Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘DVD’

Dimanche 27 juin 2010 | Mise en ligne à 16h41 | Commenter Commentaires (3)

Film inédit en DVD: Félix

Félix le film - 1

Oui c’est vrai. Je triche un peu cette semaine. Félix a en effet déjà été projeté dans différentes manifestations cinématographiques, notamment aux Rendez-vous du cinéma québécois, de même qu’au Festival du film sur l’art de Montréal. Le document, réalisé par le vétéran Jean-Claude Labrecque, a aussi été présenté vendredi dernier à la télé de Radio-Canada dans le cadre de la série Zone doc.

N’empêche.

Le DVD qu’Imavision vient de mettre sur le marché est digne de mention à plus d’un titre. D’abord, le cinéaste et la scénariste Pascale Bilodeau ont fait un travail remarquable afin de construire leur film comme s’il s’agissait d’un autoportrait que Félix aurait lui-même esquissé. 

Le poète se raconte, tout simplement. En se rappelant les grandes étapes de sa vie. La carrière à Paris, la conscience du pays à faire, le lien indissociable entre l’art et la politique. Labrecque évite tous les pièges de la biographie traditionnelle (aucun témoignage ne vient alourdir le récit) mais suit plutôt les arcanes de la mémoire du géant. Scènes d’archives, photos anciennes, images d’un pays dont l’évolution n’aurait sans doute pas été la même sans la présence de l’auteur de L’alouette en colère. Les très rares moments où Labrecque a dû avoir recours à des reconstitutions ne sont même pas gênants, tant le cinéaste les amène avec beaucoup de délicatesse, sans insister.

Et puis, il y a les chansons. Lesquelles prennent ici toute leur dimension. Il y a aussi l’extraordinaire caméra de Jean-Claude Labrecque. Ses images racontent le pays de Leclerc de façon tout à fait éloquente, comme en parfaite symbiose.

Félix est un document (trop court – 52 minutes) qui évoque l’âme du poète tout en respectant le caractère humble de l’homme. Dans ce petit coin de planète où la devise est «Je me souviens», on remercie Jean-Claude Labrecque de faire oeuvre utile.

Ce DVD comporte un petit livret rassemblant des notes biographiques, un CD sur lequel on retrouve quatre des chansons figurant sur l’album Hommage à Félix Leclerc, de même qu’un mot de Martin Leclerc. «Ce film sur mon père est un maudit beau cadeau pour les jeunes d’aujourd’hui et pour les générations à venir», conclut-il.  

Lisez cet article qu’a consacré Mario Cloutier à Jean-Claude Labrecque.

Écoutez l’interview qu’a accordée Jean-Claude Labrecque à Franco Nuovo à l’émission Je l’ai vu à la radio (Première chaîne de Radio-Canada).

 

 

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Dimanche 20 juin 2010 | Mise en ligne à 10h53 | Commenter Commentaires (3)

Film inédit en DVD: Capitaine Alatriste

Capitaine Alatriste - Affiche

Je me souviens de l’enthousiasme qu’avait affiché Viggo Mortensen il y a quelques années a cours d’une entrevue qu’il accordait au Festival de Toronto. Il s’apprêtait alors à gagner le plateau d’une grande production espagnole dans laquelle il tiendrait le premier rôle. Dans la langue de Cervantès de surcroît.

Je n’avais pratiquement plus entendu parler de Capitaine Alatriste depuis. Or, ce film a obtenu un énorme succès public en Espagne, en plus de récolter une quizaine de nominations aux prix Goya (équivalent de nos Jutra) en 2007. Il a aussi pris l’affiche en France il y a deux ans. De notre côté de la grande mare, il a directement pris le chemin des bacs à DVD, où il a récemment fait son apparition.

J’avoue avoir été grandement déçu. Réalisée par Augustin Diaz Yanes, dont je ne connaissais que Des nouvelles de Dieu (avec Victoria Abril et Penélope Cruz), cette fresque ambitieuse  – d’une durée de près de 2h30 - affiche un style lourd et ampoulé. Et a du mal à ne pas trahir son origine feuilletonesque. Capitaine Alatriste est en effet tiré d’une série de romans à caractère historique, écrits par l’ancien journaliste correspondant de guerre Arturo Pérez-Reverte.  Lesquels font écho à l’histoire de l’empire espagnol du 16e siècle.

Mortensen incarne ici un mercenaire au grand coeur qui, sous le règne de Philippe IV, traverse avec panache la période de l’Inquisition après avoir fait la campagne des Flandres. Intrigues, alliances, corruptions diverses à l’intérieur de l’Empire, le récit se développe laborieusement sans, dirait-on, s’intéresser vraiment aux personnages. Se déroulant essentiellement de nuit, ce film est aussi ponctué de scènes très violentes.
À l’arrivée, Capitaine Alatriste laisse complètement indifférent. Qu’importe alors l’emballage (la direction artistique est de tout premier ordre) si le contenu ne suscite pas notre envie?

Viggo Mortensen – toujours intense – s’investit évidemment à fond dans son rôle. Il est appuyé ici par une distribution solide. Mais à moins d’être un très grand admirateur de l’acteur (il est toujours plaisant d’avoir accès à la filmographie entière de quelqu’un qu’on aime), on voit mal comment ce film pourrait susciter une certaine ferveur. 

Notez que le DVD mis en marché chez nous par Mongrel Media / Métropole Films comporte la piste de la version originale espagnole, sur laquelle peuvent être ajoutés des sous-titres en anglais seulement. Une piste en version doublée française est aussi disponible mais il est impossible de voir le film en v.o. avec sous-titre français. Pourquoi? Mystère.

 

 

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Dimanche 13 juin 2010 | Mise en ligne à 9h34 | Commenter Commentaires (3)

Film inédit en DVD: Le deuxième souffle

Le deuxième souffle - Affiche

Cela devait être le grand événement du cinéma français en 2007. Une nouvelle adaptation du roman de José Giovanni, déjà porté à l’écran par Jean-Pierre Melville en 1966, signée par Alain Corneau, lequel avait déjà offert quelques-uns des plus beaux fleurons du film noir au cours des années 70 (le sublime Série noire avec Patrick Dewaere) et 80 (Le choix des armes avec Montand et Deneuve).

Un casting de rêve: Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Michel Blanc, Jacques Dutronc, et, même, la superstar du soccer Éric Cantona (verra-t-on Looking for Eric chez nous un jour?). Entre autres. Un budget très important, un cinéaste chevronné et respecté, que ce projet d’adaptation – initié par Corneau lui-même - habite depuis de nombreuses années. Cela ne pouvait pas rater.

Avant même sa présentation en première mondiale au Festival de Toronto en septembre 2007, Le deuxième souffle avait déjà un contrat de distribution en poche pour le territoire québécois. Christal Films en détenait alors les droits.

Voici ce que j’écrivais au lendemain de la toute première projection du film au Festival de Toronto. Pas l’opprobre. Mais pas le grand enthousiasme non plus:

«La première mondiale du très attendu Le deuxième souffle a aussi eu lieu ce week-end. Très ambitieux, ce film est une nouvelle adaptation du roman de José Giovanni que Jean-Pierre Melville avait déjà porté à l’écran en 1966. Quintessence du film noir, la version de Melville est passée à l’histoire. Et s’inscrit avantageusement dans la mythologie cinématographique française. «Le film de Melville a carrément changé ma vie!, confiait d’ailleurs à La Presse le réalisateur Alain Corneau. Qui, un peu comme il l’avait fait à l’époque du Choix des armes, a réuni une distribution impressionnante. Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Michel Blanc, Jacques Dutronc et l’ancien footballeur Éric Cantonna sont en effet les têtes d’affiche d’un film qui exige du spectateur une certaine période d’adaptation. Corneau a en effet utilisé un langage cinématographique tout à fait moderne, emprunté notamment aux courants esthétiques du cinéma asiatique, coréen en particulier. Son film garde toutefois aussi la forme traditionnelle du film noir des années 50, tant au chapitre des dialogues que sur celui du jeu des comédiens. Il en résulte un décalage pleinement assumé, lequel se révèle parfois déstabilisant. Une fois n’étant pas coutume, Daniel Auteuil semble aussi avoir un peu de mal à trouver ses repères. En revanche, Michel Blanc offre une composition saisissante dans le rôle du commissaire Blot. Et Dutronc trouve ici un univers qui lui sied magnifiquement.»

Plus d’un mois plus tard, soit le 24 octobre 2007, Le deuxième souffle prenait l’affiche en France. La critique est plutôt partagée (tableau d’Allociné.fr) mais le film trouve quand même quelques défenseurs. Dont Jean-Luc Douin du Monde (lisez sa critique). En revanche, le film ne trouve pas grâce auprès de certains autres critiques. Dont Aurélien Ferenczi de Télérama (lisez sa critique).

Le deuxième souffle fut un échec. Sans appel. Malgré la réunion de stars à l’écran, malgré, aussi, un accueil critique qui, sans être délirant, n’était quand même pas si dévastateur (on a déjà vu bien pire!), le public n’a pas souscrit du tout à la proposition audacieuse de Corneau. Et comme le film fait plus de 2h30…

J’avais eu l’occasion d’en discuter avec le cinéaste lors d’une entrevue réalisée en janvier 2008 à Paris. Le film avait alors quitté l’affiche depuis déjà longtemps.

«Il est certain que je n’ai pas bien vécu cet échec, m’avait-il alors confié. Comme toujours. Mais cela fait partie de la vie d’un cinéaste. Un film, c’est un peu comme une machine à sous («slot machine») avec ses trois rouleaux: il y a le film, il y a la presse, et il y a le public. Il est difficile d’avoir les trois à la fois et de frapper le jackpot. Mais j’avoue que cette fois, l’échec a été particulièrement dur à prendre car j’ai rêvé de ce film depuis très longtemps. J’ai toutefois assez d’expérience pour savoir qu’il n’y a aucune justice dans ce domaine. Je suis quand même très heureux d’avoir fait ce film. Je ne l’ai jamais regretté. Je fais partie de ceux qui ont la chance de toujours pouvoir tourner les films qu’ils ont envie de faire. Bien sûr qu’un échec de cette envergure n’est pas facile à vivre. Mais je ne suis pas du genre à pleurer. Je ne peux pas non plus rejeter la faute sur personne.  Un échec peut parfois être dû au fait qu’un film soit déjà étranglé avant même sa sortie par un distributeur qui n’y croit plus. Or, ce ne fut pas le cas avec Le deuxième souffle, au contraire. Alors à partir du moment où un film a eu droit à sa vraie chance, que voulez-vous qu’on fasse… La seule chose qui me console un peu, c’est que les films de genre sont souvent révélés plus tard. Encore faut-il qu’ils marchent quand même un peu à l’origine…»

Chez nous, le distributeur (je me souviens lui avoir vu le teint pâlir un peu quand il a découvert le film à Toronto!) avait décidé d’attendre l’année suivante avant de mettre Le deuxième souffle à l’affiche, sachant très bien que le film de Corneau aurait du mal à trouver un public. Puis vinrent les difficultés financières de Christal. Le deuxième souffle est alors tombé dans les limbes. Il n’a jamais pris l’affiche sur un écran de cinéma au Québec. Il est sorti en DVD il y a maintenant quelques semaines, récupéré par la société canadienne Mongrel Media et le distributeur québécois Métropole Films.

Je ne peux évidemment pas vous recommander chaudement ce DVD, mais si vous êtes le moindrement curieux, le visionnement de cette nouvelle adaptation peut se révéler quand même intéressant.

Depuis Le deuxième souffle, Alain Corneau a tourné Crime d’amour, un thriller dont les têtes d’affiche sont Kristin Scott Thomas, Ludivine Sagnier et Parick Mille. Il prend l’affiche en France le 18 août prochain.

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