Marc-André Lussier

Archive de la catégorie ‘Cannes 11’

Mercredi 27 février 2013 | Mise en ligne à 7h30 | Commenter Un commentaire

This Must Be the Place enfin à Montréal !

This Must Be the Place - affiche

Les Montréalais pourront enfin voir sur grand écran – un soir seulement – This Must Be the Place, le plus récent film de Paolo Sorrentino (Il Divo). Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 2011, le film avait été finalement écarté du palmarès, au grand dam de ses ardents défenseurs (dont je fais partie). This Must Be the Place sera présenté au Centre PHI, mardi 5 mars à 19h30. Détails ici.

Voici le texte que j’avais pondu le jour de la présentation du film à Cannes.

Il y a trois ans, Sean Penn officiait au Festival de Cannes à titre de président du jury. Il Divo, sélectionné en compétition officielle cette année-là, a valu au cinéaste italien Paolo Sorrentino le prix du jury. Une fois le palmarès annoncé et la Palme d’or attribuée (à Entre les murs de Laurent Cantet), le président s’est amené sur scène pour la photo de famille avec les lauréats.

«C’était alors la première fois que nous avons eu l’occasion de nous parler, Paolo et moi», a raconté hier Sean Penn lors d’une conférence de presse. Je lui ai alors dit que si jamais il avait un projet de film dans lequel il avait un rôle pour moi, c’était quand il voulait, où il voulait, peu importe le sujet. Un an plus tard, j’ai reçu le scénario de This Must Be the Place. J’ai dit oui tout de suite.»

L’acteur a bien fait. Il trouve non seulement dans ce film l’un  des rôles les plus singuliers de sa carrière, mais This Must Be the Place fait sans contredit partie des quelques films «palmables» dont pourrait tenir compte le jury.

L’acteur, lauréat de deux Oscars (Mystic River et Milk), se glisse cette fois dans la peau d’une rock star. Il a 50 ans. On lui donnerait au moins dix ans de plus. Clone outré de Robert Smith, grimé et maquillé comme une bête vieillissante hirsute directement sortie des années 80, celui qu’on appelle Cheyenne, qui vit à Dublin, traîne péniblement sa dégaine comme Ozzie Ozbourne un lendemain de veille. S’étant retiré de la scène depuis 20 ans, l’ancien performer découvre, à la mort de son père un pan de vie inconnu de ce dernier. Pour venger le paternel d’une humiliation subie à Auschwitz, Cheyenne se mettra en tête de pourchasser le bourreau. Qui, présume-ton, vit aux États-Unis.

Un ton décalé

Oui, le sujet est dramatique. Mais Sorrentino emprunte un ton décalé du plus bel effet. Sans être iconoclaste, son humour est quand même ironique, riche en observations, et atteint précisément la cible. Le regard sur la société américaine est d’autant plus digne d’intérêt que ce film, même si tourné aux États-Unis, reste entièrement européen de forme et de fond.

«Paolo et moi avons parlé longuement des questions liées à la dépression quand est venu le moment de composer le personnage, a expliqué Sean Penn. L’impact d’une dépression sur le physique de quelqu’un est très réel. Cela dit, Paolo est l’un des meilleurs cinéastes contemporains. Un acteur a toujours le sentiment de créer quelque chose mais quand il se retrouve entre les mains d’un artiste ayant une véritable vision de son œuvre, le mieux encore est d’écouter. Et de s’abandonner. En fait, j’ai eu le sentiment d’être le tourneur de pages d’un très grand pianiste!»

Visuellement splendide, serti aussi de magnifiques traits de mise en scène, This Must Be the Place, dont le titre est tiré d’une chanson des Talking Heads (reprise aussi par Arcade Fire, fait-on remarquer dans une scène très drôle), se révèle à la fois moqueur et profond. Certaines scènes, très dramatiques, nous ramènent d’ailleurs au cœur de la plus sombre histoire du XXe siècle. La dernière image, simple mais très forte, nous hantera longtemps.

Absent de la conférence de presse de The Tree of Life lundi, dont il est aussi l’une des têtes d’affiche, Sean Penn a précisé hier que dans son esprit, les deux films sont de nature totalement différente. Même s’il incarne, tant sous la direction de Terrence Malick que de celle de Sorrentino, un fils ayant des comptes à régler avec son père, aucune comparaison n’est possible.

«Ces deux films sont si différents que je ne peux même pas commenter, dit-il. Et puis, ils ont été tournés à quelques années de distance!»

Signalons par ailleurs la présence de David Byrne, leader des Talking Heads, dans une séquence musicale qui se prolonge ensuite en une scène-clé sur le plan dramatique.

«David ne voulait pas vraiment jouer mais j’ai réussi à le convaincre!», révèle Paolo Sorrentino, visiblement fier de son coup.


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Samedi 15 octobre 2011 | Mise en ligne à 20h14 | Commenter Aucun commentaire

Le Québec dans «le mur» de Cannes

Cannes - Le Mur 1

(Photo fournie par le Festival de Cannes)

Quelques jours avant l’ouverture du 64e Festival de Cannes le printemps dernier, je partageais sur ce blogue mon enthousiasme à propos de son site internet en général, et d’une section consacrée à l’histoire du cinéma mondial en particulier.

Dans cette série, qu’on retrouve sous la rubrique «Le Mur» sur la page d’accueil du site, figurent plusieurs articles retraçant les histoires de différentes cinématographies nationales, en commençant bien entendu par celles ayant le plus rayonné dans le monde depuis la création du cinéma. Je terminais le commentaire par le souhait de voir peut-être un jour sur ce site un article retraçant l’histoire du cinéma québécois. Il semble bien que ce souhait ait été exaucé. La collègue Helen Faradji, rédactrice en chef du site 24images.com, s’est en effet prêtée à l’exercice. En passant, Wim Wenders signe l’article consacré au cinéma allemand.

Le cinéma québécois: Exister, coûte que coûte.

Pays en ligne.

Bonne lecture.

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Samedi 21 mai 2011 | Mise en ligne à 14h58 | Commenter Commentaires (2)

Le jeu des pronostics

Bandeau - 2

Palme d'or

Les jeux sont maintenant faits. Robert De Niro et les huit autres membres du jury délibèrent présentement pour accoucher du palmarès officiel. Lequel sera dévoilé demain à 19h15 (13h15 heure du Québec). Vous pourrez regarder la cérémonie de remise des prix en direct sur le site web du diffuseur Canal Plus

Des deux derniers films présentés en compétition, Il était une fois en Anatolie était certes le plus susceptible de rebrasser les cartes. Réalisé par le Turc Nuri Bilge Ceylan (Les climats, Les trois singes), l’un des «abonnés» du Festival, ce drame parsemé de touches d’humour caustique se démarque grâce à une mise en scène fluide et attentive, et des images très pures. À 2h37, c’est toutefois beaucoup trop long. Certains voient en ce film la Palme d’or. Personnellement, je n’y crois guère.

En revanche, personne ne voit La source des femmes décrocher l’ultime récompense demain soir. Truffé de bons sentiments, ce récit simpliste, conçu pour évoquer le pouvoir d’émancipation des femmes du Mahgreb, frôle le racolage. Un grand succès public est sans contredit à la portée du nouveau film de Radu Mihaileanu (Le concert). Mais pas la Palme.

Alors, à qui? Ici, personne ne s’entend. Le choix pour la Palme des uns est souvent le dernier choix des autres. Par exemple, plusieurs critiques français portent aux nues Drive en rêvant d’une palme de style «Pulp Fiction» pour Nicolas Winding Refn. Aux yeux de bien  des festivaliers (dont moi!), la sélection de ce film ne serait pourtant due qu’à un effet de mode tant ce film n’a rien de ce qu’on attend d’un film certifié «Palme d’or». Certains estiment aussi que le plus prestigieux laurier du monde du cinéma ne peut échapper à Habemus Papam de Nanni Moretti. Alors que les autres (dont moi) disent que le cinéaste italien a tellement eu peur de son sujet qu’il n’a finalement pas osé l’aborder de front. Tous s’accordent toutefois pour dire que Michel Piccoli est l’un des plus sérieux candidats pour le prix d’interprétation.

La tâche du jury risque de se révéler particulièrement difficile, d’autant que plusieurs beaux films sont en lice cette année. Je doute que mon favori, Polisse de Maïwenn (que vient d’acquérir Films Séville pour une distribution au Québec), obtienne le laurier. Mais il devrait certainement figurer au palmarès d’une façon ou d’une autre.

Parmi les favoris: The Tree of Life de Terrence Malick, Le Havre d’Aki Kaurismaki (qui vient d’obtenir le prix de la critique), Le gamin au vélo des frères Dardenne, La piel que habito de Pedro Almodovar (qui n’a encore jamais eu de Palme), This Must be the Place de Paolo Sorrentino (qui devrait être assez haut dans le palmarès), sans oublier The Artist de Michel Hazanivicius.

Cela dit, l’événement le plus marquant de ce 64e Festival de Cannes n’a rien de glorieux. En déclarant Lars von Trier «persona non grata» jeudi, le conseil d’administration du Festival de Cannes, qui a créé un précédent avec cette décision, a jeté de l’huile sur une affaire qui aurait en principe dû être classée mercredi soir. Décision très discutable à mon humble avis. Dommage.

Von Trier vient d’accorder cette entrevue au Hollywood Reporter.

Lors d’une conférence de presse  tenue plus tôt aujourd’hui après la projection de presse du film de clôture Les bien-aimés, Catherine Deneuve, qui était l’une des vedettes de Dancer in the Dark (Palme d’or en 2000), a déclaré «terriblement choquants» les propos du cinéaste, mais que «l’utitilisation qu’on en a faite l’est encore plus».

En passant, les admirateurs des Chansons d’amour seront ravis par le nouvel opus de Christophe Honoré. Dont une bonne partie du récit se déroule à… Montréal! L’équipe s’est fait pour le moins discrète là-dessus. Quelqu’un a su que Honoré tournait chez nous l’automne dernier? Moi pas!

La bande annonce:

 

Sur Twitter, vous pouvez suivre @MarcCassivi et @malussier.

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