Marc-André Lussier

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    Mardi 15 octobre 2013 | Mise en ligne à 7h57 | Commenter Commentaires (3)

    Le nouveau Tavernier bientôt au Québec

    Quai dOrsay-Affiche

    Bonne nouvelle. La société de distribution Axia Films vient tout juste d’acquérir les droits d’exploitation de Quai d’Orsay pour le territoire québécois. Le plus récent film de Bertrand Tavernier, dont les têtes d’affiche sont Thierry Lhermitte, Raphaël Personnaz et Niels Arestrup, prend l’affiche le 6 novembre en France. La date de sortie en salle au Québec n’est pas encore fixée, mais il y a tout lieu de croire qu’une présentation dans le cadre du festival Cinemania le mois prochain est envisageable.

    C’est dire que, contrairement aux plus récents films du vétéran cinéaste, le public québécois n’aura pas à attendre des mois (sinon des années) avant d’avoir accès à cette satire politique virulente. À l’instar de La vie d’Adèle, Quai d’Orsay est inspiré d’une bande dessinée.

    La première nord-américaine de Quai d’Orsay ayant eu lieu au TIFF, j’ai eu l’occasion de rencontrer Bertrand Tavernier. Voici une partie du compte-rendu.

    «Lors d’un dîner chez moi, quelqu’un m’a apporté cette bande dessinée de Christophe Blain et Abel Lanzac, intitulée Quai d’Orsay. Je l’ai dévorée. Moi qui avais depuis très longtemps l’envie de faire un film politique, j’ai trouvé dans cet ouvrage une matière formidable. J’ai eu un plaisir fou à écrire le scénario de ce film avec les deux auteurs. Je crois que nous avons écrit une première version en huit jours. En riant comme des fous.»

    Campé en 2002 et 2003, Quai d’Orsay nous fait visiter les coulisses du ministère des affaires étrangères français à travers le regard d’un jeune conseiller embauché pour rédiger les discours du ministre. C’est dire que le personnage qu’interprète Thierry Lhermitte, remarquable, est directement inspiré de Dominique de Villepin. L’ancien ministre sous le gouvernement Chirac a connu son heure de gloire grâce au discours prononcé aux Nations Unies le 14 février 2003. L’habile orateur avait brillé en expliquant le refus de la France de participer à la guerre en Irak.

    Si le film emprunte le ton d’une farce, le récit converge néanmoins vers ce discours fleuve qui a marqué les esprits.

    «Ce fut probablement le plus beau discours prononcé par un homme politique français en 30 ans, fait remarquer Bertrand Tavernier. Nous aurions bien besoin d’une parole aussi visionnaire présentement !». Dix ans plus tard, le monde, en effet, s’interroge. Le conflit syrien est de nature très différente, mais les gouvernements se posent pourtant les mêmes questions qu’à l’époque.

    En deçà de la réalité

    Autour du personnage «moliéresque» qu’est le ministre, rebaptisé Alexandre Taillard de Vorms, gravitent ainsi quantité de personnages de l’ombre. Outre le jeune conseiller (Raphaël Personnaz,), le chef de cabinet Maupas (Niels Arestrup) joue aussi un rôle de premier plan. Tous évoluent dans le sillage d’un homme dont chaque passage a l’effet d’un véritable ouragan. Exigeant, enrobant son discours de formules creuses, Taillard peut faire recommencer le travail 50 fois à ses exécutants en donnant toujours des indications contradictoires.

    Le réalisateur de La Princesses de Montpensier utilise ici les rouages d’une franche comédie pour mieux mettre en lumière le caractère parfois absurde du jeu politique. Il a aussi voulu poser son regard sur des personnages anonymes mais essentiels au fonctionnement d’un ministère. Cela dit, Quai d’Orsay n’est pas une charge en règle non plus. Le cinéaste sait évoquer aussi le courage dont les politiciens font preuve parfois. Et leur sens des responsabilités quand l’heure s’annonce grave.

    «On pourrait croire que j’ai grossi le trait et pourtant, des gens bien placés, qui ont travaillé dans ce même contexte, me disent que le film est en deçà de la réalité !, précise Bertrand Tavernier. Il y a même quelqu’un qui a déjà travaillé au près d’un Premier ministre canadien – que je ne nommerai pas ! – qui est venu me trouver pour me dire à quel point le portrait est juste !»

    Lien YouTube.

    Compte Twitter : @MALussier


    • Vraiment hâte de voir ce film. La BD dont il s’inspire est du grand art.

    • Mr Lussier
      vous faites dire le mot “présentement” à Bertand Tavernier.
      Ne serait-ce pas une traduction québecoise de “aujourd’hui” ou “actuellement”….
      Allez, je vous taquine!!

    • Et les références ? Elles ne sont pas trop franco-françaises pour nous permettre de comprendre l’essence du film?

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