Marc-André Lussier

Archive, décembre 2014

Samedi 27 décembre 2014 | Mise en ligne à 6h36 | Commenter Commentaires (34)

Les favoris de 2014

Birdman - 1

Birdman, mon film favori cette année

Boyhood à titre de film favori de La Presse est tout à fait honorable. N’empêche qu’à mes yeux, Birdman est une petite coche au-dessus.

Pour une première fois, les collaborateurs du cahier Cinéma de La Presse se sont réunis autour d’une table pour établir une liste collective des 10 meilleurs films de l’année. Vous pouvez lire ce reportage dans La Presse + aujourd’hui (samedi 27 décembre). Les trois premiers films de notre palmarès n’ont pas suscité de très longs débats. Ils relevaient de l’évidence.

Seules les positions entre Boyhood et Birdman pouvaient laisser matière à discussion. Comme une majorité de collaborateurs voyaient le film de Richard Linklater en tête de liste plutôt que celui d’Alejandro G. Iñárritu, j’ai dû m’incliner. Cela dit, Boyhood à titre de film favori de La Presse est tout à fait honorable. En cela, nous rejoignons la vaste majorité des associations de critiques américains. N’empêche qu’à mes yeux, Birdman est une petite coche au-dessus.

Huit des titres inscrits sur mon Top 10 personnel se retrouvent aussi dans la liste collective. Deux titres plus «champ gauche» : 9 mois ferme (Albert Dupontel) et Gerontophilia (Bruce LaBruce – tout à la gauche du champ gauche) n’ont évidemment pas été retenus par l’ensemble des collègues. En revanche, les deux titres «manquants» (Interstellar et Gone Girl) auraient facilement pu se retrouver aussi dans la mienne.

Voici la liste officielle de La Presse :

1. Boyhood de Richard Linklater
2. Birdman d’Alejandro G. Iñárritu
3. Mommy de Xavier Dolan
4. The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson
5. Nightcrawler de Dan Gilroy
6. Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch
7. Whiplash de Damien Chazelle
8. Interstellar de Christopher Nolan
9. Gone Girl de David Fincher
10. Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur

En complément, ma liste personnelle des 10 films favoris de l’année :

1. Birdman d’Alejandro G. Iñárritu
2. Boyhood de Richard Linklater
3. Mommy de Xavier Dolan
4. Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch
5. Nightcrawler de Dan Gilroy
6. Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur
7. The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson
8. Whiplash de Damien Chazelle
9. 9 mois ferme d’Albert Dupontel
10. Gerontophilia de Bruce LaBruce

Les liens :

La liste collective des journalistes cinéma de La Presse.

Les listes personnelles des journalistes cinéma de La Presse.

Je vous invite par ailleurs à lire, samedi prochain (3 janvier), notre grand dossier sur les films de 2015. Avec des détails sur plus de 75 titres…

Sur ce, veuillez noter que ce blogue fera relâche pendant les deux prochaines semaines, histoire d’aller recharger les piles un peu. Bien sûr, vous pouvez continuer à commenter.

Je profite de l’occasion pour vous offrir les meilleurs voeux de santé et de bonheur à tous. Souhaitons-nous aussi une superbe année cinéma 2015 !

Compte Twitter : @MALussier

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Mardi 23 décembre 2014 | Mise en ligne à 21h41 | Commenter Commentaires (24)

Le cinéma en salles : un déclin irréversible ?

Maîtres - Affiche

Déception pour la comédie québécoise…

Le phénomène est mondial. Du moins, il atteint bon nombre de pays occidentaux. Le nombre de spectateurs diminue dans les salles de cinéma. Ceux qui continuent à fréquenter les salles vont choisir une valeur sûre – une superproduction hollywoodienne – plutôt que de prendre un risque sur un film «du milieu», dont la vision sur grand écran ne constitue en rien une valeur ajoutée à leurs yeux par rapport à l’écran HD de 60 po qu’ils ont à la maison.

Peut-être avez-vous lu l’excellent dossier de mon collègue Vincent Brousseau-Pouliot, de la section «Affaires». Les chiffres contenus dans son reportage ne susciteront certainement pas l’enthousiasme des exploitants.

Selon la firme Cinéac, les 50 premières semaines (sur 52) de l’année 2014 ont généré 160,8 millions au box-office contre 180,8 millions pour la même période en 2013 et 187 millions en 2012. Il s’agit d’une baisse de 14% sur 2 ans.

Seule note encourageante, la part de marché des films québécois augmentera. De peu, mais elle augmentera.

Pour les 50 premières semaines de l’année 2014, le cinéma québécois a généré 6,1% des parts de marché au box-office. Il s’agit d’une deuxième hausse annuelle consécutive (4,8% en 2012 et 5,6% en 2013). De 2002 à 2011, les films québécois avaient toutefois toujours généré entre 8,3 et 18,2% du box-office annuel.

À moins d’un revirement spectaculaire, il ne faudra pas compter sur Les maîtres du suspense pour renverser la tendance. La volonté affichée des producteurs était d’obtenir une moyenne par écran similaire à celle du Hobbit (qui est sorti le même jour) mais on est loin, très loin du compte.

En cinq jours, «Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées» a généré 1,96 million au box-office dans 161 salles de cinéma au Québec. «Les maîtres du suspense» : 128 648 $ dans 62 salles. Avant la sortie en salle, les producteurs des «Maîtres du suspense», un film québécois mettant en vedette Michel Côté et Antoine Bertrand, espéraient générer autant d’argent par écran que le dernier volet du «Hobbit».

Le verdict a été sans appel : 12 162 $ par écran pour «Le Hobbit» contre 2074 $ pour le dernier film québécois d’envergure qui sort en 2014…

Le cinéma étant une science inexacte, des films que personne n’attendait parviendront toujours à se hisser au rang des phénomènes inexpliqués. En France, ce fut notamment le cas d’Intouchables, et, plus récemment, de Qu’est qu’on a fait au Bon Dieu ?. Chez nous, pas de phénomènes semblables, mais Mommy et 1987 ont quand même fait vibrer le box office local.

À l’aune des plus récents chiffres, force est toutefois de constater que le cinéma en salles ne présente plus le même attrait pour un bon nombre de cinéphiles. C’est à tout le moins le cas pour les productions d’envergure plus modeste. Ce déclin est-il irréversible ? Si oui, aura-t-il un impact sur la création cinématographique mondiale ?

Quelques liens :

Le box-office en baisse de 11% au Québec.

Le suspense continue.

Compte Twitter :@MALussier

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Vendredi 19 décembre 2014 | Mise en ligne à 17h55 | Commenter Commentaires (42)

Mommy écarté ? : Comment est-ce possible ?

Ida - Affiche

Ida est en route vers un triomphe…

Depuis que l’Académie a dévoilé la liste des neuf demi-finalistes ayant franchi la première étape menant à une nomination dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, plusieurs s’interrogent. Des lecteurs m’ont écrit au cours de l’après-midi pour me demander comment diable il se fait que Mommy n’ait pas été retenu, alors qu’il était mentionné par à peu près tous les experts américains pour au moins décrocher une nomination.

La réponse ? Ça fait partie du jeu. Dans ce genre d’exercice, rien n’est jamais certain. Surtout dans un système de sélection aussi complexe.

Six des demi-finalistes ont été choisis à la suite d’un scrutin auprès des membres (quelques centaines divisés en quatre groupes), qui ont eu le mandat de visionner une vingtaine de longs métrages chacun. Trois autres titres ont été choisis par un comité mis sur pied par Mark Johnson, grand vizir de la catégorie. Selon la journaliste Anne Thompson, monsieur Johnson était en outre un grand admirateur du film des frères Dardenne Deux jours, une nuit, pourtant écarté lui aussi.

Même Winter Sleep, le remarquable film de Nuri Bilge Ceylan, lauréat de la Palme d’or à Cannes, a été recalé.

Il faut rappeler qu’au départ, 83 films étaient en lice. Forcément, plusieurs d’entre eux sont de très grande qualité. Quelques-unes des neuf productions retenues me sont inconnues mais j’avoue être particulièrement heureux des sélections de Timbuktu (Mauritanie) et de Wild Tales (Argentine). Ironie du sort, ces deux films avaient été écartés du palmarès cannois. Comme quoi tout cela est bien subjectif.

Je remarque aussi qu’à part Force majeure, qui vient de Suède, et Accused, produit aux Pays-Bas, tous les films sélectionnés proviennent de pays moins souvent représentés aux Oscars. La France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie ou le Canada cèdent cette année la place à des pays d’Amérique du Sud, d’Europe centrale ou d’Afrique. Vive la diversité culturelle.

Et pour ceux qui s’inquiéteraient pour Xavier Dolan, soyez certain que le jeune homme s’en remettra très vite. Lors de notre plus récente conversation, au début du mois, j’avais évoqué la possibilité d’une non sélection aux Oscars.

«Il est bien certain que je souhaite de tout cœur être de la course, avait-il répondu. Mais si jamais ça n’arrive pas, je rentre et je me consacre alors à mes autres projets.»

Rappelons que les films qui ont encore une chance d’obtenir la précieuse statuette sont Wild Tales de Damián Szifrón (Argentine), Tangerines de Zaza Urushadze (Estonie), Corn Island de George Ovashvili (Géorgie), Timbuktu d’Abderrahmane Sissako (Mauritanie), Accused de Paula Van der Oest (Pays-Bas), Leviathan d’Andrey Zvyaguintsev (Russie), Force majeure de Ruben Östlund (Suède), The Liberator d’Alberto Arvelo (Venezuela), sans oublier le grand favori : Ida de Pawel Pawlikowski (Pologne). Cinq d’entre eux seront choisis finalistes pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Quelques liens :

Academy Delivers Unexpected Foreign Film Shortlist (Anne Thompson – Indiewire)

Mommy n’ira pas aux Oscars.

Cannes : un film africain se démarque.

Recension Relatos salvajes (Wild Tales)

Compte Twitter : @MALussier

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