
Quoi ? Un film québécois aurait généré au box-office des revenus supérieurs à ses coûts de production ? Comment serait-ce dieu possible ? En temps de «crise» en plus ? Plus tôt cette semaine, David La Haye faisait pourtant remarquer sur Twitter qu’un seul long métrage québécois avait atteint le seuil de rentabilité en 2012 : le sien. Vous ne trouverez pourtant nulle trace de statistiques à propos de J’espère que tu vas bien dans les documents officiels. Pour la simple et bonne raison que cet exercice de style a été conçu et produit complètement en marge du système.
«Ce film occupe une niche très particulière dans le créneau des films à micro budget, explique l’acteur, également directeur de la société de production Aviva Communications. La crise dont on parle présentement atteint essentiellement les films produits avec du financement public. Nous, on a fait une espèce de petit miracle avec rien !»
L’exploit mérite d’être souligné en effet. D’autant que J’espère que tu vas bien est visiblement le fruit d’un «acte d’amour». Cela dit, il convient tout de même de remettre les choses en perspective.
Entièrement improvisé à partir d’un canevas, J’espère que tu vas bien est un long plan séquence de 87 minutes, capté en une seule journée. L’équipe technique était constituée de deux personnes (parmi lesquelles le coréalisateur Jay Tremblay). On compte trois acteurs devant la caméra (Marie-Chantal Perron, David La Haye et Richard Robitaille). Budget total : 4000 $. Les cinq personnes impliquées dans cet exercice ont été payées au tarif minimum quotidien exigé par les associations professionnelles.
Même s’il n’avait pas de contrat de distribution, le film a quand même pu être présenté sur grand écran l’été dernier au cinéma Parallèle, sans visa d’exploitation de la Régie du cinéma du Québec (d’où l’absence de ce titre dans les statistiques). Certaines salles (peu nombreuses il est vrai) bénéficient en effet du statut particulier de «festival permanent», lequel permet la présentation d’œuvres indépendantes auto distribuées, sans l’obligation d’obtenir un visa d’exploitation auprès de la Régie. C’est notamment le cas du Cinéma Parallèle et du Cinéma du Parc à Montréal, ainsi que du Cinéma Cartier à Québec.
Avec ces présentations, auxquelles se sont ajoutées celles organisées par le circuit Réseau Plus en province, J’espère que tu vas bien aurait généré des recettes légèrement supérieures à son budget de production à la fin de sa carrière en salle.
«Mais pas beaucoup !», précise David La Haye.
Est-ce à dire que ce modèle d’affaires devrait être imité ?
«On s’entend qu’on ne parle pas ici d’un grand film, fait remarquer celui qui fut l’une des figures emblématiques du cinéma québécois au cours des années 90 et 2000. Mais je crois qu’on tient quand même là quelque chose dans le domaine des productions à très petits budgets. Dans ma boîte, on essaie en tout cas d’impliquer les investisseurs privés le plus possible.»
L’effort est louable. Mais force est de reconnaître que ce modèle ne pourrait pratiquement être appliqué qu’à de petits films expérimentaux. Or, notre cinématographie nationale a besoin de diversité pour s’épanouir. Et aussi de productions réalisées avec des moyens plus conséquents.
«Bien sûr, reconnaît David La Haye. D’ailleurs, quand on dit que l’accent devrait être mis davantage sur la qualité des scénarios, je suis tout à fait d’accord. Encore faudrait-il donner les outils et les moyens aux scénaristes de bien faire leur travail. Plusieurs d’entre eux sont obligés d’accepter un autre emploi pour survivre. Quand tu as passé ta journée dans un bureau à faire du 9 à 5, il est plus difficile de trouver un espace mental pour écrire après. Je pense d’ailleurs qu’il serait souhaitable qu’une partie des enveloppes à la performance revienne aussi aux scénaristes qui ont écrit les films à succès.»
Le monde du cinéma est en pleine mutation. On n’en finit plus d’organiser partout des débats, qui se transforment parfois en dialogues de sourds tellement les intérêts des uns et des autres ne pourraient être plus éloignés. François Macerola, qui préside la Sodec, est à la tête de l’organisme mandaté par le ministre Maka Kotto pour étudier toute la question. Il aura du pain sur la planche avant de déposer son rapport au mois d’octobre. Une chose est certaine : les discussions ne seront pas plates.
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jeffypop
15 mars 2013
15h36
Est-ce que Caroline Néron l’a vu?
lecteur_curieux
15 mars 2013
16h16
être arrivé au point mort ou juste un peu mieux ? Kif-kif ?
Parler de rentabilité avec un budget de 4000$ ? Ou encore de modèle d’affaires ? Je nepense pas trop.
Mais d’un modèle artistique ? Pour des artisans voulant faire des choses en parallèle et en se dédiant au cinéma ? Pourquoi pas ? En visant cela, ne pas perdre d’argent ou le moins possible. Et avec un peu de chance faire un léger profit. Disons suffisant pour se payer un souper sur la rue Saint-Denis David ? LOL
Parfait , I’ll drink to that !
jon8
15 mars 2013
18h50
”Budget total : 4000 $. Les cinq personnes impliquées dans cet exercice ont été payées au tarif minimum quotidien exigé par les associations professionnelles.”
4,000 piasses, vraiment ?
L’UA approuve un shooting de film complet à ce tarif ?
disto-bob
16 mars 2013
02h41
Sérieusement,commence en à avoir marre de ces discours des pauvres artistes québécois!De la musique au cinéma,la même affaire:on crève de faim,on a besoin de deux jobs pour arriver,etc.
Pourtant,combien d’artistes au Québec vivent très bien de l’art?Plusieurs,et les principaux intéressés ne se vanteront pas trop de leur exploit,préférant s’en tenir à la réthorique classique et pleine de compassion du pauvre artisan francophone en amérique du nord…
Le Québec étant ce qu’il est,un énorme territoire sauvage et dépeuplé statistiquement parlant,je serais curieux de jeter un oeil sur les chiffres concernant les revenus des artistes en comparaison de la population.Par exemple,les USA sont un pays de 340 millions d’habitants et des poussières,alors allez imaginer le nombre d’artistes qui ne peuvent vivre de leur art à côté des grosses stars de New-York ou de Hollywood!Faudrait-il que tous les artistes du Québec rentrent dans leur argent,tout le temps,peu importe le budget ou la qualité de la production?
Théoriquement,pour x quantité de population,x nombre d’artistes réussiront à bien vivre de leur création.Je pense qu’au Québec,ce quota est bien rempli;bien évidemment,à cet égard il faut passer outre le débat concernant les artisans,les producteurs,réalisateurs,et la distribution des profits.C’est un autre débat.
L’on entend que des discours de pauvres,ici,ça devient lassant à la longue.Que ceux qui font des profits en or arrêtent de se prendre pour des prestataires de l’aide social,qu’ils cessent de se prendre pour des saints à la défence des démunis de la création,et que l’on regarde les choses en face!Nous ne sommes que quelques millions de francophones ici présents,alors cela représente combien d’artistes de talent qui vont vivrent de leur art?Nous sommes une société d’artistes,bien,mais le succès n’est pas pour tous:plusieurs n’ont pas besoin d’une job de week-end pour arriver à payer leurs factures,est-ce normal que d’autres aient à le faire?Je pense que oui.
Un film à 4000$…boy…c’est bien parce qu’on est une petite société qu’on parle de ça dans un des grands quotidiens de la place!
Non,dans mon livre à moi,tout roule comme sur des roulettes:c’est juste la mentalité québécoise du petit pain qui s’impose ici,comme toujours.Des millionaires de l’art et de la culture,il y en a en masse au Québec,autant qu’au Vermont,qu’à Berlin,ou qu’ailleurs dans le monde…en respectant les statistiques de la population!Sans compter le nombre d’artistes de talent qui vont travailer ailleurs,ou qui chantent en anglais,ect.
On peut pas tout avoir,nous ne pouvons tous être des artistes au sommet de la gloire!
zaccio7
16 mars 2013
05h38
JON8
C’était un tournage d’une demi-journée seulement. Film improvisé en un seul plan-séquence.
Tous les comédiens ont été payé au minimum UDA pour une journée complète.
Legit de A à Z.
Best,
David La Haye
Eric_Perron
16 mars 2013
10h00
« Un film québécois aurait généré au box-office des revenus supérieurs à ses coûts de production? […] Plus tôt cette semaine, David La Haye faisait pourtant remarquer sur Twitter qu’un seul long métrage québécois avait atteint le seuil de rentabilité en 2012 : le sien. »
Ici, on assimile « revenus supérieurs à ses coûts de production » et « seuil de rentabilité ». Ce qui veut dire que le producteur doit recevoir des salles davantage que le coût du film. Quand on sait que les salles retournent 50 % (moins que cela s’il s’agit d’un réseau parallèle), le film doit donc faire de 3,5 à 5 fois son budget de production pour espérer atteindre un seuil de rentabilité. Mais puisqu’il ne semble pas y avoir de distributeur dans le cas de J’espère que tu vas bien (selon ce qu’indique l’article de ce blogue; un distributeur se prenant, habituellement, environ 35 % de la somme retournée par les cinémas) et qu’il ne semble pas y avoir eu une campagne promotionnelle significative (payée par un distributeur et qui se rembourse avec les sommes reçues des cinémas), on peut situer le multiplicateur entre 2,5 et 3. Le film de David La Haye doit donc avoir fait autour de 10 000 $ de box-office pour espérer atteindre le seuil de rentabilité.
Puis, vient cette information : « J’espère que tu vas bien aurait généré des recettes légèrement supérieures à son budget de production à la fin de sa carrière en salle. »
« Légèrement… » Donc si le film a fait 4 500 $ ou 5 000 $ et que 50 % de cette somme est resté chez les exploitants, le seuil de rentabilité n’a pas été atteint.
En terminant, si ce film augmente ses revenus (télés, ventes internationales, autres plateformes, etc.), il a de grandes chances, étant donné son minime coût de production, d’atteindre le seuil de rentabilité. Mais dans tous les cas, ce n’est pas cet objectif qui détermine la qualité d’un film.
Éric Perron, Ciné-Bulles
jackbauer
16 mars 2013
11h32
Il y a aussi le film Primer (aux États-Unis) qui avec 7000$ de budget ont généré près d’un demi millions $$ C’est un autre pays, donc un autre contexte j’en conviens, mais c’est dire que la force d’une idée, d’un bon scénario, et dans le cas de primer, avec une réalisation particulièrement ingénieuse ont peut accomplir de grande chose. En ce sens, c’est encourageant.
jon8
16 mars 2013
13h12
”C’était un tournage d’une demi-journée seulement. Film improvisé en un seul plan-séquence.”
D’accord je comprend mieux maintenant.
zaccio7
16 mars 2013
19h35
Eric
Rentabilité pour “les” distributeurs (Excentris/Aviva + Réseauplus/Aviva) qui n’ont pas eu à mettre un sous de publicité … et rentabilité pour le producteur Aviva, qui au total des diverses entrées d’argents en rapport au film (B-O, Promo, Présentations dans les divers cinéclubs), ont dépassé les coûts de production.
Merci en passant d’expliquer aux gens les pourcentages de récupération.
Connaissant maintenant ces affirmations, ils pourront maintenant comprendre la quasi-impossibilité pour des producteurs de faire survivre une boite sans des fonds publics.
I mean … je crois même que si des succès comme “Séraphin” ou “Bob Cop, Bad Cop” avaient été produit au privé, ils auraient été à perte pour ces derniers, après redistribution des entrées entre le distributeur et le producteur.
Un marché de seulement 8 millions de gens (en général pour la majorité des films Québécois) ne peut tout simplement pas être rentable pour un producteur de films au Québec.
Best,
David La Haye
zaccio7
16 mars 2013
19h54
disto-bob
” on crève de faim,on a besoin de deux jobs pour arriver,etc. ”
C’est malheureusement le lot de beaucoup de scénaristes Québécois; principaux créateurs responsables des bonnes histoires … donc des bon films.
Aussi … Aviva ne compte pas uniquement sur des fonds publics pour produire. Elle est responsable, entre autre, d’avoir trouvé l’investisseur principal pour le film “Snow and Ashes” qui a été produit au privé par une autre corporation.
Le fait qu’on parle d’Aviva “dans un des grands quotidiens de la place”(sic) … est peut-être simplement dû au fait qu’elle a réalisé quelque chose d’unique dans toute l’histoire du cinéma Québécois. Pas un gros exploit, mais unique.
Je conviens cependant avec toi qu’on parle ici d’un tout petit petit film qui se voulait avant tout un essai.
Donc … si tu veux trouver des producteurs qui se plaignent, cogne à une autre porte que celle d’Aviva stp ! … ; )
Best,
David La Haye
zaccio7
16 mars 2013
20h04
lecteur_curieux
T’es sur mon bras au Continental ! …
Cheers ! … ; )
David La Haye
zaccio7
16 mars 2013
20h05
jeffypop
Coquin, va ! … ; )
David La Haye
zaccio7
16 mars 2013
20h06
jackbauer
100% d’accord avec toi ! … ; )
David La Haye
jon8
16 mars 2013
23h06
”Un marché de seulement 8 millions de gens (en général pour la majorité des films Québécois) ne peut tout simplement pas être rentable pour un producteur de films au Québec.”
Et voilà.
C’est un marché qui n’en est pas un vraiment. Dans le sens qu’une business qui ne peut aspirer à la profitabilité, lorsque tous les astres sont alignés, ce n’est pas vraiment une business, donc y a pas vraiment de marché.
Désolé de mettre ça sur le tapis, mais la langue n’aide aucunement ici. À quand un film Québécois muet à la ”The/L’ artiste” ?
;-)
Eric_Perron
16 mars 2013
23h10
David La Haye,
Agréable d’échanger sur cette question, mais à ce stade de la discussion, si vous vous voulez prouver la rentabilité de votre aventure (je serais le premier à m’en réjouir; mon propos ne faisait que souligner des contradictions dans les informations du blogue), vous allez devoir donner des chiffres : b-o total de l’ensemble des séances et retour total des sommes à Aviva par les exploitants. Le total du retour doit être supérieur à la somme des coûts de production.
Tous les gens au fait du marché québécois savent qu’aucun film (sauf exception) n’arrive à rembourser totalement les investisseurs (l’État). Les films qui y arrivent sont souvent ceux qui agrandissent “le territoire de diffusion” (l’international). C’est pourquoi les films d’auteur ont davantage de succès à cet égard (Incendies et Monsieur Lazhar, par exemple).
Éric Perron, Ciné-Bulles
bimboom
17 mars 2013
01h24
@zaccio7: WOW! Échanger avec David La Haye sur un blogue c’est quand même incroyable! Merci pour votre présence. C’est merveilleux!
Juste une observation dans le débat qui fait “rage” sur le cinéma québécois. Juste une présence sur ce blogue nous comble!
lecteur_curieux
17 mars 2013
07h27
Plutôt que parler de ”modèle d’affaires”, j’aime mieux parler de projet. De projet artistique ou d’un investissement. Et chaque projet et chaque firme sont uniques.
Si on veut parler d’affaires, se rendre sur le site d’Aviva communications est plus pertinent et on a aussi la mission de l’entreprise. Voilà, le bon mot. Et l’entreprise a aussi son plan d’affaires plus complet mais on a pas besoin de le dévoiler à tout le monde sur le site web.
Et dans le cadre de sa mission d’entreprise, il y a eu aussi ce projet là… Et si on regarde juste sur le plan des entrées et sorties de fonds, le rendement est insuffisant pour parler d’une valeur actuelle nette positive (VAN ou Net Present Value)… Sauf qu’il y a de l’intangible, du savoir-faire, des contacts et oui des façons de faire pouvant servir à d’autres projets dans le futur pour la firme et ou pour d’autres. Donc c’est aussi et encore un investissement ? Oui et pouvant amener des entrées de fonds futures notamment grâce à l’expérience supplémentaire acquise et là la VAN est positive, du moins le qualitatif est suffisant pour le croire même si la chiffrer n’est pas évident.
Un artiste peut très bien être bon en affaires dans son domaine et dans la direction d’une petite ou d’une moyenne entreprise.
Puis, en concluant, oui, effectivement, nos sommes des clients au Continental.
lecteur_curieux
17 mars 2013
07h53
J’aime pas cela parler de ”modèle” ou de ”recette”, en affaires , il faut être innovateur et différent et encore 100 fois plus dans le domaine artistique. Bien sûr, on peut avoir trouver un bon filon, une niche ou une occasion… Et on peut dans un projet avoir fait des choses où d’autres peuvent copier certaines éléments mais de vouloir reproduire intégralement ou juste le mot ”modèle”, j’aime pas tellement, et cela risque de se diriger vers un échec assuré si on pense et procède ainsi ou pour des plus grandes entreprises, un déclin à prévoir.
Un plan d’affaires pour votre entreprise… Là je vous suis… Adopter une pensée stratégique également et cela dans un environnement en perpétuel mouvement ? Absolument et votre cible est donc mouvante. Alors il faut être toujours proactif.
Avec la lourdeur bureaucratique qui est souvent imposée ici au Québec cela peut être encore plus difficile. Puis oui, il faut absolument des subventions en culture dans un aussi petit marché et il ne faut pas que regarder la rentabilité financière à court terme? Non pas du tout mais plutôt les externalités positives et les éléments qui entrent dans le bien public et semi-public du cinéma et de la culture. Autres notions d’économie.
Puis pour alléger la bureaucratie, c’est encore une fois l’intelligence, l’innovation, la créativité et l’habileté à communiquer et en faisant preuve d’humour qui peuvent aider à solutionner cela.
Et aussi que des artistes deviennent de plus en plus autonomes et s’occupent de leurs affaires et d’affaires cela devient un must, on ne vit plus à l’époque d’ Howard Hugues, aux États-Unis, ou pour la chanson , de Jacques Canetti en France.
zaccio7
17 mars 2013
08h21
Eric_Perron
Merci de faire la distinction entre Revenus versus Coûts de production … et rentabilité.
Donc pour JQTVB … Revenus – Coûts = Chiffres positifs.
Il faut maintenant comprendre qu’Aviva agissait à titre de producteur … et co-distributeur.
Donc, quand je parle de toutes les entrées d’argent qui ont fait une rentabilité, je parle évidemment du B.O qui sont revenus à Aviva + les sommes que j’ai touché en tant que présentateur dans les différents cinéclubs + tous les salaires de promotion pour faire toutes les entrevues télé (j’étais partout comme vs avez pu le constater). Avec le cumule de tous ces chiffres qui sont retournés dans les coffres d’Aviva, elle y trouve sa rentabilité.
Best,
David La Haye
zaccio7
17 mars 2013
08h28
jon8
Très bon point.
Quel aurait été le B-O international de Monsieur Lazare ou Incendies si ces films avaient été en anglais ?
Une question dont la réponse me fendrait le coeur si c’était ” exponentiellement plus grand ” étant un amoureux de la langue Française … et fervent défenseur d’Option Nationale ! … ; )
On pose ici la question strictement que d’un point de vue de Rentabilité, puisque c’est dont il est question dans l’article.
Best,
David La Haye
zaccio7
17 mars 2013
08h29
bimboom
Tout le plaisir est pour moi, bimboom ! …
Salutations du Sénégal … ; )
Best,
David La Haye
zaccio7
17 mars 2013
08h32
lecteur_curieux
Merci pour ces excellentes observations ! …
Je te vends des parts de mes actions du Conti ?! … ; )
Best,
David La Haye
lecteur_curieux
17 mars 2013
09h01
Ok question ”terminologie”, ”modèle d’affaires” est employé depuis des années mais on regarde cela et c’est juste un terme ”Nouveau” lors de son apparition qui redit pas mal la même chose que des bons vieux termes connus…
Les analystes et les théoriciens aiment bien cela changer les mots. Et le modèle change tout le temps…
On a tout vu des choses équivalentes pour analyser des organisations avec des approches systémiques ou de chaînes de valeur.
http://zonecours.hec.ca/documents/H2008-1-1395756.Cours3-IntroModelesdaffaires.pdf
Une affaire bonne pour les consultants qui se cherchent de la job ou des clients… LOL
Cela impressionne bien du monde le jargon et les modes. Mais en affaires, la façon de faire un bénéfice reste toujours la même avec des revenus supérieurs aux coûts. Quelles seront vos stratégies à vous dans votre entreprise ? Bien là, cette information là peut valoir cher…
Si vous révéler tous vos secrets vous risquez de perdre votre avantage compétitif. Oui, la notion d’avantage concurrentiel par Michael Porter et d’aucuns prétendent que des choses qu’il disait ou son modèle ne serait plus pertinent. Au moins lui, son modèle était une façon d’analyser, analyser les forces en présence.
C’est pas un ”modèle” bande de cancres, c’est une stratégie ! Mais il faut un mot pour nommer chacune des stratégies possibles ? Bof et en anglais le mot ”model” doit avoir plusieurs sens…
jon8
17 mars 2013
12h28
”Une question dont la réponse me fendrait le coeur si c’était ” exponentiellement plus grand ” étant un amoureux de la langue Française”
Loin de moi l’idée d’inviter la question ultra-sensible de la langue/identité nationale dans un débat de business (..?), mais force est de constater que de ma perspective de ’serial entrepreneur’, l’industrie cinématographique Québécoise ne peut, pour le moment du moins, qu’aller rejoindre la restauration, l’aviation et la cueillette de fraises sur ma black list des domaines à ne pas toucher, tellement l’énergie à y consacrer et les risques à prendre ne valent pas la chandelle. De mon point de vue extérieur de l’industrie, bien sûr.
Long story short: si tu veux faire de l’argent, ce n’est pas le bon domaine. Et si tu veux faire de l’art, pourquoi inviter le fric dans l’équation ?
Bref, au stade où j’en suis, je préfère encore amputer complètement le côté business de la patente pour laisser toute la place à l’art. Sans risque de pollution.
On se retrouve donc avec un des hobbys les plus dispendieux de la planète.
Au lieu de me garocher dans l’espace comme Laliberté, je vais faire un film, tiens.
zaccio7
17 mars 2013
12h41
jon8
Exactement Jon8 … l’art, et la culture en général, ne devraient jamais être débattus d’un point de vue industrielle … et encore moins de celui d’une rentabilité.
Sois très à l’aise de le crier sur tous les toits ! … Surtouts ceux qui recouvrent les têtes des gens de droite qui vomissent sur les artistes … ; )
Best,
David La Haye
zaccio7
17 mars 2013
12h42
Il faut plutôt lire “Industriel” dans le dernier commentaire.
jon8
17 mars 2013
13h03
@lecteur
”J’aime pas cela parler de ”modèle” ou de ”recette”, en affaires , il faut être innovateur et différent et encore 100 fois plus dans le domaine artistique. Bien sûr, on peut avoir trouver un bon filon, une niche ou une occasion… Et on peut dans un projet avoir fait des choses où d’autres peuvent copier certaines éléments mais de vouloir reproduire intégralement ou juste le mot ”modèle”, j’aime pas tellement”
Je suis partiellement d’accord, dans le sens qu’il faut éviter de faire du copy-paste, autant en business qu’au niveau artistique. Par contre, j’applaudis l’effort de monsieur La Haye pour avoir été dans cette direction (micro-budget extrême) ne serait-ce que pour l’aspect symbolique de la chose, ne serait-ce que pour ce débat fort intéressant…
Me semble que nous avons eu un débat similaire sur le blogue de Alain Brunet il n’y a pas longtemps, concernant l’industrie de la musique franco-Québécoise? Je ne trouve plus le lien… Peu importe. Même putain de pattern. Il y a trois douzaines de pêcheur pour un aquarium. Et le poisson qu’il y a dans l’aquarium ne pourra nourrir suffisamment aucun d’entre eux. Acheter une meilleure canne à pêche n’arrangera pas les choses, au contraire.
Bottomline, il faut passer par une réduction des coûts de production et/ou par l’exportation. Comme la réduction des coûts est limitée (et compromet fatalement la qualité du produit passé un certain point, sauf très rares exceptions) il faut viser la planète. Et pour viser la planète, il faudra se poser la question: est-ce que du franco-québécois sous-titré, ça passe ? Sinon, est-ce que du anglo-québécois ça passe, ou il y quelque chose qui bloque au delà de la langue ? Est-ce que seul le ”tag” made in Canada est un problème lorsqu’il faut perçer le marché U.S. ou Asiatique?
Dans un marché difficile comme ça, il faut avoir l’esprit du guerrier. Il faut savoir retraiter devant un opposant plus fort (blockbusters U.S., films d’actions/historiques/sci-fi) pour utiliser ses forces le plus possibles (créativité, flexiblité, marché de niche) et empêcher nos faiblesses de nous couler durant le processus. C’est un jeu d’équilibriste déjà très difficile pour une ”business ordinaire”, c’est carrément le front de la guerre dans le cas qui nous occupe.
respectable
17 mars 2013
14h09
Trop d’artistes et de bouffons et pas suffisamment de culture tel est le drame du cinéma québécois et de la culture québécoise dans son ensemble.
disto-bob
17 mars 2013
15h46
@zaccio7
Bon,ça a l’air que le cinéma au Québec n’est pas une bonne affaire-côté financier-,contrairement à d’autres secteurs des arts qui peuvent s’avérer davantage intéressants;je vous fais confiance sur la question,ainsi qu’aux autres qui connaissent mieux le domaine du cinéma que moi!
Hors par contre je suis en désaccord concernant votre énoncé selon lequel on ne devrait jamais parler d’art ou de culture d’un point de vu industriel,comme vous dites,car il semble qu’il s’agisse ici tout simplement de balayer la réalité sous le tapis.Car en fait,on débat régulièrement de l’aspect financier de la création,que ce soit ici ou ailleurs,et d’ailleurs c’est pas un peu le sens de notre petite conversation acyuellement?La question des profits ou de la rentabilité,ce n’est qu’un des éléments de ce débat,plus général,qui revient tous les deux semaines au Québec!Mais je vous prends sur le fait,car c’est vous qui dites que plusieurs scénaristes sont obligés d’avoir une job de jour,parce qu’il n’est pas possible de vivre de son art:c’est vous-mêmes qui abordez le sujet du salaire-c’est de ça qu’il s’agit-,et vous savez bien que les salaires sont liés aux profits et à la rentabilité,peu importe l’ entreprise ou le domaine d’activité.C’est l’ironie québécoise des artistes qui prétendent que les question d’argent,ce n’est pas important,mais qui sont toujours entrain de dire qu’ils crèvent de faim,qu’ils ont besoin de subventions afin de pouvoir créer.Je suis bien d’accord avec tout ça,mais il faudrait arrêter de se mentir:les artistes au Québec n’arrêtent pas de parler d’argent,ils le font plus que les artistes riches des États-Unis qui eux se contentent de s’acheter des jets privés pendant que les journaux à potins relaient la nouvelle!Je blague,mais en même temps,non.Ici,les artistes s’arrachent les cheveux quand le gouvernement décident de couper dans les subventions…ou quand ce sont les producteurs ou les distributeurs qui empochent le profit à la place des artisans-là ils auront raison de se plaindre!Mais téter des subventions,c’est parler d’argent,c’est parler de financement,et c’est malheureusent affirmer que la rentabilité est difficile à aller chercher ici,dans la belle province.
Tsé,des gens au Québec réussissent à s’enrichir,avec ces fameuses subventions.Peut-être pas dans le domaine du cinéma,mais dans d’autres!Puis en fait,au niveau de la production de films,me semble avoir déjà entendu des drôles histoires de gars qui roulent en Bmw pis qui vivent dans des maisons de 600 000$?Est-ce que je me trompe?
Mais sur le fond,bien entendu,l’art n’est pas quelque chose qui devrait se marchander,en principe,dans l’idéal,c’est à dire en gros dans une société qui n’est pas la nôtre actuellement,voir même qui n’a jamais existé.Je ne suis pas quelqu’un du milieu,comme vous,mais je suis quelqu’un qui m’intéresse beaucoup aux arts,et à son histoire.Et pour ma part je n’embarque plus dans ce discours anti-capitaliste des artistes occidentaux:l’argent,la politique et l’art,dans la civilisation européenne,ont toujours fait vie commune!En fait,je ne sais même pas pourquoi les artistes osent affirmer que l’art et l’argent ne vont pas ensemble:dans certaines cultures africaines,peut-être,dans certains pays d’asie,possible,mais en sol nord américain je pense que seuls les amérindiens pourraient revendiquer cet idéal de la culure supérieure.
En passant,très plaisant de vous lire,que vous ayez accepté de jouer le jeu en vous joignant à la conversation.
Respect.
disto-bob
17 mars 2013
16h42
Puis juste pour la plaisir,plusieurs artistes auront été reconnu pour leur sens des affaires.Et on ne parle pas ici d’artistes américains,car on aime bien mettre le capitalisme culturel sur le dos des américains,généralement.Rembrandt,Picasso,Rodin,Dali et des bands comme Led Zeppelin ou Pink Floyd,possédaient un bon sens du marketing,si ce n’est du business en tant que tel.La liste est longue,et si on ajoute le désir de célébrité-qui vient assez souvent avec la richesse-,la liste est interminable!Et pour ce qui est le l’art africain,qui assez souvent possède un sens rituel(religieux),en fait tout ça été récupéré par le marché de l’art occidental et des petites scultpures en bois valent des fortunes aujourd’hui!Et que dire de ses artistes qui comptaient sur leurs mécènes du Vatican ou de la royauté,et qui ne crachaient certes pas sur la vie de privilèges qui venait quelques fois avec?
L’idéal de l’artiste qui crée pour créer est bien réel,mais la liste n’est probablement pas aussi grande que l’autre.Par contre,ici,au Québec,on tient ce discours mais c’est juste parce que l’on est pas assez nombreux pour faire vivre assez d’artistes!Si le Québec comptait 60 millions de francophones,comme en France,les choses seraient un peu différentes.L’idéal français de l’artiste intégral est un peu illusoire,également,selon moi:Balzac vivait au-dessus de ses moyens,tout comme Baudelaire,et rêvait d’être célèbre,tout comme bon nombre d’artistes de la belle époque!Puis bon,la France étant assez socialement conservatrice au niveau de ses classes sociales,c’est facile de prétendre faire de l’art pour l’art,quand tu proviens d’une des grandes familles de France et que ta maison d’été,c’est un château…Bullshit intellectuel,alors.
La majorité des artistes rêvent d’être riches et célèbres.Les autres se mentent à eux-mêmes,et un infime poucentage est à la poursuite d’un idéal supérieur-spirituel,philosophique,artistique,social,etc.Un ami jazzman à ses heures,qui était du genre à tenir des discours d’artistes typiquement québécois,maintenant qu’il ne peut pas vivre de l’art et qu’il n’a jamais été capable de le faire en fait,travaille aujourd’hui et fait des bons salaires,possède sa maison et tout;comme les choses peuvent changer,en l’espace de quelques années:c’est littéralement un homme d’affires aujourd’hui!
2094
17 mars 2013
19h15
J’espère que tu vas bien avait un titre destiné à gagner le prix ”ca va pas fort” aux Aurores.
re_re...
18 mars 2013
06h26
Dans cette catégorie, il y a Simon-Olivier Fecteau qui fait du très bon travail dont on ne voit pas assez les productions qui ont des scénarios originaux avec une poésie que je n’ai jamais vu ailleurs.