle très riche en contenu.

La fiche de la Cinémathèque québécoise.

François Truffaut : Une exposition de nature intime

Truffaut par Truffaut (Cinémathèque française)

La bande annonce.

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