Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Festivals’

Lundi 1 septembre 2014 | Mise en ligne à 21h49 | Commenter Aucun commentaire

De la télé «sans précédent» pour Lars Von Trier

LVT - 1

Lars Von Trier

Même s’il n’accorde plus aucune entrevue et qu’il n’apparaît plus en public depuis 2011, Lars Von Trier a le don d’enflammer instantanément le web.

Ce matin, lors d’une conférence de presse à la Mostra de Venise, la productrice de Nymphomaniac Louise Vesth était flanquée de Peter Albaek Jensen, celui-là même avec qui LVT a fondé les studios Zentropa dans les années 90. Alors qu’ils accompagnaient la présentation au Lido de la version intégrale de Nymphomaniac 2 (telle que montée par Von Trier lui-même), les deux producteurs ont fait une annonce qui s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux et dans les médias spécialisés.

Vingt ans après Riget (The Kingdom), une série en huit épisodes qui a marqué les esprits, le trublion danois retourne à la télé, cette fois pour écrire et réaliser une série intitulée The House that Jack Built. On ne sait pas encore grand chose des thèmes qu’abordera Von Trier à travers cette série mais on a toutefois annoncé que cette nouvelle production sera de langue anglaise. Elle mettra en outre en valeur une distribution internationale.

Peter Albaek Jensen en a rajouté en évoquant une série «sans précédent». «Vous n’avez jamais vu une série comme celle-là encore et vous n’en verrez plus jamais par la suite. Vous feriez bien de retenir votre souffle !»

Von Trier plancherait sur les scénarios dès cet automne en vue d’un tournage en 2016. En attendant, il a déjà écrit le scénario d’un film d’horreur dont la réalisation sera assurée par son compatriote Kristian Levring.

Le journal spécialisé britannique Screen précise que la série The House that Jack Built sera produite pour une chaîne publique danoise dont le chef des sections dramatiques est Piv Bernth, productrice de la série scandinave The Killing notamment.

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Vendredi 29 août 2014 | Mise en ligne à 14h47 | Commenter Commentaires (9)

FFM : une mise au point de Roland Smith

Roland Smith - 1

Roland Smith
(photo : archives La Presse)

Un peu avant que le FFM ne lance sa 38ème édition, nous avons publié dans La Presse un dossier sur l’état des lieux. Nous avons en outre remonté le cours de l’histoire en relevant quelques dates plus marquantes, tant pour le Festival des films du monde que pour le Festival de Toronto (TIFF).

FFM et TIFF : Quelques dates importantes.

À la suite de la publication de cet article, Roland Smith, homme de cinéma célèbre au Québec, a tenu à faire une petite mise au point. Je la reproduis ici dans son intégralité.

Bonjour Marc-André,

Le public de votre journal semble aimer un peu d’histoire puisque vous leur en avez servi dans l’édition d’avant-hier à propos du FFM, mais je tiens à vous souligner que vous avez omis un fait important : vous avez oublié de mentionner le 4e festival de 1977 dans votre énumération, pas n’importe quel puisqu’il se déroulait dans quatre villes québécoises en même temps.. Voilà pourquoi je me permets d’ajouter ceci pour que l’histoire ne soit pas réécrite. Je profite de cette mise au point en exprimant brièvement quelques opinions dissidentes sur le FFM.

Quatre festivals généralistes de cinéma à Montréal en 1977

Au départ, bien avant la création du FFM, à l’été 1976 j’ai organisé une soirée-rencontre avec des représentants du milieu cinématographique québécois à la Maison Explo-Mundo, rue Alexandre-DeSève, avec le but avoué de faire revivre un grand festival de cinéma. Nous avions eu le FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE MONTRÉAL (de 1960 à 1967) qui s’était sabordé, suite à un conflit entre le Comité d’organisation et le Comité de programmation. Pas facile la vie d’un festival de cinéma.

Étaient conviés ce soir-là en 1976, des propriétaires de salles de cinéma, des distributeurs, des producteurs, des réalisateurs, des techniciens, des professeurs de cinéma, des critiques de cinéma… et deux cinémathèques : La Cinémathèque Québécoise et le Conservatoire d’Art Cinématographique de Concordia. Tout ce beau monde a confirmé l’urgence de mettre sur pied un festival d’envergure pour corriger nos lacunes en matière cinématographique et après quelques heures de discussions, chacun chez soi est reparti avec des vœux pieux et ne s’est jamais plus réuni.

À l’été 1977, l’Association des Critiques organisa son festival. Du 19 au 28 août, le premier FFM est arrivé …et du 29 septembre au 10 octobre 1977, j’ai entièrement financé (sans aide gouvernementale) une manifestation cinématographique simultanément dans quatre villes québécoises, dans mes quatre salles : LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM 1977 à l’Outremont (à Montréal), au Cartier (à Québec), au Festival (à Sherbrooke) et au Lumière (à Trois-Rivières, avec trois invités internationaux, Agnès Varda, Luigi Comencini et Bay Okan (de Turquie), des films inédits d’Ettore Scola, un John Cassavetes, Bo Widerberg, Peter Weir, Victor Erice, Marco Bellocchio furent en autres, au rendez-vous. À Montréal et à Québec, l’événement fut un succès populaire et financier. Dans les deux autres villes, par manque de visibilité dans les médias, le festival fut très peu fréquenté et ce fut la seule année de son existence. Claude Chamberlan a tenu son FESTIVAL DU NOUVEAU CINÉMA, un mois plus tard.

Si le milieu s’était pris en mains, s’était à vrai dire tenu debout, nous n’aurions pas eu avec le FFM trente-huit années de misère, de pleurs et de grincements de dents car à chacune des années le FFM a toujours créé par son action et dans certains cas son inaction, des controverses néfastes de tous genres, le rapport Secor avait tellement vu juste dans son rapport noyé dans l’eau du bain comme tellement d’autres enquêtes et commissions…

Il aurait fallu que le milieu du cinéma (tous les intervenants que j’avais convoqué à cette réunion de 1976 …et d’autres) soient ensemble le vrai promoteur d’un seul festival de film généraliste et rassembleur à Montréal, en organisant collectivement une manifestation avec l’envergure du Festival de Toronto, qui répond aux véritables besoins de la population de Montréal et des environs.

À Toronto il y a 20 programmateurs super compétents pour les six continents, contrairement à la rumeur persistante que M. Losique fait courir, ce festival ne présente pas que des films des grands studios américains. TIFF est un festival respecté par toute la profession mondiale et par le grand public torontois car l’offre est abondante et variée. Les salles sont bondées et pleines pour la plupart des séances publiques et celles qui s’adressent aux journalistes et à des professionnels de l’industrie cinématographique.

J’ai toujours en tête les propos de votre consoeur du Devoir qui écrivait en 2012 (il n’y a pas si longtemps), à propos de la sélection des films au FFM et de son public : “Des films plus ou moins bons, rarement transcendants, servis en vrac, aucune ambiance, mais une audience encore fidèle qui mériterait pourtant bien mieux. On rêve à des révolutions qui tardent…”

Marc Cassivi se réjouissait récemment de la décision de la SODEC de couper les subventions au FFM, entrainant ainsi d’autres subventionneurs et commanditaires à faire de même, avec raison. Fini l’ère Losique, qu’il cède sa place à d’autres (plus jeunes et dynamiques) qui sauront donner à Montréal un peu de fierté dans l’organisation d’un nouveau festival ou en donnant plus de subventions au Festival du Nouveau Cinéma, il en a besoin.

J’irai quand même voir quelques films à Montréal avant d’aller à TIFF le 3 septembre. Ensuite, le mois prochain, je serai à Vancouver pour le VIFF, on m’a invité comme membre du Jury International. Je me souhaite des découvertes, plusieurs grands moments de cinéma et des coups de cœur tels que vus à Berlin et à Cannes, depuis quarante ans. Ils sont si rares au FFM et les montréalais ont raison de vouloir une programmation bien différente, une véritable fête du cinéma, oubliée en chemin.

-Roland Smith
Consultant artistique indépendant

Si Serge Losique, grâce à son festival, a pu faire naître bon nombre de vocations de cinéphiles à Montréal, on peut en dire tout autant de Roland Smith.

Par ailleurs, le 38e FFM tire à sa fin. Alors que plusieurs croient qu’il s’agit du dernier FFM sous l’ère Losique-Cauchard, je vous pose une question : ce festival doit-il survivre ? Cette question, bien sûr, en amène d’autres : Est-ce que l’offre disponible aux cinéphiles via les autres festivals montréalais (Fantasia, FNC, Cinémania, Vues d’Afrique, Rencontres internationales du documentaire, Festival du film sur l’art et j’en passe) est déjà assez riche ? Le FFM remplit-il un rôle unique dans le paysage culturel montréalais ? Un renouveau, sous une nouvelle direction, est-il envisageable ?

Bon cinéma.

Compte Twitter : @MALussier

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Jeudi 21 août 2014 | Mise en ligne à 17h45 | Commenter Commentaires (5)

FFM : un paquebot apparemment insubmersible !

FFM - Affiche

Il semble bien que pour une première fois, on adopte en haut lieu un discours plus modeste. Que c’est rafraîchissant !

Bien peu de gens y croyaient encore mais ça y est. Le 38e Festival des films du monde de Montréal a lieu. Malgré toutes les tuiles qui lui sont tombées dessus depuis trois mois, de toutes parts et de tous les niveaux, le FFM a bel et bien été lancé hier. En tirant invariablement des trucs incroyables de son chapeau, le tandem Serge Losique – Danièle Cauchard parvient toujours à maintenir à flot ce gros paquebot apparemment insubmersible. Cette capacité à traverser les pires tempêtes – et à en sortir toujours vivant – mérite le respect.

Personnellement, je vois un  truc vraiment positif dans ce feuilleton. Les épreuves auxquelles la direction du FFM a dû faire face ont visiblement forcé celle-ci à voir les choses de façon plus réaliste. Jusqu’à l’an dernier, quel était le discours officiel ? Le Festival des films du monde est un grand festival de cinéma international compétitif qui n’a rien à envier aux autres grands festivals de même nature, soit Cannes, Berlin et Venise. Point à la ligne.

Quel est le discours cette année ? Le FFM est un festival très important qui laisse une place de choix à la découverte de nouveaux talents, aux cinéastes émergents, et qui mise surtout sur la notion de diversité culturelle en sélectionnant des films venus de 74 pays. De mémoire de journaliste qui suit de très près les activités du FFM depuis plus de 25 ans, il semble bien que pour une première fois, on adopte en haut lieu un discours plus modeste. Que c’est rafraîchissant ! On pourra enfin prendre ce festival pour ce qu’il est, sans le mesurer obligatoirement à d’autres événements internationaux avec lesquels il ne peut malheureusement plus rivaliser depuis des années. Et si 2014 était l’année du renouveau ?

Partager les découvertes

Donc, le 38e FFM a été ouvert hier avec la présentation hors concours de Salaud, on t’aime. Le 44ème long métrage de Claude Lelouch met en vedette Johnny Halliday, Sandrine Bonnaire et Eddy Mitchell. Comme souvent dans le cinéma de Lelouch, le film est parsemé de moments de grâce mais aussi d’instants où l’on frôle le ridicule. On conseillera quand même aux admirateurs du cinéaste de profiter de l’occasion pour aller voir le film sur grand écran. Depuis quelques années, les longs métrages de Lelouch sont plus rarement distribués chez nous.

Nathalie Petrowski ira voir tous les films de la compétition mondiale cette année. André Duchesne aura l’occasion de réaliser des entrevues et de faire des suggestions. De mon côté, j’irai voir quotidiennement un film hors compétition, choisi au hasard de la programmation. Ceux qui le désirent pourront suivre nos reportages quotidiens dans La Presse et La Presse Plus.

En fouillant dans la programmation, on remarque quelques productions déjà lancées ailleurs. Par exemple, New Territories, un premier long métrage de la française Fabianny Deschamps, a été présenté à Cannes dans une section – très parallèle – consacrée au cinéma indépendant, organisée par l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Come to my Voice est un film turc qui a été lancé dans la section «Génération» du Festival de Berlin. On se rappellera que le film de Robert Morin 3 histoires d’Indiens a aussi été sélectionné dans cette catégorie à la Berlinale.

Surtout, j’attire votre attention sur Black Coal, Thin Ice du Chinois Diao Yinan. Présenté hors concours, ce film a obtenu plus tôt cette année – excusez du peu – l’Ours d’or du Festival de Berlin. Dommage qu’il n’en soit pas fait mention nulle part dans le programme.

Évidemment, j’inviterais ceux qui suivent ce festival à partager leurs découvertes et à nous faire part de leurs coups de cœur et leurs coups de gueule sur ce blogue.

Quelques liens :

Envers et contre tous (compte-rendu soirée d’ouverture)

La Presse a vu… (New Territories)

Claude Lelouch : le grand allié des festivals.

Grands festivals de cinéma : mode d’emploi.

FFM et TIFF : quelques dates importantes.

FFM et TIFF : Toronto ou le chant des sirènes.

FFM et TIFF : l’herbe est parfois plus verte à Montréal


Lien YouTube.

Compte Twitter : @MALussier

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