Marc-André Lussier

Archive, janvier 2017

Jeudi 26 janvier 2017 | Mise en ligne à 8h51 | Commenter Commentaires (10)

Un formidable rendez-vous avec le cinéma des Lumière

Lumière - Affiche

Si vous aimez le moindrement le cinéma, faites de la place dans votre horaire aujourd’hui, demain ou samedi (26, 27, 28 janvier). Le centre PHI inscrit à son programme trois représentations exceptionnelles de Lumière ! L’aventure commence, un document dans lequel Thierry Frémaux présente et commente une centaine de films réalisés entre 1895 et 1905 par les frères Auguste et Louis Lumière, ainsi que leurs opérateurs.

Tous ces petits films (leur durée est de 50 secondes chacun) ont été restaurés, et sont présentés aujourd’hui dans toute leur historique splendeur.

On connaît surtout Thierry Frémaux en tant que délégué général du Festival de Cannes (je vous parlerai d’ailleurs bientôt du livre Sélection officielle, qu’il vient de publier chez Grasset). Mais monsieur Frémaux dirige aussi l’Institut Lumière de Lyon, que préside aussi un autre célèbre concitoyen, également fou de cinéma, Bertrand Tavernier.

La richesse inouïe du film tient bien sûr à la présentation des œuvres, mais aussi à la mise en contexte et aux commentaires d’un très grand connaisseur, bien en mesure d’accompagner le spectateur grâce à son expertise. Car au-delà de l’invention du cinématographe, de l’outil qui a permis de faire animer des images, les Lumière ont aussi inventé le langage du cinéma, sa grammaire, sa mise en scène, ses mouvements. C’est tout simplement fascinant. Et passionnant.

Étant lui-même Lyonnais, le réalisateur peut aussi bien nous guider dans le passé historique de sa ville.

Lumière ! L’aventure commence a pris l’affiche mercredi dans les cinémas en France. Pour l’instant, seulement trois représentations sont prévues à Montréal au Centre PHI. C’est à voir, toutes affaires cessantes.

Infos Centre PHI.

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Mercredi 18 janvier 2017 | Mise en ligne à 17h35 | Commenter Commentaires (13)

Un nouveau distributeur : oui mais encore ?

logo MK2

« La situation qui prévaut présentement au Québec et au Canada constitue un exemple de ce qu’il faut essayer d’éviter un peu partout ! »
- Nathanaël Karmitz, directeur de MK2

Comme vous le savez sans doute, un nouvel acteur vient de faire son entrée dans le monde de la distribution de films au Québec. MK2 | Mile End est une société dirigée par Charles Tremblay, anciennement de Métropole Films, dans laquelle la société parisienne MK2 s’implique à titre d’actionnaire minoritaire.

Pour les cinéphiles québécois, cela constitue une bonne nouvelle. Dès cette année, l’offre sera en effet enrichie d’une vingtaine de longs métrages étrangers. Le premier film portant la bannière MK2 | Mile End prendra l’affiche le 3 mars. Il s’agit d’Une vie, le plus récent film de Stéphane Brizé (La loi du marché).

Mais le cinéphile verra-t-il une différence au point de vouloir se ruer de nouveau dans les salles de cinéma existantes ? Cela est moins sûr. À mon sens, le vrai test aura lieu le jour où MK2 implantera chez nous son modèle en inaugurant un nouveau complexe multisalles, lequel, selon Charles Tremblay, pourrait voir le jour vers la fin de 2018. L’endroit où sera construit le nouveau cinéma à Montréal est sans doute déjà choisi mais les principaux intervenants refusent de dévoiler le moindre détail à ce propos pour l’instant.

Il convient alors de se demander si la relance du cinéma en salles au Québec passe obligatoirement par l’arrivée d’un nouveau complexe. Pour emprunter la formule normande, on dira peut-être oui, peut-être non. Une chose est certaine, les exploitants français semblent avoir trouvé le moyen de séduire les spectateurs et de les ramener dans leurs salles. Ils ont été 213 millions à fréquenter les cinémas en 2016, soit une augmentation de 3,6 % par rapport à 2015. Il s’agit du deuxième meilleur résultat depuis 50 ans !

Mais nous ne sommes pas en France. Au Québec, la courbe suit plutôt une trajectoire inverse. Sur le plan des recettes, on passe de 182 736 238 $ en 2015 à 173 780 926 $ en 2016, soit une baisse de 4,9 %.

En 2015, une hausse de 6,4 % avait pourtant été enregistrée. Le Québec empruntant le système de calcul nord-américain – les recettes plutôt que le nombre de spectateurs – il devient cependant difficile d’avoir vraiment l’heure juste. D’une certaine façon, les nombreuses variations de tarifs viennent fausser les données.

Une situation très complexe

MK2 réussira-t-il là où tous les autres, ou presque, ont échoué ? Bien sûr, le Cinéma Beaubien porte haut et fort – et magnifiquement – le flambeau du cinéma autre qu’américain. Mais il ne peut tout faire. Un nouveau complexe convivial, accessible (y compris aux banlieusards !), attrayant, situé dans un quartier dynamique sera assurément le bienvenu.

Cela dit, un distributeur ne peut régler à lui seul la situation très complexe dans laquelle est plongé le monde de la distribution, souvent inféodé à celui des États-Unis. Rappelons que le Québec – le Canada entier à vrai dire – fait partie du marché « intérieur » américain. On ne refera pas ici l’exposé pour la énième fois, mais rappelons aussi qu’en vertu d’une disposition de la Loi sur le cinéma, plusieurs grands titres internationaux arrivent chez nous en sous-distribution grâce à une société québécoise ayant pignon sur rue sur notre territoire. En vérité, le distributeur américain tire pratiquement toutes les ficelles quand même.

On peut cependant voir un signe encourageant dans cette volonté qu’ont les patrons de MK2 | Mile End de casser le moule de la sous-distribution, lequel produit parfois de véritables catastrophes. Ce fut notamment le cas du film de Xavier Giannoli, Marguerite, coincé pendant des mois dans un imbroglio avec le distributeur américain. Résultat ? Le film a pris l’affiche au Québec plus d’un an après sa sortie en France. Il a généré chez nous des recettes d’à peine 103 615 dollars. Pour un film de cette envergure, c’est carrément ridicule.

J’espère sincèrement me tromper, mais je crains que Frantz, l’excellent film de François Ozon, ne subisse le même sort. Acquis par la société américaine Music Box, qui le sortira au mois de mars, Frantz ne figure encore sur aucun de nos radars. Lancé à la Mostra de Venise l’an dernier, il sort en Blu-ray / DVD aujourd’hui en France…

On peut aussi s’inquiéter du sort de Voyage à travers le cinéma français, le remarquable documentaire – de plus de trois heures – que Bertrand Tavernier vient de consacrer aux films qui ont marqué son enfance et sa jeunesse. Encore là, un distributeur américain en détient les droits.

Si jamais MK2 | Mile End parvient à avoir assez d’influence auprès des vendeurs français – qui cèdent souvent les droits de leurs films pour l’ensemble du territoire nord-américain – et réussissent à enfin casser ce moule trop contraignant, on ne pourra que s’en réjouir. Croisons-nous les doigts.

Quelques liens :

Un nouvel acteur dans l’industrie du cinéma.

Dossier « Marguerite » : un gâchis.

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