Marc-André Lussier

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    Mardi 27 août 2013 | Mise en ligne à 7h25 | Commenter Commentaires (2)

    Le succès inattendu d’un majordome…

    Butler - Affiche Fr

    Vous êtes nombreux à me demander où diable peut-on voir Lee Daniel’s The Butler en français au Québec. Réponse ? Nulle part. La question m’est posée d’autant plus souvent que le drame biographique de Lee Daniels (The Paperboy) caracole en tête du box-office nord-américain depuis deux semaines. À vrai dire, peu de gens dans l’industrie avaient prévu un aussi grand succès.

    Nous en avons parlé à quelques reprises depuis quelques mois : les grands studios y pensent désormais à deux fois avant d’investir dans un doublage spécifiquement destiné au public québécois. Ce fut le cas avec Lincoln (Steven Spielberg). Ce fut aussi le cas avec 42, le drame biographique consacré au légendaire Jackie Robinson. D’évidence, le studio Warner ignorait que le premier joueur de baseball noir à joindre les rangs de la Ligue majeure de baseball était une icône à Montréal…

    Lee Daniel’s The Butler n’est pas distribué par un «grand studio» à proprement parler, mais c’est tout comme. Aux États-Unis, le long métrage fait partie du catalogue de The Weinstein Company. Dont les films sont relayés chez nous par Films Séville. Dans ce cas-ci, la décision de ne pas procéder à un doublage «local» est revenue au distributeur québécois. Qui se retrouve aujourd’hui un peu dépassé par un succès que personne n’aurait pu prévoir deux mois avant la sortie, moment où ce genre de décision est prise.

    Tant dans l’esprit des grands studios que dans celui des distributeurs locaux, les films américains qu’on pense a priori destinés à un public afro-américain sont peu viables au Québec sur le plan commercial. C’est aussi simple que ça. Tyler Perry est pratiquement un pur inconnu chez nous. À cela s’ajoute la morosité générale d’un box-office à la baisse sur le plan des entrées.

    Face au succès inattendu du Majordome, le distributeur contemplerait maintenant l’idée de favoriser l’accès du film en version française (doublage réalisé en France – le film sort le 11 septembre là-bas) en salle ou sur «d’autres plate-formes». Rien n’est encore toutefois confirmé à cet égard.

    Du côté de chez Weinstein, on souhaite maintenant capitaliser sur ce succès pour bien se positionner dans la prochaine course aux Oscars. On ne cache pas rêver d’un parcours à la The Help. Le film de Tate Taylor, qui avait fait l’objet d’un doublage québécois (La couleur des sentiments), a valu à Octavia Spencer l’Oscar de la meilleure actrice de soutien.

    Quelques liens :

    La critique de Sonia Sarfati.

    Une question de respect et de dignité.

    Une guerre de titres pour The Butler. Absurde.

    La bande-annonce dans ce qui devrait être la version idéale : en v.o. avec s.t.f. :


    Lien YouTube.

    Compte Twitter : @MALussier


    • Je comprend d’un coté ne pas vouloir investir dans une traduction pour un “petit” film avec un budget marketing relativement limité, mais ils auraient vraiment du la voir venir! Ça fait deux mois qu’on entend parler partout des problèmes engendré avec le titre. Sony voulait enterrer ce film par vengeance contre Weinstein, au lieu de cela ils ont donné une tribune inattendue à ce film… Résultat: un PAQUET de monde ont entendu parler d’un petit film, ont vu une BA fort intéressante et ont voulu voir ce film. Avouez tout de même que la revanche est franchement belle; sans cette controverse, il est peu probable que le film aurait ainsi franchi le top du box-office (ou du moins si rapidement sans bouche à oreille).

      Et j’avoue ne pas trop comprendre pourquoi vous dites que ce film est destiné à un public afro-américain; simplement parce que les protagonistes sont noirs ne fait pas de ce film un film de noir; pour moi ce genre de film c’est plutôt des films à la Tyler Perry. Les gens sont très friants de pièces originales sur l’histoire passée américaine. Souvent ces films offrent d’excellents rôles à des noirs car c’est l’époque qui dicte les conflits passés. Or, on peut reconnaître une certaine qualité dans toutes ces oeuvres, et c’est ce qui vient d’abord à l’esprit quand je vois un film du genre: je pense à “The Help”, mais aussi à “Driving Miss Daisy”, “Fried Green Tomatoes”, “The Green Mile”, même à des films tel que “Forrest Gump” ou “Shawshank Redemption”. Si les gens font le même genre d’association de style (snapshot d’époque), vous pouvez comprendre leur empressement à aller voir ce film…

      Vous avez entièrement raison. Je dis toutefois que dans l’esprit du distributeur, cette équation a probablement été faite. De la même manière qu’au départ, Disney a cru que Lincoln n’attirerait pas assez de public au Québec pour justifier l’investissement dans un doublage. M-A. L.

    • Par curiosité, quelqu’un sait combien coûte en moyenne un doublage québécois, quel est la part des recettes qui vont dans les poches du producteur et en conséquence combien d’argent une version doublé doit rapporté avant que cela ne devienne rentable?

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