Marc-André Lussier

Archive, décembre 2015

Lundi 28 décembre 2015 | Mise en ligne à 10h00 | Commenter Commentaires (28)

Les 10 films favoris de 2015

Chorus - Affiche

Le plus beau film québécois de 2015

Dresser sa liste personnelle des 10 films favoris de l’année constitue parfois un exercice périlleux. En 2015, plusieurs beaux films se sont distingués mais aucun ne s’est imposé de façon franche, nette, précise, incontestable. En fait, si. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai dû tricher un peu (mais pas tout à fait). Mon film favori de 2015 a déjà eu droit à une projection publique au Québec mais il prendra l’affiche «commercialement» dans deux semaines. Je n’ai pu résister car à mes yeux, il trône vraiment au-dessus du lot.

Fait à noter, aucun film français ne figure dans ma liste cette année. En plus de 30 ans, je crois que c’est la première fois. En revanche, j’ai retenu deux films québécois. Dans un Top 20, plusieurs autres auraient sans doute été mentionnés aussi (Les démons, Les êtres chers, Antoine et Marie, Le mirage). Ça risque de se bousculer pas mal aux Jutra.

Du côté américain, Creed et The Big Short sont venus bien près de se tailler une place. Mais bon, il faut faire des choix. Alors, à tout seigneur tout honneur, voici les films de 2015 que je retiendrai. Et que je reverrai.

10 : Bridge of Spies (Steven Spielberg)
Un excellent drame d’espionnage à l’ancienne, campé à l’époque de la guerre froide. Et c’est réalisé de main de maître.

9 : Félix et Meira (Maxime Giroux)
Le très beau film de Maxime Giroux a le grand mérite de nous faire entrer avec beaucoup de finesse dans un monde qui, pour la plupart d’entre nous, reste très mystérieux.

8 : Spotlight (Thomas McCarthy)
Ce film retrace avec brio une grande enquête journalistique de l’équipe du Boston Globe, qui a dévoilé le scandale entourant les actions des prêtres pédophiles.

7 : Relatos Salvajes / Les nouveaux sauvages (Damián Szifrón)
Tout n’est pas d’égale valeur dans ce film mais l’humour bête et grinçant de certains sketches emporte le morceau. Probablement le film le plus jouissif de l’année.

6 : Force majeure (Ruben Östlund)
Film suédois dans lequel la dynamique d’une famille en vacances change complètement après un incident envers lequel la réaction du père est remise en cause. Extrêmement troublant.

5 : Chorus (François Delisle)
Ce drame explore de façon très sobre et très sensible les effets du deuil. Fanny Mallette, Sébastien Ricard, Geneviève Bujold et Pierre Curzi offrent des performances remarquables. Et c’est magnifiquement filmé il va sans dire.

4 : Carol (Todd Haynes)
Une réussite à tous points de vue. Non seulement l’histoire est magnifiquement racontée, mais le film se distingue aussi sur le plan de la direction artistique. Cate Blanchett et Rooney Mara sont au sommet de leur art.

3 : Steve Jobs (Danny Boyle)
Même s’il a été un bide au box-office, il n’en reste pas moins l’un des meilleurs films de l’année. Le scénario d’Aaron Sorkin est aussi brillant que la performance de Michael Fassbender. Et la réalisation de Danny Boyle est à l’avenant.

2 : Timbuktu (Abderrahmane Sissako)
D’abord lancé au Festival de Cannes l’an dernier, ce film a triomphé à la cérémonie des César cette année en raflant sept trophées. Timbuktu s’impose grâce à son sujet, qui reste d’actualité bien sûr, mais aussi grâce aux moments immenses de cinéma que le réalisateur Abderrahmane Sissako a su inclure dans son film.

1 : Saul Fia (László Nemes)
Ce film exceptionnel prendra l’affiche le 15 janvier. Cela dit, il a été présenté au festival d’Abitibi-Témiscamingue le mois dernier. Grand Prix du jury à Cannes, Le fils de Saul réussit l’exploit d’évoquer l’Holocauste sous un angle inédit. Et c’est un véritable choc. Grâce à une mise en scène très subjective, le cinéaste évoque l’horreur plutôt que de la montrer. C’est encore plus fort.

Ce blogue fera relâche jusqu’à la mi-janvier. Permettez-moi de vous souhaiter santé et bonheur en 2016. Et surtout, souhaitons-nous de beaux films !

Je vous laisse avec un petite «pré» bande annonce du nouveau film de Denis Côté. Boris sans Béatrice sera présenté en primeur mondiale au festival de Berlin, où il sera en lice pour l’Ours d’or. Il sort en salles le 4 mars au Québec.

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Vendredi 18 décembre 2015 | Mise en ligne à 17h47 | Commenter Aucun commentaire

Oscar langue étrangère : des choix surprenants

Fils de Saul - Affiche

Saul Fia reste le grand favori

L’Académie des arts et des sciences du cinéma a pris tout le monde par surprise jeudi en annonçant en soirée (heure de l’est) la liste des neuf longs métrages encore admissibles dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Il suffisait aussi de jeter un coup d’oeil sur cette liste pour se rendre compte que nous n’allions pas être au bout de nos surprises tout de suite.

Honnêtement, je croyais sincèrement aux chances de Félix et Meira d’avancer au moins jusqu’aux «demi-finales». Il a été écarté dès le premier tour. En plus d’être de très belle qualité, le film de Maxime Giroux s’est d’abord fait remarquer sur le circuit des festivals. Il a ensuite bénéficié d’une vraie sortie en salles aux États-Unis. Même s’il a été présenté dans un circuit très limité, Félix et Meira a néanmoins suscité l’intérêt des médias. De bons papiers ont été publiés dans des publications spécialisées, mais aussi dans de grands journaux, notamment le New York Times.

Cela dit, l’Académie a aussi jeté quelques choux gras. La plus spectaculaire omission reste sans doute celle du film de Hou Hsiao Hsien The Assassin, vénéré par l’ensemble de la critique. On peut en dire autant du remarquable film de Pablo Larrain El Club (Chili), de l’entrée brésilienne The Second Mother, tout autant que du film suédois Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence.

Voici, donc, la liste des neuf longs métrages qui ont encore une chance de décrocher l’une des cinq nominations :

Le labyrinthe du silence de Giulio Ricciarelli (Allemagne)
Le tout nouveau testament de Jaco Van Dormael (Belgique)
Embrace of the Serpent de Ciro Guerra (Colombie)
A War de Tobias Lindholm (Danemark)
The Fencer de Klaus Härö (Finlande)
Mustang de Deniz Gamze Ergüven (France)
Le fils de Saul de László Nemes (Hongrie)
Viva de Paddy Breathnach (Irlande)
Theeb de Naji Abu Nowar (Jordanie)

Pendant la première étape du processus, quelques centaines d’Académiciens, divisés en quatre groupes, s’engagent à visionner les quelques 20 longs métrages qu’on leur montre. les six films ayant obtenu le plus grand score passent au second tour. Trois titres sont par ailleurs choisis par un comité de «grands électeurs», histoire de ne pas «échapper» de candidature importante. Certains diront qu’un système qui laisse quand même de côté un film comme The Assassin ne fonctionne pas. C’est peut-être vrai. Aucun système n’est parfait.

On passe maintenant à l’étape suivante. Un comité sera maintenant invité à visionner trois longs métrages par jour les 8, 9 et 10 janvier prochain. C’est à ce moment que les cinq finalistes seront choisis. L’annonce sera faite le 14 janvier, en même temps que l’ensemble des nominations.

Un grand favori semble se détacher du lot : Le fils de Saul, Grand Prix du jury à Cannes, est un film exceptionnel. On voit mal comment il ne pourrait pas se rendre jusqu’au bout. Il prend l’affiche le 15 janvier au Québec.

Oscar du film en langue étrangère : 81 pays en lice.

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Vendredi 11 décembre 2015 | Mise en ligne à 22h53 | Commenter Aucun commentaire

Ces prix dont vous n’entendez (presque) pas parler…

Timbuktu - Affiche

Le film lauréat aux 3e Trophées francophones du cinéma

La 28ème cérémonie des Prix du cinéma européen a lieu à Berlin samedi. Depuis quelques années, ce grand rassemblement continental est souvent en phase avec la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Il y a deux ans, le grand vainqueur fut La grande bellezza (Paolo Sorrentino). L’an dernier, c’était au tour du film polonais Ida (Pawel Pawlikowski) de triompher. Ces deux oeuvres ont ensuite obtenu la statuette dorée à Hollywood.

Cette année, étrangement, deux grands candidats manquent à l’appel. Dheepan (Jacques Audiard), Palme d’or du Festival de Cannes, et Saul Fia (László Nemes), Grand Prix du jury, n’ont pas obtenu la moindre citation. Comment est-ce possible ? Il appert que les producteurs de chaque film doivent d’abord soumettre leur candidature pour ensuite être évalué par le jury chargé de livrer la liste des nominations. Ce serait un peu, si cela s’avère, le même système qu’aux Écrans canadiens (qui ont pris la relève des Prix Génie). Contrairement aux Oscars (ou aux Jutra), où tous les films sortis à l’intérieur d’une période donnée sont automatiquement admissibles, il faut ainsi s’inscrire soi même. Or, pour des raisons qu’on ignore, Dheepan et Saul Fia n’auraient pas suivi la procédure.

C’est quand même étrange. Surtout dans le cas de Saul Fia (à l’affiche chez nous le 15 janvier). À moins d’un revirement inattendu, ce film exceptionnel – le grand choc du Festival de Cannes – devrait être le grand favori pour remporter les honneurs aux Oscars.

Cela dit, ce genre d’imbroglio indique à quel point certaines cérémonies ont de la difficulté à s’imposer. Un autre exemple : les Trophées francophones du cinéma. Cet événement n’en était qu’à sa troisième édition, il est vrai. Elle s’est tenue le 7 décembre à Abidjan, après avoir eue lieu une première fois à Dakar en juin 2013, et à Paris l’an dernier au mois d’octobre.

Outre leurs problèmes de diffusion (TV5 Québec-Canada a présenté la cérémonie le 8 décembre à 23h40 !), les Trophées francophones font face à un écueil majeur : le grand décalage entre les dates de sortie des films et la tenue du gala. Il se trouve en effet que plusieurs des finalistes dans les principales catégories étaient en réalité des artisans de longs métrages sortis en 2014. Le cinéma québécois était représenté par Tu dors Nicole (Stéphane Lafleur), Mommy (Xavier Dolan), et La marche à suivre (Jean-François Caissy). Or, le cycle médiatique de la saison des récompenses prend habituellement fin au printemps (chez nous, c’est avec les Jutra). Comment alors, prendre intérêt à une course mettant en vedette des candidats qui, bien des mois auparavant, ont déjà ramassé plein de prix ? Si la cérémonie se tient au mois de décembre, ne serait-il pas plus logique d’inscrire des films sortis au cours de l’année qui s’achève ? Choisir d’être précurseur plutôt qu’à la traîne ?

Chaque cérémonie nationale suscite évidemment déjà l’intérêt à l’intérieur de ses propres frontières. Les Jutra au Québec, les César en France, les Goya en Espagne, les Donatello en Italie et ainsi de suite. Ce sont plutôt les événements limitrophes qui en arrachent sur le plan du prestige et de la crédibilité. Avec la multiplication des cérémonies au fil des ans, il est impératif de se distinguer d’une façon ou d’une autre pour éviter l’indifférence générale.

La récente cérémonie des Trophées francophones du cinéma aura au moins eu le mérite de mettre le cinéma africain à l’avant-plan. C’est déjà quelque chose. Mais il faudra davantage.

Les nominations des 28e Prix du cinéma européen

Les lauréats des 3e Trophées francophones du cinéma

La cérémonie des 3e Trophées francophones du cinéma (durée : 1h43) :

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