Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Festivals’

Vendredi 27 juin 2014 | Mise en ligne à 19h04 | Commenter Aucun commentaire

Evelyne Brochu, vedette d’un c.m. de David Cronenberg !

The Nest - 1

Evelyne Brochu dans The Nest

C’est la surprise du jour. Le Festival international du film de Rotterdam a mis en ligne aujourd’hui un court métrage inédit de David Cronenberg, dont la vedette est l’actrice québécoise Evelyne Brochu.

Intitulé The Nest, le film est une commande de l’Eye Film Institute d’Amsterdam dans le cadre d’une exposition consacrée au célèbre réalisateur canadien. Le court métrage est constitué d’un plan séquence de neuf minutes au cours duquel une patiente, en consultation avec un chirurgien (c’est Cronenberg lui-même qui prête sa voix au médecin), fait à ce dernier une demande très particulière. Oui, c’est très «cronenbergien»…

Quant à Maps to the Stars, le plus récent long métrage du cinéaste, aucune date de sortie n’est encore fixée chez nous. On présume que la première nord-américaine de ce film, qui a valu à Julianne Moore le prix d’interprétation à Cannes, aura lieu au TIFF.

The Nest (version intégrale) :


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Lundi 23 juin 2014 | Mise en ligne à 9h40 | Commenter Commentaires (7)

FFM : une question fondamentale est maintenant posée

FFM - Logo

«Par-delà les déboires financiers, il faut se poser une question : quelle est la place de ce festival ?»
- Manon Gauthier, ville de Montréal

Depuis plusieurs semaines, la rumeur circulait à l’effet que le Festival des films du monde allait perdre dès cette année tout financement des organismes publics. Depuis que l’histoire est sortie dans les médias, aucun(e) porte-parole des dites institutions ne s’est exprimé(e) publiquement pour expliquer cette décision concertée à tous les niveaux : fédéral, provincial, municipal.

Vendredi, Odile Tremblay, notre collègue du Devoir, a finalement réussi à soutirer des propos officiels de quelqu’un. Manon Gauthier, responsable de la culture à la ville de Montréal, a mis cartes sur table. Voici ce quelle a déclaré à Odile :

«Un constat a été effectué par les principaux bailleurs de fonds, explique-t-elle. Il est temps de faire preuve de courage et de responsabilité face à nos contribuables. Un changement de culture s’opère et aujourd’hui, la rigueur est de mise. Une décision inévitable mais difficile a été prise de ne pas financer le Festival des films du monde cette année. Il y a eu dialogue entre les institutions. On a besoin de se concerter dans le milieu. Le fonds des créances impayées était devenu tel que les contributions publiques d’une année auraient servi en partie à éponger les dettes des éditions précédentes. Notre investissement était à risque. On avait demandé après de nombreuses discussions un plan de redressement ; des conditions qui n’ont pas été honorées. Nous avons donné la chance au coureur. Mais rien n’indiquait que l’avenir du festival était assuré. On est là pour soutenir les créateurs, pas les créanciers.»

Puis, madame Gauthier pose une question fondamentale :

«Par-delà les déboires financiers, il faut se poser une question : quelle est la place de ce festival ? Son président, Serge Losique, a fait beaucoup pour le milieu, mais il ne peut nous démontrer qu’il possède une vision à long terme. Il a assuré qu’il irait de l’avant quand même pour sa prochaine édition. Il fait face à l’oeuvre d’une vie. Sa résilience et son acharnement l’ont emmené là où il est. On reconnaît sa contribution au cinéma […]

«On se demande : que voulons-nous mettre en valeur cinématographiquement ? On a des festivals de niche qui font rayonner Montréal. Mais avons-nous besoin d’un grand festival généraliste ? Une réflexion collective s’impose. Je souhaite que le milieu du cinéma se mobilise pour nous aider à dessiner l’avenir.»

Autrement dit, aux yeux des organismes subventionnaires, l’histoire du FFM relève clairement du passé. Vaut-il encore la peine d’investir encore d’importantes sommes puisées à même les fonds publics pour un événement en décroissance ? À leur avis, non.

Les liens :

Coupes au FFM : la ville de Montréal s’explique (Odile Tremblay)

FFM : Loto-Québec réfléchit à sa commandite (André Duchesne)

FFM : Des subventions de 1 million en suspens (André Duchesne)

Québecor réitère son soutien au FFM (Maxime Demers)

La pire ennemie du FFM ? L’indifférence

Compte Twitter : @MALussier

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Lundi 9 juin 2014 | Mise en ligne à 8h52 | Commenter Commentaires (12)

La pire ennemie du FFM ? L’indifférence…

FFM - Affiche

Le FFM doit aujourd’hui prouver sa pertinence dans un monde qui a beaucoup changé depuis ses heures de gloire. C’est triste. Mais c’est ainsi.

Ainsi donc, sur tous les paliers, les institutions gouvernementales ne reconduiraient pas les sommes habituellement allouées au Festival des films du monde cette année. L’événement serait même déjà en faillite technique. Est-ce à dire que le FFM est déjà mort de sa belle mort ? Non. L’entêtement légendaire de son président Serge Losique – qui force l’admiration, reconnaissons-le –  fera en sorte que la 38e édition aura fort probablement lieu comme prévu le 21 août. C’est d’ailleurs ce qu’a fait valoir la direction du festival dans un communiqué publié jeudi dernier en réponse à l’article de ma collègue du Devoir Odile Tremblay.

Après ? Qui vivra verra. Mais le fait est que ce festival, en déliquescence depuis des années, ne peut survivre longtemps – encore moins trouver un second souffle – sans l’apport de fonds publics.

Sans entrer dans les détails et ressasser toujours les mêmes histoires, je souligne deux graves problèmes qui, pour l’instant, apparaissent insolubles.

Les dates du festival

Depuis plus de 30 ans, le FFM se tient à la fin du mois d’août et se poursuit jusqu’au week-end de la Fête du travail. Depuis au moins 15 ans, ces dates ne sont plus du tout viables. Sur le flanc compétitif, la Mostra de Venise, qui commence une semaine après le FFM, a repris du poil de la bête et attire les meilleurs films disponibles. Elle mobilise toute la presse européenne et une bonne partie de la presse spécialisée américaine.

Sur le flanc événementiel, avec son cortège de primeurs mondiales et nord-américaines (primeurs attendues on s’entend), le festival de Toronto est désormais dans une catégorie à part. Il commence habituellement trois ou quatre jours après que le FFM ait déjà tiré le rideau.

C’est dire que le FFM n’a plus accès du tout aux productions les plus en vue, que celles-ci soient américaines, internationales, ou même québécoises. C’est en effet un secret de polichinelle que les films québécois du FFM, souvent arrachés de peine et de misère, échouent habituellement dans le giron montréalais par dépit, suite aux refus successifs des festivals plus «intéressants». L’an dernier, le cinéaste Mathieu Roy avait d’ailleurs révélé en entrevue que le comité de sélection du TIFF n’avait pas retenu son film L’autre maison, repêché ensuite par le FFM pour ouvrir la manifestation. C’est dire.

Aussi, l’organisation de deux grands festivals internationaux de cinéma aux mêmes dates, dans un même pays, à 500 km de distance l’un de l’autre relève théoriquement de la pensée magique. Le FFM n’est tout simplement plus en mesure de rivaliser. Ni avec Toronto, ni avec Venise.

Le plus grave problème

Mais le plus grave problème auquel le FFM est confronté reste à mon sens l’indifférence générale liée à son sort. Depuis la publication de l’article de l’amie Odile jeudi, et de tous les autres qui ont suivi, on remarque très peu d’émoi à ce propos dans les médias sociaux. Mais vraiment très peu. Le sort du FFM n’intéresse plus personne ou presque. Les institutions quittent finalement le navire, bien après que les distributeurs locaux, à quelques exceptions près,  en aient fait de même. La désaffection du milieu envers le FFM est en effet notoire. Depuis quelques années, la grande majorité des distributeurs organisent leur calendrier comme si ce festival n’existait pas. Et sortent de «gros» titres dans les salles pendant que le festival a lieu. Cela aurait été impensable auparavant. Ainsi, les médias se retrouvent déchirés entre la couverture de films mineurs dont personne n’entendra pratiquement plus jamais parler par la suite, et la couverture de l’actualité «régulière», déjà très foisonnante à l’aube de la grande rentrée.

Alors ? On voit mal comment le FFM peut survivre dans ces conditions. D’autant que l’offre se révèle beaucoup plus riche dans les autres festivals montréalais. Le Festival du nouveau cinéma peut en effet récupérer les gros morceaux de Toronto et de Venise. Cinemania propose aussi une programmation fort alléchante du côté francophone. Fantasia occupe son créneau de films de genre de très belle façon. Plusieurs autres festivals «de niche» font également du bon travail. Bref, le cinéphile montréalais est déjà très bien servi.

À la manière d’un vétéran cinéaste qui, même en ayant réalisé de grands films dans les années 70 et 80, n’a pas automatiquement accès à du financement pour ses prochains projets, le FFM ne peut pas bénéficier d’une carte blanche non plus auprès des institutions. Il doit aujourd’hui prouver sa pertinence dans un monde qui a beaucoup changé depuis ses heures de gloire. C’est triste. Mais c’est ainsi.

Les liens :

Le FFM prépare une 38e année de haut calibre (communiqué officiel)

Le rayonnement international du FFM ? Vraiment ?

Le Festival des films du monde menacé (Odile Tremblay)

FFM : des subventions de 1 million en suspens (André Duchesne)

Il était temps (Marc Cassivi)

Compte Twitter : @MALussier

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