Marc-André Lussier

Archive, septembre 2015

Samedi 26 septembre 2015 | Mise en ligne à 5h04 | Commenter Commentaires (2)

Oscar film langue étrangère : une bonne décision

Félix et Meira - Affiche

Même si on s’y attendait fortement, il y a lieu de se réjouir de la sélection de Félix et Meira pour représenter le Canada aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Le très beau drame de Maxime Giroux, lauréat du prix du meilleur film canadien au TIFF l’an dernier, bénéficie déjà d’une vraie notoriété auprès du milieu du cinéma américain. Là-bas, le film a d’ailleurs obtenu un beau succès lors de sa diffusion dans les circuits spécialisés.

La liste complète des candidats sera annoncée seulement la semaine prochaine (les différents comités nationaux ont jusqu’au 1 octobre pour soumettre une candidature), mais on compte déjà 63 longs métrages en lice.

Comme nous l’avons déjà mentionné, le film hongrois Saul Fia, Grand Prix du jury à Cannes, part avec une longueur d’avance. Ce premier long métrage de László Nemes raconte la Shoah d’une façon complètement inédite.

Parmi les films ayant déjà acquis une réputation enviable sur le circuit des festivals, mentionnons The Assassin de Hou Hsiao Hsien (Taïwan), Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence de Roy Andersson (Suède), et Mustang de Deniz Gamze Ergüven (France). Lundi, l’Italie annoncera sa candidature. Mia Madre (Nanni Moretti) aurait, dit-on, de fortes chances d’être choisi.

On note aussi que la Belgique a choisi Le tout nouveau testament. Le film de Jaco Van Dormael, lancé à la Quinzaine des réalisateurs, ouvrira le 44ème Festival du nouveau cinéma de Montréal le 7 octobre.

Quelques faits intéressants à noter :

D’abord, parlons de Mustang, la sélection française. Personne ne pourra accuser le comité français d’avoir manqué d’audace, d’autant qu’on produit plus de 250 longs métrages par an dans l’Hexagone. La Palme d’or du Festival de Cannes a même été attribuée à un film français cette année (Dheepan de Jacques Audiard). Or, voilà que la France envoie aux Oscars un film réalisé par une cinéaste franco-turque, tourné intégralement en Turquie dans la langue de Nuri Bilge Ceylan. Sauf erreur, il s’agit d’une première dans le cas de la France. Dont la dernière victoire remonte à… 1993 (Indochine de Régis Wargnier).

En vertu des règlements de l’Académie, un pays peut très bien soumettre un film tourné dans une langue qui lui est étrangère. Le seul critère : que cette langue ne soit pas l’anglais. Rappelons qu’il y a quelques années, le film canadien de Deepa Mehta Water, tourné principalement en hindi, s’était retrouvé finaliste. Incidemment, plusieurs dialogues de Félix et Meira sont en yiddish.

L’an dernier, la Russie avait un peu surpris tout le monde en envoyant dans la mêlée un film pourtant très critique du régime et de ses dirigeants. Leviathan a d’ailleurs été retenu parmi les cinq finalistes dans la catégorie. Cette année, le comité russe a choisi de soumettre un film réalisé par Nikita Mikhalkov, grand ami du régime et fervent défenseur des politiques de Vladimir Poutine. Bien que déjà lauréat d’un Oscar il y a vingt ans (grâce au magnifique Soleil trompeur), le cinéaste a pratiquement perdu toute crédibilité sur le circuit international. A l’extérieur du territoire russe, Sunstroke a été montré en Serbie et au festival de Shanghai.

L’Iran n’a par ailleurs pas annoncé ses couleurs encore, mais on s’attend à ce que Muhammad – The Messenger of God soit retenu. Le film de Majid Majidi, présenté en ouverture du Festival des films du monde de Montréal, est un succès public là-bas. Mais continue de susciter la controverse dans plusieurs autres pays musulmans.

Quelques liens :

La liste complète des candidats connus.

Félix et Meira représentera le Canada aux Oscars (Hugo Pilon-Larose).

Mustang : un choix pas si cavalier (Télérama)

Russia nominates Sunstroke (The Hollywood Reporter)

Muhammad Sparks Ire in Sunni Muslim World (Variety)

La bande annonce américaine de Félix et Meira :

Lien YouTube.

Compte Twitter : @MALussier

Lire les commentaires (2)  |  Commenter cet article






Samedi 19 septembre 2015 | Mise en ligne à 10h43 | Commenter Un commentaire

Le TIFF serait-il à la croisée des chemins ?

Print

C’est la 40ème édition. Forcément, la direction du TIFF voulait faire les choses en grand. Et elle l’a fait. Lors de la soirée d’ouverture, on a en outre souligné cet anniversaire en présentant un film relatant la petite histoire de ce festival lancé modestement, aujourd’hui devenu gigantesque.

Pour les professionnels et les journalistes, qui ont droit à leurs propres projections, le TIFF s’est davantage transformé au fil des ans en immense marché de luxe. Pour la plupart, ils assistent au festival au cours des cinq premiers jours et déguerpissent dès le mardi matin venu. Dans les salles réservées aux projections «presse et industrie», la chute de fréquentation est alors assez remarquable.

Il n’en est pas du tout de même pour les projections publiques, cela dit. Jusqu’à demain, jour de clôture du TIFF, les salles seront pleines. On ne compte plus les séances qui affichent complet depuis des lustres. Plusieurs séances ont dû être ajoutées pour les films les plus populaires, Sicario (Denis Villeneuve) notamment. Les Torontois sont aussi au rendez-vous – contrairement à la croyance populaire – aux films «autres» qu’américains. Les files d’attente n’en finissent plus. Quarante minutes avant la projection de Belles familles, mon GPS indiquait 400 mètres de distance entre la place que j’occupais dans la ligne et la porte d’entrée du Princess of Wales Theatre. Avec tous les gens qui se sont ajoutés par la suite, on dépassait facilement le demi-kilomètre…

Bien sûr, il y en aura pour dire que le phénomène est circonstanciel et qu’hors TIFF,  le cinéma international est inexistant dans la Ville Reine. Peut-être. Cela dit, le Bell Lightbox met quand même à l’affiche des films plus «champ gauche» pendant toute l’année. Montréal aime s’afficher comme une ville très cinéphile mais dans les faits, l’est-elle vraiment ? À regarder les chiffres faméliques engendrés par la plupart des films d’auteurs, il y a lieu de se poser la question. D’autant qu’ils sont pratiquement inexistants à l’extérieur du triangle Excentris – du Parc – Beaubien.

Montréal vibre au rythme d’une conception élargie du jazz pendant une dizaine de jours pendant l’été. Quelqu’un reproche aux Montréalais de ne pas en faire autant une fois le FIJM terminé ? Or, le phénomène est passablement similaire dans le domaine du cinéma. Hors festivals, ou hors manifestations à caractère événementiel, point de salut. Il suffit de rappeler que seulement 6 346 personnes ont vu le remarquable film de François Delisle Chorus lors de sa sortie en salles au Québec*. Ça situe.

Une vive concurrence

En ce qui a trait au TIFF, on sent présentement une certaine mouvance. Même si sa position n’est en rien menacée, il reste que la concurrence reste vive entre les festivals internationaux du début de l’automne. Bien que la hache de guerre ait été enterrée entre Toronto et les directions des festivals de Telluride et de Venise (on ne fait plus un drame du fait qu’un film puisse être présenté aux trois endroits), certains gros titres ont plutôt choisi d’aller au Festival de New York, lequel commence samedi prochain. C’est notamment le cas de The Walk (Robert Zemeckis), Bridge of Spies (Steven Spielberg) et Steve Jobs (Danny Boyle).

Autre point d’interrogation pour les journalistes : le nombre beaucoup plus restreint de conférences de presse, même si, pourtant, toutes les équipes sont sur place.

Dans la quinzaine de films que j’ai eu l’occasion de voir au TIFF cette année (en excluant ceux déjà vus à Cannes), pas vraiment de coup de coeur. J’ai beaucoup apprécié Anomalisa, cela dit. Il s’agit du film d’animation de Charlie Kaufman – coréalisé avec Duke Johnson -, lauréat du Grand prix du jury à la Mostra de Venise. Et j’ai aussi beaucoup apprécié le film de Jean-Marc Vallée, Demolition. The Danish Girl, The Program, Black Mass m’ont plutôt déçu.

Il sera par ailleurs intéressant de voir si la nouvelle section compétitive «Platform» – 12 longs métrages sont en lice – prendra vraiment racine. D’autant que les trois cinéastes choisis pour former le jury cette année ont tous de fortes signatures : Claire Denis, Agnieszka Holland et Jia Zhang-ke.

* Source : Films du Québec.

Notre dossier TIFF

Lien YouTube.

Compte Twitter : @MALussier

Un commentaire  |  Commenter cet article






Samedi 12 septembre 2015 | Mise en ligne à 0h00 | Commenter Aucun commentaire

Patrice Chéreau : leçons de cinéma

Chéreau - 1

Patrice Chéreau

Le site français Challenges a récemment remis en ligne des documents vidéos fort intéressants, réalisés avec Patrice Chéreau, quatre ans avant sa mort. L’homme de théâtre, aussi éminent cinéaste, s’était prêté à l’exercice suivant : commenter quatre de ses films selon des axes précis de mise en scène. Ceux qui m’aiment prendront le train, Intimité, Gabrielle et Persécution ont été choisis.

Chapitre 1 : Lien Dailymotion.

Chapitre 2 : Lien Dailymotion.

Chapitre 3 : Lien Dailymotion.

Chapitre 4 : Lien Dailymotion.

Le dossier de Tout le ciné.

Compte Twitter : @MALussier

Aucun commentaire  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    septembre 2015
    L Ma Me J V S D
    « août   oct »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    282930  
  • Archives