Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Mercredi 13 mars 2013 | Mise en ligne à 4h00 | Commenter Commentaires (3)

    Christian Duguay : le malentendu ?

    Christian Duguay - 1

    Christian Duguay (photo : Pathé)

    «On associe souvent mon nom à des films américains mais je crois que j’ai fait un mauvais détour là-bas. Je ne me suis jamais vraiment reconnu là-dedans»

    Un film français très ambitieux, tourné avec un budget de 26 millions d’euros (environ 40 millions de dollars), prend l’affiche aujourd’hui même dans l’Hexagone. Jappeloup est réalisé par Christian Duguay, le plus «international» des cinéastes québécois. Je l’ai joint à Prague lundi, histoire de prendre des nouvelles de celui dont on a toujours l’impression qu’il fait carrière aux États-Unis.

    «Cette perception ne correspond plus du tout à la réalité, dit-il au bout du fil. Je ne travaille plus à Los Angeles depuis au moins dix ans. J’ai mis ça de côté. La réalisation de films d’action ne m’intéressait pas tant que ça. Au cours des dernières années, je me suis plutôt consacré à des miniséries et à des films destinés à la télévision, principalement en Europe. J’ai beaucoup travaillé en Italie. Cela dit, j’aime bien rappeler que je dirige ma propre compagnie, CD Films, que celle-ci est basée à Montréal, et qu’elle est impliquée dans de nombreuses coproductions. Il y a d’ailleurs une part de coproduction québécoise dans Jappeloup. Plusieurs artisans québécois ont travaillé sur le film. La société Hybride s’est notamment chargée des effets visuels. Mes attaches au Québec sont solides.»

    Recruté par les Américains au début de sa carrière pour tourner des films d’action, Duguay s’était pourtant vite fait un nom à Hollywood.

    «The Assignment fut un point tournant, rappelle-t-il. Ce film-là m’a vraiment placé dans les hautes sphères du cinéma hollywoodien. J’étais tout juste sur le point de réaliser de gros films, James Bond et tout ça. J’ai été sur les blocs de départ pour des superproductions de ce genre mais au bout d’un an et demi, rien ne se concrétisait. Et j’ai besoin de tourner. C’est à ce moment qu’on m’a offert la réalisation de Jeanne d’Arc pour la télé. De fil en aiguille, tout s’est enchaîné de ce côté. Jappeloup marque un peu mon retour au cinéma.»

    Écrit par Guillaume Canet, qui tient aussi le rôle principal, Jappeloup est une libre adaptation du roman Crin noir de Karine Devilder, lequel est lui-même inspiré de l’histoire vraie de Pierre Durand. Ce dernier, passionné d’équitation, a abandonné sa carrière d’avocat pour se lancer dans le saut d’obstacle avec son cheval appelé Jappeloup. Ensemble, l’homme et la bête se sont rendus aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, et à ceux de Séoul en 1988.

    «Je dois ma présence sur ce film à Mario Luraschi, probablement le meilleur coordonnateur de cascades équestres, avec qui j’ai déjà eu l’occasion de travailler à deux reprises. Mario connaît bien ma passion des chevaux – j’ai été champion junior au Québec dans ma jeunesse – et il a suggéré aux producteurs du film de me rencontrer. De mon côté, je m’étonnais que Guillaume Canet ne veuille pas réaliser le film lui-même. Or, Guillaume, qui a la passion des chevaux lui aussi, m’a expliqué qu’il trouvait le rôle exigeant au point où il préférait se concentrer uniquement sur son jeu. Ça a vraiment bien cliqué entre nous. Nous sommes même devenus de très bons amis. Guillaume m’a d’ailleurs demandé de l’aider dans la traduction des dialogues de Blood Ties, le film qu’il a tourné récemment à New York.

    «De tous les films que j’ai réalisés jusqu’à maintenant, poursuit-il, je dirais que Jappeloup est celui qui ressemble le plus à ce que je souhaite faire. J’ai conscience que mon parcours est un peu chambranlant. On associe souvent mon nom à des films américains mais je crois que j’ai fait un mauvais détour là-bas. Je ne me suis jamais vraiment reconnu là-dedans. Jappeloup, c’est du grand spectacle, mais il y a aussi de l’humain, de l’émotion.»

    Ce retour au cinéma, espère-t-il, lui permettra de mettre en chantier un projet de film qu’il développe depuis quelques années. Rebelle sans frontières porte sur la vie du travailleur humanitaire québécois Marc Vachon.

    «Ça, dit-il, c’est mon film fétiche. Je tiens à le faire mordicus

    Le projet de film sur la vie de Gilles Villeneuve semble par ailleurs être suspendu pour le moment. «Mais je ne l’abandonne pas», prévient le cinéaste.

    Christian Duguay partage sa vie entre Montréal et Prague. Il passe la moitié de son temps dans la capitale tchèque, autant pour des raisons professionnelles que personnelles.

    Jappeloup sera distribué au Québec par Les Films Séville. En principe, le film devrait prendre l’affiche chez nous au mois de septembre.

    La filmographie de Christian Duguay (via imdb.com)


    Lien YouTube.

    Compte Twitter : @MALussier


    • petites infos complémentaires:
      Jappeloup et Durand on gagné la médaile d’or de saut d’obstacle en 88 et Jappeloup était un cheval très petit et très atypique qui est une vrai légende en France(un peu l’équivalent de seabiscuit aux E.U.)

    • C’est quand même lui qui nous offre le meilleur film dans lequel joue Wesley Snipes…

    • pour ma part j’espere qu’il realisera son film sur marco , car ca vaut le detour .
      juju

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