Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Mercredi 4 juin 2014 | Mise en ligne à 8h46 | Commenter Commentaires (2)

    Le cinéma chinois, 25 ans après Tiananmen…

    A Touch of Sin - Affiche

    Il y a 25 ans, les autorités chinoises étaient intervenues de façon très musclée – il y a eu des morts - sur la Place Tiananmen afin de réprimer l’éclosion d’un «printemps de Pékin». Dans la foulée des manifestations étudiantes, les mouvements d’opposition au régime communiste furent violemment sanctionnés. Depuis cette époque, le régime est toujours aussi peu ouvert aux échanges d’idées, mais la face du pays a néanmoins radicalement changé, notamment en matière de cinéma.

    L’éminent journaliste Jean-Michel Frodon, ancien critique au journal Le Monde (il  a aussi dirigé les pages des Cahiers du cinéma avant de se consacrer à un blogue sur Slate.fr), a rédigé pour l’occasion un article fort intéressant, lequel retrace le chemin parcouru depuis l’émergence des cinéastes de la Cinquième génération dans les années 80.

    Un extrait :

    A partir du milieu des années 2000, parallèlement à son dynamisme artistique, le cinéma chinois connaît un véritable boom industriel et commercial. Depuis 2003, la fréquentation en Chine connaît une croissance à 2 chiffres (+27% au box-office en 2013), accompagnant un développement foudroyant du nombre de salles dans le pays –à partir de 2007, la formule incessamment répétée est qu’il s’ouvre dix écrans par jour en Chine: arithmétiquement c’est sans doute exagéré, mais la tendance de fond existe bien, et reflète l’explosion des classes moyennes et l’urbanisation accélérée du pays. La Chine est aujourd’hui le deuxième pays du monde en termes de box-office (derrière les Etats-Unis) et le deuxième en nombre de films produits (derrière l’Inde), avec 640 titres en 2013.

    Le groupe Wanda, propriété de l’homme le plus riche de Chine, possède le plus grand circuits de salles du monde, y compris aux USA, après avoir racheté l’américain AMC, et est en train de mettre en place dans la ville côtière de Qingdao –la ville de la bière chinoise– un projet de cité du cinéma (avec studios de productions, festival international et pléthore d’hôtels de luxe). D’autres groupes très puissants comme Huayi, China Film Group ou Shanghai Media Group réalisent des investissements considérables, en Chine et à l’étranger, essentiellement aux Etats-Unis et en Asie.

    Simultanément, alors que les quotas sur les films étrangers s’assouplissent progressivement (surtout au profit des produits hollywoodiens), tous les studios de Los Angeles s’installent à Pékin ou à Shanghai, et la côte Pacifique de l’Empire du milieu est devenu le domicile de centaines de hauts cadres de l’industrie étasunienne. A une bien moindre échelle, les Français tentent de se frayer une place dans ce grand jeu, Luc Besson et Jean-Jacques Annaud ayant d’ores et déjà des projets lourds en Chine.

    Ce développement industriel s’appuie sur la production de comédies et surtout de films à grands spectacles, recourant massivement aux effets spéciaux (soit le modèle dominant à Hollywood) mais en y instillant un parfum de Chine grâce au recours aux arts martiaux, à la mythologie ou à divers épisodes de l’histoire de l’empire.

    Texte intégral :

    Le cinéma, témoin contradictoire d’une Chine bouleversée depuis Tian’anmen (J-M. Frodon)

    En l’honneur des étudiants (Marc Thibodeau)

    La b.a. de A Touch of Sin (Jia Zhang-Ke). On me signale que ce film sera présenté à TFO le 3 septembre.


    Lien YouTube.

    Compte Twitter : @MALussier


    • TFO, la chaîne? Dans ce cas, je l’inscrit à mon horaire!

    • Il y a une vingtaine d’année, le ciméma chinois se résumé aux oeuvres de Zhang Yimou et Chen Kaige avec des films comme Red Shorgum, Judou, Raise The Red Lantern, Shangai Triad, Tempress Moon, Farewell My Conbubine, … Depuis les années 2000, pour différent raison, leur cinéma a changé et ils ont laissé leur place à la sixième génération dont fait partie Jia Zhangke.

      Concernant le box-office chinois, depuis quelqes années il a explosé et les chiffres commencent à ressembler à ceux d’Hollywood. Certains films américains font même plus d’argent en sol chinois que chez eux. On prévoit que la Chine devriendra le plus grand marché en 2020. Les cinémas poussent comme des champignons, les studios autant américains que chinois investient massivement, les vedettes hollywoodiens commencent à faire des promotions là-bas. Par contre, il y a la censure de l’état, mais je doute qu’elle résistera longtemps contre l’argent.

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