Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Général’

Lundi 21 mars 2016 | Mise en ligne à 15h21 | Commenter Un commentaire

Le Festival de Cannes sous le regard du Mépris

Cannes 16 - Affiche

«Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs»

Voici l’affiche du 69e Festival de Cannes, que les organisateurs ont dévoilée aujourd’hui.

Je reproduis ici le communiqué officiel :

L’affiche officielle du 69e Festival de Cannes, qui se déroulera du 11 au 22 mai sous la présidence du réalisateur australien George Miller, a été conçue à partir de photogrammes du film Le Mépris de Jean-Luc Godard.

Tout est là. Les marches, la mer, l’horizon : l’ascension d’un homme vers son rêve, dans la chaleur d’une lumière méditerranéenne qui se change en or. Une vision qui rappelle cette citation qui ouvre Le Mépris : «Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs»

C’est donc Michel Piccoli qui, depuis le toit de la légendaire villa-œuvre dessinée par l’écrivain Curzio Malaparte, ouvrira en 2016 la montée des Marches du 69e Festival de Cannes. Un choix symbolique, tant ce film sur le tournage d’un film, considéré par beaucoup comme l’un des plus beaux jamais réalisés en cinémascope (le tandem Piccoli / Bardot aux côtés de Fritz Lang, la photographie de Raoul Coutard, la musique de Georges Delerue…), a marqué l’histoire du cinéma et de la cinéphilie.

À la veille de son 70e anniversaire, en choisissant de s’afficher sous l’emblème de ce film à la fois palimpseste et manifeste, le Festival renouvelle son engagement fondateur : rendre hommage aux créateurs, célébrer l’histoire du cinéma et accueillir de nouvelles façons de regarder le monde. À l’image d’une montée de marches en forme d’ascension vers l’horizon infini d’un écran de projection.

Hervé Chigioni et son graphiste Gilles Frappier ont conçu cette affiche du 69e Festival de Cannes. L’identité visuelle 2016 a été créée par Philippe Savoir (Filifox).

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Lundi 28 décembre 2015 | Mise en ligne à 10h00 | Commenter Commentaires (28)

Les 10 films favoris de 2015

Chorus - Affiche

Le plus beau film québécois de 2015

Dresser sa liste personnelle des 10 films favoris de l’année constitue parfois un exercice périlleux. En 2015, plusieurs beaux films se sont distingués mais aucun ne s’est imposé de façon franche, nette, précise, incontestable. En fait, si. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai dû tricher un peu (mais pas tout à fait). Mon film favori de 2015 a déjà eu droit à une projection publique au Québec mais il prendra l’affiche «commercialement» dans deux semaines. Je n’ai pu résister car à mes yeux, il trône vraiment au-dessus du lot.

Fait à noter, aucun film français ne figure dans ma liste cette année. En plus de 30 ans, je crois que c’est la première fois. En revanche, j’ai retenu deux films québécois. Dans un Top 20, plusieurs autres auraient sans doute été mentionnés aussi (Les démons, Les êtres chers, Antoine et Marie, Le mirage). Ça risque de se bousculer pas mal aux Jutra.

Du côté américain, Creed et The Big Short sont venus bien près de se tailler une place. Mais bon, il faut faire des choix. Alors, à tout seigneur tout honneur, voici les films de 2015 que je retiendrai. Et que je reverrai.

10 : Bridge of Spies (Steven Spielberg)
Un excellent drame d’espionnage à l’ancienne, campé à l’époque de la guerre froide. Et c’est réalisé de main de maître.

9 : Félix et Meira (Maxime Giroux)
Le très beau film de Maxime Giroux a le grand mérite de nous faire entrer avec beaucoup de finesse dans un monde qui, pour la plupart d’entre nous, reste très mystérieux.

8 : Spotlight (Thomas McCarthy)
Ce film retrace avec brio une grande enquête journalistique de l’équipe du Boston Globe, qui a dévoilé le scandale entourant les actions des prêtres pédophiles.

7 : Relatos Salvajes / Les nouveaux sauvages (Damián Szifrón)
Tout n’est pas d’égale valeur dans ce film mais l’humour bête et grinçant de certains sketches emporte le morceau. Probablement le film le plus jouissif de l’année.

6 : Force majeure (Ruben Östlund)
Film suédois dans lequel la dynamique d’une famille en vacances change complètement après un incident envers lequel la réaction du père est remise en cause. Extrêmement troublant.

5 : Chorus (François Delisle)
Ce drame explore de façon très sobre et très sensible les effets du deuil. Fanny Mallette, Sébastien Ricard, Geneviève Bujold et Pierre Curzi offrent des performances remarquables. Et c’est magnifiquement filmé il va sans dire.

4 : Carol (Todd Haynes)
Une réussite à tous points de vue. Non seulement l’histoire est magnifiquement racontée, mais le film se distingue aussi sur le plan de la direction artistique. Cate Blanchett et Rooney Mara sont au sommet de leur art.

3 : Steve Jobs (Danny Boyle)
Même s’il a été un bide au box-office, il n’en reste pas moins l’un des meilleurs films de l’année. Le scénario d’Aaron Sorkin est aussi brillant que la performance de Michael Fassbender. Et la réalisation de Danny Boyle est à l’avenant.

2 : Timbuktu (Abderrahmane Sissako)
D’abord lancé au Festival de Cannes l’an dernier, ce film a triomphé à la cérémonie des César cette année en raflant sept trophées. Timbuktu s’impose grâce à son sujet, qui reste d’actualité bien sûr, mais aussi grâce aux moments immenses de cinéma que le réalisateur Abderrahmane Sissako a su inclure dans son film.

1 : Saul Fia (László Nemes)
Ce film exceptionnel prendra l’affiche le 15 janvier. Cela dit, il a été présenté au festival d’Abitibi-Témiscamingue le mois dernier. Grand Prix du jury à Cannes, Le fils de Saul réussit l’exploit d’évoquer l’Holocauste sous un angle inédit. Et c’est un véritable choc. Grâce à une mise en scène très subjective, le cinéaste évoque l’horreur plutôt que de la montrer. C’est encore plus fort.

Ce blogue fera relâche jusqu’à la mi-janvier. Permettez-moi de vous souhaiter santé et bonheur en 2016. Et surtout, souhaitons-nous de beaux films !

Je vous laisse avec un petite «pré» bande annonce du nouveau film de Denis Côté. Boris sans Béatrice sera présenté en primeur mondiale au festival de Berlin, où il sera en lice pour l’Ours d’or. Il sort en salles le 4 mars au Québec.

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Samedi 5 décembre 2015 | Mise en ligne à 11h56 | Commenter Un commentaire

Palmarès de fin d’année : les vrais indicateurs

Mad Max - 1

Mad Max : Fury Road

Les autres listes – une centaine seront dévoilées d’ici la fin décembre – restent bien sympathiques, mais elles n’ont guère d’impact sur la suite des choses…

Ça y est, c’est parti. Depuis le 1er décembre, les listes des meilleurs films de l’année déboulent quotidiennement. Il y aura même accélération au cours des prochains jours. Partout en Amérique du Nord, chaque association de critiques rendra son palmarès public en espérant obtenir du même coup une visibilité médiatique. Chaque association professionnelle en fera de même.

Mais dans la pléthore de listes qui tomberont sur les fils de presse, lesquels servent vraiment de bons indicateurs pour la prochaine saison des récompenses ? Indiewire s’est penché sur la question. Et relève dix palmarès dignes d’intérêt à cet égard. Deux de ces associations se sont déjà prononcées.

Il y a d’abord eu le National Board of Review mardi. La plus ancienne association de critiques des États-Unis a choisi Mad Max : Fury Road (George Miller) comme meilleur film de l’année. Un choix qui, même s’il vient un peu du champ gauche, se défend. Et ravit ceux qui estiment que les films d’action ne sont jamais reconnus à leur juste valeur. Cela dit, il ne faudrait pas organiser un party en vue des Academy Awards trop vite. L’an dernier, NBR avait plébiscité A Most Violent Year (J.C. Chandor). Nombre total de nominations aux Oscars ? Zéro.

Le lendemain, c’était au tour du New York Fim Critics Circle d’afficher ses couleurs. Les collègues de la Grosse Pomme se sont tournés vers un choix plus classique. Le très beau film Carol (Todd Haynes) a dominé le palmarès.

Parmi les autres associations de critiques dont les choix peuvent avoir un impact sur la course aux Oscars, le journaliste Peter Knegt cite l’association des critiques de Los Angeles, les «Critics Choice Awards (dont le palmarès est établi par la Broadcast Films Critics Association), ainsi que les Golden Globes (presse étrangère à Hollywood).

Les cinq autres associations citées par Indiewire sont d’ordre professionnel. Les AFI Awards (liste établie par l’American Film Institute), les BAFTA (les Oscars britanniques), ainsi que les prix remis par trois grands syndicats : Screen Actors Guild Awards, Producers Guild Awards, et Directors Guild Awards.

Les autres listes – une centaine seront dévoilées d’ici la fin décembre – restent bien sympathiques, mais elles n’ont guère d’impact sur la suite des choses…

Harvey Weinstein s’en mêle

Par ailleurs, le nabab Harvey Weinstein, bien connu pour toujours tirer son épingle du jeu dans la course aux Oscars (Shakespeare in Love a tristement marqué l’histoire à ce chapitre !), vient de publier dans The Hollywood Reporter un article à ce propos.

Il déplore notamment la mémoire apparemment courte des professionnels et des critiques. Qui ont tendance à parfois écarter d’emblée des films sortis plus tôt dans l’année, pourtant qualifiés «dignes d’Oscars» au moment de leur sortie.

Là dessus, son argumentaire peut se défendre. Cela dit, le choix du National Board of Review vient un peu le contredire…

Quelques liens :

For Your Consideration… (Indiewire)

Harvey Weinstein on the Awards Season Crunch (The Hollywood Reporter)

Le palmarès du National Board of Review.

Le palmarès du Cercle des critiques de New York.

Compte Twitter : @MALussier

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