Marc-André Lussier

Archive, mars 2014

Lundi 31 mars 2014 | Mise en ligne à 20h50 | Commenter Commentaires (2)

Il y a 30 ans… Marvin Gaye.

Gaye - 1

Marvin Gaye

You know we’ve got to find a way
To bring some understanding here today

Le 1 avril 1984, Marvin Gaye s’est interposé dans une dispute entre ses parents. Prenant le parti de sa mère, le prince de la soul, auteur de l’album phare What’s Going On, a été assassiné par son propre père. Il était âgé de 44 ans.

Depuis cette mort tragique, bien des projets de «biopics» (pour reprendre une expression bien française) ont été pressentis, sans que jamais aucun n’aboutisse. Le plus récent en date, un drame biographique intitulé Sexual Healing, semblait pourtant bien mis sur les rails. Mais la production de ce film réalisé par Julien Temple, un cinéaste qui a plutôt fait sa marque dans le domaine du vidéoclip et du documentaire, a été stoppée, minée par de trop graves problèmes financiers. Jesse L. Martin, vu notamment dans Rent et dans la série télévisée Law & Order, devait incarner le célèbre interprète de Let’s Get It On.

Dans un excellent texte mis en ligne par le site français Slate.fr, on retrace toutes les histoires des projets de films avortés. L’auteur de cet article, Nathan Reneaud, avance aussi que la production de Sexual Healing serait déjà tellement bien lancée que l’espoir d’une reprise du tournage ne serait pas du tout exclu. On le souhaite.

Marvin Gaye, une malédiction de cinéma (Slate.fr)

Marvin Gaye n’a jamais entretenu de liens étroits avec le monde du cinéma. On lui connaît en fait une seule trame sonore originale. Il s’agit de celle – excellente – du film Trouble Man, un film d’Ivan Dixon éminemment oubliable (issu dans la mouvance de Shaft), mais à travers lequel Gaye révèle un indéniable talent pour la musique de film.

You know we’ve got to find a way
To bring some lovin’ here today


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Vendredi 28 mars 2014 | Mise en ligne à 10h58 | Commenter Commentaires (42)

Les exploitants s’interrogent. Et Christopher Nolan aussi.

Chris Nolan - 1

Christopher Nolan

Les salles nord-américaines ont perdu 11% de leur clientèle en 10 ans !

Comme je le mentionnais plus tôt cette semaine, le gratin du milieu de l’exploitation en salles était réuni à Las Vegas à la faveur de CinemaCon, le congrès annuel de la National Association of Theater Owners. Les gens de l’industrie du cinéma américain aiment bien mettre de l’avant les chiffres qui, d’année en année, laissent croire qu’on fracasse des records au box-office. Mais ils doivent maintenant faire face à la réalité.

Et cette réalité n’est pas aussi rose qu’on voudrait bien nous le faire croire. Bien entendu, les revenus augmentent. En 2013, l’exploitation des films dans les salles d’Amérique du Nord a généré des revenus de 10,9 milliards de dollars, soit 100 millions de plus que l’année précédente (10,8 milliards). Rappelons que le Canada et le Québec font partie du marché intérieur des États-Unis en matière d’exploitation. Ce scandale n’émeut d’ailleurs personne depuis 90 ans.

Graphique MPAA - 1

Avec les multiples fourchettes de prix, lesquelles découlent des films en 3D, des salles IMAX, Ultramachin et autres DBox, l’industrie parvient ainsi à gonfler artificiellement ses statistiques. Selon des chiffres dévoilés dans le rapport de la Motion Picture Association of America, auquel a fait écho le Wall Street Journal, les salles de cinéma nord-américaines ont perdu 11% de leur clientèle en 10 ans, bien qu’on note une augmentation de revenus de 17% durant la même période !

11% moins de spectateurs entre 2004 et 2013, c’est beaucoup.

En 2013, les salles nord-américaines ont attiré 1,34 milliard de spectateurs plutôt que 1,36 en 2012. Une baisse de 1,5%. Et ça se poursuit d’année en année. Et en passant, personne là-bas n’a encore blâmé les créateurs (je dis ça de même). On reconnaît tout simplement que la façon dont on «consomme» les films s’est profondément transformée avec l’arrivée des nouvelles technologies et des multiplateformes. Cela dit, l’industrie hollywoodienne peut maintenant compter sur les marchés étrangers pour se refaire. L’Asie constitue en outre un marché très florissant.

Pour encourager les Américains à retrouver le chemin de salles, la NATO songe à instaurer une politique qui a cours depuis longtemps dans les salles canadiennes : les billets moins chers une journée dans la semaine. «Une partie de la population n’a pas les moyens d’aller au cinéma le vendredi soir», a déclaré John Fithian, président de l’Association des propriétaires de salles, lors de son discours annuel à CinemaCon.

On compte mettre bientôt à l’essai cette politique dans un État et l’étendre ensuite progressivement aux États-Unis. Pour que celle-ci fonctionne, il faut toutefois l’accord de l’ensemble des chaînes. Pas évident.

Le support «film» pour Christopher Nolan

Par ailleurs, Christopher Nolan, qui proposera Interstellar un peu plus tard cette année (le 7 novembre), a aussi pris la parole au cours de l’événement. Le cinéaste a une fois de plus lancé un vibrant plaidoyer en faveur du support «film», supérieur au support numérique selon lui. Il est d’ailleurs l’un des rares cinéastes à tourner ses films sur pellicule.

«Le film reste le meilleur moyen de capter une image et de la projeter, a-t-il dit. C’est aussi simple que ça. Et je me fie à ce que je vois en tant que cinéaste. Je suis en faveur de toute avancée technologique en autant qu’elle surclasse ce qu’il y avait auparavant. Or, aucune des nouvelles technologies n’a fait cela à mon avis.»

L’ennui, c’est que les studios annoncent déjà leur intention de mettre fin à l’envoi de copies 35mm dans les salles. Lesquelles, de toute façon, sont converties au numérique. Le studio Paramount, qui distribuera Interstellar, fut d’ailleurs le premier studio à en faire l’annonce officielle. Une exception sera toutefois faite pour le film de Nolan.

«Je vais dans les salles pour voir mes films, a ajouté Chris Nolan. Trop peu de cinéastes se donnent la peine de le faire. Et trop peu de gens de notre industrie passent assez de temps dans les salles pour vérifier le produit final.»

Pour plus de détails à propos de cet échange avec Christopher Nolan, au cours duquel il a beaucoup parlé d’Interstellar, je vous invite à lire l’article du Hollywood Reporter (dans les liens proposés plus bas).

Quant à l’exploitation des films en salle, il est clair que les prochaines années seront critiques. Bien malin celui qui peut présentement prédire comment tout cela tournera.

Les liens :

Fewer Americans Go to the Movies (Wall Street Journal).

Christopher Nolan : Hollywood Reporter Q & A.

Interstellar aura comme un arrière goût de Star Wars (Le Figaro)

Un premier studio renonce à la pellicule (Jozef Siroka)


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Gerontophilia - Affiche

Sorti hier à Paris, le plus récent film de Bruce LaBruce, tourné à Montréal avec plusieurs comédiens d’ici, reçoit un accueil généralement très favorable de la part de la critique française.

Ce film au thème provocant (mais délicat dans son traitement) a été lancé à la Mostra de Venise avant de faire la grande tournée des festivals. Il a notamment fait l’objet d’une présentation au Festival du nouveau cinéma l’automne dernier. En principe, ce long métrage devrait gagner nos salles a début du mois de mai.

Rappelons que le cinéaste canadien a établi sa réputation en intégrant le monde de la porno gaie dans son cinéma. Dans ce film de facture plus classique, le réalisateur de L.A. Zombie aborde la question des relations intergénérationnelles en évoquant le désir sexuel qu’éprouve un jeune homme (Pier-Gabriel Lajoie) pour un octogénaire…

Bruce LaBruce présidera le jury de la Queer Palm au Festival de Cannes.

Quelques liens :

Trois questions à Bruce LaBruce (La Presse)

Le tableau critique d’Allo Ciné (allocine.fr)

La bande annonce française :


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