Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘DVD’

Dimanche 8 août 2010 | Mise en ligne à 22h42 | Commenter Commentaires (14)

Criterion fait appel à un cinéaste québécois

Pierrot le fou - Affiche

De l’avis général, Criterion est de loin la plus prestigieuse société éditrice de DVD et de Blu-ray en Amérique du Nord. Spécialisée dans les titres classiques et internationaux,  Criterion propose un catalogue très riche et se targue de toujours offrir des présentations soignées, enrichies de nombreux suppléments. Oui c’est plus cher. Mais l’investissement en vaut la peine à mon sens. Encore faut-il que ces titres soient disponibles au Québec (ce qui n’est pas toujours le cas). Nos collègues de l’excellent site DVD en français ont d’ailleurs fait le tri récemment. Lisez cet article.

Sachant Xavier Dolan cinéphile et fan de la maison, les gens de Criterion ont demandé au réalisateur des Amours imaginaires de choisir dix titres parmi leur imposante collection. Pierrot le fou de Godard (1965) se retrouve en tête de liste. Pour découvrir les neuf autres titres, cliquez ici. Vous pouvez aussi consulter les listes de toutes les personnalités qui se sont prêtées à l’exercice du Top 10 mensuel jusqu’à maintenant.

La bande annonce de Pierrot le fou:


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Dimanche 27 juin 2010 | Mise en ligne à 16h41 | Commenter Commentaires (3)

Film inédit en DVD: Félix

Félix le film - 1

Oui c’est vrai. Je triche un peu cette semaine. Félix a en effet déjà été projeté dans différentes manifestations cinématographiques, notamment aux Rendez-vous du cinéma québécois, de même qu’au Festival du film sur l’art de Montréal. Le document, réalisé par le vétéran Jean-Claude Labrecque, a aussi été présenté vendredi dernier à la télé de Radio-Canada dans le cadre de la série Zone doc.

N’empêche.

Le DVD qu’Imavision vient de mettre sur le marché est digne de mention à plus d’un titre. D’abord, le cinéaste et la scénariste Pascale Bilodeau ont fait un travail remarquable afin de construire leur film comme s’il s’agissait d’un autoportrait que Félix aurait lui-même esquissé. 

Le poète se raconte, tout simplement. En se rappelant les grandes étapes de sa vie. La carrière à Paris, la conscience du pays à faire, le lien indissociable entre l’art et la politique. Labrecque évite tous les pièges de la biographie traditionnelle (aucun témoignage ne vient alourdir le récit) mais suit plutôt les arcanes de la mémoire du géant. Scènes d’archives, photos anciennes, images d’un pays dont l’évolution n’aurait sans doute pas été la même sans la présence de l’auteur de L’alouette en colère. Les très rares moments où Labrecque a dû avoir recours à des reconstitutions ne sont même pas gênants, tant le cinéaste les amène avec beaucoup de délicatesse, sans insister.

Et puis, il y a les chansons. Lesquelles prennent ici toute leur dimension. Il y a aussi l’extraordinaire caméra de Jean-Claude Labrecque. Ses images racontent le pays de Leclerc de façon tout à fait éloquente, comme en parfaite symbiose.

Félix est un document (trop court – 52 minutes) qui évoque l’âme du poète tout en respectant le caractère humble de l’homme. Dans ce petit coin de planète où la devise est «Je me souviens», on remercie Jean-Claude Labrecque de faire oeuvre utile.

Ce DVD comporte un petit livret rassemblant des notes biographiques, un CD sur lequel on retrouve quatre des chansons figurant sur l’album Hommage à Félix Leclerc, de même qu’un mot de Martin Leclerc. «Ce film sur mon père est un maudit beau cadeau pour les jeunes d’aujourd’hui et pour les générations à venir», conclut-il.  

Lisez cet article qu’a consacré Mario Cloutier à Jean-Claude Labrecque.

Écoutez l’interview qu’a accordée Jean-Claude Labrecque à Franco Nuovo à l’émission Je l’ai vu à la radio (Première chaîne de Radio-Canada).

 

 

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Dimanche 20 juin 2010 | Mise en ligne à 10h53 | Commenter Commentaires (3)

Film inédit en DVD: Capitaine Alatriste

Capitaine Alatriste - Affiche

Je me souviens de l’enthousiasme qu’avait affiché Viggo Mortensen il y a quelques années a cours d’une entrevue qu’il accordait au Festival de Toronto. Il s’apprêtait alors à gagner le plateau d’une grande production espagnole dans laquelle il tiendrait le premier rôle. Dans la langue de Cervantès de surcroît.

Je n’avais pratiquement plus entendu parler de Capitaine Alatriste depuis. Or, ce film a obtenu un énorme succès public en Espagne, en plus de récolter une quizaine de nominations aux prix Goya (équivalent de nos Jutra) en 2007. Il a aussi pris l’affiche en France il y a deux ans. De notre côté de la grande mare, il a directement pris le chemin des bacs à DVD, où il a récemment fait son apparition.

J’avoue avoir été grandement déçu. Réalisée par Augustin Diaz Yanes, dont je ne connaissais que Des nouvelles de Dieu (avec Victoria Abril et Penélope Cruz), cette fresque ambitieuse  – d’une durée de près de 2h30 - affiche un style lourd et ampoulé. Et a du mal à ne pas trahir son origine feuilletonesque. Capitaine Alatriste est en effet tiré d’une série de romans à caractère historique, écrits par l’ancien journaliste correspondant de guerre Arturo Pérez-Reverte.  Lesquels font écho à l’histoire de l’empire espagnol du 16e siècle.

Mortensen incarne ici un mercenaire au grand coeur qui, sous le règne de Philippe IV, traverse avec panache la période de l’Inquisition après avoir fait la campagne des Flandres. Intrigues, alliances, corruptions diverses à l’intérieur de l’Empire, le récit se développe laborieusement sans, dirait-on, s’intéresser vraiment aux personnages. Se déroulant essentiellement de nuit, ce film est aussi ponctué de scènes très violentes.
À l’arrivée, Capitaine Alatriste laisse complètement indifférent. Qu’importe alors l’emballage (la direction artistique est de tout premier ordre) si le contenu ne suscite pas notre envie?

Viggo Mortensen – toujours intense – s’investit évidemment à fond dans son rôle. Il est appuyé ici par une distribution solide. Mais à moins d’être un très grand admirateur de l’acteur (il est toujours plaisant d’avoir accès à la filmographie entière de quelqu’un qu’on aime), on voit mal comment ce film pourrait susciter une certaine ferveur. 

Notez que le DVD mis en marché chez nous par Mongrel Media / Métropole Films comporte la piste de la version originale espagnole, sur laquelle peuvent être ajoutés des sous-titres en anglais seulement. Une piste en version doublée française est aussi disponible mais il est impossible de voir le film en v.o. avec sous-titre français. Pourquoi? Mystère.

 

 

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