Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Festivals’

Jeudi 6 novembre 2014 | Mise en ligne à 15h09 | Commenter Commentaires (2)

Cinq films «orphelins» à voir (peut-être) à Cinemania

Cinemania - logo

Le 20e festival Cinemania commence aujourd’hui. Pour les amateurs de cinéma français (oui oui, il en reste !), la programmation se révèle très alléchante. Bien sûr, il y a les grands titres attendus (Gemma Bovery, Saint Laurent, Trois coeurs, etc.), déjà repêchés par des distributeurs québécois.

Cela dit, plusieurs des 34 longs métrages présentés en primeur au festival n’ont pas encore obtenu, sauf erreur, de contrat de distribution. J’en ai vu cinq parmi ceux-là. Il n’est pas dit que l’occasion de les voir sur grand écran se représentera un  jour…

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Abus de faiblesse
Catherine Breillat

La réalisatrice de Romance et de Sex is Comedy s’est inspirée de sa propre histoire pour écrire ce film singulier, à la frange du malaise. Victime d’un accident vasculaire qui l’a laissée hémiplégique, Catherine Breillat s’est fait escroquer par Christophe Rocancourt, surnommé «l’arnaqueur d’Hollywood», qu’elle voulait embaucher comme acteur. Transposée au grand écran, son histoire est incarnée par Isabelle Huppert, qui propose une formidable composition, et le rappeur Kool Shen, ancien complice de Joey Starr dans NTM. Le récit s’attardant principalement à la démonstration des faits, les éléments d’analyse se font plus rares. On admirera toutefois le culot d’une cinéaste qui ne craint pas se regarder en face.

Vendredi 7 novembre 17h; Dimanche 9 novembre 11h15 au Cinéma Impérial.

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Dans la cour
Pierre Salvadori

Dans ce film empreint de douce folie, Catherine Deneuve interprète une nouvelle retraitée qui, voyant une fissure se creuser dans le mur de son salon, nourrit son angoisse au point de céder à la panique. Le coup de génie du cinéaste aura été de faire appel à Gustave Kervern (qui coréalise aussi des films avec Benoît Delépine) pour camper un musicien dépressif. Ce dernier parvient à se faire embaucher à titre de gardien de l’immeuble fissuré. Une amitié aussi improbable que touchante naîtra entre ces deux êtres ayant du mal à survivre au jour le jour. Le récit est parsemé de fines observations, d’un humour souvent délicieux, et laisse aussi la part belle à une galerie de personnages colorés.

Samedi 8 novembre 14h15; Vendredi 14 novembre 17h au Cinéma Impérial.

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Le métis de Dieu
Ilan Duran Cohen

Ce téléfilm, réalisé pour le compte de chaîne spécialisée Arte, relate le parcours de Monseigneur Jean-Marie Lustiger. Né juif, converti au christianisme sans renier ses origines, ce dernier a rapidement gravi les échelons de la hiérarchie catholique. Il fut nommé par Jean-Paul II évêque d’Orléans en 1979 et archevêque de Paris deux ans plus tard. Ilan Duran Cohen (La confusion des sentiments, Le plaisir de chanter) s’attarde surtout à évoquer le conflit intime d’un homme de foi, déchiré entre deux identités. Les échanges avec le pape, imaginés par la scénariste Chantal Derudder (Les amants du Flore), se révèlent particulièrement intéressants à cet égard. De forme classique, Le métis de Dieu est aussi porté par la remarquable performance de Laurent Lucas.

Dimanche 9 novembre 15h10; jeudi 13 novembre 9h au Cinéma Impérial.

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Le temps des aveux
Régis Wargnier

Dans ce nouveau film, qui prendra l’affiche le mois prochain en France, le réalisateur d’Indochine retourne dans l’ancienne colonie pour évoquer l’histoire de François Bizot. L’ethnologue français, qui a publié son récit biographique en l’an 2000, a été capturé par les Khmers rouges au Cambodge en 1971 alors qu’il travaillait à la restauration des temples d’Angkor. Reconnu pour ses élans romanesques, Régis Wargnier filme cette fois un peu plus «sec». Le récit, qui se tient toujours à l’essentiel, fait en outre écho à la nature d’un lien indéfinissable qui naîtra entre le prisonnier (Raphaël Personnaz) et son geôlier (Kompheac Phoeung). C’est assez prenant.

Mardi 11 novembre 17h10; Dimanche 16 novembre 10h30 au Cinéma Impérial.

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Un beau dimanche
Nicole Garcia

La réalisatrice d’Un balcon sur la mer offre à Pierre Rochefort, le fils qu’elle a eu avec Jean, son premier grand rôle au cinéma. Ce dernier est touchant dans le rôle d’un instituteur solitaire, épris de liberté, dont la vie sera bouleversée par une rencontre avec Sandra (Louise Bourgoin), la mère de l’un de ses élèves. S’il semble au départ vouloir emprunter la piste du polar (la femme est sérieusement endettée), le récit est très vite ramené à l’étude psychologique et à la peinture d’un milieu. Une visite dans la famille bourgeoise de l’instituteur est à cet égard très révélatrice, d’autant qu’elle nous vaut des scènes magnifiques avec Dominique Sanda. Mis en scène avec délicatesse et sobriété, Un beau dimanche fait partie des meilleurs films de Nicole Garcia.

Mercredi 12 novembre 17h10; Dimanche 16 novembre 13h50 au Cinéma Impérial.

Maidy Teitelbaum : la battante de Cinemania (Nathalie Petrowski)

Mon favori parmi les cinq :

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Vendredi 10 octobre 2014 | Mise en ligne à 20h51 | Commenter Commentaires (12)

Et alors ? Ce Festival du nouveau cinéma ?

FNC 14 - Affiche

À peine plus d’un mois après le tomber du rideau du FFM, le Festival du nouveau cinéma de Montréal s’élance à son tour. Quelques semaines de distance à peine et pourtant, tout un monde sépare ces deux festivals.

Le FNC n’a pas le même statut que le FFM sur l’échiquier mondial des festivals de cinéma – il n’en a pas l’ambition non plus -, mais sa position dans le calendrier l’avantage grandement. Bien sûr, la partie n’est pas facile. Pour personne.

Même s’ils parviennent à mettre le grappin sur quelques morceaux choisis de Cannes et de Toronto, il reste que les programmateurs du FNC font face eux aussi à une compétition féroce. Exemple : le Saint Laurent de Bertrand Bonello, un cinéaste que le FNC a bien soutenu au fil des ans, aboutit à Cinemania. De plus, le FNC a lieu alors que les jeux ne sont pas encore faits en Amérique du Nord. Il n’y a pas si longtemps encore, cela n’était pas le cas. Le Festival du film de New York, qui propose de plus en plus de primeurs nord-américaines attendues (Birdman d’Inarritu; Inherent Vice de Paul Thomas Anderson) n’est même pas encore terminé.

Cela dit, le FNC vient tout de même à bout de construire une programmation très alléchante, particulièrement riche du côté des productions québécoises.

Reste à savoir maintenant si la décision de ne plus utiliser les salles de l’Excentris aura des conséquences. En élargissant son terrain de jeu jusque dans le bout de l’Université Concordia, le FNC tente clairement de séduire une clientèle étudiante, tout autant que celle qui fait de Fantasia un succès.

Quoi qu’il en soit, si vous fréquentez ce festival, n’hésitez pas à nous faire part ici de vos découvertes. Cet espace vous est ouvert.

FNC : Rassembler dans la diversité (André Duchesne)

Dossier FNC de La Presse.

Métamorphoses (Christophe Honoré) :

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Lundi 8 septembre 2014 | Mise en ligne à 8h04 | Commenter Commentaires (3)

La politique de primeurs du TIFF: une bonne stratégie ?

Wild - 1

Reese Witherspoon dans Wild

«Si on ne fait pas attention, il peut nous arriver ce qui est arrivé à Montréal !»
- Un journaliste torontois

La fameuse règle du «seulement des premières mondiales ou nord-américaines au cours du premier week-end» a pris fin. Instaurée cette année, cette règle donnait aux producteurs l’obligation de faire un choix entre le festival de Telluride et le TIFF. Les productions qui acceptaient l’invitation du petit festival du Colorado (qui ne montre pas plus d’une trentaine de longs métrages) ne pouvaient être alors présentées au TIFF au cours du premier week-end, de loin le plus convoité. Et fréquenté.

Aujourd’hui, les équipes des films ayant été lancés à Telluride commencent à arriver en ville. Au programme : Wild (Jean-Marc Vallée), The Imitation Game (Morten Tyldum), Foxcatcher (Bennett Miller), etc. Tous ces films arrivent précédés d’une rumeur favorable déjà acquise dans les montagnes (de même qu’à Cannes dans le cas de Foxcatcher).

Alors ? Cette stratégie s’est-elle révélée payante pour le TIFF ? Tout dépend à qui vous posez la question. Tous les journalistes torontois à qui j’ai parlé – sans exception – soutiennent cette décision, histoire de riposter contre ce qu’ils considèrent être une concurrence déloyale de la part de Telluride. «Si on ne fait pas attention, il peut nous arriver ce qui est arrivé à Montréal !», m’a même dit l’un d’entre eux.

En revanche, à peu près tous les visiteurs pestent contre cette décision. Qui pourrait avoir l’effet d’un ressac. Des producteurs préféreront toujours aller attirer l’attention à Telluride avant de venir «noyer» leur film parmi les 285 longs métrages que le TIFF présente.

L’enjeu ? La course aux Oscars. Le TIFF tient à sa réputation d’éclaireur à ce chapitre. Or, bien peu de candidats sérieux ont émergé de ce week-end de primeurs mondiales. Du moins, pour l’Oscar du meilleur film. À mon avis, la meilleure primeur présentée ici est Nightcrawler, un film remarquable de Dan Gilroy, dans lequel Jake Gyllenhall compose un personnage saisissant. Étrangement, peu de gens en parlent. Oh well


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