Marc-André Lussier

Marc-André Lussier - Auteur
  • Le blogue de Marc-André Lussier

    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
  • Lire la suite »

    Partage

    Vendredi 29 août 2014 | Mise en ligne à 14h47 | Commenter Commentaires (10)

    FFM : une mise au point de Roland Smith

    Roland Smith - 1

    Roland Smith
    (photo : archives La Presse)

    Un peu avant que le FFM ne lance sa 38ème édition, nous avons publié dans La Presse un dossier sur l’état des lieux. Nous avons en outre remonté le cours de l’histoire en relevant quelques dates plus marquantes, tant pour le Festival des films du monde que pour le Festival de Toronto (TIFF).

    FFM et TIFF : Quelques dates importantes.

    À la suite de la publication de cet article, Roland Smith, homme de cinéma célèbre au Québec, a tenu à faire une petite mise au point. Je la reproduis ici dans son intégralité.

    Bonjour Marc-André,

    Le public de votre journal semble aimer un peu d’histoire puisque vous leur en avez servi dans l’édition d’avant-hier à propos du FFM, mais je tiens à vous souligner que vous avez omis un fait important : vous avez oublié de mentionner le 4e festival de 1977 dans votre énumération, pas n’importe quel puisqu’il se déroulait dans quatre villes québécoises en même temps.. Voilà pourquoi je me permets d’ajouter ceci pour que l’histoire ne soit pas réécrite. Je profite de cette mise au point en exprimant brièvement quelques opinions dissidentes sur le FFM.

    Quatre festivals généralistes de cinéma à Montréal en 1977

    Au départ, bien avant la création du FFM, à l’été 1976 j’ai organisé une soirée-rencontre avec des représentants du milieu cinématographique québécois à la Maison Explo-Mundo, rue Alexandre-DeSève, avec le but avoué de faire revivre un grand festival de cinéma. Nous avions eu le FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE MONTRÉAL (de 1960 à 1967) qui s’était sabordé, suite à un conflit entre le Comité d’organisation et le Comité de programmation. Pas facile la vie d’un festival de cinéma.

    Étaient conviés ce soir-là en 1976, des propriétaires de salles de cinéma, des distributeurs, des producteurs, des réalisateurs, des techniciens, des professeurs de cinéma, des critiques de cinéma… et deux cinémathèques : La Cinémathèque Québécoise et le Conservatoire d’Art Cinématographique de Concordia. Tout ce beau monde a confirmé l’urgence de mettre sur pied un festival d’envergure pour corriger nos lacunes en matière cinématographique et après quelques heures de discussions, chacun chez soi est reparti avec des vœux pieux et ne s’est jamais plus réuni.

    À l’été 1977, l’Association des Critiques organisa son festival. Du 19 au 28 août, le premier FFM est arrivé …et du 29 septembre au 10 octobre 1977, j’ai entièrement financé (sans aide gouvernementale) une manifestation cinématographique simultanément dans quatre villes québécoises, dans mes quatre salles : LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM 1977 à l’Outremont (à Montréal), au Cartier (à Québec), au Festival (à Sherbrooke) et au Lumière (à Trois-Rivières, avec trois invités internationaux, Agnès Varda, Luigi Comencini et Bay Okan (de Turquie), des films inédits d’Ettore Scola, un John Cassavetes, Bo Widerberg, Peter Weir, Victor Erice, Marco Bellocchio furent en autres, au rendez-vous. À Montréal et à Québec, l’événement fut un succès populaire et financier. Dans les deux autres villes, par manque de visibilité dans les médias, le festival fut très peu fréquenté et ce fut la seule année de son existence. Claude Chamberlan a tenu son FESTIVAL DU NOUVEAU CINÉMA, un mois plus tard.

    Si le milieu s’était pris en mains, s’était à vrai dire tenu debout, nous n’aurions pas eu avec le FFM trente-huit années de misère, de pleurs et de grincements de dents car à chacune des années le FFM a toujours créé par son action et dans certains cas son inaction, des controverses néfastes de tous genres, le rapport Secor avait tellement vu juste dans son rapport noyé dans l’eau du bain comme tellement d’autres enquêtes et commissions…

    Il aurait fallu que le milieu du cinéma (tous les intervenants que j’avais convoqué à cette réunion de 1976 …et d’autres) soient ensemble le vrai promoteur d’un seul festival de film généraliste et rassembleur à Montréal, en organisant collectivement une manifestation avec l’envergure du Festival de Toronto, qui répond aux véritables besoins de la population de Montréal et des environs.

    À Toronto il y a 20 programmateurs super compétents pour les six continents, contrairement à la rumeur persistante que M. Losique fait courir, ce festival ne présente pas que des films des grands studios américains. TIFF est un festival respecté par toute la profession mondiale et par le grand public torontois car l’offre est abondante et variée. Les salles sont bondées et pleines pour la plupart des séances publiques et celles qui s’adressent aux journalistes et à des professionnels de l’industrie cinématographique.

    J’ai toujours en tête les propos de votre consoeur du Devoir qui écrivait en 2012 (il n’y a pas si longtemps), à propos de la sélection des films au FFM et de son public : “Des films plus ou moins bons, rarement transcendants, servis en vrac, aucune ambiance, mais une audience encore fidèle qui mériterait pourtant bien mieux. On rêve à des révolutions qui tardent…”

    Marc Cassivi se réjouissait récemment de la décision de la SODEC de couper les subventions au FFM, entrainant ainsi d’autres subventionneurs et commanditaires à faire de même, avec raison. Fini l’ère Losique, qu’il cède sa place à d’autres (plus jeunes et dynamiques) qui sauront donner à Montréal un peu de fierté dans l’organisation d’un nouveau festival ou en donnant plus de subventions au Festival du Nouveau Cinéma, il en a besoin.

    J’irai quand même voir quelques films à Montréal avant d’aller à TIFF le 3 septembre. Ensuite, le mois prochain, je serai à Vancouver pour le VIFF, on m’a invité comme membre du Jury International. Je me souhaite des découvertes, plusieurs grands moments de cinéma et des coups de cœur tels que vus à Berlin et à Cannes, depuis quarante ans. Ils sont si rares au FFM et les montréalais ont raison de vouloir une programmation bien différente, une véritable fête du cinéma, oubliée en chemin.

    -Roland Smith
    Consultant artistique indépendant

    Si Serge Losique, grâce à son festival, a pu faire naître bon nombre de vocations de cinéphiles à Montréal, on peut en dire tout autant de Roland Smith.

    Par ailleurs, le 38e FFM tire à sa fin. Alors que plusieurs croient qu’il s’agit du dernier FFM sous l’ère Losique-Cauchard, je vous pose une question : ce festival doit-il survivre ? Cette question, bien sûr, en amène d’autres : Est-ce que l’offre disponible aux cinéphiles via les autres festivals montréalais (Fantasia, FNC, Cinémania, Vues d’Afrique, Rencontres internationales du documentaire, Festival du film sur l’art et j’en passe) est déjà assez riche ? Le FFM remplit-il un rôle unique dans le paysage culturel montréalais ? Un renouveau, sous une nouvelle direction, est-il envisageable ?

    Bon cinéma.

    Compte Twitter : @MALussier


    • Moi monsieur Smith je l écouterais des heures et des heures. C est l effet que ca donne de côtoyer un vrai passionné.

      Mais puisqu’ on en parle ca lui tenterait pas de piloter le FFM ? On en est rendus là . On doit conserver le festival mais se donner un nouveau départ. Oui je verrais bien monsieur Smith ne serait ce que par intérim parce que j ai la conviction qu’ il saurait transmettre sa passion et sa vision à d`éventuels successeurs.

      Ce Festival doit se donner une nouvelle identité. Je ne comprends toujours pas pourquoi l idée d un festival francophone ne fait pas l unanimité puisqu’ on est à Montréal mais il faut un fil conducteur de ce genre qui aidera le FFM à retrouver sa distinction et sa culture propre. Parce que le FFM ne représente plus rien de distinct dans son créneau.

      J aurais tendance à croire à votre hypothèse toutefois qui prétend que l offre de festival de films dépasse la demande mais alors n y aurait il pas moyen de regrouper tout cela et de faire un méga festival ?

      Vous dites : Un renouveau, sous une nouvelle direction, est-il envisageable ? Moi je dis inévitable. Il en va de sa survie et d une garantie de vent nouveau propice à un avenir solide.

      Je ne saurais sous-estimer les mérites du TIFF qui a de plein gré sa place au soleil mais Montréal c est Montréal ! Une ville unique en Amérique et pourtant munie d un festival bien neutre.

    • On devrait le consulter pour l’avenir du FFM. La bible du cinéma au Québec comme le regretté Robert-Claude Bérubé à qui l’on doit les cotes de Médiafilm.

    • Vous vous demandez s’il y a encore de la place pour un événement comme le FFM.

      C’est vrai qu’à Montréal, on est gâté. Cinémania, Les rendez-vous, Fantasia et les autres que je connais moins sont tous des événements qui jouissent d’une réputation enviable. À l’exception du FNC, ce sont aussi des festivals très spécifiques : films de genre, cinéma du Québec, documentaires etc. Au départ le FNC etait axé sur le cinéma assez ‘pointu’ et ce n’est que ces dernières années qu’il a pris un virage plus accessible.

      Il me semble qu’il y a de la place à Montréal pour un festival généraliste. C’est le rôle que le FFM a voulu jouer. Tout au long de son parcours, le FFM a souvent été critiqué, parfois de manière justifiée, parfois non. Personnellement, je reprocherai toujours à Losique de ne pas avoir préparé sa relève. Mais sur le fond de l’affaire, je pense que son idée était juste et que le concept d’un festival généraliste et populaire permettant l’accès aux cinématographies nationales et en émergence reste pertinent.

      Ma réponse est donc oui.

    • Le FNC me semble le successeur tout désigné du FFM. Ses dirigeants et organisateurs sont ouverts à des collaborations fructueuses (avec Fantasia, notamment), ce qui détone agréablement face à l’esprit de clocher jaloux des bonzes du FFM. Le FNC s’est aussi montré innovant en multiplateforme, rendant certains des films présentés disponibles sur illico et délocalisant ainsi virtuellement l’événement.

      Selon moi, c’est une attitude mieux en phase avec le 21e siècle que ce qui s’observe au FFM, qui est devenu aux festivals de cinéma ce que le musée Redpath est devenu aux musées contemporains, soit une sorte de charmant anachronisme sans avenir dont l’intérêt est moins dans sa fonction première de jadis que dans son propre potentiel de conservation muséale.

    • On voit que Losique n’a pas que des amis et depuis fort longtemps. Pour une personne comme moi qui ne suivait pas tout cela… Le festival semblait quand même un succès dans les années ‘80 et au début des années ‘90. On va fouiller dans les archives ? On trouve les controverses …

      Il a jamais été fort sur la reddition de comptes semble-t-il.

      à l’époque de mon adolescence, on avait le livre de l’année de Grolier et le palmarès du FFM s’y trouvait toujours tout autant que les Césars et dans une autre section celui de Cannes et les Oscars… Celui de l’Adisq pour la musique était là…

      C’était avant les Jutra cela et avant le Tiff et avant que les autres festivals prennent plus d’importance.

      S’il y avait des articles , on passait rapidement, ces chicanes concernaient surtout le milieu.

      Pour l’année 1987, Jean-Claude Lauzon avait remporté le Prix O’Keefe pour ”Un zoo la nuit”. Alors mon impression c’est qu’il était en phase avec le public et cela servait de courroie vers le grand public et avait l’appuie des institutions malgré les chicanes du milieu.

      Pour le Musée Redpath ? Pour moi, c’est surtout une institution universitaire, c’est ouvert au grand public pareil. Alors pas de menaces que cela disparaisse s’ils ont le financement.

    • Qu a remporté le Grand Prix des Amériques en 2012 et 2013 ? Qui a vraiment entendu parler de ces films ?

      Alors que je regarde la gagnant de 1986… Évidemment, les années et tout peuvent venir changer la perspective et le film être connu de tous au moins de nom… Oui, Jean-Jacques Beineix pour 37,2 le matin. Gagnant aussi le Prix Air Canada. C’était le prix du public cela ???

      Oui, le film le plus populaire du festival.

      Pour le Prix O’keefe , c’était décerné au meilleur film canadien.

      Difficile de juger mais oui la pertinence est beaucoup moins grande mais ce qu’il réussissait était très bien et faisait avancer la cinéphilie ou simplement le cinéma d’ailleurs comme d’ici. Mais bien des choses ont changé.

      C’est Rouyn-Noranda maintenant qui me semble le plus sympa pour ceux qui n’ont pas besoin d’être parmi les cinéphiles mais juste à regarder les prix et on voit qu’il y a une certaine courroie de transmission. Chaque festival sa vocation mais il en faut aussi pour se rendre vers le grand public.

    • Festif comme dans festival. Eh ben non, j’entendais Danielle Cauchard qui quitte le FFM après 38 ans. La culture doit nous ramener à des choses que ne veut pas entendre, c’est son rôle. Et pour ça le FFM nous le rappelle assez souvent merci!

      Oui on apprécie le côté festif de nos gros festivals, c’est l’été. c’est estival, mais j’aime mieux le débat soulevé par le FFM finalement. Il y a la notion du plaisir, du divertissement pur et simple, mais surtout il est question de culture qu’il ne faudrait pas surtout mélanger. Merci au FFm de nous le rappeler… à chaque année, ou presque!

    • Bonjour Roland,

      Je dois d’abord vous exprimer ma plus grande reconnaissance, car, mis à part les ciné-clubs de Collège et d’Université, c’est dans vos cinémas de répertoire que j’ai découvert et pris goût au cinéma international, bien avant le FFM et autres festivals de films. Tâche à laquelle vous avez continué à vous consacrer, au grand bénéfice des cinéphiles.
      Par contre, lorsque vous écrivez:

      «Si le milieu s’était pris en mains, s’était à vrai dire tenu debout, nous n’aurions pas eu avec le FFM trente-huit années de misère, de pleurs et de grincements de dents…»

      Il me semble que vous y allez un peu fort. Il me semble que vous y exprimez une amertume de longue date. Je comprends votre déception devant ce qui semble être un échec de certains de vos projets qui vous tenaient à coeur (en ce qui concerne, en particulier, un festival de films).
      Je me souviens très bien, il y a de cela très très longtemps, une discussion que j’ai eue avec vous à l’arrière d’une de vos salles de cinéma de répertoire (je ne me souviens trop plus de laquelle) où nous partagions notre déception devant le peu de présences dans la salle. Peu de temps après, vous avez dû fermer ce cinéma. Mais vous avez toujours réussi à rebondir et à ouvrir d’autres salles de cinéma de répertoire, votre détermination et votre passion servant bien les cinéphiles.
      Mais mon questionnement aujourd’hui, suite à votre lettre à M.A. Lussier, est le suivant:
      au lieu de blâmer Serge Losique et le FFM, n’y aurait-il pas lieu de se demander pourquoi le milieu ne s’est pas pris en mains, pourquoi le milieu ne s’est pas tenu debout, et pourquoi la tentative de putsch de 2005, avec tous les appuis du milieu et des institutions, a échouée si lamentablement? Il me semble que ce «milieu» est plus apte à critiquer qu’à s’organiser. Et de là, peut-être, votre déception bien compréhensible.

      Avec toute mon affection,

      Michel Gagnon

    • Est-ce que la SODEC et Téléfilm Canada ont un plan B pour l’après-Losique?Aucune idée,mais ce qui m’étonne est le nombre élevé de festivals de films à travers le monde.Sur stephenfollows.com,le site dénombre environ 3000 festivals de films actifs et 9700 autres qui ont vécu/disparu au cours des 15 dernières années(!).

      Je ne vois pas comment le ”nouveau”FFM pourrait sortir du lot à court terme.Montréal a échappé la balle et le TIFF l’a reprise.Au baseball on appelle ça 2 strikes contre le frappeur.

    • Je doute de l’impartialité de mr. Smith sur le sujet. Parler du FFM comme s’il avait toujours été un “mauvais” festival, c’est des balivernes.

      Toutefois, le FFM a radicalement bifurqué depuis que le TIFF est devenu “TIFF” (je parle de l’invention du nom), et que le “mini-FNC” est devenu la sérieuse opposition nommée (temporairement) FCMM, ces événements se situant entre 1994 et 1996.

      Aujourd’hui, le FFM présente surtout des films qui n’intéressent pas les autres festivals, dont beaucoup de films apparemment rejetés d’autres festivals. De fermer le FFM ne ferait qu’enlever la chance aux cinéphiles mordus de voir des films plus rares. Çà ne changerait en rien la programmation des festivals “compétitifs”, parce qu’en fait il n’y a presque pas de “compétition” sur le terrain de la programmation. La “compétition” se situe au niveau des subventions, et l’enjeu de cette compétition est la “pertinence culturelle”.

      Ce que j’en dis moi c’est… Il y a beaucoup de festivals comme le FNC dans le monde (festivals rassembleurs des films chouchous des cinéphiles, d’ailleurs le TIFF a longtemps été çà), il y a quelques rares festivals comme Fant-Asia, et il n’y a aucun autre festival comme le FFM. En tout cas, pas proche d’ici. Peut-être en Russie ou un autre pays éloigné où l’État peut se permettre de financer un festival semblable, probablement peu viable sans l’apport d’une telle aide.

      La “pertinence culturelle” selon moi sera toujours l’accès au plus de culture possible. J’ai l’égo assez développé pour ne pas faire nécessairement confiance qu’un décideur ou “programmateur” de festival a “choisi” le bon film pour moi. Je préfère voir davantage de film, et faire ce “choix” moi-même. C’est pourquoi de “sauvegarder” le plus de festivals possible est la solution que je préfère.

      Toutefois c’est la pertinence même des festivals en tant que lieux géo-politiques que je remet en question, mais c’est un autre sujet. Technologiquement, nous n’avons déjà plus besoin de se déplacer dans telle ou telle ville pour voir un film en primeur. Tout çà existe encore car il y beaucoup de gens en haut de 40 ans parmis les “décideurs”, et les plus visionnaires ne sont pas encore à la cheville de réussir à faire bouger le status quo. Çà viendra. Çà prendra 20, 50 ans, mais çà viendra (si le cinéma existe encore, parce que plusieurs producteurs auront opter pour ce qu’on nomme encore aujourd’hui la “télévision”).

      Le festival qui “déplacera” Cannes, si cela doit arrriver, sera celui qui offrira la chance aux festivaliers d’y voir ses films sans se déplacer.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    septembre 2014
    L Ma Me J V S D
    « août   oct »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    2930  
  • Archives

  • publicité