Marc-André Lussier

Marc-André Lussier - Auteur
  • Le blogue de Marc-André Lussier

    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
  • Lire la suite »

    Partage

    Vendredi 11 avril 2014 | Mise en ligne à 16h03 | Commenter Commentaires (22)

    Le rêve américain : pas à n’importe quel prix

    Tom a la ferme-13.JPG

    Xavier Dolan abandonne son projet américain
    (Photo : David Boily – La Presse)

    Il convient de signaler que le «rêve américain» n’emprunte plus du tout la même forme qu’auparavant.

    Denys Arcand ne s’exprime pas souvent devant les micros des journalistes de cinéma québécois. Quand il le fait, ses déclarations font toujours mouche. En commentant la désaffection du public envers notre cinéma national, le vétéran réalisateur s’inquiétait en outre de «l’exil» de plusieurs cinéastes. Voici ce qu’il a déclaré à notre collègue du Soleil Éric Moreault :

    «On a perdu les cinq meilleurs cinéastes du Québec. Quatre sont partis [aux États-Unis] : [Denis] Villeneuve, [Philippe] Falardeau, [Jean-Marc] Vallée, [Ken] Scott, et je ne travaillais pas. Je ne suis pas sûr qu’ils vont revenir. Si vous prenez les meilleurs et vous les envoyez à l’extérieur, il va y avoir un trou avant que la relève prenne la place.»

    Inutile de dire que cette déclaration, plutôt maladroitement formulée, a fait jaser dans les chaumières. Et fut plutôt mal accueillie par certains des cinéastes qui travaillent encore au Québec.

    Mais au-delà de ce constat, il convient quand même de signaler que le «rêve américain» n’emprunte plus du tout la même forme qu’auparavant. Finie l’époque où les plus grands talents internationaux quittaient leur pays d’origine (souvent pour des raisons politiques) afin d’aller s’installer à Hollywood, y épouser les valeurs américaines, et vivre leur existence sans ne plus jamais regarder en arrière.

    Ce n’est pas ce que les Villeneuve, Vallée, Falardeau et Scott font. Sauf erreur, ils résident encore tous au Québec. Et ils honorent leurs contrats en entraînant dans leur aventure plusieurs artisans d’ici. Bien entendu, ce sont alors des œuvres produites ailleurs qui tirent profit de ces talents. Mais autant le réalisateur de Prisoners que celui de Dallas Buyers Club, sans oublier celui qui nous offrira The Good Lie à l’automne, ont résolument l’intention de revenir tourner chez eux en abordant des thèmes qu’ils ne pourraient probablement pas traiter de la même façon à l’étranger. Qu’il s’agisse des États-Unis, de la France ou d’ailleurs, ils profitent de l’occasion qui leur est offerte. C’est ce qui leur permet, notamment, de tourner à une meilleure fréquence que s’ils devaient attendre de franchir toutes les étapes d’un système de plus en plus lourd, parce que très achalandé.

    Un genre d’exploit

    Philippe Falardeau n’a pas encore eu l’occasion d’évoquer son expérience américaine  (il le fera sans doute au moment de la sortie de The Good Lie à la rentrée), mais il est clair que les cinéastes d’ici ayant réalisé des films produits aux États-Unis ont pu garder leur propre personnalité de cinéaste. Cela constitue déjà un exploit.

    Denis Villeneuve a souvent dit qu’il n’aurait pu rêver mieux pour une première expérience dans la grosse machine.

    «Au début du tournage de Prisoners, je me suis demandé jusqu’à quel point on allait me laisser libre, m’a-t-il confié. Il faut dire que j’ai eu la chance d’être bien entouré. Le directeur photo était Roger Deakins, un homme très respecté. Il m’a appuyé sans réserve. On a voulu imposer notre manière dès les deux premières semaines. Un film sombre de deux heures et demie dans un contexte hollywoodien, c’est plutôt rare. Or, les producteurs m’ont soutenu du début à la fin. Ils m’ont dit : It’s your movie, do what you want. Je n’en revenais pas !»

    Du côté de Ken Scott, la situation est peut-être un peu différente. Dans la mesure où on classerait davantage le réalisateur de Delivery Man dans la catégorie de ceux à qui les studios peuvent faire appel pour mener un projet à terme. Autrement dit, sa signature d’«auteur» se révèle plus discrète dans ces circonstances.

    Le cas de Jean-Marc Vallée est plus particulier. Déjà rompu à la production internationale grâce à The Young Victoria, le réalisateur québécois a réalisé Dallas Buyers Club dans un contexte complètement indépendant, avec un budget minuscule (pour ne pas dire ridicule) de 4,9 millions de dollars.

    «Comme le rôle exigeait une transformation physique importante pour Matthew McConaughey, nous avions peu de marge de manœuvre, m’avait-il expliqué. Ou bien on tournait le film à l’automne 2012 malgré tout, ou on abandonnait. C’était la seule fenêtre possible, tant pour Matthew que pour moi. Alors on s’est dit qu’on ferait ce film quand même, quitte à le tourner avec un budget de 4,9 millions plutôt que 7,5, en 25 jours seulement, et à la Nouvelle-Orléans plutôt qu’à Dallas. Je leur ai dit : Donnez-moi ma «gang» – Yves Bélanger à la photo et Marc Côté aux effets visuels entre autres – et on va tenter de faire des miracles !»

    C’est dire que Vallée a pu bénéficier du plein contrôle artistique. À l’époque de The Young Victoria, il avait dû faire des compromis car la vision des producteurs ne correspondait pas en tous points à la sienne. «Un moment donné, il faut choisir ses combats», s’était-il alors dit.

    Le cas Dolan

    Ce qui m’amène au cas de Xavier Dolan. Le cinéaste québécois, au bord de l’épuisement professionnel, n’est pas du genre à «choisir ses combats» justement. Il a préféré abandonner son projet de film américain plutôt que de le mener d’une façon qui ne l’aurait pas satisfait. The Death and Life of John F. Donovan, qu’il a coscénarisé avec Jacob Tierney, ne verra pas le jour. Du moins, pas avant un bon bout de temps.

    «Aux États-Unis, il n’y a pas 10 000 façons de faire, me disait-il récemment. Tu deviens quelqu’un au fil des projets qu’on te propose. Je pensais pouvoir entrer par la grande porte dorée et réaliser mon film en racontant l’histoire à ma façon. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Écrire et réaliser un film, c’est deux ans de ta vie. Et j’en ai juste 25. Je n’ai pas envie de réaliser un film seulement pour réaliser un film. Je ne peux pas faire ça. Or, pour pouvoir faire un film à sa façon aux États-Unis, il faut avoir un nom. Aux yeux des actrices et des acteurs que j’ai approchés, je n’existe pas. Ils me disent non ou alors, ils ne me répondent carrément pas. C’est aussi simple que ça.

    «Moi ce que j’aime dans la vie, c’est diriger des acteurs avec qui j’ai envie de travailler. Ma passion, c’est ça. Or, tu ne peux y parvenir aux États-Unis si tu n’as pas déjà fait des choses là-bas. Le «I dit it my way», ça n’existe pratiquement pas. C’est très rare. Là, je n’ai pas l’énergie, ni la force physique ou mentale pour hypothéquer deux années de mon existence pour me faire un nom aux États-Unis. Ça ne m’intéresse pas. Pis je m’en câlisse. Moi je veux raconter mes histoires et les mettre en scène avec des acteurs que je choisis. Et si c’est impossible aux États-Unis; s’il n’y a personne qui s’intéresse là-bas à mon travail parce que c’est en langue française et qu’ils ne veulent pas lire des sous-titres, ben tant pis. Tom à la ferme n’est pas acheté encore pour le marché américain !»

    On saura jeudi si Le règne de la beauté (Arcand) et Mommy (Dolan) feront partie de la sélection officielle du Festival de Cannes.

    Tom à la ferme a pris l’affiche en Grande-Bretagne le 4 avril. Il sort mercredi prochain en France.

    La fiche de Tom à la ferme sur Rotten Tomatoes.

    Xavier Dolan : vivre sa vie.

    Compte Twitter : @MALussier


    • Je ne crois pas les explications données par Xavier Dolan.

      Depuis le début de sa carrière, Dolan évolue en circuit fermé. Il ne fréquente que les gens qui l’aiment aveuglément. Son public est minuscule et composé se gens qui pensent déjà comme lui. Des gens qui continueront d’aller voir ses films, quelle que soit la qualité de ceux-ci.

      Depuis des années, il n’a jamais fait face à une vraie critique. Ceux qui n’aiment pas ses films et qui ne les visionnent pas (99% des Québécois et 99,9% des Français), sont souvent considérés comme des incultes qui ne comprennent pas le génie de Dolan.

      En allant aux États-Unis, Dolan a du faire face, pour la première fois de sa vie, à des gens qui ne se sentent pas obligés de le considérer comme un génie. Pire, des gens qui ne vivent pas sur le Plateau et qui ignorent l’existence de TLMEP. Cela a du le dérouter complètement.

      Je pense que les talents de Dolan sont grandement surestimés. Son passage aux États-Unis a du lui mettre cette réalité en face, et il n’a pas aimé.

      Vaut mieux pour lui de faire des films Québécois entièrement subventionnés, avec des publics minuscules et déjà acquis.

    • Dolan a droit de faire à sa guise mais son modus operandi fera en sorte que s`il se casse la gueule il trouvera bien peu d`alliés au Québec. Sa facon à lui d évoluer est de suivre un menu précis et de ne pas en déroger.
      Je ne gagerais pas contre ses chances de succes dans ce qu`il entreprends. Il a du caractere et ca en prend pour mener à bien quoi que ce soit.
      Difficile de juger une oeuvre sans prendre de la distance ou un minimum de perspective. Il furent nombreux les cinéastes du passé à ne pas être compris et à être aujourd`hui admirés . Je ne dis pas que ca arrive à tous mais il faut avoir la maturité de pouvoir se détacher de notre nombril québécois et du rendement des films comparativement à ce qui se fait ailleurs.

      Par ailleurs les cinéastes québécois au sens figuré et au sens propre sont ailleurs. Quand on voit leurs parcours on peut difficilement les blamer pour les choix qu`ils ont fait, au contraire.
      Il y a des frontieres physiques et artistiques que certains traversent avec assez d`aisance sans à avoir à faire de compromis dans ce qu`ils veulent explorer au cinéma. Ils peuvent tout aussi bien revenir au Québec demain matin mais c`est toujours ca le dilemme et je m`étonne que monsieur Arcand tombe dans le panneau. Le processus de création ne se controle pas et on ne peut à volonté faire des films qui vont faire du cash aux guichets ou faire des films strictement identifiables au Québec.

    • J’espère que vous n’avez pas la naiveté de croire Dolan, monsieur Lussier. Il y a un tas de monde prêt à embarquer sur n’importe quel projet à Hollywood. Dolan a surement été déçu par certaines rejections, mais il est possible de “partir de rien” et se faire un nom aux USA comme partout ailleurs. Pour les grands studios, là oui il faut attendre qu’on vienne te chercher, mais c’est utile je crois surtout pour un réalisateur qui compte utiliser beaucoup d’effets spéciaux. Et des travelling en slow-mo à la Wong Kar-Wai, bien, c’est pas un effet couteux.

    • Avant même sa sortie j’avais fait un prévision : les critiques de La Presse et de Radio-Canada seront dithyrambiques, à peine 15 000 têtes de pipe payeront leur entrée cinéma !

      Je ne crois pas que je vais me tromper ! Mais, au moins, le Québec tout entier va rayonner dans le circuit des festivals queer !

      Par contre, Dolan comme personne semble prendre une certaine maturité. Il est certes encore loin d’avoir atteint l’âge adulte, mais il est dans la bonne voie. Comme cinéaste, tant qu’il s’isolera dans des pastiches de films de l’époque de la Nouvelle Vague française et surtout dans les thématiques dignes des films du Montreal International LGBT Film Festival, le public ne sera pas au rendez-vous !

      Les acteurs américains vont où leurs agents leurs diront d’aller. Dolan s’est lui-même confiné dans un cinéma marginal, queer et de pastiche. Les agents hollywoodien ne risqueront pas d’envoyer leurs poulains chez la sensation des critiques cinéma québécois.

      Si Dolan convoite des acteurs de renoms, à l’instar de Jean-Marc Vallée, il devra se créer un traitement cinématographique personnel et sortir des pastiches et des sujets du champ gauche.

      Mais bon, s’il s’obstine à produire des films gai, c’est son droit, néanmoins, il devra se donner une approche plus émotive et moins ésotérique, moins esthétiques. Il devra se concentrer sur son sujet, sa quête et moins sur les effets de pastiche qui fait tant saliver les critiques chauvin québécois !

    • Comme ça on va rester pris avec, Dolan? Y devrait faire comme les autres, on va s’en remettre, tu nous enverras une carte postale.

    • Cher Monsieur Lussier

      Vous faite vraiment une fixation malsaine envers tout ce qui est Xavier Dolan (au point d’en oublier toute rigueur journalistique). Pourquoi ne pas devenir son public relation ?

      Si je comprends bien, rapporter les propos d’un cinéaste pour traduire le plus fidèlement sa pensée sur un sujet précis est un manque de rigueur journalistique. Merci, j’en prends note. Quant à la «fixation malsaine», il faudrait peut-être aussi en parler aux sélectionneurs des plus grands festivals de cinéma du monde. M-A. L.

    • Cher Monsieur Lussier

      Le problème n’est pas que vous rapporter les propos de monsieur Dolan mais plutôt que vous rapporter constamment ces propos. Vous conviendrez que votre couverture de monsieur Dolan dépasse en tout point (en mots et en nombres d’articles) celui des autres journalistes culturels.

      On peut en dire autant des Villeneuve, Falardeau, Côté, et de tous les autres qui se distinguent d’une façon ou d’une autre. Dolan est très présent dans l’actualité depuis cinq ans. Et il n’utilise jamais la langue de bois. Cela dit, vous serez sans doute heureux d’apprendre qu’il compte prendre une longue pause après la sortie de son prochain film. M-A. L.

    • C’est assez comique de lire des commentaires présumant que Dolan camoufle des rejets alors qu’il mentionne carrément s’être fait ignorer ou revirer par des acteurs ou actrices! Certaines gens abhorrent tellement déraisonnablement ce gars qu’ils ne sont même plus capables de lire correctement les retranscriptions de ses propos. Ce qu’il dit se place au contraire en droite ligne avec son intransigeance, en partie derrière une partie des impressions négatives qu’il suscite. Comme bien des traits de personnalité, l’entêtement constituera à la fois un défaut ou une qualité, selon les circonstances.

      J’ai envie de hurler quand je lis un commentaire comme celui de the_greatest. Le cinéma dit “queer” ou “gai” ne l’est qu’aux yeux du public qui décide de le catégoriser ainsi (j’oserai dire généralement par fermeture d’esprit). Les homosexuels ne se privent pas de se laisser toucher et émouvoir par des personnages hétéros. La simple idée de catégoriser des films sous l’étiquette “straight” et de considérer que c’est un défaut ne me serait certainement jamais venue à l’esprit avant de voir des cinéastes comme Dolan recevoir ce traitement. La vie d’Adèle, était-ce trop gai? Incapable de toucher à l’universalité? Cantonné à une niche?

      Un scénariste hétéro qui crée un personnage ne se demande jamais, à ce que je sache, si son personnage sera homosexuel ou hétéro. Il écrit d’emblée un personnage hétéro, sauf s’il décide de traiter de l’homosexualité comme sujet. Personne ne s’en formalise et c’est correct. Dolan fait exactement la même chose, mais de sa perspective homosexuelle et bam, la moitié du public chiale qu’il se restreint. Le plus comique si ce n’était à pleurer, c’est qu’à part pour Laurence Anyways, la diversité sexuelle n’est le sujet d’aucun des films de Dolan!

      Dolan a certes des défauts. Il se révèle souvent maladroit et il demeure clairement en apprentissage. (Ne le sommes-nous pas toute notre vie?) Qu’il prenne une pause pour étudier en histoire de l’art ne lui fera pas de tort. Mais s’il décidait de s’entêter à créer des personnages gais qui sont cinématographiquement intéressants pour autre chose que leur orientation sexuelle, ce sera tant mieux pour le cinéma (sans catégorisation), tant mieux pour la diversité sexuelle, tant mieux pour son oeuvre et tant pis pour le public qui n’a pas la sensibilité humaniste pour comprendre. S’il s’obstine sur ce point, ce n’est pas Dolan le perdant dans cette situation.

    • Merci zaclock pour votre commentaire.

      Je commençais à désespérer.

      Je lisais les derniers Cahiers où ils prennent des étudiants en cinéma français en entrevue. Puis ma surprise d’y lire une étudiante citant deux fois Xavier Dolan en exemple. C’est Denis Côté qui racontait récemment dans une classe de maître qu’il était à la sortie des Amours imaginaires à Rio et qu’il y avait une file incroyable de gens qui attendaient dehors, avec une température de merde. Puis il nous disait à quel point c’est étonnant et que ce n’était pas arrivé à aucun cinéaste québécois avant lui d’être une sensation comme ça.

      Ça n’a pas tellement rapport avec le commentaire de zaclock, mais c’est pour répondre aux autres commentaires. Qu’on aime les films de Dolan ou non, c’est notre opinion et on peut en débattre, mais de dire qu’il n’intéresse personne, ni au Québec, ni dans le monde, alors là c’est n’importe quoi et c’est ne pas être informé.

    • Quand je lis des niaiseries comme le fait que Dolan ne fait que des pastiches homos et que Jean-Marc Vallée a un “traitement cinématographique personnel”, je me dis que ça prend des cours de cinéma au Cégep, illico presto.

      La haine aveugle que certaines personnes entretiennent envers Dolan – qui n’est pas un réalisateur que j’affectionne particulièrement, soit dit-en passant – relève de je ne sais quoi, mais certainement pas de la critique de bonne foi.

    • Les acteurs et actrices américains doivent avoir leurs exigences et on ne sait pas avec exactitude les raisons de leur refus.

      Parce qu’ils ne le connaissent pas ? Possible. Mais ils peuvent aussi ne pas être intéressé au projet ou ne pas croire en son succès commercial ou bien vouloir un cachet trop important.

      Surtout si ce sont des gros noms… Ils peuvent choisir les réalisateurs avec qui ils veulent travailler pour maintes raisons.

      Mais je le sais pas, je crois juste qu’il y a sûrement des acteurs assez cinéphiles pour s’intéresser à des films de partout dans le monde et certains doivent le connaître mais pourrait ne pas correspondre au casting de son film.

      Il a quand même raison de croire qu’il faut avoir fait ses preuves sur le marché américain.

      Il n’est pas le premier à se faire dire non ou avoir un projet qui ne se rende pas jusqu’au bout.

      Il va avoir d’autres occasions de se reprendre.

    • @zaclock

      La Vie d’Adèle et les films de Dolan sont presque totalement ignorés dans la communauté homosexuelle du Québec et de la France.

      Ses films gagnent peut-être des prix dans des festivals de films gais. Mais ces festivals n’ont aucune envergure, et largement inconnus des gais eux-mêmes.

      @La_Russie
      “une étudiante citant deux fois Xavier Dolan en exemple”

      Une étudiante qui vit dans le même monde fermé que Xavier Dolan et ses amis. La revue Cahiers s’adresse à ces gens, et uniquement à eux.

      @Lussier
      “Dolan est très présent dans l’actualité depuis cinq ans”

      C’est Dolan qui est présent dans l’actualité, mais pas ses flms, que presque personne n’a vu. Et ceux qui ont vu ses films n’en parlent pas beaucoup non plus. C’est toujours du personnage qu’on nous parle.

      On essaye de nous vendre Dolan comme l’enfant terrible du cinéma Québécois, qui dérange et bouscule. Pourtant, je ne connais pas encore une personne, un groupe, une institution ou quoi que ce soit qui ait été dérangé par les films de Dolan.

      Dolan est d’abord et avant un fonctionnaire qui répète platement les positions gouvernementales.

    • Mon premier commentaire expliquait que le cinéma de Dolan n’était pas voué pour le seul public homosexuel comme certains veulent se le faire croire pour justifier leur désintérêt ou désaffection face à Dolan. Maintenant, de la même façon que les hétérosexuels n’accourent pas pour découvrir toute oeuvre culturelle qui contient des personnages hétérosexuels, les homosexuels non plus.

      Il est risible de supposer que parce qu’ils contiennent des personnages homosexuels, les films de Dolan ou La vie d’Adèle sont censés être des succès populaire dans la population homosexuelle. Les homosexuels ne vivent pas dans un univers parallèle où le débat plus large de savoir ce qu’est une oeuvre grand public n’existe pas, où il n’y a pas une division entre un public culturellement curieux ou allumé et un public plus “consommateur”. Une division, en somme, entre le cinéma comme source d’enrichissement culturel et artistique et le cinéma comme simple divertissement.

      La question s’étend au monde culturel en général, pas seulement au cinéma. M’enfin, sur cette question, je crois que nos jupons, celui de deret850 comme le mien, dépassent. Rouvrir ce débat sur la place de l’art et de la culture dans une société ne servirait à rien ici.

      Par curiosité, il serait où le seuil pour qu’une oeuvre culturelle ait été vue, en-dessous duquel personne ne l’a vu? Parce que ce n’est qu’une question de définition ici. La vie d’une oeuvre est quelque chose de complexe. Prenons le cinéma. Le film sort d’abord en salles. Il y rencontrera un public A. Il va sortir en DVD, où il obtiendra le public B. La vidéo sur demande donne C. Il va éventuellement sortir à la télévision, à Super Écran/HBO et autres chaînes plus généralistes avec le temps, D. Notons que le film risque de connaître diverses diffusions publiques (festivals, cinéma en soirée, projections à l’école…) qui ira donc chercher un public E. Et notons le facteur temps, F: chacune des diffusions déjà énumérées va se répéter à travers le temps, des années voire des décennies, de sorte que le public d’un film ne peut se compter qu’à ses six premiers mois d’existence. Enfin, au milieu de chacune de ces catégories, et ce, dès le jour 1, le film sera téléchargé, ce qui nous donne G. Donc, au bout du compte, un film sera vu par A + B + … + G = H.

      Si on analyse la question sur le volet spatio-temporel H, je suis pas mal certain qu’il faut mettre la barre du seuil très haute pour définir que “personne n’a vu un film de Dolan”. (D’ailleurs, il faudrait formuler la phrase “personne n’a ou n’aura vu un film de Dolan”.) Avec un tel seuil, il n’y a pas grand élément culturel francophone qui a ou aura été vu ou lu par quelqu’un.

      Bref, une critique recevable de Dolan ou de son cinéma n’existe qu’à un seul chapitre: la qualité de ses films. Point.

    • @zaclock

      “Il est risible de supposer que parce qu’ils contiennent des personnages homosexuels, les films de Dolan ou La vie d’Adèle sont censés être des succès populaire dans la population homosexuelle”

      Les films en question ne sont populaires ni chez les homosexuels, ni chez les hétérosexuels.

      Je n’ai rien contre les produits culturels marginaux, j’en consomme moi-même en quantité.

      Ma critique porte sur ceux qui essayent de nous faire passer des films moches et presque inconnus pour des oeuvres marquantes.

    • Bien oui, La vie d’Adèle c,est du cinéma de niche au Québec… Mais c’est aussi le cas pour la grande majorité des films québécois ou français.

      Pour revenir à Xavier Dolan je n’ai pas encore vu ces films sauf le premier que je viens de voir récemment.

      Bien , pour ma part j’ai trouvé que c’était un bon à très bon film, il mérite bien son trois étoiles et demi. Puis comme, à mon sens, il était bien tassé pas trop long bien au final je l’ai préféré à Crazy que j’ai vu lui en location il y a quelques années.

      Pour ”J’ai tué ma mère” le sujet n’est pas l’homosexualité même si le personnage l’est c’est sa relation avec sa mère.

      Pour Xavier Dolan et sa personnalité, il doit être capable de rire de lui-même étant donné qu’il double le schtroumpf à lunettes.

    • @pezzz
      Justement un petit cours de niveau cégep suffirait aux critiques de constater toutes les copies ( pardon “hommages et /ou emprunts)” tant cinématographique que littéraire des films de Dolan. ne pas les voir ou ne pas vouloir les voir relèvent soit de la mauvaise foi ou (encore pire pour un journaliste) de l’ignorance crase de l’histoire du cinéma.

      Monsieur Lussier
      “On peut en dire autant des Villeneuve, Falardeau, Côté, et de tous les autres qui se distinguent d’une façon ou d’une autre”

      Alors pourquoi ne pas parler autant d’eux que de Dolan ? Combien de Chroniques avez-vous écrit sur Dolan comparer à Villeneuve, Falardeau ou Côté?

    • @ lowtech

      Personne ignore que Dolan a des références très claires. Quand t’as 100 ans de cinéma qui te précèdent, à un moment donné, c’est normal que certains trucs reviennent. Oui, Dolan pige chez Godard, chez Wong, chez Hitchcock pour son dernier, mais en quoi c’est problématique?

      Comme disait Leos Carax, “le cinéma c’est comme une île, sur l’île y’a un cimetière, et des fois on va visiter le cimetière”.

      Je suis d’accord que pour les 2 premiers Dolan, les références étaient très pesantes et parfois mal intégrées. Mais je pense qu’à partir de son 3e, il a vraiment réussi à forger sa propre identité de cinéaste à travers ses influences.

      Essayez encore.

    • @pezzz

      Il ya une sacré différence entre piger à gauche et à droite comme Tarantino et reprendre exactement la même prise de vue de l’un, la même atmosphère de l’autre ou la même réplique d’un bouquin d’encore un autre. Une fois ou deux ça va, mais de faire une carrière en se fiant à l’ignorance culturelle des autres ( y comprit des journalistes culturels), c’est autre chose.

      Essayez quoi donc ?

    • “Denys Arcand ne s’exprime pas souvent devant les micros des journalistes de cinéma québécois.” Il fait “sa” diva?

      ” il va y avoir un trou avant que la relève prenne la place.” C’est relatif, j’ai vu “Marécages” dernièrement et entendu parler tant de “bons” films qu’il faudrait assurer Monsieur Arcand, avec tout le respect qu’on lui doit!

      “Finie l’époque où les plus grands talents internationaux quittaient leur pays d’origine (souvent pour des raisons politiques) afin d’aller s’installer à Hollywood, y épouser les valeurs américaines…” Bien tant mieux! Puisque ici on a le choix, on a la politique “lousse” on a pas peur de risquer avec notre identité, je pense à JMV!

      Nous voici au cas Dolan – hahaha! – qu’on aime bien. Comme d’autres l’ont dit sa personnalité dépasse ses films, si bien, qu’ici, on va commencer à l’apprécier quand il va se calmer. C’est parti pour ça!

    • En lisant de nombreux commentaires sur Dolan, on en vient à la simple conclusion que de nombreux québécois n’aiment pas les grandes gueules. C’est aussi simple que ça, il ne sert à rien de débattre.

      Par contre, quand Dolan dit que le “I did it my way” n’existe pas à Hollywood, il transpose son échec aux autres. S’il veut prendre des étrangers comme exemples, comment pourrait-il expliquer Villeneuve, Cuaron, Nolan, McQueen, Frears, Boyle, Cronenberg, Del Toro, Meirelles, Salles et d’autres? Plutôt que de dire que c’est de la faute du système, il devrait faire un peu d’introspection…

    • Pauvre monsieur Lussier, vous devez être découragé que les gens fixe sur Dolan de cette manière. Votre articles est très intéressant.

      Au sujet de Dolan, les gens qui le critique ne l’aime juste pas et n’ont généralement pas la patience d’écouter un de ces films ou tout simplement il n’ont jamais vu un. Rien à voir avec le fait d’être hétéro ou homo, je trouve qu’il a du talent et la maitrise de la caméra est impeccable et il ne fais que s’améliorer.

    • Pour ”J’ai tué ma mère”, je ne suis pas d’accord que les références sont pesantes. Je trouve qu’au contraire elles viennent alléger l’atmosphère du film. Peut-être qu’il soit croit très brillant de les faire ou pas il ne m’énerve pas, son personnage principal est un intello un peu pédant comme lui-même. Parfois, il énerve un peu mais ce film reste très bon sur les rapports entre un fils et sa mère ou les rapports entre un parent et un enfant.

      L’intello un peu pédant qui vous fait des dizaines de citations, vous n’êtes pas obligé de toutes les écouter et de les voir d’un coup mais quand vous le trouver malgré cela intéressant en autant que vous ne perdez pas le fil de son discours cela reste bon.

      La force du film ne réside pas là du tout mais dans le conflit entre le fils et la mère.

      On peut vouloir voir juste cela mais dans ce temps là, on ne fait qu’un exercice didactique, un devoir d’école un peu ennuyeux. Rien empêche de le faire mais avant de faire le devoir pour les profs il faut prendre plaisir à voir chaque film individuellement.

      Certains critiques ou personnes du public devrait aller faire le travail suivant que j’imagine pour des lycéens français :

      http://www.kinema.fr/outilspedago/dossierspedago/JaiTueMaMere-Dossier.pdf

      Rien de mal là-dedans mais c’est pour faire plaisir aux profs ou aux parents d’abord… LOL

      Comme Xavier Dolan-Tadros dans sa pub de pensionnat :

      https://www.youtube.com/watch?v=P3RJ1KHH9r4

      Rien à voir avec se fier avec l’ignorance culturelle… N’importe qui de moindrement allumé le sait que l’ami intello est en train de nous réciter de la poésie, de nous parler de la peinture d’un tel, du film d’un autre.. Rien de grave de ne pas toutes les voir ou même de ne pas toutes les connaître et on a pas à en avoir honte.

      Comme on voit le rôle de sa mère dans le film et même si on appuie souvent le fils on se dit souvent qu’elle n’est pas si pire que cela. Puis c,est pas vrai que la mère d’Antonin est si cool que cela, dans certaines scènes on peut se dire qu’on préfère celle du personnage principal à tout prendre.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    février 2009
    L Ma Me J V S D
    « jan   mar »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    232425262728  
  • Archives

  • publicité