Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Lundi 23 juin 2014 | Mise en ligne à 9h40 | Commenter Commentaires (7)

    FFM : une question fondamentale est maintenant posée

    FFM - Logo

    «Par-delà les déboires financiers, il faut se poser une question : quelle est la place de ce festival ?»
    - Manon Gauthier, ville de Montréal

    Depuis plusieurs semaines, la rumeur circulait à l’effet que le Festival des films du monde allait perdre dès cette année tout financement des organismes publics. Depuis que l’histoire est sortie dans les médias, aucun(e) porte-parole des dites institutions ne s’est exprimé(e) publiquement pour expliquer cette décision concertée à tous les niveaux : fédéral, provincial, municipal.

    Vendredi, Odile Tremblay, notre collègue du Devoir, a finalement réussi à soutirer des propos officiels de quelqu’un. Manon Gauthier, responsable de la culture à la ville de Montréal, a mis cartes sur table. Voici ce quelle a déclaré à Odile :

    «Un constat a été effectué par les principaux bailleurs de fonds, explique-t-elle. Il est temps de faire preuve de courage et de responsabilité face à nos contribuables. Un changement de culture s’opère et aujourd’hui, la rigueur est de mise. Une décision inévitable mais difficile a été prise de ne pas financer le Festival des films du monde cette année. Il y a eu dialogue entre les institutions. On a besoin de se concerter dans le milieu. Le fonds des créances impayées était devenu tel que les contributions publiques d’une année auraient servi en partie à éponger les dettes des éditions précédentes. Notre investissement était à risque. On avait demandé après de nombreuses discussions un plan de redressement ; des conditions qui n’ont pas été honorées. Nous avons donné la chance au coureur. Mais rien n’indiquait que l’avenir du festival était assuré. On est là pour soutenir les créateurs, pas les créanciers.»

    Puis, madame Gauthier pose une question fondamentale :

    «Par-delà les déboires financiers, il faut se poser une question : quelle est la place de ce festival ? Son président, Serge Losique, a fait beaucoup pour le milieu, mais il ne peut nous démontrer qu’il possède une vision à long terme. Il a assuré qu’il irait de l’avant quand même pour sa prochaine édition. Il fait face à l’oeuvre d’une vie. Sa résilience et son acharnement l’ont emmené là où il est. On reconnaît sa contribution au cinéma […]

    «On se demande : que voulons-nous mettre en valeur cinématographiquement ? On a des festivals de niche qui font rayonner Montréal. Mais avons-nous besoin d’un grand festival généraliste ? Une réflexion collective s’impose. Je souhaite que le milieu du cinéma se mobilise pour nous aider à dessiner l’avenir.»

    Autrement dit, aux yeux des organismes subventionnaires, l’histoire du FFM relève clairement du passé. Vaut-il encore la peine d’investir encore d’importantes sommes puisées à même les fonds publics pour un événement en décroissance ? À leur avis, non.

    Les liens :

    Coupes au FFM : la ville de Montréal s’explique (Odile Tremblay)

    FFM : Loto-Québec réfléchit à sa commandite (André Duchesne)

    FFM : Des subventions de 1 million en suspens (André Duchesne)

    Québecor réitère son soutien au FFM (Maxime Demers)

    La pire ennemie du FFM ? L’indifférence

    Compte Twitter : @MALussier


    • C est un triste constat qui se justifie peut-être mais avant de remettre en question l existence même du festival ne devrait on pas avant regarder d autres options ?

      Malgré tout le mérite qui lui revient, monsieur Losique devrait peut-être mieux s entourer ou laisser carrément sa place à quelqu un qui a des contacts avec des investisseurs. C est bien connu que les compromis sont difficile à faire des fois mais peut- être est ce pour le mieux ?

      La place du FFM c est celle que monsieur Losique veut bien lui accorder en décidant des orientations qu il prend à tous les niveaux. Je suppose que le pourquoi du pourquoi a deja été scruté et qu on comprend pourquoi le TIFF a surpassé le FFM mais étais ce inévitable ?

      Comme le dit madame Gauthier de toute facon une réflexion collective en profondeur s impose.

      Une chose demeure certaine toutefois c est que les coupures qui remettent en question un paquet d affaires étaient prévisibles depuis plusieurs années et monsieur Losique et plein d autres du milieu auraient du aller de l avant et être des acteurs plutot que d impuissants spectateurs.

      J en viens au même constat que les subventionnaires mais y a t il moyen de faire autrement, de faire plus avec moins ? Je sais que ca fait cliché mais le FFM a probablement beaucoup plus besoin d argent que le festival juste pour rire alors …

      Dans la mesure ou une structure est mise en place afin de ne pas compter ad vitam aeternam sur les subventions pour survivre, il y a certainement moyen de fonctionner. Mais il faut cruellement répondre à la question froidement, peut-on survivre sans maintien artificiel ?

    • Bonne question mais ce serait à Losique et surtout à sa relève, s’il a un plan de relève d’y répondre.

      Oui, il ya de la place pour un Festivla cmme le FFM mais à condition qu’il se redéfinisse. Aussi simple que cela. à eux de convaincre aussi les organsimes subventionnaires ou de se trouver d’autres sources de fonds.

      Et pour la grandeur et grosseur du Festival, rien ne l’empêcherait d’être plus petit. ” Small is beautiful”. Mais ce sont eux les supposés connaisseurs, si Losique ne connaît plus ni son environnement , ni son marché et qu’en plus il n’a pas de relève. Il peut fort bien disparaître à court terme.

      Par contre, je trouve qu’elle exagère avec son ”nous” et du milieu du cinéma…

      C’est le public que losique doit aller conquérir ou reconquérir… Puis son Festival par des Films du monde… Donc ce sont des films étrangers d’abord et avant tout que plusieurs cinéphiles peuvent vouloir allez voir.

      Pour le cinéma québécois, le milieu aussi est déconnecté de son public potentiel, le public québécois alors il préfère Cannes mais aussi Toronto… Demandez-vous pas pourquoi leurs films font patate complètement…

      Ils négligent leur propre marché… Ou font de la promotion mais encore là trop loin du public.

      S’il veut juste des subventions et sans se redéfinir ni mettre l’accent sur le public bien Adieu et merci pour ce que vous avez fait ! Il aura alors l’appui de personne ni du milieu souvent déconnecté, ni de cinéphiles suffisamment nombreux ni du grand public qui pourrait aller voir quelques représentations, il faut juste qu’ils soient assez nombreux et là ce pourrait donner un bon coup de pouce !

    • @LecteurCurieux.

      Il y a plusieurs années, j’avais écrit dans ce blogue pour y faire remarquer que les directeurs du FFM étaient les mêmes depuis le jour un, ce qui est assez rare pour une manifestation de ce type, et que la direction ne semblait faire aucun effort pour préparer sa succession. Ce qui, à terme, risquait d’entrainer la disparition du Festival. Y sommes-nous ?

      Quand vous dites que la question de Madame Gauthier est bonne mais ce serait à Losique et surtout à sa relève d’y répondre, vous mettez exactement le doigt sur le coeur du problème : la relève, il n’y en a pas. Ce qui me chagrine beaucoup, soit dit en passant.

      Il y a quelque chose de cocasse à voir Madame Cauchard déclarer soudainement qu’elle se cherche un remplaçant, comme si les organisateurs de festivals se recrutaient dans les petites annonces.

    • J’ai compté 8 festivals de cinéma à Montréal (merci Google),chacun se trouvant une niche spécifique.En d’autres mots,toutes les cases sont prises et tout le monde revendique sa spécificité.Ne reste maintenant plus qu’une fenêtre d’ouverte: la niche…généraliste (lol).

    • J’espère qu’on ne perdra pas la trace de ce financement qui était dévolu au FFM. Qu’on fasse preuve de transparence. Et que cet argent demeure dans le milieu du cinéma.

    • En quoi est-ce que le TIFF n’est pas généraliste? Ou même Cannes?

      Pour comprendre le FFM: Losique chercher à présenter des Primeurs. Et comme le réseau
      des cinéastes dit “d’auteurs” est sur-saturé par un grand nombre de festivals, il s’appuie sur ce qui reste (dont plusieurs films parmis les rejetés d’autres festivals, ce qui n’en fait pas moins des… primeurs, enfin).

      On devrait appeler çà le Festival Du Film Rare. Car il s’agit surtout de films non achetés par les distributeurs que vous ne reverrez plus jamais. Sans le FFM le danger est de se retrouver dans l’homogénie d’une centaine de films par année qui courrent d’une ville à l’autre dans un certain roulement de promotion. Ce seront des bons films mais, adieu l’originalité.

    • Je seconde bimboom (20:40).

      Qu’on soit pour ou contre le FFM, que ce dernier résiste et se réinvente ou non, j’espère (voeu pieux?) que les fonds ainsi récupérés resteront dédiés au cinéma d’auteur.

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