Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Lundi 9 décembre 2013 | Mise en ligne à 20h09 | Commenter Commentaires (4)

    Et si La grande bellezza venait mêler les cartes ?

    La grande bellezza - Affiche

    Les destins de certains films empruntent parfois des chemins bien étranges. Complètement écarté du palmarès du Festival de Cannes, La grande bellezza est ressorti grand vainqueur de la 26e cérémonie des Prix du cinéma européen, tenue à Berlin samedi.

    Le plus récent film de Paolo Sorrentino a obtenu le prix du meilleur film, de la meilleure réalisation, du meilleur acteur (Toni Servillo), et du meilleur montage. Seul le prix du meilleur scénario lui a échappé (il est allé à François Ozon pour Dans la maison). Du coup, La vie d’Adèle, lauréat incontesté de la Palme d’or à Cannes, est reparti complètement bredouille.

    Le film d’Abdellatif Kechiche a toutefois fait sa marque aux États-Unis puisqu’il fut choisi meilleur film étranger par l’Association des critiques de Los Angeles, de même que celle des critiques new-yorkais «on line». Cela dit, il ne faut guère prêter d’importance encore à toutes ces récompenses attribuées par les différentes associations de journalistes pour évaluer la prochaine course aux Oscars. Nous pourrons nous faire une bien meilleure idée lorsque les associations professionnelles (Directors Guild, Screen Actors Guild, etc.) annonceront leurs nominations.

    Mais pour revenir à La grande bellezza, j’avoue que son sacre m’étonne un peu. J’aime habituellement beaucoup les films de Sorrentino (Il Divo notamment), mais mon impression à propos de ce nouvel opus est plutôt mitigée. Voici ce que j’avais écrit au moment de la présentation cannoise :

    Après son intermède anglo-saxon (There Must Be the Place), Paolo Sorrentino reprend là où il nous avait laissés avec Il Divo. C’est dire que La grande bellezza, moins réussi que son précédent film italien, est un film foisonnant, dans lequel l’auteur cinéaste mise beaucoup sur les effets de style et les effets de mise en scène. À cet égard, il affiche d’ailleurs une virtuosité indéniable. Cela dit, le récit de cet écrivain dandy recyclé en prince mondain, vivant dans le souvenir de l’unique roman qu’il a publié il y a 40 ans, est confus. D’autant que ce film aurait grandement gagné à être resserré. Baroque à souhait, truffé de fulgurances, La grande bellezza évoque au mieux une variation fellinienne (façon Dolce Vita et 8 ½), et au moins bien une version trash de The Great Gatsby. Toni Servillo offre toutefois une composition remarquable. C’est grâce à lui si le film maintient l’intérêt, malgré un scénario qui, à force de vouloir surprendre, s’en va dans tous les sens.

    Mon comparse Cassivi s’était de son côté révélé un peu plus enthousiaste :

    Une mise en scène éblouissante. Une caméra qui glisse sur les lieux et les personnages comme celle de Malick. Un univers romain excentrique qui rappelle inévitablement celui de Fellini. Les couleurs, les éclairages, les expressions, les idées foisonnantes et extravagantes. Toni Servillo, en auteur mythique d’un seul roman recyclé en dandy mondain, est formidable (comme du reste dans Il Divo du même Sorrentino). Mais avec une durée de 2 h 40, le film est trop long, confus et perd son souffle après la disparition abrupte d’un personnage secondaire pourtant important.

    Rappelons que La grande bellezza représente l’Italie dans la prochaine course aux Oscars. Le candidat français est Renoir (Gilles Bourdos). La vie d’Adèle, qui n’était pas admissible dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère à cause de la date de sortie trop tardive dans son pays d’origine, pourrait toutefois obtenir des nominations dans les autres catégories. Gabrielle (Louise Archambault) porte la bannière canadienne.

    La grande bellezza prend l’affiche le 24 janvier 2014 au Québec.

    Catherine Deneuve accepts life time achievement award with cool aplomb (The Guardian)


    Lien YouTube.

    Compte Twitter : @MALussier


    • Comme vous le dites, La grande belleza offre une très mise en scène, surtout la partie du début où se déroule une fête. Après ça, on se perd un peu, mais le talent et le charme de l’acteur principale maintient un certain intérêt jusqu’à la fin. Pour moi, ce film un défaut qui ne permet de le classer au sommet des meilleurs films. Je le situerais dans la tranche du 6e à 10e meilleur film de l’année.

    • Au dernier FNC, j’hésitais justement entre visionner La Grande Belleza et le dernier film [Roumain] de Porumboiu, When Evening Falls on Bucharest or Metabolism, pour clore le festival.

      Alors que le cinéma roumain m’a toujours bien servi au cours des dernières années avec des films aussi grandioses et audacieux que touchants (Amintiri din epoca de aur; WebSiteStory; 4 luni, 3 saptamâni si 2 zile; California Dreamin’; Hîrtia va fi albastrã; Filantropica), je n’ai clairement pas choisi le bon film le 20 octobre dernier, When Evening Falls on Bucharest m’ayant passablement ennuyé!

    • J’ai pensé à Fellini aussi en voyant la b.a. et à Burlesconi…

      Je vois aussi que Catherine a été hommagée. J’ai cliqué sur le lien. Merci de nous tenir au courant.

    • Oups… j’ai la berlue, c’est Berlusconi! C’est burlesque…

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