Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Vendredi 7 février 2014 | Mise en ligne à 17h38 | Commenter Commentaires (68)

    Les cinéastes québécois ne méritent pas ce mépris

    Guzzo - 1

    Vincent Guzzo réclame des films «que le monde veut voir»
    (photo : Robert Skinner – La Presse)

    On peut difficilement demander aux créateurs de renier leur nature et leurs pulsions créatrices. Nos films sont sombres ? Ben oui. Le Québec l’est.

    Ça y est. Le débat est relancé. Pour une énième fois. Comme s’ils faisaient inlassablement tourner un vieux disque usé, les chantres de la rentabilité à tout prix – une vision complètement irréaliste dans le contexte québécois – réclament des «films que le monde veut voir». Comme si une recette miracle existait pour attirer les spectateurs dans les salles. À l’antenne du 98,5, à l’émission de Paul Arcand, Vincent Guzzo a même lancé l’idée de sondages menés auprès du public afin que les gens puissent s’exprimer et faire part de ce qu’ils souhaitent voir au cinéma. On pourrait ainsi produire des films en conséquence. De l’art par sondage ? Hum, pas sûr. Je doute que Leonard de Vinci ait effectué un sondage auprès du public avant de peindre sa Joconde…

    Je ne reviendrai pas sur les arguments avancés par ceux qui font une équation simpliste des chiffres et qui estiment qu’un investissement en matière de culture équivaut à jeter de l’argent par les fenêtres. Ceux-là ne voient dans tout cela qu’un honteux gaspillage de fonds public. Un tournage de film, même s’il s’agit d’un film pointu qui, lors de sa carrière en salle, n’attirera qu’une poignée de spectateurs, fait pourtant rouler l’économie. Emplois directs et indirects à la clé.

    En fait, ce qui me désole surtout dans ce discours, c’est cette façon de pointer du doigt les plus grands coupables : les créateurs. C’est sur eux que pèse la responsabilité de raconter de «bonnes histoires qui peuvent plaire au public». C’est à eux qu’on dit qu’il faut «mieux travailler les scénarios». Quand un projet est initié par un producteur, oui, assurément. Ou quand un film est produit dans un contexte plus «commercial». Si, par exemple, une équipe de scénaristes avait été mobilisée pour en réécrire le scénario, peut-être que Hot Dog aurait été moins indigeste. Mais qu’on laisse les auteurs de films plus personnels tranquilles. Ils ne méritent pas cet acharnement. Ni ce mépris.

    À vrai dire, les auteurs d’ici font un travail remarquable. Avec très peu de moyens. Je le répète, le cru québécois 2013 fut d’une qualité générale exceptionnelle. Un intervenant important du milieu du cinéma, dont je tairai le nom parce que l’entrevue n’a pas encore été publiée, a utilisé auprès d’un collègue une formule très juste pour décrire la situation : «Au Québec, les films qui attirent peu de gens, on les fait bien. Ils voyagent dans les festivals et remportent des prix. Maintenant, les films qui seraient censés attirer le grand public, il faudrait peut-être aussi «bien» les faire»… Et voilà.

    C’est en effet du côté des productions à vocation populaire – ces films-là coûtent plus cher à produire – que le bât blesse. Vrai qu’on en produit moins qu’à une certaine époque. Pour maintenir un sain équilibre, il faudrait en proposer davantage. Cela dit, il est faux de prétendre que les films d’auteurs ne peuvent séduire le grand public. De C.R.A.Z.Y. à Gabrielle, en passant par Incendies et Monsieur Lazhar, plusieurs œuvres de cette nature ont su attirer les foules. Parfois même de façon imprévisible.

    Des questions jamais réglées

    Aussi peut-on difficilement demander aux créateurs de renier leur nature et leurs pulsions créatrices. Nos films sont sombres ? Ben oui. Le Québec l’est. En majorité, les habitants de ce pays sans bon sens ont le mal-être collectif inscrit dans leur ADN depuis la Conquête. Le climat, la pauvreté, la dureté de la vie, et, surtout, les questions identitaires jamais réglées. Il suffit d’une simple étincelle pour que toutes les insécurités séculaires remontent à la surface. Qui de mieux que les artistes pour nous pousser dans nos derniers retranchements ? Pour nous faire réfléchir à ces questions ? Et que dire de ces créateurs venus d’ailleurs, issus d’autres cultures, qui peuvent porter sur notre société un regard différent, nous en révéler un aspect inédit ?

    Plutôt que d’en appeler au démantèlement de l’industrie (certains fantasment à l’idée de laisser la culture en pâture aux lois du marché et de carrément mettre la hache dans tous les programmes de subventions pour le cinéma), il faudrait peut-être réfléchir à la question suivante : Pourquoi un film plus «austère» comme La neuvaine (Bernard Émond) a pu attirer près de 70 000 spectateurs en 2005 et qu’Une jeune fille (Catherine Martin) en a attiré à peine plus de 2000 en 2013 ? Sommes-nous désormais trop réfractaires à tout ce qui n’est pas formaté ?

    Voici la liste des films de fiction québécois sortis en salle en 2013. Du côté des films à vocation commerciale, seul le beau Louis Cyr (bien soutenu par la critique soit dit en en passant) a su tirer son épingle du jeu. Hot Dog et Lac Mystère ont été de gros flops. Amsterdam a mieux «performé» que prévu. Il était une fois les Boys, plutôt raté, est loin d’atteindre les mêmes scores que ses prédécesseurs. Du côté des films d’auteurs, quelques faux pas aussi (le vraiment très mauvais La maison du pêcheur, et puis, Rouge sang, 1er amour, Émilie). Mais dans l’ensemble, la cinématographie québécoise n’a pas à rougir. La moyenne au bâton – sur le plan créatif s’entend – est même franchement impressionnante.

    Nombre d’entrées en salle *

    Louis Cyr 473 370
    Il était une fois les Boys 159 140
    Gabrielle 155 727
    Amsterdam 64 269
    Le démantèlement 59 676
    La légende de Sarila 47 441
    Hot Dog 41 193
    L’autre maison 32 553
    Lac Mystère 26 506
    Sarah préfère la course 19 167
    La maison du pêcheur 13 504
    Roche Papier Ciseaux 12 548
    Vic + Flo ont vu un ours 8 338
    1er amour 6 505
    Les 4 soldats 5 086
    Rouge sang 4 500
    Catimini 4305
    Triptyque 4 169
    La cicatrice 3 517
    Chasse au Godard d’Abbittibbi 2457
    Une jeune fille 2 374
    Le météore 2 242
    Émilie 2031
    Diego Star 1 160
    Les manèges humains 1 361
    Ressac 670
    * Données compilées par Charles-Henri Ramond du site Films du Québec.

    Un petit coup de gueule

    Je termine avec ce petit coup de gueule qu’a publié Jean-Nicolas Verreault sur sa page Facebook. Je le reproduis ici avec la permission de l’acteur :

    Écoeuré qu’on parle du cinéma québécois comme on parle d’une saison de hockey. C’est un travail d’équipe, certes, mais c’est d’abord un acte solitaire, un élan créatif, une envie de raconter une histoire qui nous touche, nous parle, un trop plein d’émotion qu’on doit coucher sur papier. Un auteur est souvent seul avec ses idées, ses envies, ses passions, ses démons… Alors quand j’entends des commentaires comme «faut se forcer pour écrire des meilleurs histoires…», je sens en moi monter une certaine révolte. J’ai l’impression d’entendre des slogans simplistes de coachs de hockey qui diraient à leurs joueurs «Heille les boys, va falloir se forcer à être sua puck en premier parce que comme c’est là on a une estie de saison d’marde!» À ce que je sache, des auteurs de talent et inspirés il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Qu’on s’occupe plutôt d’avoir une meilleur diffusion de nos films. Être envahi de films formatés d’avance, inodores, incolores et sans saveur, comme l’industrie américaine est habituée de produire, fait de nous des consommateurs aseptisés et incapables d’apprécier et de décoder d’autres façons de raconter des histoires. Comme pour la bouffe, si à longueurs de semaine on ingère du McDo il est bien difficile d’apprécier par la suite des produits de qualité et des plats un peu plus complexes. Ça se développe!

    Soyons fiers de ce que nous avons accompli, parlons-en le plus possible à notre entourage, soyons intraitable sur la promotion. Il y aura toujours de bonnes et de moins grandes années. Fuck les stats et les chiffres!!!

    By the way, il y a sûrement d’excellentes histoires qui n’ont pas été retenues, traînant sur des tablettes, qui ne demandent qu’à être dénichées…

    Les liens :

    Vincenzo Guzzo : faire des films que le monde veut voir (La Presse)

    Cinéma québécois : Antoine Bertrand brasse la cage (La Presse)

    Vos $ financent trois futurs blockbusters québécois ! (Lise Ravary)

    Marc-André Grondin réplique à Lise Ravary (Le Journal de Montréal)

    Public où es-tu ? (Nathalie Petrowski)

    Vincenzo Guzzo a tout à fait raison (Guy Fournier)

    Misère…

    Et puis, comme quoi ce débat est loin d’être nouveau :

    Philippe Falardeau réplique à Vincent Guzzo (15 novembre 2012)

    Compte Twitter : @MALussier


    • ..@M-A.L: Vous dites: »Les cinéastes québécois ne méritent pas ce mépris»

      Et je suis to-ta-le-ment d’accord.

      Tous ces imprécateurs, y compris ce bon M. Guzzo, n’ont rien à faire de la diversité artistique. Tout est ramené au Dieu fric. Triste. Si le mécénat n’avait jamais existé, de combien de chefs d’œuvre aurions-nous été privés?

      Même si , personnellement, je puis trouver ennuyeux un film «encensé par la critique», voire primé dans un festival, je suis heureux pour celui ou celle qui l’a produit et je ne fais pas de l’urticaire parce qu’une infime partie de mes impôts lui a été consacré. Et croyez-moi, de l’impôt j’en ai payé une «coche» quand j’étais sur le marché du travail et je continue d’en payer même retraité.

      Quant à pouvoir identifier à coup sûr un talent ou un film qui va rapporter gros, bonne chance.

      À cause des emplois que j’ai occupés, j’ai eu la possibilité de venir en aide à des créateurs et vous seriez surpris de voir le cheminement de carrière de certains auxquels peu de «subventionneurs» potentiels prêtaient attention tant leur démarche artistique était à côté de la norme des porteurs de complets trois pièces dont, pourtant, je faisais partie.

      Aujourd’hui, aucun de ces gens pourtant très critiques refuseraient d’être vus en compagnie de ces désormais vedettes. Ils en seraient même honorés. Mais ils ne pourraient pas dire qu’ils l’ont aidé, même du bout des lèvres. C’est bien pour dire, vous ne trouvez pas? Moi, j’ai la fierté de pouvoir juste murmurer et non pas crier sur les toits: «Moi, j’étais là au début»

      Alors, s’il vous plaît, serait-il possible que l’on cesse de vociférer cette espèce de mépris sur ce qui est, pour le moment, artistiquement marginal mais qui contribue néanmoins à bonifier notre environnement du tout à l’argent? Et cela ne nous coûte que quoi? Cinquante «cennes» par habitant par année? Même pas une demi cannette de Coke par année? Come on! Si on en est rendus là, autant accepter de disparaître, et vite, ça presse.

      En attendant, je vais continuer à être d’accord avec l’aide aux créateurs à même les impôts que je paie. Et je vais continuer à aller au cinoche voir des films que n’aiment pas M.Guzzo et ses semblables.

    • Chacun son métier et les cochons seront bien gardés. Tout simplement.

      ” Vincent Guzzo a même lancé l’idée que des sondages devraient être faits auprès du public afin que les gens puissent s’exprimer et faire part de ce qu’ils souhaitent voir au cinéma. ”

      Veut-il se faire producteur de cinéma ? Et qu’est-ce qui l’empêche de faire des sondages du genre et si des producteurs et cinéastes plus commerciaux sont intéressés, cela les regardera…

      Toujours et encore la politique…

      Pour moi, avec la règle actuelle… Que les cinéastes fassent les films qui leur tentent mais Guzzo a assui le loisir de passer les films qui croit-il ont un potentiel commercial ou encore bien il prend une chance. Donc juste un week-end ou deux et ensuite beu-bye ?

      Lui, la rentabilité est une condition obligatoire pour la survie de son commerce.

      Cela l’autorise pas à imposer sa vision aux autres mais il a le droit à son opinion et de faire du commerce comme il l’entend.

    • Verreault parle d,avoir plus de diffusion ? Bien justement, il faut plus alors de programmes à la ciné-qualité et peut-être même des ententes à certaines heures avec les gros joeurs pour leurs salles…

      Il faut compenser le vendeur de Pop Corn pour les pertes subies si on veut qu’il diffuse les oeuvres d’ici plus longtemps…

      à moins de les diffuser encore plus et ailleurs dans les municipalités, les écoles…

      Dans les municipalités, les villes peuvent pourtant diffuser du cinéma américain qui n’a même pas besoin d’aide mais ces films peuvent apporter de la joie aux enfants pareil. Ce sont les familles qui sont aidées plus que le cinéma…

    • Intéressant votre article. Selon moi le pire problème c’est le manque de visibilité des films québécois. C’est vrai que 2013 a été une année exceptionnelle mais la plupart des gens n’ont jamais entendus parler de ces films.

      Une solution simple serait de garder un segment dans une émission comme TLMP où ils feraient la promotion des films qui sortent dans la semaine à venir. En faisant ca tu fais connaitre le film à 1.2 M de personnes. De toute façon TLMP c’est un show de promotion.

      Une chose que je déplore également c’est le fait qu’on parle seulement des films qui performent dans les festivals. D’un côté tu as les gens comme Guzzo qui ne parlent que de profit et de l’autre tu as les gens de l’industrie qui semblent s’intéresser seulement aux récompenses.

      D’ailleurs ça c’est un autre débat, le cinéma Québécois est rendu un cinéma de festival. Et c’est peut-être pour ça que ça rejoint moins les gens. Il n’y a pas grand-chose de Québécois dans notre cinéma.

    • Il serait peut-être temps M. Guzzo commence une carrière de producteur. Il pourrait ainsi nous montrer concrètement ce qu’il entend par «films que le monde veut voir». Et on pourrait mesurer aussi concrètement le taux de réussite de sa recette miracle. Quelque chose me dit qu’il n’aurait même pas la note de passage selon ses propres critères d’évaluation…

    • Monsieur Lussier, je vois des films français, québécois et américains mais quand je paie 10 $ pour aller voir un film, je m’attend à être ému et à passer un bon moment. Malheureusement, il arrive souvent que les films québécois que je vois sont plates, pas par manque de moyen mais par manque de scénario. On cherche le message mais on ne le trouve pas car on dirait que seul le scénariste comprend le sens de son film. Par ailleurs, quand vous dites qu’un tournage de film, même s’il s’agit d’un film pointu qui, lors de sa carrière en salle, n’attirera qu’une poignée de spectateurs, fait pourtant rouler l’économie, vous démontrez que vous n’êtes pas fort en économie. Faire travailler du monde pour produire un film qui va générer 1000 entrées et qui va ensuite disparaître dans les entrepôts de l’ONF, c’est comme payer des gens pour rien et ça n’apporte rien à l’économie.

      La carrière d’un film ne se limite plus qu’à sa carrière en salle. M-A. L.

    • Pour les films sombres et bien Guzzo a quand même un bon point. C’est vrai qu’il y a une tendance aux films sombres au Québec. Comme si quelqu’un avait décidé que le cinéma ne devait pas être quelque chose de fun et qu’un grand film se devait d’être sombre.

      On s’ennuie parfois d’un Gilles Carle qui faisait un cinéma très vivant. Remplis de lumière. En fait Gilles Carle c’est l’opposé de Denis Côté. Son cinéma était tout sauf nihiliste.

      Et j’aime les deux cinéastes, ce n’est pas ça le point. C’est juste que comme le dit l’expression : ‘Pessismis is not always deep. Optimism is not always dumb’.

    • On aimera pas ma solution mais j’en metterais plusieurs aussi en ligne et gratuitement…

      Je tuerais le marché du DVD et de la vente après ? Bien, au moins des intéressés, plus de gens verraient ces films.

      L’expérience en salle est meilleure c’est sûr mais cela donnerait au moins un certain avant-goût.

      Oui, je les metterais en ligne pour des périodes de temps données… Ensuite on les retire, les remet plus tard…

    • D’accord avec vous de manière générale, Monsieur Lussier.

      Toutefois, je ne suis vraiment pas d’accord avec vous lorsque vous dite que le Québec est sombre. Il y a un gros spin décliniste dans les médias au Québec depuis trop longtemps et une bonne partie de ce discours est fortement exagérée.

      D’un point de vue extérieur, le Québec ne va pas si mal. Pour cette raison, je ne me reconnais pas (et je ne reconnais pas le Québec ) dans les œuvres de fictions (films ET séries télévisées) très sombres qui sont produites au Québec depuis plusieurs années.

      MF Bazzo posait la question pour la télé à Bazzo.tv: est-ce que nos personnages de télé sont trop déprimés?
      Ma réponse: oui, il le sont.

      Ces films et séries ont beau être excellente (souvent, ils le sont), il reste que la vie au Québec à notre époque n’est pas aussi morose que ce qu’on nous montre. Ça nous prend autre chose pour réfléchir sur notre société. Il y a d’autres question importantes. Il y a moyen de sortir le cinéma québécois de ces crises intérieures psychologiques .

      Des films comme Incendies ou Monsieur Lazhar réussissent à le faire en abordant des sujets plus vastes et que le sempiternel “moi-intérieur”.

      N’y a-t-il pas place à plus de diversités dans le point de vue exprimés dans nos films d’auteurs? Sortons de la torture psychologique et parlons-donc aussi un peu du social et du politique. Ça nous aiderait sans doute à respirer.

    • ..@pierrala,19h23: Vous dites: « Faire travailler du monde pour produire un film qui va générer 1000 entrées et qui va ensuite disparaître dans les entrepôts de l’ONF, c’est comme payer des gens pour rien et ça n’apporte rien à l’économie.»

      Si je disais: Fabriquer des avions de chasse qui ne vont jamais chasser d’ennemis; bâtir des navires de guerre qui ne vont jamais à la guerre; payer des militaires pour s’entrainer à des guerres qu’ils ne feront jamais. Ça aussi ça n’apporte rien à l’économie??

      Qu’en pensez-vous?

    • Je ne vois pas pourquoi les propos de Guzzo sont considérés dans un blogue sur le cinéma. Guzzo est un businessman, point. Il “vend” du cinéma comme on vend des bas blancs au marché aux puces. Qu’il programme du Michael Bay dans 75% de ses salles, je m’en contrecr… De toute façon, il ne sert à rien de discuter 7e art avec un crétin pareil. Pour lui, un film n’est qu’un véhicule pour vendre du popcorn.

      Pour ce qui est de nos films sombres : perso quand je vois un film sombre mais excellent, je suis pas mal de meilleure humeur que lorsque je vois un film “joyeux” mais poche.

    • Je vais de moins en moins au cinéma à cause des films poches que réclame à grands cri Mr Guzzo. Je n’y vais même plus pour des films qui m’intéresserait normalement.

      Je parle souvent de Star Wars qui est mon péché mignon, mais des films comme “tout est parfait” me touche et m’intéresse beaucoup plus. Je parle de ce film pcq j’ai entendu la toune des Loco Locass aujourd’hui. J’aurais pu en nommer plusieurs autres.

    • Puisque monsieur Couture et pierrala parlent d’économie…

      Je dois donner raison en partie à pierrala…

      C’est une mauvaise manière de mesurer l’apport à l’économie. Il faut plutôt parler d’un bien public et autant la culture, notre patrimoine que la défense nationale sont des biens publics.

      Bien semi-public pour le cinéma car il y a à la fois un caractère de bien privée, votre sortie au cinéma et de bien public, l’apport au cinéma d’ici à notre culture générale et à la valorisation de celle-ci.

      Pour les retombées économiques ou encore la création d’emploi ce sont plus souvent des objectifs sociaux dans le but d’aider ou encore des retombées politiques qui sont calculées.

      Mais pour l’économie, il faut parler de biens publics.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Bien_public

      C’est l’oeuvre son passage à travers le temps et ce qui reste dans la mémoire des québécois qui est un bien public, la fierté nationale aussi, l’événement…

      Un film comme Hot Dog a une faible valeur comme bien public et en plus comme bien privé aussi…

      Guzzo lui s’intéresse d’abord aux films qui croit-il auraient une forte valeur comme bien privé. Et c’est normal. Ce sont ses profits qui l’intéressent.

    • Pour Marc-André Grodin, il fait bien de répliquer à Lise Ravary mais il se trompe de définition…

      Ce n’est pas du mécénat.

      Le mécénat ne eut pas provenir de l’État mais plutôt du privé par des fondations et des millionnaires. ce qui est souvent découragé au Québec de peur notamment de perdre des subventions.

      Cela ne veut pas dire que l’intervention de l’État n’a pas sa place, on est dans les inefficacités du marché.

      Évidemment ceci est une lecture économique donnée. Plusieurs points de vue sont possibles selon plusieurs écoles et en fonction des opinions de chacun.

      Combien faut-il mettre d’argent et dans quels films faut-il le mettre ? Cela va rester une lutte politique.

      Le film qui gagne à l’étranger dans les festivals … bien bravo mais on pourrait pas le présenter aux québécois plutôt et à un plus grand nombre de Québécois ?

      Bien oui, même gratuitement sur une plateforme web car ils ne sont pas là de toute manière pour leur rentabilité commerciale…

      Et là vous demandez à avoir des mécènes et commanditaires pour financer cela…

      Des mécènes ? Daniel Langlois cela est un mécène. Moses Znaimer en est un autre avec la cinémathèque.

    • Excellent texte M. Lussier et Bravo à Jean-Nicolas Verreault pour son envolée!

    • Mauvais problème, mauvais débat, comme toujours. Pour mieux nous étourdir on nous parle du mauvais problème, alors forcément que toutes solutions seront en vaine. Mais qu’à cela ne tienne, car pendant ce temps l’industrie se donne bonne conscience, prétextant chercher des solutions. Il est vrai que de nous attirer sur de fausse pistes, cela évite de parler des vraies choses, ce qui fait totalement l’affaire des gens en place. Après tout, personne ne souhaite s’assoir sur le siège éjectable et personne ne voudrait faire perdre le job à ses amis.

      Le VRAI problème de notre cinéma provient paradoxalement de ce qui le maintien en vie, son poumon artificiel, et j’ai nommé; le financement publique. Non pas dans son existence mais dans sa forme. Ce petit groupe de gens qui, avec l’argent de 7 millions de contribuables, se donne du bouleau entre eux, sans arrêt et sans jamais se remettre en question eux même. Ces gens même qui aiment nous laisser croire que ce sont les meilleurs qui travaillent.

      Et si le problème c’était eux? Ou leurs tits-amis? Si de nouvelles personnes géraient les fonds de la SODEC et de Télé Films Canada – des gens qui n’ont pas de tits amis dans l’industrie – verrions nous toujours les mêmes travailler? Nous laisser prétendre qu’il n’y a que quelques cent acteurs et actrices dont une dizaines pouvant tenir les rôles principaux et faire vendre des billets (si au moins ils le pouvaient), ça fait leur affaire, non?

      Mais si justement les gens étaient tanner de revoir toujours les mêmes acteurs, dans les mêmes histoires, raconté par les mêmes personne? Et si à la place de vouloir recréé de dernier film qui à fonctionné l’année dernière ou il y a 15 ans (Les Boys, Omertà), on essayait de nous faire découvrir de nouvelles choses? Et si les cinéphiles étaient tanné de se faire avoir par de mauvais films québécois supposer être des hits commerciaux? Et si les gens ne voulaient pas aller au cinéma pour voir les mêmes qui sont dans dans tout les émissions/quiz/variété/platitudes télé? Et si ce n’avait pas été Antoine Bertrand qui avait attiré les 4 millions $ au box office mais plutôt l’histoire qui suscitait de l’intérêt? Oui si ça avait été quelqu’un d’autre que l’enfant de la télé dans le rôle principal, quelqu’un de plus crédible qu’on n’associe pas nécessairement au Bougon, à un quiz télé, à une annonce de Ford ou Quantum Finish, ce pourrait-il qu’il ait fait encore plus d’entrée? Après tout, je ne dois pas être le seul à être resté à la maison parce que j’en ai fait un overdose.

      Si à la place nous avions de vrais acteurs destiné au cinéma? Vous savez, je parle des 7500 autres membres de l’Union des Artistes qui ne travaillent jamais? Si nous avions quelques perles rares laissé pour contre dans ce bassin d’artistes tout aussi méritant que les cents autres qui travaillent dans tout les films mais qu’on voit déjà trop à la télé? Si il y avait une vraie industrie du cinéma avec de vrais acteurs distincts que l’on ne retrouverait pas à la télé, peut être que les gens se déplaceraient pour aller les voir, non? Si les Dicaprio, Depp, Streep, Cruise ou Pitt étaient tous à la télé à chaque jour, peut être que les gens en seraient à un tel point tanné que plus personne n’irait voir les films américain également? Ah tient… c’est drôle! Les grosse têtes d’affiche américaines ne sont pas à la télé. Je n’y avais jamais pensé. Zut alors. Je vais revoir mes plans.

      L’Écoeurement. Voilà pourquoi les gens ne vont plus au cinéma voir les films québécois. L’ÉCOEUREMENT! Comme dans; indigestion, overdose, saturation, raz le bol, trop plein, nausée, allergique, pus capable…

    • @ antipropagande

      Excellent point que vous abordez avec authenticité et… écoeurement tout à fait palpable! :)

      Petit conseil, faites comme moi : cela fait 10 ans que je ne regarde plus du tout la télévision sauf 7 minutes de RDI par jour, 2 partie de hockey par mois… et pas loin d’une dizaine de films par semaine! Le syndrôme de l’overdose est donc beaucoup moins ressenti!

    • @ burp

      “perso quand je vois un film sombre mais excellent, je suis pas mal de meilleure humeur que lorsque je vois un film “joyeux” mais poche.”

      Ça résume assez bien ce que je pense (et tout ce qui précède!)

    • Il est tout à fait légitime de critiquer la qualité des scénarios des films québécois. Bien sûr que certains films sont l’expression des auteurs derrières, mais ces derniers ont décidé de rendre l’oeuvre publique. Ce faisant, moi et toutes personnes le désirant peuvent critiquer ses oeuvres dans toutes leur entièreté. Et là est peut-être le problème. Je suis moi-même artiste amateur et je fais la distinction entre une oeuvre pour moi et une oeuvre pour autrui. Une oeuvre pour moi, je la garde pour moi, car je juge qu’elle n’est pas susceptible de plaire. Je pourrais la publier et espérer que cela plaise, mais les chances sont plus faibles.

      Une oeuvre pour autrui n’est pas nécessairement un film commerciale, mais simplement un film où l’auteur songe à comment rendre intéressante l’oeuvre pour une pluralité de gens.
      Ce n’est pas impossible. Christopher Nolan le fait très bien. Il en est de même pour certains de nos cinéastes.

      Donc, oui, il y a du travail à faire sur les scénarios, car tant à sortir un film autant faire en sorte qu’il soit bon!

    • Qu’ils commencent donc par afficher nos films québécois dans les mêmes grilles horaires que les films américains. C’est certain que moins diffusés, ils auront moins de monde en salle. Par exemple, je voulais aller voir Gabrielle au Quartier Dix30 et il était inscrit qu’à 22h00. C’est moins tentant…

    • Moi je suis séparatiste et j’ai adorer le documentaire impartial d’Yves Desgagné à fait sur notre grande chef Pauline.

      Je peux comprendre qu’on ne veuille pas aller voir le dernier Xavier Dolan, on connait déjà le sujet et la mise en scène. Aussi bien dire des sujets qui n’intéresse pas personne et une mise en scène pastiché des maitres de la Nouvelle-Vague.

      Le Québec, PAYS souverain, république de Pauline, devrait s’inspirer du film de Desgagné et faire des films impartiaux que le public francophone veut voir.

    • Le problème n’est pas que les films québécois soient sombre et déprimant, c’est plutôt qu’en grande majorité ils sont tout simplement plate…

      Des navets sans nom ont été porté en triomphe par la critique pour cause d’art. Le chauvinisme est une chose très difficile à expliquer.

      Le problème n’est donc pas le fait que le Québec soit déprimant, c’est que la déprime n’est pas bien mise en scène.

      Je n’ose même pas parler des comédies… on a 1000 humoristes pour un habitant, mais on est pas capable de faire de film drôle… Pourquoi ?

      Est-ce que le système de financement public tue le génie comique ?

      Ne devrait pas récompenser le génie de l’audace et de financer des films dignes de ce que HBO à permis à la télévision américaine ?

      Notre cinéma et notre télévision est aseptisé. À qui la faute ?

      Une petite piste : les décideurs de téléfilms canada et de la Sodec !

    • Écrire un film prend deux à trois ans (sauf si on s’appelle Woody Allen et qu’on a cinquante ans de métier). Il faut du temps pour la recherche initiale, qui nourrira, qui servira d’inspiration ; il faut développer un concept, structurer une ébauche de récit ; faire d’autre recherche plus pointue, plus spécifique, pour documenter le processus d’écriture ; développer un synopsis, un scène à scène et plusieurs versions dialoguées.
      Il y a les commentaires dont il faut tenir compte : commentaires des lecteurs de la Sodec, des lecteurs de Téléfilm, du Fonds Harold-Greenberg, du Conseil des arts de Mtl ou de Québec ; commentaires du diffuseur, du distributeur, du producteur, du co-producteur qui arrive soudain dans le décor avec sa propre idée, etc, etc. Il faut tenir compte de tous ces commentaires pour réécrire et raffiner combien de versions ?
      À travers ça, le scénariste ne doit pas perdre de vue sa propre vision, car c’est de là que la charge émotionnelle du film trouve son ancrage ; il doit recevoir les avis souvent contradictoires et prendre le temps de mûrir tout ça, à chaque version successive de scénario. C’est nécessaire pour que tous les organismes qui mettent des sous puissent s’assurer qu’ils financent quelque chose qu’ils endossent réellement. Nécessaire mais interminable.
      Il faut aussi, à partir d’un certain moment, travailler avec le réalisateur ou la réalisatrice.
      Et il faudrait travailler avec des acteurs, leur faire jouer des scènes écrites afin de trouver à les rendre meilleures ; pour un scénariste, voir un acteur s’insérer dans la peau d’un personnage, le faire bouger, l’entendre dire son texte, l’entendre ajouter sa touche au texte, tout ça renseigne sur différents aspects du personnage que l’écriture seule ne peut faire découvrir de pareille manière.
      Deux à trois ans, pas moins, pour un long-métrage.
      Or, le cachet d’écriture habituel pour un long-métrage, c’est 40 000$. Qui réussit à vivre deux à trois ans, au Québec, avec 40 000$ ? Alors les scénaristes multiplient les boulots, se dispersent. Pas assez de temps, des scénarios pas aboutis. Il ne s’agit pas de jeter le blâme à qui que ce soit. Il faut que les ententes liant la Sartec (qui représente les scénaristes) à l’AQPF (qui représente les producteurs) soient entièrement revues afin que le cachet d’écriture permette aux scénaristes de consacrer à leurs textes tout le temps requis.

    • Oh boy, Marc-André, vous recognez sur le même clou ? vraiment ?

      Dommage que ce ne soit pas un environnement à la Siroka/Brunet où la modération n’est pas automatique, je me ferais un plaisir de m’étendre en long et en large sur votre biais professionnel doublé d’un égarement que je qualifierai de gauche-guimauve.

      D’ici là, continuez de faire la ”promotion” des Graines et des mulets de ce monde. Lorsque le navire cinéma aura visité les bas fonds, on s’en reparlera. Ou pas pentoute.

    • Philax, vous avez très bien décrit la réalité du scénariste !

      Je conseil à tous de lire votre commentaire !

    • ” Nos films sont sombres ? Ben oui. Le Québec l’est.’,

      Ah bon, je croyais qu’un des traits culturels des Québécois étaient leur joie de vivre, on aime ça le party, les humoristes, les festivals de toute sorte.

      ”Un tournage de film, même s’il s’agit d’un film pointu qui, lors de sa carrière en salle, n’attirera qu’une poignée de spectateurs, fait pourtant rouler l’économie. Emplois directs et indirects à la clé.”

      Ok, faut tourner des films pas parce qu’on a quelque chose a dire, a montrer, mais parce que ça créé des jobs, un peu comme si le gouvernement financerait une cimenterie en Gaspésie alors qu’on en a pas besoin ou de l’éolienne alors qu’on baigne dans les surplus d’électricité, mais parce que ça créé de l’emploi.

      Moi je pense que le gouvernement ne devrait pas financer un film a 100%, tu veut faire un film ? Ok, combien tu as de besoin ?

      3,5$ millions, je t’en subventionne, un million$, trouve le reste ailleurs, prend ton scénario sous ton bras et va voir le privé, ça me dérange pas moi, en tant que spectateur, de voir le personnage du film boire un Pepsi ou manger du MacDo pendant une scène.

      On subventionne trop de films, on a l’impression que n’importe qui peut s’improviser cinéaste, Sophie Lorain, Patrick Huard, Marilou Wolfe, Carole Laure entres autres, il y en a certains qui mérite juste pas de voir financer leur film, devrait se contenter de jouer devant les caméras, z’ont le droit d’en faire des films remarquez bien, mais l’État devrait pas être obliger de les financer sous prétexte que c’est de la culture et que si le gouvernement ne finance pas ces films, ben la culture québécoise et le Québec au complet va disparaitre, on joue encore sur la peur de disparaitre des Québécois pour gaspiller des fonds publics.

    • Le cinéma est un art bâtard et assez unique. Il utilise beaucoup de disciplines artistiques, au final plus coûteuses que ces dernieres (ou extrêmement coûteuses), mais sans nécessairement cartonner au box-office, ou/et chez les critiques. Et des films qui ressemblent plus à faire un tour dans une sécheuse à SPIN qu’à une expérience cinématographique ramène plein de pognon à leurs producteurs/distributeurs (la franchise des TRANSFORMERS, NITRO, FAST & FURIOUS).

      Je viens de revoir FARGO des frères Cohen en Blu Ray, dont l’ADN et le budget ressemblent au Québec. Un film que des cinéastes québécois auraient pu faire, auraient DU faire, à tout le moins et au minimum, une variation quelconque sur le thème. Ce film est PARFAIT, sur tous les plans. Il est très bien écrit, sans avoir l’air écrit (hein, Fabienne et les autres?), photo, rythme, montage, direction artistique et d’acteurs, etc…

      Un tel sujet aurait probablement passé sous les yeux de tous les intervenants de la Sodec, de Téléfilm, producteurs, scénaristes… et aurait fini sans doute dans un produit plaqué, surécrit, souligné, joué grossièrement, avec le rythme d’une fanfare amateur de Boisbriand, etc…

      Évidemment, cette critique ne concerne pas les Morin, Falardeau, Côté, Émond, et quelques autres qui font ce qu’ils ont à faire et le font généralement bien, et même très bien. Mais les autres prétendus cinéastes devraient apprendre la RIGUEUR, le mariage de l’image et du son, à suggérer plutôt qu’illustrer, la subtilité au lieu de hurler des dialogues pour nous faire à croire qu’il se dit quelque chose (hein, Fabienne? Podz?), etc… Monsieur Lazare, un film. Podz, un radio-roman (soap) illustré.

      Je pense, à part les quelques uns qui travaillent bien, qu’il manque aussi de VRAIS producteurs; ceux (et celles) qui sont là sont surtout des imprésarios d’acteurs ou de comiques, des quémandeurs de subventions qui attendent leur tour, et qui n’appliquent aucun principe de rigueur cinématographique dans la fabrication de leurs projets: j’ai réellement l’impression qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’ils sont en train de faire.

      Laisser finir un HOT DOG à l’écran, il faut quand même le faire! Il s’est passé quoi avant que le projectionniste du GUZZO allume son projecteur?

    • Monsieur Lussier,

      L’art avant tout, je veux bien. Mais il serait ridicule de ne pas écouter ce qu’a à dire son plus important acteur au Québec. Tirer sur le messager est un peu facile. Ceci étant dit, certains québécois en ont marre de subventionner une industrie quasi moribonde. L’argent n’est pas tout. Peut-être. Mais il en est à se demander combien de films mettant en vedette des personnages névrosés le Québec doit-il continuer à subventionner? On peut pas continuellement produire des films qui n’intéressent qu’une micro portion de la population et quelques trippeux. Si c’est le cas, réunissez-vous, faites-vous une collecte et passez-vous en des vues.

    • Bien que n’étant pas vraiment d’accord avec M. Guzzo, j’ai quand même un certain respect pour le bonhomme et je ne doute pas une seconde de sa passion pour le cinéma. On a le droit de préférer James Bond à Godard et Star Wars à Bergman.

      Je pense cependant que M. Guzzo se trompe quand il affirme que les films ne trouvent pas leur public en raison de leur caractère négatif.

      Si on regarde du côté de la télévision, une émission comme ‘Unité 9′ n’est pas particulièrement hop la vie et ‘19-2′ n’a rien d’une ode à la joie. Pourtant les deux séries cartonnent. Le gagnant du billet d’or de l’an dernier, ‘Omertà’, était aussi un film d’humeur plutôt sombre. Cette année, ‘Le Démantèlement’, oeuvre foncièrement pessimiste, a quand même mieux marché que la moyenne.

      Au niveau personnel, M. Guzzo a le droit de préférer des films plus joyeux ou plus ‘lumineux’. Maisje ne crois pas que la ‘morosité’ de nos cinéastes expliquent la baisse de fréquentation qu’on voit ces derniers temps.

    • Je viens de voir dans un document des citations de Ginette Major en 1982 et une partie de son discours ressemble à celui de Guzzo mais avec plus de profondeur…

      http://www.cinema-quebecois.net/pdfs/TrepanierNVCQ9.pdf

      ” 1. En 1982, Ginette Major avance l’idée que les Québécois
      boudent leur cinéma national parce qu’il leur renvoie une
      image misérabiliste d’eux-mêmes, au même moment où ils
      tentent justement de s’en détacher. ”

      ” 8. En 1982, Ginette Major avançait l’idée selon laquelle le
      cinéma québécois retrouvera son public lorsqu’il cessera
      d’être le reflet pathétique d’une société avachie. ”

      ”Major, Ginette. 1982. Le cinéma québécois à la
      recherche d’un public. Montréal : Les Presses de
      l’université de Montréal, 163 p. ”

      Tiens pourquoi les gens sont attirés par un Louis Cyr ou un Maurice Richard ? Parce que c’est un héros et un gagnant. Je crois.

    • C’est vrai qu’il y a un problème de diffusion avec les films d’auteur…comme il est vrai aussi que de présenter ce genre de films dans des cinéplex et autres machines à pop corn n’est pas nécessairement l’idée du siècle non plus où Hollywood y prend toute la place,de gré ou de force.
      La création d’un partenariat entre l’Excentris et l’ONF (diffusion web)est une bien meilleure idée qui aurait tout intérêt à être considérée par le cinéma ”auteur”.L’ONF et Eléphant par exemple sont deux partenaires tout désignés pour ce genre de films,tout comme le sont tout autant les cinémas de répertoire et les festivals.
      Trouver sa niche n’est pas synonyme de ghetto,c’est y aller à son rythme et selon ses moyens,tout comme je ne crois pas que l’année 2013 ne soit due qu’à la ”malchance”.Le problème est plus profond que ça.Rêver en couleurs 3D sur des écrans géants ”full équipés”n’est pas le terrain de jeu du cinéma ”auteur”.
      p.s.Hé oui,j’y reviens encore:il se produit trop de films au Québec.Comment se fait-il que cet aspect de la production n’ait même pas été discuté par le groupe de travail sur le cinéma québécois?Sujet tabou?Si c’est le cas,je peux comprendre pourquoi.

    • Mais voyons donc M. Guzzo, cette approche existe déjà. 90% des films à l’écran sont des films que le public veut voir. Des films d’action qui s’appuient sur des focus groups et sur des résultats de recettes, des films où le héros qui sauve le monde court entre les balles de 32 mitraillettes, où ils échappent de justesse à 3 explosions à la minute, où il abat 4 adversiares à main nue.

      Tout ça répond très bien aux attentes du public. Alors laissez la paix aux cinéastes qui font autre chose, et cessez de dépeindre les films québécois comme étant tous pareils et tous dépressifs. C’est faux. Est-ce que “Babel”, “Milk”, “Capote”, “The big Lebowski”, “Burn after reading”, “The aviator”, “The artist”, “Pulp fiction”…etc…etc sont des films déprimants et “plattes” parce qu’ils sont originaux et s’appuient sur des vrais scénarios ? Non.

      Vive la diversité. Le public en salle dimunue, c’est un phénomène universel, qui relève d’une problématique complexe et des modes de vies qui évoluent trop rapidement et qui suivent l’évolution technologique. Cessez de tout expliquer avec le complexe d’infériorité qui découle de la perception de la grosse machine marketing américaine. Laissez place à la diversité et à la qualité de notre cinéma. Il y a assez de films “populaires que tout le monde veur voir” dans notre filmographie.

    • Ce qui m’énerve en particulier dans ce débat c’est qu’on cherche à créer une dichotomie entre Gros cinéma populaire style théâtre d’été qui doit rapporter gros et tous faits à la manière hollywoodienne vs. cinéma d’auteur austère, froid et clinique aux murs blancs et personnages gris. Où sont les films d’auteurs plus «soft» ou aigres-doux? Des films réfléchis, mais qui ne se prennent pas la tête et où les personnages ne vivent pas toujours des drames existentiels qui méritent plus une bonne thérapie qu’un film gris sur fond blanc, mais qui ne tombent pas non plus dans la grosse blague grasse digne d’un repas chez Valentine? Où sont nos Coen, Wes Anderson, Woody Allen, Miyazaki, les héritiers d’Ernst Lubitsch et de Billy Wilder? Il y a bien eu quelques propositions intéressantes, mais sporadiques, qu’on pense à Gaz Bar Blues ou aux films de Ricardo Trogi ou Ken Scott. C’est, à mon humble avis, ce qui manque grandement dans le paysage cinématographique québécois.

    • @ Philax

      Excellent votre commentaire de 01:31.

    • J’ai lu quelque part que Le règne de la beauté de Denys Arcand

    • … sortira en première vraisemblablement à Cannes cette année. Personne n’en a parlé et je me demande bien pourquoi. Qu’en est-il exactement? Ce serait une bonne occasion de mettre en valeur le cinéma québécois d’en parler.

    • La majorité des commentaires sont très intéressants.
      Je trouve personnellement que l’un des problèmes dans tout ce débat est que l’on amalgame deux choses :
      1. Le cinéma en tant qu’art.
      2. Le cinéma en tant qu’industrie, entreprise pour faire des profits (en salle, en DVD, dans les autres “marchés”).

      Les producteurs et cinéastes qui arrivent à conjuguer les deux sont des exceptions, de tout temps.

      Peut-on trouver une formule magique pour que cela devienne la norme? Je ne crois pas.

      On s’entend que M. Guzzo s’en balance pas mal de cette formule magique. Le cinéma, c’est une business pour lui.

    • C’est incroyable comment dans ce blogue personne n’a jamais le courage de parler de mon réalisateur préféré.

      Eh oui, je suis un fan fini de Tim Burton: ses films sont sombres, mais ils ont un publique.

      D’une façon ou d’une autre (et il ne s’en cache pas) il fait des films pour leur réussite commerciale.

      Si on se fie a son example, il est possible pour les cinéastes Québecois de faire des films très personnels qui ont a la fois un succés commercial. Il faut simplement trouver la formule.

      Je trouve qu’on est dans la bonne voie… déjà qu’on juge que les films Québecois sont sombres c’est un bon indice.

      A tous, je vous conseil de lire le libre des entretiens de Tim Burton avec Mark Salisbury. Très révélateur et instructif.

      TAM

    • Personnellement, les diatribes de M. Guzzo seraient à classer dans la rubrique “Insolite” de cyberpresse. Aussi pitoyables soient ses vues sur le cinéma en tant que tel (et non seulement le cinéma québécois),ne vaudrait-il pas mieux laisser aller le personnage plutôt que de lui donner sa tribune afin que se possible son “sondage”soit relégué aux cabinets d’aisance? Faisons-en, des sondages: marque de voiture, savon, restaurant, cinéma, littérature, jeux vidéo. On obtient quoi? Ben oui, les pubs qu’on voit à la télévision. Et les gens (toutes proportions gardées) veulent quoi? Exactement… les produits de pubs, gage de sécurité. Alors faisons un sondage global et demandez-vous ce qu’il y aura ensuite autour de nous d’élu comme restaurants, comme marque de voiture (évidemment, il faut pouvoir s’offrir une Mercedes pour voter en sa faveur, sinon ça ne veut rien dire), comme pâtisserie, comme livre, comme film. Ça nous mènera à quoi? Au fait que je m’abonnerai à Netflix, irai à La Boîte noire et piraterai même certains films (faute de disponibilité) parce qu’une majorité préfère, comme Guzzo, la facilité.

    • « En majorité, les habitants de ce pays sans bon sens ont le mal-être collectif inscrit dans leur ADN depuis la Conquête. Le climat, la pauvreté, la dureté de la vie, et, surtout, les questions identitaires jamais réglées »

      Vous diriez ça devant quelqu’un qui vient d’un coin du globe où la pauvreté sévit vraiment, où la vie est vraiment dure et vous passeriez au mieux pour ingrat, au pire pour dément.

      Le mal collectif, il trouve peut-être sa source dans notre culture dont la trame narrative est polluée par le mensonge et la complaisance.

    • Pour ma part, j’y vois bien plus de l’incompréhension mutuelle que du mépris. Mais pourquoi la dichotomie doit-elle être aussi forte ?

      On pourrait aussi voir du mépris dans les propos de Jean-Nicolas Verreault pour les coachs de hockey. Quoique notre cinéma, notre culture populaire et le choix de certains coachs de la LNH aide à entretenir les préjugés et les clichés.

      Guzzo a en partie raison mais la critique contraire pourrait lui être adressée.

      Lesquelles ? Pourquoi les artistes semblent tous pencher du même côté idéologique au Québec et voir la réussite commerciale comme une trahison ? Mais c’est pas tout à fait cela.

      Pour Guzzo ? Pourquoi la réussite en affaire doit-elle s’accompagner d’une démonstration de votre mauvais goût et aussi de votre inculture cinéphile ? Quoique je pense qu’il en a une certaine .

      Cineplex ont pas mal autant mauvais goût que lui dans leurs complexes remarquez…

      Puis on pourrait aussi se demander pourquoi tenir ses propos devant le Cercle canadien de Montréal s’il veut s’adresser aux cinéastes ? Je serais bien étonner qu’ils étaient nombreux
      dans la salle…

      à moins que ce soit la seule partie de sa conférence qui intéressait les journalistes présents dans la salle ? Des journalistes affectés à l’économie pourtant.

      Certes, les deux sont touchées, l’économie et la culture mais on peut pas avoir un dialogue de cette façon là. Mais, on est obligé de traiter avec Guzzo pour le cinéma. Indirectement car ce sont les distributeurs qui lui parlent mais…
      Lui il veut plus de films commerciaux et conçus pour l’être du côté québécois ? comme déjà dit, rien ne l’empêche de devenir producteur. Et il y en a pourtant de ces films là et ils ont juste pas atteint les chiffres que monsieur espérais.

    • Je ne partage pas le point de vue libertarien du site suivant mais je partage en partie que notre cinéma reflète beaucoup plus l’état d’âme de nos artistes que celui de la population en général.

      Ou encore que cela le reflète réellement et représente une partie de la réalité mais que dans notre culture on perçoit que pour faire du bon cinéma ou même une bonne chanson il faut s’attarder à cette dimension là.

      http://www.quebecoislibre.org/000930-4.htm

      Alors que ce n’est pas nécessairement vrai. Cela peut être une grande chanson ou du grand cinéma mais on peut aussi être positif et réussir à en faire du grand. C’est juste plus rare au Québec que dans la culture de nos voisins immédiats du sud ?

      Et pour renforcer la dichotomie, en affaires ou dans le sport si tu t’attardes trop à cela, c’est l’échec assuré. Par contre, pourquoi entretient-on et à ce point la dimension de superficialité chez les acteurs de ces milieux mais chez des observateurs aussi…

      Dichotomie entre culture et sports et culture et affaires.

      On pourrait m’en poser à moi des questions disons sur les films que je voudrais voir mais cela ne serait pas représentatif du ”monde’. Et oui de bons films répondraient ensuite à plusieurs de mes critères sauf que… Cela ne donnerait pas vraiment d,indices aux cinéastes comment faire leurs films. Sa démarche doit venir de lui et avoir de la profondeur et y croire s’il veut finir par me rejoindre. Et rien n’est garanti d’avance.

      J’habiterais en région… J’irais dans le petit cinéma plus souvent et même pour voir des films purement commerciaux même si je préfère le ciné-qualité. J’habiterais à côté d’un Guzzo, j’irais pareil de temps en temps. En région, j’irais.

      Dans des petites villes de Montérégie, il y a déjà eu des cinémas et cela semble complètement oublier et qui diffusaient du cinéma commercial… Les gens allaient voir les films d’Elvis Presley et rendu à mon époque d,enfance, l’école nous amenait voir les films avec Bud Spencer à l’élémentaire cela.

    • Monsieur Lussier. on va mettre ça bien simple si on (le Québec) se compare (qui se compare se console…) avec l’Ontario ou les autres provinces du Canada anglais. Je pense que le Québec, en matière de cinéma, n’a pas fait si pire… depuis les derniers 15 à 20 ans!

    • Monsieur Lussier, pour vos autres lecteurs, il faut que ces derniers…les journalistes y compris, ne se laissent pas tenter à comparer le Québec avec le marché des États-Unis, de la France ou autre…quand même!!! Mais on comprend l’ensemble des propos de Vincent Guzzo de ”…donner au public ce qu’il veut voir…”. Mais il faut aussi comprendre le côté du créateur, de l’auteur! Est-ce qu’on doit faire absolument au Québec comme les Américains? Si la tendance est à la violence, le Québec devra alors uniquement produire des films de violence…parce que c’est ce qui se ”vend” le mieux…et que c’est bon pour les profits? C’est surtout ça la philosophie des réalisateurs Américains! Je ne crois pas qu’au Québec nos auteurs veulent porter ce même genre d’uniforme.

    • Personnellement, je dirais que les angles adoptés par les cinéastes sont de plus en plus américains, ou international, en tout cas moins originaux, moins local. On peut se demander s’ils reflètent la réalité. Les angles adoptés dans des films comme “L’eau chaude, l’eau frette” ou “Mon oncle Antoine” avaient le génie d’entrer dans le coeur identitaire des Québécois. Je ne suis pas nostalgique mais on dirait que les personnages cinématographiques contemporains sont angoissés pas à peu près… Les Québécois sont-ils plus angoissés que leurs contemporains occidentaux? Je ne crois pas… Et la question identitaire, hé bien encore une fois, c’est le lot de tous les pays occidentaux depuis une vingtaine d’années, sinon plus…

    • Je suis incapable de commenter les propos de monsieur Guzzo avec respect car lui n`en a aucun pour la terre qui a fait sa fortune. Je me suis corrigé,censuré et repris à multiples reprises avant d`écrire le présent message qui ne fera pas une analyse exhaustive du sujet.

      Le cinéma québécois fait l`envie du ROC de par sa qualité et sa versatilité et si certaines années ne se matérialisent pas en gros cash dans les salles de monsieur Guzzo c`est que le marché québécois est limité et que sa survie passe souvent par des initiatives financieres dont le cinema américain n`a pas besoin.

      Mais je ne crois pas me tromper en écrivant que monsieur Guzzo ne fait pas partie de la solution bien au contraire et j`ose esperer que les cinéphiles s`en souviendront en choisissant leur prochaine destination.

    • @jeanfrancoiscouture
      Ce n’est pas plus brillant de payer des avions de chasse qui ne vont jamais chasser d’ennemis. Par contre, nos infrastructures tombent en ruine, notre système de santé est à bout de souffle et nos écoles sont mal équipées. Je ne dis pas qu’il faut cesser de subventionner l’art mais je dis seulement que l’on devrait revoir les critères pour investir dans des oeuvres qui sauront intéressées et émouvoir plus de gens.

    • Je pense juste le contraire de Guzzo… Les films commerciaux ou supposément commerciaux grand public reçoivent trop de financement public… Il faudrait le réduire … Que Guzzo mette plus d’argent lui dans leur promotion s’il y croit…

      Pour les films d,auteur ou même grand public mais qui ont une réelle valeur culturelle il faudrait mettre plus d’argent là mais ce pourrait être sur moins de films. Notre population a pas le temps de les absorber. Faites-en moins mais plus de qualité encore et prenez le temps de les diffuser…

      Dans les écoles s’il faut et comment se fait-il qu’il y ait pas des ciné-campus dans tous les cégep de la province ?

      Autrement dit Guzzo lui voudrait que ce soit presqu’à 100% un système d’enveloppes à la performance alors que cela ne veut pas dire grand chose sur la valeur culturelle.

      Et si on peut pas le présenter dans les salles commerciales… Présentez-le à la télé ce cinéma et à des heures qui ont de l’allure… mais non, c’est encore la cote d’écoute.

      Allez sur le web et à Télé-Québec et même avant de le présenter dans le Festival à l’étranger ou en même temps ou juste un peu après…

      C’est nous (collectivement ) qui avons payé pour ces fils est-ce qu’on pourrait les voir pour l’amour du bon dieu ? et sans avoir besoin daller chez Guzzo ou encore sans être obligé d’être un résident de Montréal qui va dans les petits cinémas de niche et sans but lucratif ?

      Encore une idée qui fait sortir de l’argent et qui n’en fait pas entrer ? Qu’ils se rendent faire des démarches d’éducation du public. Quitte à faire un peu moins de films…

    • J’ai écouté Guzzo à TLMEP. Le mépris est ailleurs. Dolan était où, me semble qu’on l’annonçait ce soir? On l’a vu reprise avec sa célèbre réplique! J’ai lu aussi Grondin et Verreault qui répliquent aussi comme s’ils étaient attaqués.

      Les cinéastes se sentent méprisés mais je ne serais pas prêt à faire porter le chapeau à Guzzo. Il diffuse même leurs oeuvres dans ses salles.

      N’en déplaise à Dolan et autres créateurs de films d’auteur, Guzzo cible plus, il me semble! les auteurs de films populaires qui se font rares de ce temps-là.

      Une denrée rare, il faut le dire, qu’on devrait plus considérer à l’avenir. Des succès populaires comme CRAZY ou Bon Cop Bad Cop doivent-ils être considérés comme des exceptions? Voilà la question!

    • Moi aussi j’aime bien le cinéma répertoire, mais si je suis honnête, je me dois de dire que monsieur Guzzo à bien raison, ce n’est pas un cinéma pour lequel je paie lors d’une sortie.

      M Guzzo est un homme d’affaire. Or, mettre en salle des films que les gens ne vont pas voir lui donne quoi? Lui perd de l’argent, nous on ne va pas plus le voir, mais bon, c’est vrai, on se donne bonne conscience…. aux frais d’un coût d’opération commercial pour un tier qui ne vient puiser rien dans nos propres poches autre que ceux des programmes qui les subventionnent.

      Je suis moi même un artiste. Un artiste non subventionné. Je dois être donc à l’écoute de ma clientèle afin de leur produire des produits selon leurs propres critères. L’offre et la demande donc.

      Beaucoup demande à M Guzzo de continuer à produire ces films en salle. Alors soyez honnête, vous déplacerez vous pour aller les voir? Si oui, why not. Mais comme les ventes de billets parlent d’elles même, demandons nous donc collectivement qui est responsable de ces choix de mise en marché. M Guzzo qui met en salle ce que nous voulons aller voir, ou notre hypocrisie à réclamer un film que nous n’allons pas voir en salle collectivement?

    • Après avoir lu tout les commentaire, j’en retire ceci.

      La plupart des gens déchirent leur chemise en réclamant plus de cinéma québécois et disent que les revenus généré ne devraient pas être prit en compte dans l’équation au nom de la culture.

      Par contre, même affiché, personne ne se rend en salle les voir.

      Au final, es-ce que les gens réalisent qu’ils exigent du contenu pour lequel ils ne se déplaceront même pas eux même?

    • …et le débat se fera encore entre les artistes eux mêmes et les propriétaires de salles tout en se foutant des plus concernés, le public. En fait le débat sera éternel car il se fera encore entre les intellos et la “masse”, les 2 étant occupés à se dénigrer mutuellement.

    • J’adore le citation de cet acteur du milieu qui dit que notre problème est de réussir les films grands publics. Effectivement, il y a des producteurs qui croyaient que Hot-Dog et l’Empire Bossé seraient des succès.

      Même dans le cinéma américain, les films grands publics sur lesquels on aime bien déblatérer permettent de financer des projets plus artistiques. Bien entendu, ils peuvent réaliser d’énormes profits sur les grosses productions alors que notre bassin de population fait en sorte que les films grands publics ne permettent que de réduire les pertes. Mais ce serait déjà un bon début!

      Je veux défendre le cinéma plus personnel mais si, en ajoutant les DVD aux chiffres en salles, il n’y a que 15 000 personnes qui ont vû Vic + Flo, ne devrait-on pas se questionner? Est-ce que nos créateurs pourraient tenter d’intégrer et accepter les commentaires de producteurs qui pourraient rendre certains films un petit peu plus accessible. Malgré le fait qu’ils font des films très personnels, Allen, les Coen, Cronenberg, PTA et autres réussissent tout de même à attirer un bassin raisonnable de spectateurs. Je crois que malgré la forme, Guzzo soulève un questionnement qui devrait être considéré et non pas balayé du revers de la main.

    • Anyway, on peut débattre tant qu’on veut, il faut juste mettre notre argent comme consommateur là où on se loge…

      Bien, moi j’irais bien au Théâtre Outremont ou au Ciné-Campus de l’Udm mais c’est un peu loin…

      Alors ce sera au cinéma Banque Scotia ( faible chance d’avoir un film québécois) à la Cinémathèque ( Là ce sera pas un film récent et pas nécessairement québécois) ou à l’Excentris.

      Ou encore les louer… Un film comme Camion ? Si j’étais allé cette année là, cela aurait été au Théâtre Outremont.

      Pour me déplacer, j’aimerais plus me rendre à mont-Laurier que d’aller dans un Guzzo ou à Brossard…

      Pour le ciné-campus de l’Udm, c’est encore meilleur que les films québécois…

      http://www.sac.umontreal.ca/servlet/ca.umontreal.sac.site.servlet.Calendrier?categId=3

      Pour ceux qui habitent, travaillent ou étudient dans ce coin, c’est un des choix intelligents à faire…

    • Petit quiz :

      1- Prenez les synopsis des films québécois.

      2- Comptez le nombre de fois qu’apparaissent les mots : Deuil, solitude, mort, douleur, tristesse, joie, bonheur, plaisir, affection et bien-être.

      Tirez-vos conclusions…

    • Think big stie!

      Scusez!
      Ça me chatouillait pis pouvais pas me retenir de l’ écrire! :-)

    • Oui on va revenir dans le passé mais pour le cinéma québécois il faut parler sur le long terme.

      Même si les statistiques officielles sont compilées depuis 1985, il y a pas du tout de chiffres avant cela ?

      Combien de Québécois ont vu ”Les Bons Débarras” en salle lors de sa sortie ?

      Combien ont vu J.A. Martin photographe ?

      Puis on va de l,autre côté… Combien sont allés voir ” Deux femmes en or ” ou encore ” cruising Bar ” ?

      Guzzo vousrait plus de subventions pour des ” Deux femmes en Or” que des ” Le temps d’une chasse”.

      Tiens il est en ligne et gratuit… Et cela fait 42 ans ce film…

      Et même si j’étais né à ce moment là, j’aurais pas pu y aller, j’étais bien trop jeune…

      https://www.onf.ca/film/temps_dune_chasse

    • “Comme pour la bouffe, si à longueurs de semaine on ingère du McDo il est bien difficile d’apprécier par la suite des produits de qualité et des plats un peu plus complexes.”

      Wow…Je suis écoeuré d’entendre ces pseudo-intellectuels nous cracher dessus comme si nous n’étions que de vulgaires mouches sans cervelles. C’est quoi cette obsession de l’engagement chez nos artiste québécois ? Le simple divertissement, ça ne vous dit rien ? Êtes-vous capable de faire des films sur autre chose que la vie en prison et la drogue ?

      Le cinéma, la musique, la peinture, ou quoi que ce soit, doivent nous faire décrocher ! Pas nous plonger dans la réalité que l’on voit aux nouvelles à chaque soir…

      J’aimerais bien supporter plus de produit québécois, mais rien, rien, n’attire mon attention. À l’exception peut-être du sirop d’érable.

    • Je n`ai pas vérifié mais je gage que monsieur Guzzo présente dans tous ses megatruc un grand classique du 7 eme art et j`ai nommé: Le remake de Robocop !!!

    • Ne manquez pas notre programmation cette fin de semaine!
      À l’affiche:

      L’etranger de la joie

      Sainte culpabilité

      La triste réalité

      Du brun mur à mur!

      Bon cinéma! :-)

    • @noirod

      Moi j’ai vérifié. Il présente effectivement le remake de Robocop mais également Arwad, La fille du Martin, La Grande Beauté, Her.

      D’ailleurs j’ai été voir un film dans un Guzzo la semaine passée. Gravity en IMAX 3D. Une belle salle neuve, dernière technologie, expérience de cinéma mémorable. On était 5 dans la salle. On ne peut pas blâmer le gars de vouloir faire des entrées.

    • M. Lussier, je suis content que vous abordiez ce sujet. Alors voici:

      Vous savez, faire des films qui portent sur un gars qui habite un demi sous-sol d’un duplex délabré, et qui en est rendu à sa onzième tentative de suicide…L’histoire se déroule dans son salon avec des fauteuils où tu vois les springs qui ressorts. Puis il y a sa femme, petite et maigre, le teint gris avec des grands yeux cernées qui passe son temps à rouler ses Export ”A”. Ces deux protagonistes (les seuls figurants du film en passant) passent le clair de leur temps à soupirer, soupirs qui sont entre-coupés de lourds et londs silences. Tout ça sur un fond lancinant de violon . L’histoire se situe en fin d’octobre, de la fenêtre de leur salon, tu vois tout le long du film la pluie tomber.
      C’est sûr que tout cela, ça fait des films bin l’fun. Mais est-on obligé de regarder ces films-là parce que c’est du cinéma d’auteur ou bien parce que le cinéaste veux nous dire quelque chose? Mais quoi?

    • D’ailleurs c’est la même chose avec nos chanteurs. Comparez nos chansons avec les chansons des USA: les chanteurs (euses) anglais, ils sont drole, l’fun, on parle de ses derniers coups, des paqrtys etc etc…Regardez Ke$ha, Beyonce, Katy Perry. Lady Gaga, sont débridés, pas coincées pour 5 cennes.
      ici au Québec, ça parle de misère, de société, d’injustice, des méchants capitalisses, Écoutez les toune de Michel Rivard, Luc de la Rochellière, etc etc….sombre, pénible, etc… Et plus qu’ils sont subventionnés, plus qu’ils trouvent (selon leur tounes) la vie dure. Donc la solution, coupons leur la subvention pour les aider à s’en sortir.
      C’était pareil voila 40 ans. Pauvre de nous.

    • Est-ce que les entrées sont faibles parce que Guzzo ne veut pas les afficher ou Guzzo ne veut pas les afficher parce que les entrées seront faibles ?

      On parle du financement ou de la distribution des films ?

      Pour moi c’est simple: le cinéma d’auteur ne fera jamais ses frais au Qc, à quelques rares exceptions. Mais pour le rayonnement et l’identité culturelle c’est correct de financer. Par contre je regarde le nombre d’entrées et je me dis que certains n’ont dû être vus que par la famille et les amis des gens qui ont travaillé sur le film. Peux pas en vouloir à Guzzo de ne pas leur réserver une salle.

    • M. Jean-Nicholas Verreault, à partir du moment que quelqu’un demande de l’argent au gouvernement pour faire un projet : un architecte, un sculpteur, un administrateur…il devient redevable. C’est le choix qu’ils font. Tu es indépendant ou pas. Qu’ils s’assument, c’est tout.

      Personne ne vous empêche de faire du cinéma d’auteur. Au contraire, faîtes-en que diable, où est le problême? Et moi, puis-je aller manger un hamburger chez McDo, allez-vous me l’empêcher?
      Et pourquoi pas faire un film sur le sujet suivant M. Verrault: Quand des gens vont commencer à se mêler de leurs oignons, ça va peut-être le commencement d’un monde où ça ira mieux…

    • Quand on va arrêter de faire des films plates et bien on retourneras voir des films québécois, au cinéma je veux décrocher.

    • Comme le demandait Mme Marie-France Bazzo à Bazzo.tv , à savoir si nos films n’étaient pas trop sombres: bien pourquoi elle s’est posé la question?
      Parce que effectivement, nos films et nos series de tv sont sombre. Voilà. Voilà 25 ans je l’ai dit, la tv et nos films sont platters et sombres….je ne peux pas dire pour les années suivantes, je n’ai pas vraiment regardé un film et la tv du québec sauf : un gars une fille et catherine et le mariage avec Morency ;a Niagara Falls.
      Les téléromans a la tv, tous des névrosés…incroyable. Des grosse discussions a ne plus en finir autour d’une table de cuisine…un café à la main..quel scénario… cheap et minable.

    • @ Jean-François Verreault,

      M. Verreault, j’ai beurré épais et je m’en excuse. Que le gouvernement subventionne de bons projets, et je suis d’accord. J’ai vu plein de petits chef d’oeuvre (par ex. de l’ONF) : les Brulés, la Manouane à -50 degrés …
      Faut pas que ce cinéma-là meurt. J’ai vu à Radio Canada un film sur le gars en vélo qui se promène dans les ruelles de Montréal à ramasser ce que les gens jettent. Un chef d’oeuvre. Il attache sur le chariot qu’il traîne derrière son vélo des piles de trucs qu’il ramasse dans les ruelles. Hallucinant…
      Est ce que quelqu’un peux m’aider à retracer ce film écoeurant? s.v.p. ….
      M. Verreault, je ne suis pas un Bob Cashflow. Sans rancune.

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