Marc-André Lussier

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    Jeudi 5 juin 2014 | Mise en ligne à 16h22 | Commenter Commentaires (14)

    L’Excentris en péril ?

    Excentris - 1

    Jour sombre pour la culture à Montréal. Au lendemain d’un budget qui ampute 20% des crédits d’impôts accordés à la production cinématographique et au multimédia («Pas bon pour Montréal ça !», a déclaré le maire Denis Coderre), on apprend du même souffle que la survie de l’Excentris serait menacée. Est-il besoin de rappeler à quel point la perte de ce temple montréalais de la cinéphilie serait tragique ?

    Un extrait de la chronique que signe aujourd’hui mon comparse Marc Cassivi :

    C’est le mauvais jour pour écrire cette chronique. Un jour où bruisse entre les branches la rumeur d’une nouvelle menace de fermeture du cinéma Excentris. Le temple montréalais du septième art survit de peine et de misère depuis qu’il a rouvert ses portes, en 2011. Il affiche un taux de fréquentation enviable depuis l’an dernier, mais a accumulé des dettes, pour toutes sortes de raisons, si bien qu’on craint de nouveau pour sa survie.

    Le danger, semble-t-il, est imminent. Dans un contexte où les salles de cinéma sont moins fréquentées, et que le cinéma hollywoodien obtient des parts de marché énormes (frôlant les 90%), il est plus que jamais primordial de préserver le pôle de la cinéphilie qu’est Excentris. Car il ne s’agit pas d’une salle de cinéma comme une autre.

    Excentris est un lieu de diffusion hors du commun. Un joyau national, qui faisait il y a à peine 10 ans l’envie de bien des diffuseurs canadiens et étrangers. (On a parfois ce travers, au Québec, de ne pas savoir reconnaître ce qui fait notre force.) Si Excentris disparaissait définitivement, il y aurait un effet domino important sur la diffusion du cinéma d’auteur à Montréal et au Québec, qui ne se porte déjà pas très bien.

    On en a d’ailleurs ressenti les effets lorsque le complexe a temporairement fermé ses portes il y a quelques années, avant d’être racheté en 2011 par le cinéma Parallèle, un organisme à but non lucratif. On ne s’en est toujours pas remis. Sans financement public récurrent, en particulier du gouvernement du Québec, la mort à court terme d’Excentris est quasi assurée. C’est aujourd’hui qu’il faut agir pour assurer sa pérennité. Pas demain.

    Il n’y a rien d’autre à ajouter.

    Ce n’est pas le bon jour… (Marc Cassivi)

    Compte Twitter : @MALussier


    • À la radio de R-C on vient d ajouter à ce sujet que les responsables de Excentris ne sentent pas de menace a court ou moyen terme mais il ne faut pas se leurrer les coupures de subventions s`en viennent et vont toucher tout le monde éventuellement. On a beau dire que la culture c est précieux mais je sens que rien ne sera à l abri si le virage de controle budgétaire gouvernemental est amorcé.

      Alors puisqu il en est ainsi, ne devrions nous pas le plus vite possible profiter que la bise ne soit pas encore venue pour réunir les principaux intervenants du milieu afin de décider de nouvelles facons de faire ?

      C est drole mais pendant qu on voit ces institutions culturelles se fragiliser je suis certain moi que des machines à piastres à la Guzzo sont à l abri. N y aurait il pas alors nécéssité de creer des regles à la CRTC pour le cinéma de répertoire et/ou le cinema québécois ? Une idée comme ca qui devrait aussi impliquer les cablodistributeurs, clubs videos, chaines télé,netflix ,distributeurs de ce monde.

      Je suis contre toute forme de subventions permanentes qui font partie des bilans financiers anticipés. Je crois que si une entreprise n est pas viable sans subvention alors il faut que ca change car nous n en avons plus les moyens. Au pire si le gouvernement devient le principal financier alors l entreprise devrait appartenir au gouvernement.

      Je ne suis toutefois pas si radical que cela parce que je crois qu avant d en venir à des coupures dans des moteurs de l industrie comme Excentris, le gouvernement devrait couper les vivres à des évenements auto-suffisants comme le festival juste pour rire ou le festival de jazz parce que ceux ci s en servent pour attirer de plus en plus de gros noms à gros prix que nous ne pouvons pas nous offrir pour l instant. Le pas dans ma cour doit cesser.

      Si nous ne nous occuppons pas de notre cinéma ,qui s en occuppera ? Les menaces viennent de partout et les portes technologiques s ouvrent et risquent soit d aspirer les derniers artisans ou de les aider si nous nous y préparons.
      À plusieurs niveaux nous voyons la vague arriver alors à nous d agir maintenant plutot que de réagir plus tard pour tenter de sauver les meubles.

    • Lu sur leur page Facebook :

      ” Excentris nie catégoriquement les allégations quant à son avenir. Oui le soutien à la culture au Québec est une bataille perpétuelle, laquelle se corse encore davantage dans le contexte actuel, mais Excentris continue et continuera d’assurer son rôle essentiel de diffuseur. ”

      https://fr-ca.facebook.com/CinemaExcentris

      Noirod c’est un organisme sans but lucratif et une entreprise d’économie sociale… Les subventions sont requises sinon cela prendrait un mécène et des donateurs.

      http://cinemaexcentris.com/Partenaires

      Il serait intéressant de voir leurs états financiers mais qui peut demander à les voir ? les partenaires et les administrateurs ?

    • Je souhaite de tout coeur que Excentris et Parralèle demeurent non seulement bien vivants, mais rayonnants! à chaque fois que j’y vais, c’est une aventure et une découverte qui vaut le détour!

    • “mais a accumulé des dettes, pour toutes sortes de raisons”

      L’Excentris doit survivre et mérite l’aide nécessaire beaucoup plus que d’autres programmes de subventions mais cette phrase est tout de même un peu dérangeantes! Quelles sont ces raisons? Il me semble que le travail du journaliste devrait inclure la réponse à cette question sinon ça laisse la porte ouverte à toutes les théories.

    • Que Excentris parte une collecte de fond. Ils sont détenu par une organisme à but non lucratif, non? Ben, que les fidèles fasse des dons, ce sera déductible d’impôt!

      Si il y a 20 000 clients régulier qui font un don moyen de 50$, ça fait un million de dollar et ça leur aura coûté en moyenne 30$ après impôt.

      @lecteur curieux: Les organisme à but non lucratif ne sont pas nécessairement dépendant de subventions. Ça veut juste dire que tout profit, si il y a, sont réinvesti systématiquement dans l’organisme et jamais distribué à des actionnaires. C’est sûr qu’un organisme comme un foyer pour femme battue ne peut pas possiblement faire de profit et donc nécessite constamment des dons/subventions. Par contre, l’Excentris pratique une activité commerciale et pourrait en théorie être rentable et indépendant de fortune.

    • @ -55-

      De subventions ou de dons…

      Mais il y a pas de profits… Un OSBL peut avoir une activité commerciale pour apporter de l’eau au moulin mais cela ne sera pas suffisant pour assurer sa survie… et surtout cela ne sera pas la mission de l’organisme.

      Lisons leur mandat ou mission : ” Le mandat du Cinéma Parallèle est de défendre le cinéma indépendant et le cinéma d’auteur, faire découvrir de nouveaux auteurs (québécois et international) et encourager la diffusion de premières oeuvres et de genres cinématographiques (expérimental, documentaire, court) inaccessibles par l’offre commerciale habituelle des autres cinémas. Il souhaite également être un lieu de rencontres et d’échanges entre le public et les créateurs. ”

      Il n’y a pas un sou à faire avec cela, c’est forcément déficitaire mais cela veut pas dire que cette mission n’a pas une valeur sociale ou culturelle.

      Le prix des billets et autres revenus seront toujours trop faibles.

      La vente de friandises ? Quelques petits revenus.

      La location de salles ? Il doit y en avoir là aussi.

      Le comptoir Soupesoup… Oui, un peu de commerce là aussi mais ce n’est pas suffisant…

      http://www.registreentreprises.gouv.qc.ca/fr/demarrer/constituer-pmsbl.aspx

    • @lecteur curieux
      Écoute, il est possible pour un OSBL d’avoir une activité commercial suffisante pour assurer sa pérénnité sans subvention. Il y en a qui y arrive (la plupart des fondation privées qui emettent des bourses, par exemples). C’est tout ce que j’ai dit et c’est un fait, pas une opinion.

      Et dans le cas d’un cinema, c’est certainement théoriquement possible.

    • Un mémoire présenté l’an dernier par Excentis et révélant toute leur fragilité. Ils disaient aussi que les subsides gouvernementaux représentaient que 4% de leur chiffre d’affaires.

      http://cinemaexcentris.com/static/documents/memoire.pdf

      Il reste pas moins que sur le plan financier et administratif je crois plus au modèle du Segal Center…

      http://www.segalcentre.org/fr/a-laffiche/soutenez/

      C’est clair et net que les revenus des billets n’apportent pas l’eau au moulin de la manière la plus importante ce sont les donateurs et les commanditaires qui apportent 45%.

      Daniel Langlois est plus là ? Il en faut un autre et même plusieurs autres… Si on veut avoir suffisamment de ressources sinon on devient dépendant des volontés politiques de l’État…

      Un ou l’autre… Il y a toujours une dépendance…

      Une dotation en capital et des placements pourraient aider aussi mais les revenus sont faibles sur les marchés…

    • @-55-

      Sans le gouverneent si on veut, sans subventions mais ce n’est pas l’activité commerciale de l’organisme ou de la fondation qui permet c’est l’implication de bénévoles, les dons et tout et tout…

      Il y en a plusieurs dans le milieu anglophone dans les mlieux francophones cela semble péché plus souvent et on demande à l’État de prendre toute la place.

      C’est pas l’activité commerciale qui permet la pérennité c’est un don d’un riche mécène qui a été fait il y a plusieurs années pour la fondation à laquelle je pense… et qui donne des bourses à des athlètes…

      Ce sont les donateurs et les bénévoles qui font la différence. Mais oui, tu peux apporter quelques revenus autres… mais cela veut pas dire que tu fais un profit… Non tu as juste des donateurs, des bénévoles, des revenus de placements qui assurent vraiment ta pérennité.

    • Il y a eu trop de changements de vocation à l’Excentris au cours des dernières années … ce qui implique des sommes d’argent considérables pour l’immeuble: l’aventure ”multiculturelle” qui n’a pas fonctionné,le départ de D.Langlois et un (re-nouveau)retour cinéma (remettre des sièges,refaire l’acoustique,projecteurs numériques).

      Un cinéma ”parallèle” comme l’Excentris ne peut pas se permettre ce genre de choses parce que trop risqué (ou carrément suicidaire) sur le plan financier.C.Chamberland semble se trouver dans une spirale de moins en moins gérable.Bien dommage tout ça.

    • Juste un autre lien mais ce peut être s’obstiner sur les mots… Non c’est pas un fait ni une opinion, c’est une méconnaissance …

      http://www.cra-arc.gc.ca/chrts-gvng/chrts/plcy/csp/csp-b02-fra.html

      ” Une fondation privée qui exerce des activités commerciales est passible d’une pénalité égale à 5 % de son revenu brut tiré pour une année d’imposition, lequel provient de toute activité commerciale qu’elle exerce pendant l’année d’imposition. S’il y a récidive dans un délai de cinq ans, la pénalité augmente à 100 % et il y a suspension du privilège de délivrer des reçus aux fins de l’impôt. ”

      C’est s’obstiner sur les mots mais c’èst à vous de ne pas parler de l’activité commerciale qui n’est que complémentaire.

      cela empêche pas les donateurs et les mécènes d’avoir fait du commerce, c’est bien sûr pour gagner leur argent mais dans la fondation c’est pour faire un don au sport, à la culture et tout… Cela peut peut-être leur apporter du prestige. Mais ce n’est pas le commerce dans la fondation ou l’OSBL qui fait le gros de la différence c’est l’apport de la communauté mais qui peut exclure le gouvernement sauf les crédits d’impôt accordés.

    • @lecteur_curieux

      On joue sur les mots, ici. L’ExCentris pratique une activité commercial selon toute définition utile du mot commercial; Elle fourni un service contre rémunération. Une Coop de Logement loue des logements. Une fondation privé qui remet des bourses génère des revenus d’investissement qui servent à financer ces bourses. Et si elles sont bien gérés, tous ces examples d’OSBL peuvent en théorie opérer indéfiniment sans subventions de l’état ni dons autres que le capital initial en générant des flux monétaire suffisant à leur opération, incluant des salaires à des employés dans plusieurs cas. C’est pas donné à tous les OSBL, mais ça existe.

    • Petite recherche en tapant le nom de Christian Yaccarini et je ne suis pas sûr que je lui accorderais ma confiance, pour ma part.

    • @-55-

      Ce n’est , en effet , qu’une question de définitions qui fait le sujet de notre mésentente. Votre insistance était sur le fait qu’un OSBL peut être indépendant du gouvernement et cela arrive en effet…

      C’est sur la définition d’activité commerciale que cela bogue…

      Le site suivant est bien pour faire certaines distinctions :

      http://sourceosbl.ca/gestion-dun-organisme/activities/activit%C3%A9s-commerciales

      Pour vos exemples… Une coopérative de logements ? Elle ne fait pas de commerce. Avoir des revenus de location ce n’est pas un revenu d’entreprise et en plus ici ils sont sous le prix du marché.

      Vous parlez aussi pour les fondations de revenus d’investissement, ce n’est pas non plus du commerce ce sont des placements.

      Commerce dans le sens d’entreprise exploitée dans l’espoir de tirer un profit. Puis du revenu d,entreprise pas du revenu de biens.

      On s’obstine mais pour rien… Bien oui si Danil Langlis leur avait donné je ne sait pas combien de milions plutôt qu’un… Je ne sais pas combien il vaut…

      Mais disons qu’un riche millardaire donnerait 30 millions à l,organisme mais ils auraient pas le droit d’y toucher… juste dépenser certains des revenus de placements…

      Cela prend quand même du monde pour venir dans la salle mais on leur chargera jamais assez cher ou la salle ne sera jamais assez pleine pour que ce soit rentable d’elle même à moins de changer la mission. et cela ils ne veulent pas et le public non plus.

      Du cinéma de nche cela peut toujours être rentable mais… Pas dans ce cas là…

      Un OSBL indépendant de subventions gouvernementales ? très possible.

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