Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Lundi 29 juillet 2013 | Mise en ligne à 22h59 | Commenter Un commentaire

    À la mémoire de Bernadette…

    Lafont - 1

    Quand je l’ai rencontrée au mois de janvier à Paris, Bernadette Lafont affichait beaucoup d’enthousiasme. Sa Paulette, elle l’aimait. Il y avait au moins 40 ans disait-elle – 40 ans ! – qu’elle n’avait vu une telle évidence entre elle et un personnage. Quelques mois plus tard, elle avait d’ailleurs fait le voyage au Québec afin de soutenir la sortie de ce film qui lui tenait à coeur. Devant une telle vitalité, une telle énergie, une telle fougue, personne n’aurait pu se douter que le destin frapperait de façon aussi subite.

    Depuis jeudi, les hommages pleuvent. Les cinéphiles ramènent à leur bon souvenir les grands films de la Nouvelle vague. De laquelle elle fut l’une des égéries. On cite évidemment La maman et la putain, pratiquement introuvable au Québec**. En France, le film culte de Jean Eustache n’est pas édité en DVD / Blu-ray, mais il est programmé assez régulièrement dans les cinémathèques. Il y a quelques jours, Arte a diffusé le film en hommage à l’actrice. Souhaitons qu’un diffuseur ait ici la même initiative.

    Quand on lui rappelait ses grands rôles, l’actrice faisait pourtant remarquer que sa carrière avait quand même connu des moments plus flous, parfois même des absences. «Parce qu’il y a eu la vie aussi», précisait-elle.

    Les Inrocks a remis en ligne un très beau texte à propos de La maman et la putain, écrit en 1996 par Serge Chauvin.

    Un extrait :

    Le destin de La Maman et la putain semble placé sous le signe du malentendu : son succès de scandale à Cannes puis en salles relevait de l’incompréhension ; le suicide de Jean Eustache, en 1981, encouragea les lectures complaisamment nécrophiles d’une œuvre qu’on aurait voulue prémonitoire. Et puis, au fil des années et de ressorties toujours étonnamment synchrones, on a assisté (et participé) à une irrésistible mythification du film en objet de culte réduit à quelques attributs fascinants, cristallisant tous les fantasmes d’identification : un Paris révolu, les lendemains qui déchantent, le dandysme hautain, la mythologie de l’alcool, la liberté amoureuse sans illusions, la tentation de jouer sa vie. Jean-Pierre Léaud, modèle incandescent. Et un texte à se réapproprier, truffé d’aphorismes définitifs plus nombreux encore que chez Godard, sésame et bagage pour toutes les circonstances de la vie ­ sans forcément savoir qu’à travers lui, nous citions Bernanos ou Baudelaire. Nous étions bien jeunes.

    Première propose de son côté un diaporama constitué des plus belles photos de l’actrice.

    ** Le film fut projeté à la Cinémathèque québécoise en janvier 2012. En 1998, K Films Amérique avait distribué en salle une version restaurée. Le distributeur tenterait présentement de trouver un moyen pour rendre le film accessible. Dossier à suivre.

    Les liens :

    Décès de l’actrice Bernadette Lafont (La Presse)

    Diamant noir sur les solitudes de l’après-68 (Les Inrocks)

    Pourquoi le film de Jean Eustache est-il presque invisible ? (Les Inrocks)

    L’ultime hommage en dix photos culte (Première)


    Lien YouTube.

    Compte Twitter : @MALussier


    • Je croyais qu’il s’agissait de La vrai nature de Bernadette…

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