Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Samedi 25 mai 2013 | Mise en ligne à 19h07 | Commenter Commentaires (6)

    Cannes, le dernier jour…

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    Jim Jarmusch et Tilda Swinton
    (Photo : Loic Venance – AFP)

    Plus que quelques heures avant la cérémonie de clôture. Rien n’est plus imprévisible que la composition d’un palmarès par un jury. Cette année, le président Steven Spielberg peut s’appuyer sur l’un des jurys les plus «glamour» de l’histoire du festival.

    Un président nommé Spielberg.

    La cérémonie de remise des prix aura lieu dimanche à 13h (heure du Québec). Sauf erreur, on peut la voir en direct sur le web (sur le site de Canal Plus). Le mode d’emploi est le même que pour les César : pour que ça fonctionne, il faut régler l’heure de son ordinateur à l’heure française (il sera 19h en France quand il sera 13h au Québec). Si vous ratez cette diffusion en direct, vous aurez l’occasion de vous reprendre très vite sur le site officiel du festival.

    Retour rapide sur les 20 films de la compétition :

    Jeune et jolie (François Ozon) : La finesse d’esprit de Dans la maison n’est pas reconduite ici. Jeune et jolie restera sans doute un film mineur dans la filmographie du cinéaste.

    Heli (Amat Escalante) : un drame social très dur, très violent, qui fait écho à la criminalité et à la corruption au Mexique. Mais la provocation ne produit pas l’effet escompté. Plutôt que de souscrire à la dénonciation, le spectateur en vient plutôt à s’en détacher complètement.

    Le passé (Asghar Farhadi) : Si le récit paraîtra parfois inutilement explicatif, il reste que l’écriture au scalpel de Farhadi fait encore merveille ici. C’est fin, subtil, dur, bref, très riche. Devrait assurément figurer au palmarès.

    A Touch of Sin (Jia Zhangke) : Voulant brosser un tableau social contemporain, l’auteur cinéaste aborde le thème de la violence avec un style qui, parfois, peut surprendre. Les scènes de meurtres et de confrontations en tous genres empruntent en effet ici des allures de bande dessinée. À l’arrivée, le spectateur aura du mal à y trouver ses repères, mais il aura assurément l’impression d’avoir vu un portrait inédit.

    Jimmy P. – Psychotherapy of a Plains Indian (Arnaud Desplechin) : Si les échanges entre le patient et le thérapeute semblent parfois répétitifs, il reste que Jimmy P. se démarque grâce à l’interprétation sensible des deux acteurs en présence, de même que par un humanisme profond.

    Tel père, tel fils (Hirokazu Kore-eda) : Un film étonnamment convenu, cousu de fil blanc. Quelques jolies scènes, bien sûr, gracieuseté des enfants, mais certains personnages adultes sont grotesques. Certains voient toutefois ce film au palmarès.

    Borgman (Alex van Warmerdam) : À mi-chemin entre une variation du Théorème de Pasolini et le Funny Games de Michael Haneke, le récit relate comment un vagabond s’incruste dans la vie d’une famille bourgeoise pour mieux la dynamiter de l’intérieur. On trouve un ton, un style, une façon de tirer de l’humour – parfois absurde – dans les situations les plus dramatiques. C’est très grinçant. Et fort intéressant.

    Inside Llewyn Davis (Joel et Ethan Coen) : Inside Llewyn Davis est un film du meilleur cru, dans lequel on retrouve cet humour décalé dont les Coen ont le secret. Devrait figurer assez haut au palmarès.

    Shield of Straw (Takashi Miike) : Le cancre de la compétition selon les critiques internationaux. On peut en effet s’interroger sur la présence d’un simple film d’action dans la course mais l’idée de départ est bonne et l’exécution est à l’avenant.

    Un château en Italie (Valeria Bruni Tedeschi) : C’est parfois brouillon, et les envolées romanesques sont un peu appuyées, surtout dans le dernier acte. Il se dégage néanmoins de l’ensemble une sincérité attachante, d’autant que la réalisatrice sait toujours tirer de l’humour, même dans les situations les plus tragiques.

    Behind the Candelabra (Steven Soderbergh) : Michael Douglas offre une composition aussi remarquable qu’étonnante dans le rôle de Liberace, un entertainer à la langue bien pendue. De bonnes chances pour un prix d’interprétation.

    La grande bellezza (Paolo Sorrentino) : Moins réussi qu’ Il Divo. La grande bellezza est un film foisonnant, dans lequel l’auteur cinéaste mise beaucoup sur les effets de style et les effets de mise en scène. Pourrait figurer au palmarès.

    Only God Forgives (Nicolas Winding Refn) : D’une vacuité abyssale, Only God Forgives racole et s’étire sur 90 longues minutes comme une suite de tableaux dans lesquels les personnages semblent évoluer sur un rythme parallèle, coincés dans les limbes d’un univers où la quête spirituelle passe obligatoirement par des actes sanglants.

    Grisgris (Mahamat-Saleh Haroun) : C’est un peu du niveau du téléroman. Et la direction d’acteurs est très approximative. On attendait mieux de la seule entrée africaine dans cette compétition.

    Nebraska (Alexander Payne) : Ce road movie en noir et blanc se révélera somme toute plus mineur dans la filmographie d’Alexander Payne, mais les admirateurs du cinéaste retrouveront sa manière. Tirant toujours le meilleur de ses acteurs, Payne dirige aussi une galerie de personnages secondaires irrésistibles.

    La vie d’Adèle – Chapitre 1 et 2 (Abdellatif Kechiche) : Le grand choc du festival. Pour la majoritédes festivaliers, la compétition s’est arrêtée là. Grand favori pour la Palme d’or.

    The Immigrant (James Gray) : ce film affiche assurément de belles qualités, notamment sur le plan de la réalisation et de la photographie (signée Darius Khondji), mais ce récit d’immigration américaine dans les années 20 se révèle plutôt classique, voire même convenu.

    Michael Kohlhaas (Arnaud des Pallières) : Visuellement, ce film est somptueux. D’une âpre beauté, dirons-nous. Et aussi très austère sur le plan de la mise en scène. Le bât blesse toutefois sur le plan narratif. L’histoire est rarement mise en contexte, et platement racontée.

    La Vénus à la fourrure (Roman Polanski) : Dans cette partition pour deux personnages, Emmanuelle Seigner, qui retrouve le metteur en scène de Lune de fiel pour une quatrième fois, est vraiment épatante face à Mathieu Amalric. Prix d’interprétation possible.

    Only Lovers Left Alive (Jim Jarmusch) : le film le plus planant de la sélection remet le cinéma de Jim Jarmusch à l’avant-plan. Devrait en principe figurer au palmarès.

    Une sélection somme toute solide dans l’ensemble, dans laquelle aucun film déshonorant n’a été présenté. Cette compétition fut aussi marquée par la présence d’un grand, d’un très grand film (La vie d’Adèle). Cela n’arrive pas tous les ans.

    Notre dossier Cannes 2013.

    Compte Twitter : @MALussier


    • Bon, on se branchera sur Canal Plus un peu avant 13 h, notre heure. Faut donc penser à aller visiter une couple de musées tôt ce matin si on ne veut rien manquer de la cérémonie de clôture. Grosse journée. Belle journée :)

      Bien hâte de voir La vie d’Adèle et Le Passé. Ce sera à l’affiche quand à Montréal? Pas juste dans 1 an j’espère!

    • Short and sweet, la cérémonie. Très hâte de voir La vie d’Adèle.

    • Les ravages du Botox et des multiples chirurgies esthétiques: Kim Novak. Pauvre elle, c’en est pathétique.

    • La vie d’Adèle ! Yes ! Très content.

    • Z’avez l’air de vous etre embeté cette année M.Lussier. Soyer positif et considérez cela comme des vacances payées sur la cote d’azur a regarder des films.

    • L’actrice espagnole au physique atypique Rossy de Palma a présenté le Prix du Jury en disant quelque chose qui devrait rester dans les annales de la petite histoire du Festival de Cannes:

      «Les films c’est comme la vie. On ne peut pas plaire à tout le monde. (pause) Mais on peut être soi-même.»

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