Marc-André Lussier

Archive, février 2013

Mercredi 27 février 2013 | Mise en ligne à 23h15 | Commenter Un commentaire

Steven Spielberg présidera le jury du Festival de Cannes *(Ajouts)

Steven Spielberg - Joe Klamar AFP

(Photo : Joe Klamar – AFP)

Il paraît que la direction du Festival de Cannes le sollicitait depuis des années. Mais de mauvais concours de circonstances rendaient toujours la rencontre impossible. Cette fois, ça y est. Steven Spielberg présidera le jury du 66ème Festival de Cannes, lequel se tiendra du 15 au 26 mai. L’annonce vient d’être faite sur Twitter via le compte officiel du Festival (@FdC_officiel).

Hier, le président du Festival, Gilles Jacob (qui s’amuse beaucoup sur les médias sociaux), avait donné un indice : «Dany Boon vous aura-t-il porté chance ?»

Bien malin celui qui aurait pu deviner l’identité du président du jury à partir de cet indice tellement les deux personnalités ne semblent liées d’aucune façon. Dans la blogosphère, on suggère toutefois une explication. Le lien viendrait du fait que la première mondiale du plus récent film de Dany Boon, Rien à déclarer, a eu lieu en Belgique, tout comme celle, quelques mois plus tard, des Aventures de Tintin : Le secret de la Licorne (réalisé par Spielberg bien sûr). Celui qui aura trouvé aura probablement droit à deux gros morceaux de robot.

Steven Spielberg sera le 5ème Américain à présider le jury du Festival de Cannes en 10 ans. C’est beaucoup. Cela dit, on ne peut blâmer les organisateurs de faire appel à un cinéaste aussi reconnu, apprécié, et influent.

* Ajouts :

Deux choses. D’abord, Gilles Jacob (@jajacobbi) a expliqué l’indice lancé sur Twitter hier : «Dany Boon vous aura-t-il porté chance ?» Réponse : «Ch’tis veine» Spielberg. Ben coudonc.

Nous avons par ailleurs reçu le communiqué officiel pendant la nuit. Quelque extraits :

«Comme on dit outre-Atlantique, précise Gilles Jacob, Président du Festival de Cannes, Steven Spielberg est un regular de Cannes : Sugarland Express, Color Purple. Mais c’est E.T. que j’ai montré en 82 en première mondiale, qui a tissé des liens qu’on n’oublie pas. Depuis, j’ai souvent demandé à Steven de présider le jury, mais à chaque fois, il me répondait qu’il tournait. Aussi cette année, quand on m’a dit E.T. phone home, j’ai compris et j’ai répondu : enfin ! »

«Steven Spielberg nous a donné un accord de principe il y a deux ans, déclare Thierry Frémaux, Délégué général du Festival. Il a su se rendre disponible cette année pour être le nouveau Président du Jury. Plus je l’ai rencontré ces dernières semaines, plus j’ai senti que la tâche l’enthousiasmait. Ses films mais aussi son engagement tous azimuts font de lui, année après année, l’égal des plus grands cinéastes d’Hollywood. Nous sommes fiers de l’accueillir. »

«Le souvenir de mon premier Cannes remonte déjà à plus de 31 ans, a déclaré Steven Spielberg au Festival, mais ça reste l’un des moments les plus forts de ma carrière. Depuis plus de six décennies, Cannes est une plate-forme incomparable destinée à faire découvrir des films extraordinaires venus du monde entier. C’est pour moi un grand honneur et un immense privilège de présider le jury d’un Festival qui ne cesse de prouver, inlassablement, que le cinéma est le langage du monde. »

Gilles Jacob a aussi laissé entendre sur Twitter que l’annonce avait été un peu décalée afin qu’elle ne puisse influencer d’aucune façon le vote aux Oscars.

Le texte de l’AFP.

Le site officiel du Festival de Cannes.

Compte Twitter : @MALussier

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Mercredi 27 février 2013 | Mise en ligne à 7h30 | Commenter Un commentaire

This Must Be the Place enfin à Montréal !

This Must Be the Place - affiche

Les Montréalais pourront enfin voir sur grand écran – un soir seulement – This Must Be the Place, le plus récent film de Paolo Sorrentino (Il Divo). Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 2011, le film avait été finalement écarté du palmarès, au grand dam de ses ardents défenseurs (dont je fais partie). This Must Be the Place sera présenté au Centre PHI, mardi 5 mars à 19h30. Détails ici.

Voici le texte que j’avais pondu le jour de la présentation du film à Cannes.

Il y a trois ans, Sean Penn officiait au Festival de Cannes à titre de président du jury. Il Divo, sélectionné en compétition officielle cette année-là, a valu au cinéaste italien Paolo Sorrentino le prix du jury. Une fois le palmarès annoncé et la Palme d’or attribuée (à Entre les murs de Laurent Cantet), le président s’est amené sur scène pour la photo de famille avec les lauréats.

«C’était alors la première fois que nous avons eu l’occasion de nous parler, Paolo et moi», a raconté hier Sean Penn lors d’une conférence de presse. Je lui ai alors dit que si jamais il avait un projet de film dans lequel il avait un rôle pour moi, c’était quand il voulait, où il voulait, peu importe le sujet. Un an plus tard, j’ai reçu le scénario de This Must Be the Place. J’ai dit oui tout de suite.»

L’acteur a bien fait. Il trouve non seulement dans ce film l’un  des rôles les plus singuliers de sa carrière, mais This Must Be the Place fait sans contredit partie des quelques films «palmables» dont pourrait tenir compte le jury.

L’acteur, lauréat de deux Oscars (Mystic River et Milk), se glisse cette fois dans la peau d’une rock star. Il a 50 ans. On lui donnerait au moins dix ans de plus. Clone outré de Robert Smith, grimé et maquillé comme une bête vieillissante hirsute directement sortie des années 80, celui qu’on appelle Cheyenne, qui vit à Dublin, traîne péniblement sa dégaine comme Ozzie Ozbourne un lendemain de veille. S’étant retiré de la scène depuis 20 ans, l’ancien performer découvre, à la mort de son père un pan de vie inconnu de ce dernier. Pour venger le paternel d’une humiliation subie à Auschwitz, Cheyenne se mettra en tête de pourchasser le bourreau. Qui, présume-ton, vit aux États-Unis.

Un ton décalé

Oui, le sujet est dramatique. Mais Sorrentino emprunte un ton décalé du plus bel effet. Sans être iconoclaste, son humour est quand même ironique, riche en observations, et atteint précisément la cible. Le regard sur la société américaine est d’autant plus digne d’intérêt que ce film, même si tourné aux États-Unis, reste entièrement européen de forme et de fond.

«Paolo et moi avons parlé longuement des questions liées à la dépression quand est venu le moment de composer le personnage, a expliqué Sean Penn. L’impact d’une dépression sur le physique de quelqu’un est très réel. Cela dit, Paolo est l’un des meilleurs cinéastes contemporains. Un acteur a toujours le sentiment de créer quelque chose mais quand il se retrouve entre les mains d’un artiste ayant une véritable vision de son œuvre, le mieux encore est d’écouter. Et de s’abandonner. En fait, j’ai eu le sentiment d’être le tourneur de pages d’un très grand pianiste!»

Visuellement splendide, serti aussi de magnifiques traits de mise en scène, This Must Be the Place, dont le titre est tiré d’une chanson des Talking Heads (reprise aussi par Arcade Fire, fait-on remarquer dans une scène très drôle), se révèle à la fois moqueur et profond. Certaines scènes, très dramatiques, nous ramènent d’ailleurs au cœur de la plus sombre histoire du XXe siècle. La dernière image, simple mais très forte, nous hantera longtemps.

Absent de la conférence de presse de The Tree of Life lundi, dont il est aussi l’une des têtes d’affiche, Sean Penn a précisé hier que dans son esprit, les deux films sont de nature totalement différente. Même s’il incarne, tant sous la direction de Terrence Malick que de celle de Sorrentino, un fils ayant des comptes à régler avec son père, aucune comparaison n’est possible.

«Ces deux films sont si différents que je ne peux même pas commenter, dit-il. Et puis, ils ont été tournés à quelques années de distance!»

Signalons par ailleurs la présence de David Byrne, leader des Talking Heads, dans une séquence musicale qui se prolonge ensuite en une scène-clé sur le plan dramatique.

«David ne voulait pas vraiment jouer mais j’ai réussi à le convaincre!», révèle Paolo Sorrentino, visiblement fier de son coup.


Lien YouTube.

Compte Twitter : @MALussier

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Lundi 25 février 2013 | Mise en ligne à 14h50 | Commenter Commentaires (23)

Oscars : quelle serait la bonne formule ?

85th Academy Awards - Show

Seth MacFarlane (Photo : AP)

Je n’ai pas vraiment vu la cérémonie. Croyez bien que j’étais devant mon écran pourtant. Alors que la plupart des gens pestent contre les longueurs d’une cérémonie qui n’en finit plus, je vois au contraire le temps défiler trop rapidement, pris que je suis à rédiger des textes sur le fil du rasoir. L’annonce des lauréats dans les catégories de pointe se fait habituellement alors que notre heure de tombée approche dangereusement. Hier, on a su qu’Argo enlevait l’Oscar du meilleur film alors qu’il ne restait plus que sept minutes au compteur…

C’est dire que je pourrai évaluer l’ensemble du spectacle le jour où je regarderai la cérémonie à tête reposée. Cela dit, il est clair que la performance de Seth MacFarlane, que j’aime beaucoup habituellement, n’a pas fait l’unanimité, loin de là. Dans les médias américains, on dénonce vertement le mauvais goût de son numéro d’ouverture, notamment la chanson dans laquelle il nomme toutes les actrices ayant été vues les seins nus au grand écran. Le type d’humour que privilégie monsieur MacFarlane ne cadre pas tout à fait dans l’esprit de la plus prestigieuse remise de prix de l’année à Hollywood.

L’Académie est aux prises avec un problème cornélien depuis quelques années. Elle tente désespérément de trouver une formule qui lui permettrait de renouveler (lire «rajeunir») son auditoire, tout en maintenant une tradition qu’elle a elle-même établie, et que tentent d’imiter toutes les autres cérémonies du genre.

Dans sa chronique aujourd’hui, mon collègue Hugo Dumas suggère que les prix qui intéressent moins le grand public (c’est à dire les catégories techniques) soient remis hors d’ondes afin d’écourter un peu la cérémonie. Cela pourrait être une solution en effet. Il est indéniable que le téléspectateur rivé devant son écran de télé aura tendance à zapper ailleurs quand des inconnus, lauréats de l’oscar du meilleur mixage sonore par exemple, montent sur scène pour remercier la Terre entière en général, et leur famille en particulier.

Cela dit, on remet 24 Oscars en tout. C’est beaucoup pour une cérémonie télévisée, certes, mais bien peu en regard des galas consacrés à la musique ou à la télé. Avant qu’on fasse le ménage dans les catégories pour n’en donner finalement «que» 78, on attribuait pas moins de 109 trophées aux Grammy Awards. Chez nous, les Gémeaux en donnent plus d’une soixantaine. C’est complètement ridicule. On voit mal comment l’Académie pourrait multiplier les prix en subdivisant tous les genres cinématographiques possibles et imaginables (l’Oscar du meilleur film d’horreur, l’Oscar de la meilleure comédie romantique, l’Oscar du meilleur film «lamentard», etc.).

On peut reprocher bien des choses à l’Académie, notamment d’avoir dilué la valeur d’une nomination dans la catégorie du meilleur film en élargissant cette catégorie-là à 10 candidats potentiels, mais au moins, elle maintient toujours son aura de prestige. Et refuse d’offrir un hochet à tout le monde. Donc, 24 catégories. Pas une de plus. Il est toutefois vrai que les vainqueurs dans quelques-unes d’entre elles pourraient fort bien être annoncés un peu avant que la visite télévisuelle arrive.

Quant à Seth, je crains fort qu’il ne fasse désormais partie du club des «jamais rappelés», duquel font notamment partie David Letterman et James Franco. Message à l’Académie : suivez le conseil de William Shatner et amenez-nous Tina Fey et Amy Poehler l’an prochain !

Surprise quand même : les premiers rapports indiquent une augmentation significative de la cote d’écoute. Ben coudonc.

Les liens :

Drôle de soirée pas drôle (chronique de Hugo Dumas)

Seth MacFarlane and the Oscars’ Hostile, Ugly, Sexist Night (The New Yorker)

Le grand paradoxe (ma chronique du jour)

Argo entre dans l’histoire (compte-rendu)

TV Ratings : Oscar Telecast Grows… (Hollywood Reporter)

Compte Twitter : @MALussier

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