Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Cannes 12’

Vendredi 21 décembre 2012 | Mise en ligne à 7h24 | Commenter Aucun commentaire

Voir aujourd’hui des courts primés à Cannes !

Silencieux - 1

Silencieux de L. Rezan Yezilbas – Palme d’or

À l’occasion de l’événement «Le jour le plus Court», fête du court métrage qui a lieu aujourd’hui, le Festival de Cannes a mis en ligne sur son site les courts métrages primés en 2012. On peut ainsi voir trois films de la Cinéfondation, ainsi que Silencieux, le film lauréat de la Palme d’or du court métrage.

Pour accéder à la page, cliquez ici.

Bon visionnement !

Compte Twitter : @MALussier

Aucun commentaire  |  Commenter cet article






Mardi 5 juin 2012 | Mise en ligne à 21h24 | Commenter Aucun commentaire

Cannes 2012 : le post mortem du délégué général

Cannes - Charlotte Breton

(Photo Charlotte Breton – Festival de Cannes)

Nous vivons vraiment une époque formidable.

Avant l’arrivée des médias sociaux, jamais la direction du Festival de Cannes n’avait répondu aux critiques de façon aussi rapide et spontanée. On soupçonne le président du jury de favoritisme dans l’élaboration du palmarès? Hop, le délégué général Thierry Frémaux répond du tac au tac, dévoilant même du coup quelques secrets. Ainsi, en suivant le compte du délégué général sur Twitter (@THIERRYFREMAUX), nous avons appris récemment que Quentin Tarantino, président du jury en 2004, avait accordé son vote à Old Boy (PARK Chan-wook) plutôt qu’à Fahrenheit 9/11 (Michael Moore). Moore ayant obtenu la Palme d’or cette année-là, des soupçons de favoritisme envers un compatriote ont souvent pesé sur le réalisateur d’Inglourious Basterds.

De même, le président Gilles Jacob, très actif sur Twitter (@jajacobbi), n’a pas hésité à inviter le délégué général à porter une attention particulière aux films réalisés par des femmes l’an prochain.

Aujourd’hui, Thierry Frémaux a répondu d’abondance aux questions du journal Le Monde. Voici quelques extraits de cette interview :

Tous les cinéastes primés en 2012 l’avaient déjà été par le passé. La compétition souffre-t-elle d’une absence de renouvellement ?

Ce sont des clichés. Cette année, plus des deux tiers des cinéastes venaient en compétition pour la première ou la deuxième fois, proportion plus forte encore sur l’ensemble de la Sélection officielle. Le renouvellement est permanent. Quant au palmarès, c’est à chaque fois un jury différent qui récompense les mêmes cinéastes. CQFD.

Dans The Observer, Gilles Jacob s’est dit sûr que vous chercheriez “avec davantage de soin” les films de femmes l’an prochain. Comment se porte le tandem que vous formez avec lui ?

Gilles Jacob, qui a affronté les mêmes questions lorsqu’il occupait ma fonction, sait que la question n’est pas traitée avec mépris. Quant à nos relations, elles sont excellentes. Il y a dix ans, il m’a choisi, installé et formé. Je lui dois beaucoup. Il a 82 ans et, en décembre dernier, il a décidé avec le Conseil d’administration de me transmettre l’essentiel des prérogatives. Mais être président du Festival ne l’empêche pas d’être libre de sa parole. Et de ses tweets !

A l’avenir, Cannes doit-il instaurer une forme de discrimination positive pour corriger a posteriori les obstacles qui se dressent sur la route des cinéastes de sexe féminin ?

Poser la question des femmes-cinéastes dans le cinéma et se servir de Cannes pour en parler est parfaitement légitime, y compris de le faire avec véhémence. Je suis, comme citoyen, attaché à la parité. Mais accuser le Festival ne mène à rien. La preuve : Cannes terminé, le problème est-il résolu ? Nous n’instaurerons rien qui empêchera la seule chose qu’on attend de nous : produire la meilleure sélection possible et dire le cinéma qui vient. Si l’année prochaine, un film réalisé par une femme est mal accueilli, on dira qu’elle a été abusivement sélectionnée parce qu’elle est une femme. Cette situation serait vite intenable. Cela dit, si aucun homme ne parvient en compétition, eh bien, il n’y aura que des femmes. Et les protestations masculines ne serviront à rien. Comme disait Yourcenar : “On ne crée pas avec son sexe.” Le plus grand des respects qu’on doit à une femme-cinéaste n’est-il pas de la traiter avant tout en cinéaste ? La discrimination positive, les quotas, c’est en amont de Cannes qu’il faut le tenter : dans les écoles de cinéma, les maisons de production, les studios hollywoodiens… Et dans les esprits, surtout. Je suis prêt à le plaider.

Juliette Binoche, Faye Dunaway, Marilyn Monroe… A quand un homme sur l’affiche officielle du Festival ?

C’est le paradoxe de cette affaire : pour l’affiche, il va nous falloir mettre un homme-objet ! Aujourd’hui, Truffaut se ferait mal voir, lui qui a dit : “Le cinéma, c’est l’art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes.”

Thierry Frémaux : Accepter la subjectivité d’un jury (l’intégrale de l’interview du Monde)

J’avoue être un peu perplexe face aux réponses de monsieur Frémaux quant à la place des femmes au Festival de Cannes. Dire, même en boutade, que «pour l’affiche, il va nous falloir mettre un homme-objet», c’est un peu reconnaître que les actrices choisies l’ont alors été pour tenir le rôle de «femme-objet», non?

Je l’ai déjà écrit; j’ai franchement éprouvé un malaise cette année face au manque de diversité proposée dans la compétition. Par les thèmes abordés, la manière dont ils ont été traités, on avait vraiment l’impression parfois que les films avaient été choisis par un «boys club», particulièrement du côté des productions américaines, d’un machisme à pleurer. Oui, Truffaut avait trouvé une belle formule en disant que «le cinéma, c’est l’art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes». Mais pas seulement. En tout cas pas en 2012. Le regard se doit d’être plus large, moins réducteur à tout le moins. Souhaitons-le.

AFF-22x30.inddQuinzaine - Affiche

Semaine de la critique - Affiche

Un «Boys Club» le Festival de Cannes? Ben voyons…

Compte Twitter : @MALussier

Aucun commentaire  |  Commenter cet article






Lundi 28 mai 2012 | Mise en ligne à 16h13 | Commenter Aucun commentaire

Cannes : petites observations

Bandeau 1

FRANCE-FILM-FESTIVAL-CANNES

Amour Palme d’or. Emmanuelle Riva, Michael Haneke, Jean-Louis Trintignant (Photo AFP)

Le 65e Festival de Cannes ne passera pas à l’histoire. Oui il y a eu de très beaux films.  Mais on ne sentait pas de grande passion cette année.  Pas d’affaire DSK ; pas de «scandale» à la Von Trier. Difficile, aussi, de consacrer entièrement son esprit au cinéma quand, chez soi, l’actualité est brûlante au point où même les médias internationaux s’y intéressent.

En vrac, quelques observations :

- À la lumière de ce que nous avons vu en compétition, force est de constater que le groupe féministe «La Barbe» avait mille fois raison de dénoncer l’absence de réalisatrices dans la sélection. D’autant que plusieurs des films choisis, particulièrement ceux venus d’Amérique, affichaient parfois un machisme honteux. Et abordaient des thèmes souvent similaires. Un peu de diversité que diable ! On avait tellement le sentiment d’un boys club cette année que même le président du Festival, Gilles Jacob, a incité hier le délégué général Thierry Frémaux à porter une attention plus particulière aux films réalisés par des femmes l’an prochain. Souhaitons-le.

- La présence de Laurence Anyways dans la compétition n’aurait rien eu de déshonorant. À ce qu’on dit, plusieurs des films inscrits à Un certain regard auraient pu traverser dans la «grande» catégorie. Lors de la cérémonie de clôture de cette section samedi soir, alors que Suzanne Clément a reçu son prix d’interprétation, le président du jury Tim Roth a d’ailleurs mentionné avoir pratiquement siégé au sein de tous les jurys de Cannes. «Jamais je n’ai vu une aussi belle sélection, a-t-il dit, même l’année où j’ai été membre du jury de la compétition officielle.»

- Les rumeurs, déjà très présentes dans un festival d’envergure où les événements se font et se défont souvent le même jour, ont pris une importance démesurée à l’heure des médias sociaux. Il y a d’abord eu l’affaire de la fausse liste à trois semaines de l’annonce de la sélection (relayée par de nombreux professionnels des médias au Québec, trop heureux d’apprendre que Laurence Anyways avait été retenu en compétition !).

Hier, on a eu droit à un véritable cirque à ce chapitre. Des gens qui, bien entendu, tiennent leurs infos de «source sûre», ont lancé de nombreux ballons pendant que le jury délibérait. Les lauréats de la Palme d’or se sont succédés à un rythme effarant. C’était Carax. Sûr sûr sûr. Deux minutes plus tard, c’était Reygadas. Puis, Mungiu. Ensuite, Audiard, Haneke. Pour un peu, ils auraient été au moins six ou sept à se partager la palme.

Le prix d’interprétation féminine ? Marion Cotillard, c’est certain. D’ailleurs, elle fut priée de prendre un vol le matin même en partance de New York pour venir cueillir son prix. Ne le saviez-vous pas ?C’est presque mathématiquement impossible qu’elle se rende sur la Croisette à temps dites-vous ? Pas grave. Ce sera Marion et personne d’autre. Parce que c’est moi qui vous le dis.

Le fait le plus inusité? Le président Gilles Jacob qui utilise lui-même Twitter pour mettre en ligne des photos des membres du jury pendant qu’ils délibèrent !

À vrai dire, les spéculations, les vraies, ne peuvent commencer avant que les invités ne défilent sur le tapis rouge. Quand on a vu Haneke mais pas Audiard ; quand Garrone est arrivé mais pas Carax ; quand Mads Mikkelsen est venu saluer la foule et que Matthias Schoenaerts brillait par son absence, disons que les indices devenaient alors plus sérieux. Et puis, non, Marion Cotillard n’était pas là hier soir. Faut croire que son avion n’est pas arrivé à temps…

Dans une chronique qui sera publiée demain, je ferai une analyse à propos de «l’éviction» des Américains du palmarès.

En terminant, une bonne nouvelle : Beasts of the Southern Wild, présenté à Un certain regard, prendra l’affiche à Montréal le 6 juillet. Lauréat hier de la Caméra d’or, remise au meilleur premier film toutes sections confondues, le film de Benh Zeitlin avait déjà obtenu un Grand Prix du Jury au Festival de Sundance plus tôt cette année.

Le palmarès complet du 65e Festival de Cannes.

La bande annonce de Beasts of the Southern Wild :


Lien YouTube.

Compte Twitter : @MALussier

Aucun commentaire  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    août 2009
    L Ma Me J V S D
    « juil   sept »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Archives

  • publicité