Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Festivals’

Jeudi 3 novembre 2016 | Mise en ligne à 17h06 | Commenter Commentaires (5)

Festival Cinemania : une programmation solide

Mal de pierres - Affiche

Mal de pierres , film d’ouverture du 22e Festival Cinemania

Jusqu’au 13 novembre se déroule à Montréal le 22e Festival Cinemania, consacré au cinéma francophone. On en profitera pour faire le plein de productions qui, bien souvent, n’ont pas l’occasion de nous revenir en programme régulier.

Cela dit, force est de constater que les droits de distribution de plusieurs des longs métrages sélectionnés à Cinemania cette année ont déjà été acquis par des distributeurs québécois. On remarque aussi que plusieurs films lancés au Festival de Cannes se retrouvent dans la programmation du festival montréalais, dont cinq sont issus de la compétition officielle (notamment Mal de pierres de Nicole Garcia, présenté en ouverture).

Je vous propose cinq titres présentés à Cinemania, choisis parmi ceux qui sont toujours orphelins de distributeurs. Du moins, aux dernières nouvelles…

Une vie
Stéphane Brizé

Stéphane Brizé a établi sa réputation grâce à de très beaux films comme Mademoiselle Chambon et Quelques jours de printemps. L’an dernier, La loi du marché lui a enfin valu une vraie reconnaissance. Cette fois, le cinéaste plonge dans l’univers de Guy de Maupassant en portant à l’écran Une vie, l’un des plus célèbres romans de cet auteur phare du 19e siècle. Judith Chemla (Camille redouble, Ce sentiment de l’été) se glisse dans la peau Jeanne le Pertuis des Vauds, une femme dont la vie, emblématique de l’époque, est racontée de 18 à 45 ans. Jean-Pierre Darroussin et Yolande Moreau font aussi partie de la distribution.

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Samedi 5 novembre au Cinéma Impérial.

Ma loute
Bruno Dumont

Poursuivant dans la lignée de l’étonnante série P’tit Quinquin, le réalisateur de L’humanité propose une comédie burlesque et surréaliste dans laquelle il a demandé à ses acteurs, notamment à Juliette Binoche et Fabrice Luchini, de grossir les traits au maximum. Le pari était risqué. Mais il est gagné. Sélectionné en compétition officielle à Cannes plus tôt cette année, le nouveau film de Bruno Dumont relate le parcours d’un bourgeois bossu qui, en 1910, se rend dans sa maison de la Baie de la Slack avec sa famille pour y passer la saison estivale. Le récit se concentre d’un côté sur l’entourage de cette famille lilloise huppée, de l’autre, sur une famille de pêcheurs du coin, des cueilleurs de moules qui vivent dans des conditions atroces. Et ça fait des étincelles.

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Samedi 5 novembre 20h30 ; Samedi 12 novembre 18h au Cinéma Impérial.

Nocturama
Bertrand Bonello

Après Saint Laurent, Bertrand Bonello offre un film qu’on dit dérangeant, dans lequel un groupe de jeunes Parisiens désabusés commettent des crimes au nom d’un anticapitalisme féroce. Mettant notamment en vedette Finnegan Oldfield et Vincent Rottiers, deux des jeunes acteurs français les plus intéressants du moment, Nocturama fut en général très favorablement accueilli par la critique hexagonale. Dans les notes de production, on explique que l’idée du film vient d’un ressenti du cinéaste à propos de la société française. Qu’il qualifie de « cocotte minute ». « C’est-à-dire quelque chose qui frémit et face auquel je me pose souvent la question : Pourquoi ça n’explose pas ? »

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Vendredi 4 novembre 20h15 au Cinéma Impérial.

Les premiers, les derniers
Bouli Lanners

On apprécie l’acteur mais Bouli Lanners nous a aussi offert des films forts intéressants à titre de cinéaste. Notamment Eldorado et Les géants. Son nouvel opus est un road movie surréaliste à la belge dans lequel il incarne lui-même un chasseur de prime, inséparable de son partenaire (incarné par Albert Dupontel). Sur la trace d’un téléphone portable comportant des vidéos compromettantes, ils tombent sur une galerie de personnages atypiques. En plus des deux vedettes, Suzanne Clément, Michael Lonsdale et Max von Sydow sont aussi de la partie.

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Lundi 7 novembre 19h au Cinéma du Parc.

Souvenir
Bavo Defurne

Isabelle Huppert a vécu une grande année cinématographique. Pas moins de trois longs métrages la mettant en vedette font partie de la sélection de Cinemania. Outre Elle (à l’affiche le 18 novembre) et L’avenir (à l’affiche le 2 décembre), l’actrice est l’héroïne de Souvenir. Dans ce long métrage réalisé par le Belge Bavo Defurne, dont le plus récent film, Noordzee, Texas, a remporté deux prix au FFM en 2011, Isabelle Huppert se glisse dans la peau d’une chanteuse oubliée, qui a autrefois participé au concours de l’Eurovision, convaincue par un jeune boxeur (Kévin Azaïs) de tenter un retour. Intrigant.

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Jeudi 10 novembre 20h30 ; Dimanche 13 novembre 9h30 au Cinéma Impérial.

Programmation Cinemania

Programme Nicole Garcia à la Cinémathèque québécoise.

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Jeudi 8 septembre 2016 | Mise en ligne à 12h46 | Commenter Commentaires (6)

Pour en finir avec la fameuse catégorie « A » !

FFM - Photo 1

(Photo : Robert Skinner, La Presse)

Le plus grave, c’est que la réputation de tous les autres festivals de cinéma de la métropole risque d’être injustement entachée aussi.

Avant d’aller passer quelques jours à la Mostra de Venise, histoire de suivre le parcours de quatre cinéastes québécois dont les films ont été sélectionnés là-bas, j’ai vu une dizaine de longs métrages en lice pour le Grand Prix des Amériques au Festival des films du monde de Montréal. Et, ma foi, la qualité des productions sélectionnées n’avait rien de déshonorant. Il est aussi vrai que, probablement en raison du retrait des salles du Cineplex Forum, le cinéma Impérial a été très fréquenté. Ce qui nous laisse croire que, advenant le cas où le FFM parviendrait à survivre, là résiderait peut-être une solution : réduire la programmation et concentrer toutes les activités à l’Impérial.

Inutile de revenir sur tous les couacs ayant marqué ce désormais célèbre 40e FFM ; tout le monde en a déjà abondamment parlé. Insistons quand même sur l’écueil le plus important à mon avis : l’accueil insultant qu’ont reçu plusieurs cinéastes étrangers. Qui, venus chez nous à leurs frais, n’ont pas été prévenus à temps, n’ont plus eu aucun interlocuteur à qui s’adresser, et qui ont été complètement abandonnés à eux-mêmes. Du jamais vu. Nulle part. Quel genre de réputation feront ces cinéastes, pour la plupart jeunes, une fois de retour au bercail ? Montréal risque d’en prendre pour son rhume. Et le plus grave, c’est que la réputation de tous les autres festivals de cinéma de la métropole risque d’être injustement entachée aussi.

Cela dit, un point sur lequel j’aimerais revenir. Partout dans les médias, on évoque la fameuse catégorie « A », attribuée au FFM par la Fédération internationale des associations de producteurs de films (FIAPF). Normal, remarquez. Serge Losique a toujours beaucoup insisté sur le fait que le FFM est le seul festival de catégorie « A », accrédité par la FIAPF en Amérique du Nord. Le hic, c’est que la Fédération ne catégorise pas les festivals de cette façon. La cote « A » n’existe pas. Quand on se rend sur le site de la FIAPF, on trouve, dans le calendrier 2016, 15 festivals dans la catégorie « Competitive Feature Films Festivals » : Berlin, Cannes, Shanghai, Moscou, Karlovy Vary, Locarno, Montréal, Venise, San Sebastian, Varsovie, Tokyo, Tallin, Le Caire, Mar del Plata, Goa.

Seulement deux festivals sont répertoriés dans la catégorie « Non-competitive Feature Films Festivals » : Toronto et Vienne. En tout (en comptant les festivals compétitifs spécialisés et les festivals consacrés aux documentaires et aux courts métrages), la FIAPF accrédite seulement 47 festivals de cinéma dans le monde.

Est-ce si important ?

Maintenant, est-il vraiment important d’obtenir cette accréditation pour faire sa marque ? Le festival de Sundance n’est pas accrédité par la FIAPF, pas plus que le festival de Telluride ou le festival de New York.

Petit quiz ici. Qui a déjà dit « Chaque année, on paie une cotisation et ça donne quoi en bout de ligne ? Ça ne donne absolument rien (…) La catégorie A, de toute façon, ça ne veut plus rien dire (…) Nous, on s’en est servi comme gimmick publicitaire. »

La réponse ? Danièle Cauchard, alors directrice générale du FFM, dans une entrevue accordée à mon regretté collègue Luc Perreault en mai 2003. Cette année-là, le FFM s’était fait retirer son accréditation par la FIAPF parce que ses dirigeants avaient changé les dates unilatéralement, faisant ainsi empiéter le FFM sur le TIFF pendant quelques jours. Dans le même article, Serge Losique ajoute que « cette catégorie A est une pure invention des journalistes ».

Cela peut-il être plus clair ? Tout ça, c’est du bidon.

Quant à la suite des choses, ceux qui me suivent depuis un petit moment connaissent déjà ma position : à mes yeux, il est impossible de faire renaître à Montréal un grand festival de cinéma à vocation généraliste aux mêmes dates que le FFM. Tout simplement parce que le circuit est déjà hyper saturé. Et aussi que les nombreux festivals « de niche » de la métropole québécoise font aussi très bien leur travail.

En fait, il faudra peut-être maintenant se rendre au bout de la 20 pour trouver le beau festival généraliste que les festivaliers montréalais espèrent. La programmation du Festival de cinéma de la ville de Québec, sans parler des événements qui y sont organisés, semble plus alléchante d’année en année.

Quelques liens :

Le FFM n’est plus de « catégorie A ». (Luc Perreault, 24 mai 2003)

Site officiel de la FIAPF.

Grandeur et misères d’un événement ambitieux.

On ne montre pas la sortie à Losique. (Mario Girard)

Mourir dans la dignité. (Alain Dubuc)

Lettre ouverte de cinéastes indignés. (via Cinetalk)

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En plus d’André Forcier, qui présentera Embrasse-moi comme tu m’aimes jeudi prochain à la soirée d’ouverture du FFM, plusieurs cinéastes québécois offriront leur plus récente offrande en primeur mondiale à la Mostra de Venise ou au Festival de Toronto.

Denis Villeneuve

Le réalisateur d’Incendies, qui fait désormais partie des cinéastes les plus en vue à Hollywood, délaissera momentanément le tournage de la suite de Blade Runner pour aller présenter Arrival à la Mostra de Venise, inscrit en compétition officielle. Visiblement, le studio Paramount mise beaucoup sur cette production de prestige, autour de laquelle circule déjà une rumeur très favorable, en vue de la prochaine saison des récompenses. Quelques jours après sa présentation en primeur mondiale dans la Cité des Doges (le 1 septembre), Arrival mettra sans doute le cap vers le festival de Telluride (2 au 5 septembre) car le TIFF (8 au 18 septembre) annonce maintenant sa projection de gala en «primeur canadienne». En salles le 11 novembre.

Lien YouTube.

Philippe Falardeau

Le réalisateur de Guibord s’en va-t-en guerre lancera The Bleeder, son deuxième film américain, à la Mostra de Venise. Sélectionné hors concours dans la plus prestigieuse catégorie, The Bleeder évoque le parcours de Chuck Wepner, ce boxeur qui, en 1975, a fait sa marque en résistant à Muhammad Ali pendant 15 rounds. Ce personnage a d’ailleurs inspiré Sylvester Stallone pour écrire Rocky. Liev Schreiber, Naomi Watts et Ron Perlman en sont les têtes d’affiche. Le film sera présenté à Venise le 2 septembre et ira aussi au TIFF ensuite. En salle au cours de l’automne. Aucune bande annonce n’est encore disponible pour l’instant.

Fiche du TIFF.

Chloé Robichaud

Née au Festival de Cannes grâce à Chef de meute et Sarah préfère la course, la réalisatrice aurait bien aimé lancer là-bas son deuxième long métrage mais les astres en ont décidé autrement. Qu’à cela ne tienne, Chloé Robichaud aura l’honneur de présenter Pays en primeur mondiale au TIFF, où son film a été sélectionné dans le programme «World Contemporary Cinema». Mettant en vedette Macha Grenon, Emily VanCamp et Nathalie Doummar, et tourné principalement à Terre-Neuve, Pays explore la vie de trois femmes impliquées dans un conflit de nature politique. Il prendra l’affiche en salle au cours de l’automne. Aucune bande annonce n’est encore disponible pour l’instant.

Fiche du TIFF.

Anne Émond

La réalisatrice de Nuit #1 et des Êtres chers aura elle aussi l’occasion de présenter Nelly, son plus récent long métrage, en primeur mondiale au TIFF. Mettant en vedette Mylène Mackay, le film évoque l’existence de la regrettée romancière Nelly Arcan. En salle au cours de l’automne.

Lien YouTube.

Karl Lemieux

Inscrit dans la section «Horizons» de la Mostra de Venise, une section qui fait partie de la sélection officielle (un peu l’équivalent d’Un certain regard à Cannes), Maudite poutine, le premier long métrage de Karl Lemieux, met notamment en vedette Jean-Simon Leduc, Martin Dubreuil, Marie Brassard, Francis La Haye et Robin Aubert. En salle le 27 janvier 2017. Aucune bande annonce n’est encore disponible.

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Vincent Biron

On dit de Prank qu’il s’agit d’une comédie irrévérencieuse. Vincent Biron, qui signe ici un premier long métrage, a écrit son scénario en compagnie d’Alexandre Auger, Éric K. Boulianne et Marc-Antoine Rioux. Prank a l’honneur d’une sélection à la Semaine de la critique de la Mostra de Venise, une section parallèle dans laquelle sept longs métrages sont retenus. Il sera aussi présenté ensuite au TIFF dans la section «Discovery». En salle le 28 octobre.

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Mathieu Denis et Simon Lavoie

Le tandem de Laurentie refait équipe et explore cette fois les lendemains désenchantés du printemps érable à travers quelques personnages fictifs. Cinq ans plus tard, que sont devenus ces étudiants, très militants à l’époque ? Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau est inscrit dans la section «Platform», seule section compétitive du TIFF. Le film prendra l’affiche à l’automne ou au printemps prochain.

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