Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Cannes 13’

Mercredi 6 novembre 2013 | Mise en ligne à 7h28 | Commenter Commentaires (6)

Deux trames musicales essentielles

Inside Llewyn - affiche

Lauréat du Grand Prix à Cannes plus tôt cette année, Inside Llewyn Davis commence enfin sa carrière en salle. Le plus récent – et formidable – film de Joel et Ethan Coen sort aujourd’hui en France, un mois avant sa sortie limitée sur le territoire nord-américain. À Montréal, il faudra patienter jusqu’à Noël.

Inside Llewyn Davis est un film du meilleur cru, dans lequel on retrouve cet humour décalé dont les Coen ont le secret. En campant leur intrigue dans le monde de la musique folk de la fin des années 50 et du tout début des années 60 (période antérieure à Bob Dylan), ils rendent aussi hommage – à leur façon bien sûr – à un  genre musical appelé à influencer grandement la musique populaire des décennies subséquentes.

Même si ce film est une histoire inventée, les Coen ont puisé leur inspiration dans un livre de souvenirs écrit par le musicien folk Dave Van Ronk. Le récit, étalé sur une durée d’une semaine, décrit un moment charnière dans la vie de Llewyn Davis (Oscar Isaac, une révélation). Désirant conserver son intégrité artistique à tout prix, le chanteur survit en acceptant de petits boulots. Il se colle aussi sur quiconque accepte de l’héberger. Son partenaire musical, avec qui il formait un duo, s’étant suicidé, Llewyn doit maintenant tenter de percer en tant qu’artiste solo.

Particularité du film : on voit les chansons jouées et chantées en entier. Ce parti-pris donne à l’ensemble une très belle respiration. D’ailleurs, il est à prévoir que la bande sonore, produite par l’incontournable T-Bone Burnett, fera des malheurs dans quelques mois. (La Presse, 21 mai 2013).

Et bien voilà, nous y sommes. La bande originale du film sera disponible lundi prochain (11 novembre) mais on peut dès maintenant l’écouter en continu. Une mise en garde s’impose toutefois : une fois le lecteur enclenché, il vous sera impossible de ne pas répéter en boucle. C’est bon à ce point là.

Par ailleurs, nous évoquions la semaine dernière la difficulté de mettre la main sur des bandes originales de films québécois. Raison de plus pour porter notre attention sur la très solide b.o. de Chasse au Godard d’Abbittibbi, l’excellent film d’Éric Morin. La trame, signée Philippe B, est notamment ponctuée de pièces originales des Breastfeeders, de même que par une chanson inédite – et surprenante – d’Ariane Moffatt. Dans Peau de minuit, l’auteure compositrice interprète emprunte en effet pour l’occasion les accents d’une chanteuse réaliste française des années 60…

Les liens :

L’écoute en continu de la b.o. d’Inside Llewyn Davis (via Indiewire)

La fiche iTunes de la b.o. de Chasse au Godard d’Abbittibi.


Lien YouTube.

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Vie d'Adèle - 1

(Photo : Reuters)

C’est vrai, la polémique a pris beaucoup trop de place. Maintenant que La vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2 est à l’affiche (en France et au Québec), le réalisateur Abdellatif Kechiche publie aujourd’hui un long article mis en ligne sur le site Rue 89. Dans cette missive, le cinéaste revient point par point sur tous les aspects de la fameuse polémique, qu’il s’agisse de celle l’ayant opposé aux techniciens, puis à Léa Seydoux. Il s’en prend aussi à la couverture qu’a faite de l’affaire le journal Le Monde au fil des derniers mois.

Oui, on en a trop parlé. Mais pour ceux que l’affaire intéresse, cette lecture en vaut vraiment la peine.

Abdellatif Kechiche : «À ceux qui voulaient détruire La vie d’Adèle» (Rue 89)

* Ajout : Comme il fallait s’y attendre, Le Monde y va d’une réplique :

Abdellatif Kechiche et «Le Monde».

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Lundi 21 octobre 2013 | Mise en ligne à 11h52 | Commenter Un commentaire

Heli, Louve d’or du FNC, bientôt en salle

Heli - Affiche

Le jury de la sélection internationale du Festival du nouveau cinéma a attribué la Louve d’or au film mexicain Heli, déjà lauréat du prix de la mise en scène au festival de Cannes plus tôt cette année. Le jury du FNC était composé de Louise Archambault, Violette Chauveau, Pierre Even, Robert Gray et Daniel Grou (Podz).

Le distributeur K Films Amérique a annoncé ce matin que, fort de ce très beau prix, Heli prendra l’affiche en programme régulier le 8 novembre.

À ceux qui demandent comment un film déjà primé dans un grand festival peut aussi concourir dans un festival comme le FNC, la réponse est assez simple. Les grands festivals de cinéma internationaux sont accrédités par la Fédération internationale des producteurs de films (FIAPF). Les événements inscrits dans la section «festivals de cinéma compétitifs» (parmi lesquels Cannes, Berlin, Venise, Locarno, Karlovy Vary, San Sebastian, Montréal – FFM)* ne peuvent se faire concurrence avec un même film dans les catégories compétitives. Autrement dit, un film présenté en compétition officielle à Venise ne pourra concourir de nouveau ensuite à Berlin ou à Montréal. En revanche, un festival accrédité peut très bien présenter hors compétition une oeuvre déjà lancée dans un autre festival dans une section compétitive.

* La FIAPF est responsable de l’accréditation de 52 festivals de films autour du monde. Ils sont séparés en 4 catégories : compétitif, compétitif spécialisé, non-compétitif et documentaires/courts-métrages (Source : Wikipedia). Remarque : La fameuse appellation «catégorie «A», si chère à la direction du FFM, ne semble exister dans aucun document officiel de la FIAPF.

Les festivals de niche, d’envergure plus «locale» (c’est le cas du FNC), ne sont pas asujettis aux règles de la FIAPF. D’où la possibilité de sélectionner dans leur section compétitive des productions déjà présentées – et parfois déjà primées - dans d’autres grands festivals.

Personnellement, je n’étais pas un grand partisan d’Heli à Cannes. Je compte le revoir, cela dit. Voici un commentaire écrit au moment de la présentation sur la Croisette :

Heli, un drame social très dur, très violent, fait écho à la criminalité et à la corruption au Mexique. Amat Escalante, un jeune cinéaste de 34 ans, s’est essentiellement fait connaître sur le circuit des festivals grâce à deux films présentés à Un certain regard (Sangre en 2005, et Los Bastardos en 2008). Cette fois, il a voulu faire écho à la «peur au ventre» permanente avec laquelle ses compatriotes doivent vivre. Il filme frontalement une histoire où la violence est partout. Montrant d’abord des tortionnaires pendre un individu déjà assassiné au-dessus d’un pont (une coutume des organisations criminelles mexicaines semble-t-il), le film remonte le cours du temps pour expliquer comment on en est arrivés là. Il se trouve que pour faire payer un jeune homme de 17 ans ayant dérobé de la cocaïne, celui-ci est kidnappé en compagnie de sa jeune fiancée (âgée de 12 ans), ainsi que le frère de cette dernière. L’enfer sur Terre, d’autant que l’auteur cinéaste ne nous épargne aucun détail des méthodes de torture utilisées. Du coup, cette provocation ne produit pas l’effet escompté. Plutôt que de souscrire à la dénonciation, le spectateur en vient plutôt à s’en détacher. Dommage. (La Presse, 17 mai 2013)

Les liens :

Festival de Cannes – Vidéo conférence de presse.

Festival de Cannes – Fiche du film.

Le palmarès 2013 du FNC.

La bande annonce :

Lien YouTube.

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