Marc-André Lussier

Archive, juillet 2013

Mercredi 31 juillet 2013 | Mise en ligne à 16h43 | Commenter Commentaires (3)

Une b.a. d’American Hustle au parfum des années 70

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Bradley Cooper…

C’est un peu comme si David O. Russell avait voulu organiser un gros party en invitant à la fois les acteurs de The Fighter et ceux de Silver Linings Playbook. American Hustle, inspiré d’une véritable affaire criminelle ayant eu lieu dans les années 70, réunit en effet sur une même affiche Bradley Cooper (avec bigoudis!), Amy Adams, Christian Bale, Jennifer Lawrence et Robert De Niro. Se joignent aussi au joyeux groupe Louis C.K. et Jeremy Renner.

Une bande annonce a été lancée aujourd’hui. American Hustle prend l’affiche au mois de décembre.


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Lundi 29 juillet 2013 | Mise en ligne à 22h59 | Commenter Un commentaire

À la mémoire de Bernadette…

Lafont - 1

Quand je l’ai rencontrée au mois de janvier à Paris, Bernadette Lafont affichait beaucoup d’enthousiasme. Sa Paulette, elle l’aimait. Il y avait au moins 40 ans disait-elle – 40 ans ! – qu’elle n’avait vu une telle évidence entre elle et un personnage. Quelques mois plus tard, elle avait d’ailleurs fait le voyage au Québec afin de soutenir la sortie de ce film qui lui tenait à coeur. Devant une telle vitalité, une telle énergie, une telle fougue, personne n’aurait pu se douter que le destin frapperait de façon aussi subite.

Depuis jeudi, les hommages pleuvent. Les cinéphiles ramènent à leur bon souvenir les grands films de la Nouvelle vague. De laquelle elle fut l’une des égéries. On cite évidemment La maman et la putain, pratiquement introuvable au Québec**. En France, le film culte de Jean Eustache n’est pas édité en DVD / Blu-ray, mais il est programmé assez régulièrement dans les cinémathèques. Il y a quelques jours, Arte a diffusé le film en hommage à l’actrice. Souhaitons qu’un diffuseur ait ici la même initiative.

Quand on lui rappelait ses grands rôles, l’actrice faisait pourtant remarquer que sa carrière avait quand même connu des moments plus flous, parfois même des absences. «Parce qu’il y a eu la vie aussi», précisait-elle.

Les Inrocks a remis en ligne un très beau texte à propos de La maman et la putain, écrit en 1996 par Serge Chauvin.

Un extrait :

Le destin de La Maman et la putain semble placé sous le signe du malentendu : son succès de scandale à Cannes puis en salles relevait de l’incompréhension ; le suicide de Jean Eustache, en 1981, encouragea les lectures complaisamment nécrophiles d’une œuvre qu’on aurait voulue prémonitoire. Et puis, au fil des années et de ressorties toujours étonnamment synchrones, on a assisté (et participé) à une irrésistible mythification du film en objet de culte réduit à quelques attributs fascinants, cristallisant tous les fantasmes d’identification : un Paris révolu, les lendemains qui déchantent, le dandysme hautain, la mythologie de l’alcool, la liberté amoureuse sans illusions, la tentation de jouer sa vie. Jean-Pierre Léaud, modèle incandescent. Et un texte à se réapproprier, truffé d’aphorismes définitifs plus nombreux encore que chez Godard, sésame et bagage pour toutes les circonstances de la vie ­ sans forcément savoir qu’à travers lui, nous citions Bernanos ou Baudelaire. Nous étions bien jeunes.

Première propose de son côté un diaporama constitué des plus belles photos de l’actrice.

** Le film fut projeté à la Cinémathèque québécoise en janvier 2012. En 1998, K Films Amérique avait distribué en salle une version restaurée. Le distributeur tenterait présentement de trouver un moyen pour rendre le film accessible. Dossier à suivre.

Les liens :

Décès de l’actrice Bernadette Lafont (La Presse)

Diamant noir sur les solitudes de l’après-68 (Les Inrocks)

Pourquoi le film de Jean Eustache est-il presque invisible ? (Les Inrocks)

L’ultime hommage en dix photos culte (Première)


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Vendredi 26 juillet 2013 | Mise en ligne à 18h24 | Commenter Commentaires (42)

Derrière l’homme fort du box-office…

Louis Cyr - 1

Antoine Bertrand dans Louis Cyr
(photo : Films Séville)

Rien ne vaut une rumeur favorable propagée par des proches et des gens de proximité.

Louis Cyr – L’homme le plus fort du monde devrait atteindre, si ce n’est déjà fait, le chiffre magique de deux millions de dollars au box-office québécois dès ce week-end. Il n’aura fallu à ce film que deux semaines (peut-être un peu plus) pour atteindre cette étape. En comparaison, Omertà, champion québécois du box-office l’an dernier, a eu toutes les misères du monde à terminer sa carrière autour de 2,8 millions $.

Est-ce à dire que la période noire que traverse notre cinématographie nationale sur le plan de la fréquentation tire à sa fin ? Évidemment, non. À vrai dire, c’est maintenant l’«ordinaire» qui a repris son droit, après une embellie exceptionnelle. À l’époque, on disait d’ailleurs que le jour où ça allait commencer à redescendre, ça ferait mal. Ben là, on y est.

Au-delà des qualités – bien réelles – du film biographique de Daniel Roby (le succès populaire n’est pas toujours tributaire de la qualité d’un film), on observe quand même ici un phénomène intéressant et plutôt inusité : Louis Cyr a accru sa popularité lors de sa deuxième semaine d’exploitation, attirant plus de spectateurs que lors des premiers jours. La dernière fois où ce cas de figure est survenu chez nous, c’était il y a six ans. Les 3 p’tits cochons, première réalisation de Patrick Huard, s’est maintenu dans le Top 10 des films les plus populaires pendant dix semaines. Son succès fut établi sur la longueur. Même les superproductions hollywoodiennes ne parviennent pas à maintenir une telle constance.

C’est dire que certains films bénéficient grandement d’un phénomène parfaitement imperméable à toutes les stratégies de marketing, et sur lequel personne n’a aucun contrôle : le bouche à oreille. Rien ne vaut en effet une rumeur favorable propagée par des proches et des gens de proximité.

Un exploit remarquable

Comme Louis Cyr, Les 3 p’tits cochons avait enregistré un bon score lors de son premier week-end d’exploitation, mais rien de spectaculaire. La fréquentation ne s’est pourtant pas affaiblie au cours des semaines subséquentes, indiquant même parfois une hausse. L’exploit est assez remarquable, dans la mesure où toute la configuration de l’industrie de l’exploitation en salle est élaborée en fonction du premier week-end. Il convient toutefois de préciser que Louis Cyr a aussi les moyens de ses ambitions. Occupant encore 97 écrans, le film est facilement accessible pratiquement partout au Québec.

Sur la lancée de Louis Cyr, l’industrie se tourne maintenant vers la comédie Hot Dog (Marc-André Lavoie) pour mettre un peu de punch dans des statistiques très sombres. Jusqu’à Louis Cyr, tous les films québécois lancés en 2013 n’ont en effet intéressé qu’une poignée de cinéphiles. Obsédée par la performance au box-office, l’industrie retient son souffle. Quand on analyse l’offre sur le plan artistique, on ne peut toutefois faire autrement que de constater la vigueur de notre cinématographique nationale (Catimini, Roche Papier Ciseaux, Les manèges humains, Le météore, La cicatrice, Sarah préfère la course). Or, ces œuvres-là ont désormais plus de difficulté à atteindre un public. À qui la faute ? Certains imputent ce désintérêt par une absence collective de curiosité  intellectuelle. D’autres s’inquiètent de l’absence d’une relève sur le plan de la cinéphilie. On avancera aussi que l’industrie souffre évidemment du fameux syndrome de la saucisse. Comment voulez-vous susciter le goût du cinéma quand ces œuvres ne prennent l’affiche que dans une seule salle à Montréal ?

On affirmera aussi que les diffuseurs télé – particulièrement les diffuseurs publics – ne jouent plus leur rôle. À quand remonte la dernière fois où Radio-Canada a présenté un grand film international avec des sous-titres sur ses ondes ? Et Télé-Québec ? Non seulement le diffuseur public québécois ne présente plus de films sous-titrés, mais on remarque qu’il joue aussi de plus en plus dans les platebandes de TVA et de V dans ses choix de films américains. En principe, TQ devrait être à l’abri de la course folle aux cotes d’écoute, non ?

Un équilibre rompu

Alors oui, il est vrai que l’équilibre entre les productions à vocation plus «commerciale» et le cinéma de création, sur lequel a reposé le succès du cinéma québécois au cours de la dernière décennie, semble avoir été rompu. Mais le problème est beaucoup plus large à mon sens.

Tenons aussi compte du fait que le monde de l’exploitation est présentement en pleine mutation. Le succès d’un film ne se mesure désormais plus seulement à sa «performance» en salle. L’ennui, c’est qu’il n’y a encore que cette donnée-là qui semble compter aux yeux de tout le monde.

Ce débat sans fin a récemment été relancé à cause d’un article – plutôt sombre – qu’a publié Brendan Kelly dans The Gazette. Ce texte a en outre fait réagir la collègue du 24 images Helen Faradji.

Les liens :

Quebec film industry in shambles (Brendan Kelly)

Joujou cassé ? (Helen Faradji)

Recettes en salles des films québécois de 2013 (Filmsquebec.com)

Entrées en salles des films québécois de 2013 (Filmsquébec.com)

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