Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Festivals’

Jeudi 11 février 2016 | Mise en ligne à 21h44 | Commenter Aucun commentaire

Berlinale : mode d’emploi

Berlinale 16 - Poster

Le premier des quatre grands festivals de cinéma internationaux de 2016 vient de commencer. La 66e Berlinale a été lancée avec le réjouissant nouveau film des frères Coen, Hail, Caesar !

Plusieurs événements sont diffusés en direct sur le site officiel de la Berlinale. Arrivée des stars, tapis rouge, conférences de presse, etc. Les vidéos sont ensuite archivés pour consultation ultérieure.

Boris sans Béatrice, le nouveau film de Denis Côté, est l’un des premiers longs métrages de la compétition officielle. Nous pourrons suivre la conférence de presse de l’équipe en direct ce vendredi à 11h40 (17h40, heure de Berlin). La présentation officielle aura lieu à 15h30 (21h30, heure de Berlin).

Le programme complet est régulièrement mis à jour.

Live Videos.

La conférence de presse du jury (présidé par Meryl Streep).

La conférence de presse de l’équipe de Hail, Caesar !

Notez aussi que notre collègue Nathalie Petrowski est sur place. Nous pouvons lire ses reportages dans La Presse Plus.

Bon festival !

La ritournelle de l’an dernier :

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Samedi 3 octobre 2015 | Mise en ligne à 9h50 | Commenter Commentaires (6)

Les festivals de cinéma sont-ils toujours utiles ?

FRANCE-CINEMA-FILM-FESTIVAL-CANNES

Les lauréats du Festival de Cannes

Les festivals de cinéma servant-ils encore à quelque chose ? Voilà la question qu’a posée le journaliste français Florent Bodenez à cinq professionnels de l’industrie du cinéma. Son dossier, fort intéressant, est mis en ligne sur le site Vodkaster.com.

Alors qu’a récemment pris fin la Mostra de Venise, qui a proposé «sa sélection la plus faible de ces dernières années» selon le journaliste, et que les festivals se multiplient (au point d’avoir atteint un point de saturation), les intervenants rencontrés s’interrogent. Et réfléchissent sur l’évolution nécessaire de ce genre d’événement,  forcément appelé à se transformer, ne serait-ce qu’à cause des nouveaux modes de production et de diffusion des productions cinématographiques. Il est d’ailleurs à noter que Beasts of No Nation a d’une certaine façon fait l’histoire à Venise cette année. Pour la première fois, un grand festival de cinéma a accepté d’inscrire un film produit par Netflix en compétition officielle.

Voici quelques extraits du dossier de Vodkaster :

Aujourd’hui, il n’est plus obligatoire de se déplacer pour avoir le sentiment de faire partie de l’événement. C’est ce que pointe Léo Soesanto (directeur du Festival international du film indépendant de Bordeaux) : «On peut vivre les festivals par procuration, via les réseaux sociaux. Internet a un petit peu écorné l’aspect rareté, l’exclusivité, le monde fermé qu’était jusqu’à présent un festival.». Et la dernière étape de cette évolution correspond justement à la mise en place de dispositifs de visionnage des films comme la Sala Web. Il n’est plus étonnant de voir apparaître des festivals de cinéma en ligne, comme My French Film Festival. L’évolution des techniques et des usages (streaming, téléchargements, etc.) accélèrent cette évolution.

Faut-il s’en inquiéter ? Noémie Luciani, critique au journal Le Monde, ne le pense pas : «Je ne crois pas que la dématérialisation ait des conséquences réelles sur les festivals. Ou alors, cela veut dire que le festival ne va déjà pas bien et qu’il ne vit que par les films, alors qu’il devrait vivre autant de tout ce qu’il organise autour des films». Même son de cloche chez Claude-Éric Poiroux (fondateur et directeur général d’Europa Cinemas) : «Si nous étions face à un véritable changement, ce serait délicat parce que ça voudrait dire qu’on réduit le cinéma, donc qu’on ne l’aime pas tant que ça».

Dans ce dossier, les intervenants s’interrogent aussi à propos de la  multiplication des festivals (de laquelle découle aussi une compétition féroce), sur l’approvisionnement en films de qualité, de même que sur leur couverture médiatique.

Il faut aussi avoir à l’esprit que les critiques et le public voient en la forme festival une instance de référence, perçue comme la plus à même de désigner les films les plus légitimes qualitativement parlant. Mais y a-t-il assez de bons films pour satisfaire autant de festivals organisés ? «Non ça c’est sur. S’il y avait 150 chefs-d’oeuvres par an, ça se saurait et ça serait formidable » remarque Xavier Leherpeur (critique à France Inter). « Thierry Frémaux, le délégué général de Cannes, a toujours l’impression de nous montrer les meilleurs films du monde, ce qu’on n’a pas forcément à l’écran. D’autres festivals sont là pour prendre le pouls, pour faire émerger des promesses, et c’est aussi ce que j’attends de ces manifestations».

Ce qui est également dilué, c’est l’aura médiatique. «Un festival doit arriver à mobiliser des journalistes pour qu’on parle de lui», détaille le directeur de Premiers Plans (Claude-Éric Poiroux). «Et les médias se disent qu’il y a tellement de festivals, qu’ils ne peuvent pas parler de tout». Preuve en est la tenue pratiquement aux même dates des festivals de Deauville, de L’Etrange, de Telluride, de Venise ou de Toronto ; les journalistes accrédités à la Mostra allant même jusqu’à déserter le Lido à mi-parcours pour rallier le Canada. La presse a-t-elle d’autres alternatives que de faire des choix et de pas couvrir du tout certains festivals ? «Si vous n’avez pas une vedette ou un tapis rouge un peu prestigieux, aucune rédaction ne vous demandera de faire le déplacement» fait remarquer Xavier Leherpeur. Cela incite les distributeurs à proposer à la presse de plus en plus de projections de leurs films sélectionnés en festival, en amont de la manifestation, afin de s’assurer que leurs films soient vus. Le risque est que la critique s’en contente et ne se rende plus du tout à ces grands-messes du cinéma, ce qui équivaudrait, pour les festivals, à une mort médiatique.»

«L’un des dangers qui guette le critique en permanence, c’est le tête-à-tête avec le film. Aucun réalisateur ne fait un film pour les critiques, pour qu’il soit vu par une poignée de personnes qui pinaillent ou qui ne sont jamais contentes, enfermées dans quelques salles autour des Champs-Elysées. Et voir les films en projection presse, c’est s’enfermer dans ce tête-à-tête» prévient Noémie Luciani. «Le festival, c’est vraiment le moment où on établit et où on entretient la connexion avec le public qui est le premier destinataire du film. C’est une ouverture aussi parce que le public a toujours une réaction inattendue.»

Rien ne remplacerait donc le festival en terme d’expérience, ni l’élargissement de leur mode de fonctionnement, ni ses évolutions conjoncturelles. Est-ce un «effet de mode» de dire que les festivals de cinéma sont en danger, comme l’affirme la cinéaste Marjane Satrapi ? « Il y a toujours ce réflexe défaitiste de dire que c’est la fin d’une époque, alors que ce n’est pas le cas. Il faut prendre du recul. Ce n’est jamais la fin de rien. Malgré le confort qu’il y a à regarder un film chez soi, les gens vont tous au cinéma».

Évidemment, ce dossier fait écho aux grands festivals de cinéma, dont le mandat principal est de proposer en primeur les meilleures productions cinématographiques. À Montréal (et au Québec), la dynamique est très différente. Pour les cinéphiles montréalais, la vraie fête commence à l’automne, avec le tenue du Festival du nouveau cinéma (qui commence mercredi). Fort de sa position très avantageuse dans le calendrier, le FNC, qui n’a jamais eu l’ambition de s’inscrire sur le grand circuit, est en mesure de proposer tous les films (ou presque) qui se sont démarqués dans les grands festivals internationaux au cours de l’année. Et on a hâte !

Quelques liens :

Le dossier de Florent Bodenez (Vodkaster).

44e FNC : La crème de la crème.

Le film d’ouverture du FNC :

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Samedi 19 septembre 2015 | Mise en ligne à 10h43 | Commenter Un commentaire

Le TIFF serait-il à la croisée des chemins ?

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C’est la 40ème édition. Forcément, la direction du TIFF voulait faire les choses en grand. Et elle l’a fait. Lors de la soirée d’ouverture, on a en outre souligné cet anniversaire en présentant un film relatant la petite histoire de ce festival lancé modestement, aujourd’hui devenu gigantesque.

Pour les professionnels et les journalistes, qui ont droit à leurs propres projections, le TIFF s’est davantage transformé au fil des ans en immense marché de luxe. Pour la plupart, ils assistent au festival au cours des cinq premiers jours et déguerpissent dès le mardi matin venu. Dans les salles réservées aux projections «presse et industrie», la chute de fréquentation est alors assez remarquable.

Il n’en est pas du tout de même pour les projections publiques, cela dit. Jusqu’à demain, jour de clôture du TIFF, les salles seront pleines. On ne compte plus les séances qui affichent complet depuis des lustres. Plusieurs séances ont dû être ajoutées pour les films les plus populaires, Sicario (Denis Villeneuve) notamment. Les Torontois sont aussi au rendez-vous – contrairement à la croyance populaire – aux films «autres» qu’américains. Les files d’attente n’en finissent plus. Quarante minutes avant la projection de Belles familles, mon GPS indiquait 400 mètres de distance entre la place que j’occupais dans la ligne et la porte d’entrée du Princess of Wales Theatre. Avec tous les gens qui se sont ajoutés par la suite, on dépassait facilement le demi-kilomètre…

Bien sûr, il y en aura pour dire que le phénomène est circonstanciel et qu’hors TIFF,  le cinéma international est inexistant dans la Ville Reine. Peut-être. Cela dit, le Bell Lightbox met quand même à l’affiche des films plus «champ gauche» pendant toute l’année. Montréal aime s’afficher comme une ville très cinéphile mais dans les faits, l’est-elle vraiment ? À regarder les chiffres faméliques engendrés par la plupart des films d’auteurs, il y a lieu de se poser la question. D’autant qu’ils sont pratiquement inexistants à l’extérieur du triangle Excentris – du Parc – Beaubien.

Montréal vibre au rythme d’une conception élargie du jazz pendant une dizaine de jours pendant l’été. Quelqu’un reproche aux Montréalais de ne pas en faire autant une fois le FIJM terminé ? Or, le phénomène est passablement similaire dans le domaine du cinéma. Hors festivals, ou hors manifestations à caractère événementiel, point de salut. Il suffit de rappeler que seulement 6 346 personnes ont vu le remarquable film de François Delisle Chorus lors de sa sortie en salles au Québec*. Ça situe.

Une vive concurrence

En ce qui a trait au TIFF, on sent présentement une certaine mouvance. Même si sa position n’est en rien menacée, il reste que la concurrence reste vive entre les festivals internationaux du début de l’automne. Bien que la hache de guerre ait été enterrée entre Toronto et les directions des festivals de Telluride et de Venise (on ne fait plus un drame du fait qu’un film puisse être présenté aux trois endroits), certains gros titres ont plutôt choisi d’aller au Festival de New York, lequel commence samedi prochain. C’est notamment le cas de The Walk (Robert Zemeckis), Bridge of Spies (Steven Spielberg) et Steve Jobs (Danny Boyle).

Autre point d’interrogation pour les journalistes : le nombre beaucoup plus restreint de conférences de presse, même si, pourtant, toutes les équipes sont sur place.

Dans la quinzaine de films que j’ai eu l’occasion de voir au TIFF cette année (en excluant ceux déjà vus à Cannes), pas vraiment de coup de coeur. J’ai beaucoup apprécié Anomalisa, cela dit. Il s’agit du film d’animation de Charlie Kaufman – coréalisé avec Duke Johnson -, lauréat du Grand prix du jury à la Mostra de Venise. Et j’ai aussi beaucoup apprécié le film de Jean-Marc Vallée, Demolition. The Danish Girl, The Program, Black Mass m’ont plutôt déçu.

Il sera par ailleurs intéressant de voir si la nouvelle section compétitive «Platform» – 12 longs métrages sont en lice – prendra vraiment racine. D’autant que les trois cinéastes choisis pour former le jury cette année ont tous de fortes signatures : Claire Denis, Agnieszka Holland et Jia Zhang-ke.

* Source : Films du Québec.

Notre dossier TIFF

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