Marc-André Lussier

Archive du 7 août 2013

Mercredi 7 août 2013 | Mise en ligne à 7h53 | Commenter Commentaires (34)

Le rayonnement international du FFM ? Vraiment ?

FFM - Affiche

Depuis maintenant longtemps, le FFM est délaissé par la presse internationale dite «de référence». C’est là où le bât blesse.

Une fois de plus, la question du rayonnement international du Festival des films du monde a refait surface. Lors d’une conférence de presse au cours de laquelle la programmation fut dévoilée, le président Serge Losique et la vice-présidente Danièle Cauchard ont tour à tour fait écho au fameux rapport d’Influence Communication. Selon le document, le FFM serait «le porte-étendard du Québec dans les médias internationaux».

«Nous sommes reconnus et respectés partout ailleurs dans le monde mais, étrangement, ça n’a pas l’air d’accrocher dans les médias locaux», a déclaré Danièle Cauchard. De son côté, Serge Losique a lancé la conférence de presse en affirmant que la compétition du FFM est de très haut niveau, et qu’elle n’a rien à envier aux autres grands festivals de cinéma, «que ce soit Cannes, Berlin, etc.». Il a évidemment rappelé que le FFM est le «seul festival compétitif reconnu par la FIAPF (Fédération internationale des associations de producteurs de films) en Amérique du Nord. Toronto, c’est autre chose…»

Il a aussi indiqué qu’un grand festival compétitif ne peut sélectionner un film ayant déjà été présenté en compétition ailleurs, omettant toutefois de dire que ces titres prestigieux peuvent être sélectionnés hors concours sans problème. Il y a 25 ans, c’est dans cette catégorie qu’étaient d’ailleurs présentés au FFM tous les films du Festival de Cannes ou presque. Depuis maintenant longtemps, ces titres passent au-dessus de nos têtes pour aboutir plutôt à Toronto, véritable rampe de lancement en Amérique du Nord des grands films internationaux.

Alors qu’en est-il vraiment du rayonnement international du FFM ? Le rapport d’Influence Communication sur lequel s’appuie la direction du FFM remonte à 2010. Voici un extrait du communiqué :

«Selon le présent rapport, le Toronto International Film Festival constitue le principal événement médiatique au Canada, aux États-Unis et dans le monde avec un poids moyen de 66,5 %.  Chez nos voisins du Sud, le TIFF occupe même 73,05 % de toute la place accordée à un événement canadien.

Toutefois, si les journaux du Québec ont accordé leur préférence au Festival Juste pour rire avec 24,43 % , il en est tout autrement des médias électroniques.  Le palmarès québécois de la radio et de la télévision cède cette année le premier rang au Festival d’été de Québec avec un poids médias de 21,26 %.

La presse américaine a quant à elle largement privilégié le Festival international de Jazz de Montréal avec 55,56 %.

Ailleurs dans les médias internationaux, c’est le Festival des films du monde qui est devenu le porte étendard québécois dans une proportion de 40,88 %.

La forte médiatisation d’un événement n’en fait pas nécessairement un outil de promotion touristique.  Le Festival des films du monde ne suscite à cet égard que peu d’intérêt médiatique pour la ville de Montréal.  À l’inverse, le Festival Juste pour rire, le Festival de Jazz, le Festival d’été et le Carnaval constituent la pierre angulaire de notre promotion touristique dans le monde.»

Le communiqué d’Influence Communication comporte aussi un lien à travers lequel le rapport complet peut être téléchargé. Les tableaux sont éloquents. Le TIFF trône souverain, loin devant tout autre festival canadien. Cliquez ici.

Le portrait se révèle ainsi un peu plus nuancé que celui que les dirigeants du FFM présentent aux médias. Cela dit, il est indéniable que grâce à la nature même de l’événement, le FFM sera au moins mentionné dans les médias issus des pays représentés dans sa programmation. Le même phénomène se produit dans nos médias locaux quand un film québécois est présenté à l’étranger.

Depuis maintenant longtemps, le FFM est toutefois délaissé par la presse internationale dite «de référence». C’est là où le bât blesse. Il suffit simplement de suivre un peu les médias spécialisés pour s’en rendre compte. Influence Communication ne peut distinguer cela dans ses statistiques.

Par ailleurs, voici la liste des films inscrits dans la compétition mondiale. Rien à envier à personne.

SPIELTRIEB (L’INSTINCT DU JEU) – Gregor Schnitzler. (Allemagne)
WESTEN (OUEST) – Christian Schwochow (Allemagne)
HET VONNIS (LE VERDICT) – Jan Verheyen. (Belgique)
LA MAISON DU PÊCHEUR – Alain Chartrand (Canada)
L’AUTRE MAISON – Mathieu Roy (Canada)
LE FERRY – Shi Wei (Chine)
NOURRIS-MOI – Yazhou Yang, Bo Yang (Chine)
HITAC (ONE SHOT) – Robert Orhel (Croatie)
MIRAKLET (LE MIRACLE) – Simon Staho (Danemark – Irlande)
LANDES -  François-Xavier Vives (France – Belgique)
JAPPELOUP – Christian Duguay (France – Canada)
LES LIENS DU MARIAGE – Rouhollah Hejazi (Iran)
CHA CHA CHA – Marco Risi (Italie – France)
ITAKER – VIETATO AGLI ITALIANI (ITAKER – INTERDIT AUX ITALIENS) – Toni Trupia (Italie)
RIKYU NI TAZUNEYO (DEMANDE À RIKYU) – Mitsutoshi Tanaka (Japon)
A THOUSAND TIMES GOODNIGHT (MILLE FOIS BONNE NUIT) – Erik Poppe (Norvège)
CHCE SIE ZYC (LA VIE EST BELLE) – Maciej Pieprzyca (Pologne / Poland)
IVAN SYN AMIRA (IVAN/ FILS D’AMIR) – Maksim Panfilov (Russie)
MONICA Z (VALSE POUR MONICA) – Per Fly (Suède)
THE RED ROBIN (LE ROUGE-GORGE) – Michael Z. Wechsler (É-U.)

D’autres liens :

37ème FFM : Sous le signe de la découverte.

Deux réalisateurs québécois engagés en compétition. (PC)

Stuck in a bygone era (Brendan Kelly – The Gazette)

Compte Twitter : @MALussier

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