Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Général’

Dimanche 13 novembre 2016 | Mise en ligne à 9h17 | Commenter Commentaires (18)

C’était un 15 novembre, il y a 40 ans…

15 nov - Affiche

C’était il y a 40 ans. Le 15 novembre 1976, une page importante de l’histoire politique du Québec a été écrite. Pour la première fois de sa jeune histoire, le Parti Québécois a été porté au pouvoir et a formé un gouvernement majoritaire. Cela semble bien loin. Et pourtant, si proche.

À l’époque, Hugues Mignault et Ronald Brault ont filmé les petits et grands moments de cette journée. Le résultat ? Un document, simplement intitulé 15 NOV, sorti l’année suivante, qui a, semble-t-il, tenu l’affiche pendant un mois au Théâtre Outremont avant de pratiquement tomber dans l’oubli.

À l’occasion du 40ème anniversaire, quatre représentations exceptionnelles de ce film très rare ont été organisées, dans autant de villes du Québec (voir plus bas).

Au-delà de la génération des baby boomers, dont le projet collectif de fonder un pays indépendant a été cristallisé par René Lévesque, il sera intéressant de voir quelle résonance un document comme celui-là peut avoir encore aujourd’hui. Quarante ans et deux défaites référendaires plus tard, les gens issus de cette génération regarderont sans doute ces images avec nostalgie, peut-être même avec amertume. Ceux qui n’ont pas connu cette époque constateront de leur côté à quel point le monde a changé.

Je retranscris ici ce que Luc Perreault, mon regretté collègue, a écrit au moment de la sortie de ce film :

Claude Charron chialait, Lise Payette balayait, René Lévesque jubilait !

Ce soir-là, Claude Charron pleurait comme un veau sur l’estrade du Centre Paul-Sauvé et venait se blottir dans les bras de Lise Payette, laquelle arborait fièrement un balai. Ce soir-là, Denise Filiatrault s’était transformée en cheerleader pour scander la victoire de chacun des candidats péquistes. Ce soir-là, un Camille Laurin exultant affichait un sourire de Joconde pendant que, dans le camp adverse, un Bryce Mackasey avait perdu le sien. Ce soir-là, René Lévesque en Astérix faisait une entrée triomphale et péniblement parvenait à prononcer les premiers mots d’un long discours qu’une caméra capterait jusqu’au bout. Ce soir-là avait l’air d’avoir été conçu et organisé par un metteur en scène de génie. Les stars entraient par la gauche pendant que les vaincus sortaient, l’air piteux, par la droite.

Personne n’oubliera le 15 novembre 1976. Les réalisateurs Brault et Mignault avaient réuni ce jour-là les meilleurs techniciens que compte le cinéma québécois. Cette équipe devait filmer un événement qui a bouleversé l’histoire politique du pays. 15 NOV permet aux Québécois de revivre cet événement capital. Documen taire axé sur un fait politique, il apparaît de prime abord comme un geste politique: sympathique à la cause péquiste, il n’hésite pas à décrire parfois avec emphase l’euphorie qui s’était emparée ce soir-là des militants réunis au centre Paul-Sauvé, sans oublier, au passage, de souligner la déconfiture des Libéraux.

15 NOV ne serait qu’un montage in cohérent d’actualités filmés sans le talent de la monteuse, Annick de Bellefeuille. Utilisant le contrepoint, l’insert de titres de journaux, d’éditoriaux lus en ondes, le montage parallèle et une ironie savamment contenue, ce montage parvient à donner au film son allure de long crescendo…

Tourné avec des moyens de fortune, privé même de l’aide du nouveau gouvernement, 15 NOV marque une date importante non seulement au point de vue politique: ce cinéma documentaire qui nous est propre ne peut exister sans l’apport direct des cinéastes eux-mêmes. Ce cinéma d’avant l’indépendance est lui-même déjà indépen dant. Financé par les techniciens qui y ont travaillé et par les maisons de service québécoises, 15 NOV n’est dû qu’à l’initiative du milieu cinématographique et sa diffusion sera assurée par une jeune maison de distribution, Cinéma libre, elle-même directement vouée aux intérêts des cinéastes.

Le symbole du balai, repris plusieurs fois dans le film, pourrait définir parfaitement 15 NOV. Profitant d’un balayage politique, le cinéma québécois y pratique un art qu’il a eu tendance à oublier par le passé et qui consiste à commencer par balayer son propre perron.

Luc Perreault, La Presse, 17 juin 1977

Les quatre représentation exceptionnelles de 15 NOV ont lieu aux dates et aux endroits suivants :

- 14 novembre, 17h30, au Musée national des Beaux Arts du Québec à Québec

- 15 novembre, 17h30, au Théâtre Outremont à Montréal

- 16 novembre, 17h30, à la Maison du cinéma à Sherbrooke

- 17 novembre, 17h30, au cinéma Le Tapis rouge à Trois-Rivières.

Compte Twitter : @MALussier

Lire les commentaires (18)  |  Commenter cet article






Vendredi 17 juin 2016 | Mise en ligne à 7h52 | Commenter Aucun commentaire

Pause estivale…

Cannes - plage cinéma 2

(Photo : archives Festival de Cannes)

Un petit mot pour vous signaler que ce blogue fait relâche pour la saison estivale. Il reste toutefois toujours ouvert à vos commentaires. On se retrouve à la rentrée !

Bon été. Et bon cinéma !

M-A.

Compte Twitter : @MALussier

Aucun commentaire  |  Commenter cet article






Lundi 21 mars 2016 | Mise en ligne à 15h21 | Commenter Un commentaire

Le Festival de Cannes sous le regard du Mépris

Cannes 16 - Affiche

«Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs»

Voici l’affiche du 69e Festival de Cannes, que les organisateurs ont dévoilée aujourd’hui.

Je reproduis ici le communiqué officiel :

L’affiche officielle du 69e Festival de Cannes, qui se déroulera du 11 au 22 mai sous la présidence du réalisateur australien George Miller, a été conçue à partir de photogrammes du film Le Mépris de Jean-Luc Godard.

Tout est là. Les marches, la mer, l’horizon : l’ascension d’un homme vers son rêve, dans la chaleur d’une lumière méditerranéenne qui se change en or. Une vision qui rappelle cette citation qui ouvre Le Mépris : «Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs»

C’est donc Michel Piccoli qui, depuis le toit de la légendaire villa-œuvre dessinée par l’écrivain Curzio Malaparte, ouvrira en 2016 la montée des Marches du 69e Festival de Cannes. Un choix symbolique, tant ce film sur le tournage d’un film, considéré par beaucoup comme l’un des plus beaux jamais réalisés en cinémascope (le tandem Piccoli / Bardot aux côtés de Fritz Lang, la photographie de Raoul Coutard, la musique de Georges Delerue…), a marqué l’histoire du cinéma et de la cinéphilie.

À la veille de son 70e anniversaire, en choisissant de s’afficher sous l’emblème de ce film à la fois palimpseste et manifeste, le Festival renouvelle son engagement fondateur : rendre hommage aux créateurs, célébrer l’histoire du cinéma et accueillir de nouvelles façons de regarder le monde. À l’image d’une montée de marches en forme d’ascension vers l’horizon infini d’un écran de projection.

Hervé Chigioni et son graphiste Gilles Frappier ont conçu cette affiche du 69e Festival de Cannes. L’identité visuelle 2016 a été créée par Philippe Savoir (Filifox).

Compte Twitter : @MALussier

Un commentaire  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • publicité

  • Calendrier

    décembre 2016
    L Ma Me J V S D
    « nov    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives