Marc-André Lussier

Archive, septembre 2013

Lundi 30 septembre 2013 | Mise en ligne à 14h19 | Commenter Commentaires (5)

Le biopic sur Diana ? Vraiment raté…

Diana - Affiche

La presse britannique est aux abois. Enfin, pas seulement celle de Grande-Bretagne. Sur les 32 critiques recensées sur le site Rotten Tomatoes, parmi lesquelles on compte déjà quelques médias de référence américains (Time, Variety, Hollywood Reporter), une seule est de nature plus favorable (This is London). Pour l’instant, Diana ne récolte qu’une famélique cote de 3%.

En Belgique, où je passe aujourd’hui la dernière journée de mon court séjour, le film d’Oliver Hirschbiegel est à l’affiche depuis mercredi dernier. Je suis allé le voir. Et en effet, c’est très raté. Du niveau d’un mauvais téléfilm. Même si Naomi Watts est une excellente actrice, on ne croit pas à son personnage une seule seconde. Placées dans une situation similaire, Helen Mirren (dans The Queen) et Meryl Streep (dans The Iron Lady) ont offert des compositions si admirables qu’elles en sont presque venues à nous faire oublier leur incarnation d’actrice. Meryl Streep avait même réussi à transcender le script très ordinaire qu’elle avait à défendre grâce à son génie.

Malheureusement, rien de tout cela ne se produit ici. Le scénario (écrit par Stephen Jeffreys) se vautre dans les clichés et n’atteint jamais un semblant de profondeur. Ni même quelques accents d’authenticité. Malgré tous les efforts qu’on a mis pour donner à Naomi Watts l’apparence de la princesse disparue, rien n’y fait sur ce plan non plus. Par moments, j’ai davantage pensé à l’ancienne Première ministre du Canada Kim Campbell. C’est dire.

Diana - 1

Dans ce genre d’entreprise, le plus désolant reste encore de voir des gens de talent se diriger tout droit vers un naufrage. Révélé sur la scène internationale grâce à Das Experiment, consacré grâce à l’excellent film sur Hitler La chute, le cinéaste allemand Oliver Hirschbiegel est en train de perdre sa personnalité de cinéaste. Ça aussi, c’est une tragédie.

En Amérique du Nord, Diana prend l’affiche le 1 novembre.


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Vendredi 27 septembre 2013 | Mise en ligne à 14h12 | Commenter Commentaires (17)

Polémique sur La vie d’Adèle : le beau gâchis !

La vie d'Adèle - Affiche Qc

Une affiche signée Karine Savard

«Selon moi, ce film ne devrait pas sortir, il a été trop sali. La Palme d’or n’a été qu’un bref instant de bonheur ; ensuite, je me suis senti humilié, déshonoré, j’ai senti un rejet de ma personne, que je vis comme une malédiction… »

La polémique avait déjà commencé avant même l’attribution de la Palme d’or au festival de Cannes. Des techniciens ayant travaillé sur le plateau de La vie d’Adèle ont alors exprimé publiquement leur mécontentement à propos de leurs conditions de travail pendant le tournage. Quelques mois plus tard, les deux actrices – Léa Seydoux plus particulièrement – en ont rajouté une couche dans la presse américaine en évoquant un tournage plus qu’exigeant : «horrible». Évidemment, l’histoire a fait le tour du monde et suscité bien des discussions à l’intérieur des cercles cinéphiles.

Depuis, la polémique n’en finit plus de finir. Cela au moment même où le film s’apprête enfin à gagner les écrans (le 9 octobre en France et au Québec). Comme stratégie de marketing, il était difficile de trouver pire. Mais il faut quand même assurer la promotion du film, accorder des interviews, répondre aux questions. Qui portent désormais davantage sur la polémique que sur l’oeuvre elle-même. Après le circuit des grands festivals et une tournée nord-américaine, l’équipe rencontre maintenant – chacun de son côté bien sûr – les médias francophones d’Europe.

À Namur aujourd’hui

J’ai d’ailleurs pu le constater moi-même il y a quelques minutes à peine au festival de Namur. En se prêtant pour une énième fois à l’exercice de la conférence de presse, Kechiche a évidemment dû commenter ses récentes déclarations. L’auteur cinéaste, précisons-le, se trouve aujourd’hui dans la capitale wallonne pour accompagner la présentation de son film, choisi pour ouvrir ce soir le 28e Festival international du film francophone (FIFF).

C’est que les déclarations qu’a faites Kechiche dans le Télérama ne sont quand même banales :

«Selon moi, ce film ne devrait pas sortir, il a été trop sali. La Palme d’or n’a été qu’un bref instant de bonheur ; ensuite, je me suis senti humilié, déshonoré, j’ai senti un rejet de ma personne, que je vis comme une malédiction… »

Plus tôt aujourd’hui, il a tenté de tempérer un peu ses propos, prétextant «l’instant d’émotion»

«Je n’ai pas réfléchi à cette hypothèse de toute façon car la décision ne m’appartient pas, a-t-il tranché. Des gens ont investi beaucoup d’argent dans ce film. Ils ont pris beaucoup de risques. Je ne pourrais pas prendre ce genre de décision seul. C’était plutôt une façon de dire que je regrettais toute cette fausse polémique. Et que je préférerais qu’on passe à autre chose plutôt que d’entretenir une polémique avec des déclarations lancées de part et d’autre. Bien franchement, cela n’a plus d’importance. Certains pensent que c’est une façon de faire parler du film mais moi je ne crois pas du tout à ce genre de publicité. Je cois que le public préfère aussi aller voir un film sans connaître tout ce qui s’est passé sur un plateau, ni les tensions qui ont pu survenir à un moment.»

Un film  entaché ?

La partie la plus triste de toute cette histoire réside probablement dans cet aspect des choses. Le spectateur pourra difficilement faire abstraction de tout ce mauvais feuilleton en regardant La vie d’Adèle, lauréat incontesté et incontestable de la Palme d’or. Or, polémique ou pas, Kechiche nous offre ici un film exceptionnel, de loin le meilleur de 2013 à mon sens. J’ai profité de l’occasion pour demander à l’auteur cinéaste ce qu’il aurait envie de dire aux spectateurs qui choisiront d’aller voir le film en salle le 9 octobre, malgré la polémique.

«J’espère simplement qu’ils aimeront encore le film, a-t-il répondu. Qu’ils s’identifient à ces personnages, qu’ils fassent corps avec eux. Qu’ils soient dans leurs émotions aussi. Je souhaite que les gens sortent de la salle réconfortés, heureux, mélancoliques, nostalgiques, avec un sentiment de chaleur.»

Le magazine français Première a mis en ligne aujourd’hui sur son site une analyse fort intéressante de la situation.

La polémique a-t-elle planté la promo de La vie d’Adèle ? (Première)

«Je n’ai plus envie de cinéma, j’ai besoin de calme» (Télérama)

«Adèle», chapitres 8, 9 et 10… (Marc Cassivi)

En terminant, un mot sur l’affiche québécoise. Quand elle fut lancée, je me suis étonné du fait qu’on crée une affiche complètement différente pour le marché québécois, d’autant que la pratique n’est pas habituelle quand il s’agit d’un film français. Or, l’on se doit de saluer l’initiative. Le talent de Karine Savard, qui conçoit souvent de sublimes affiches, peut ainsi être mis en valeur. Bravo.

Adèle - Affiche

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Jeudi 26 septembre 2013 | Mise en ligne à 8h53 | Commenter Commentaires (16)

B.a. du nouveau Polanski La Vénus à la fourrure

Vénus - Affiche

La pièce de David Ives Venus in Fur, créée à Broadway il y a deux ans, connaît maintenant plusieurs incarnations. La pièce est présentement à l’affiche à Montréal – sous le titre La Vénus au vison – au Théâtre Jean-Duceppe dans une mise en scène de Michel Poirier. Hélène Bourgeois-Leclerc et Patrice Robitaille s’y donnent la réplique.

La critique de Jean Siag.

Roman Polanski a de son côté porté cette pièce au grand écran. La Vénus à la fourrure (sortie 13 novembre en France) a d’ailleurs été présenté en compétition officielle au festival de Cannes plus tôt cette année. Certains observateurs s’attendaient à une mention au palmarès d’une façon ou d’une autre. Ce ne fut pas le cas. Emmanuelle Seigner trouve là le plus grand rôle de sa carrière. Face à elle, Mathieu Amalric est évidemment impeccable. La Vénus à la fourrure est le tout premier film que Polanski tourne en français. Un extrait d’un article écrit au mois de mai :

Il a beau être né en France, pays où la plupart de ses films ont été produits, Roman Polanski aura quand même attendu d’avoir atteint l’âge de 79 ans avant de tourner un long métrage en langue française. Ironie du sort, La Vénus à la fourrure est l’adaptation d’une pièce écrite en anglais par le dramaturge américain David Ives.

«La motivation de tourner ce film en français vient justement du fait que je ne l’avais jamais fait auparavant !, a déclaré le cinéaste lorsque la question lui fut posée par La Presse après la première projection. En lisant la pièce, je me disais : voilà un truc pour Emmanuelle. Mais pour qu’elle puisse bien exprimer le personnage, il fallait que ce soit en français.»

Polanski, en forme, dans un fascinant jeu de manipulation.

Les Films Séville viennent d’acquérir les droits d’exploitation de La Vénus à la fourrure pour le territoire québécois. Selon toute vraisemblance, le film sortira chez nous l’hiver prochain.

Une bande annonce a été lancée plus tôt cette semaine.

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