Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Samedi 19 janvier 2013 | Mise en ligne à 5h32 | Commenter Un commentaire

    Crise ? Quelle crise ? (air connu)

    Taken 2 - 1

    Liam Neeson dans Taken 2

    C’était hier le jour du bilan annuel pour le cinéma français. Devant un parterre constitué de journalistes étrangers, le président d’Unifrance, Antoine de Clermont-Tonnerre, a dévoilé les chiffres témoignant du rayonnement international de films produits dans l’Hexagone. «2012 fut une année totalement exceptionnelle», a-t-il déclaré d’entrée de jeu. On ne peut le contredire là-dessus.

    Bon an mal an, les films français attirent entre 60 et 75 millions de spectateurs hors des frontières de l’Hexagone. L’an dernier, pas moins de 140 millions de spectateurs sont allés voir un film français. Bien entendu, il s’agit d’un record. Comment explique-t-on cette performance remarquable ?

    D’abord, il y a le succès de Taken 2, un film de langue anglaise entièrement produit en France, pourtant exempt de tout esprit français. Avec 42 millions d’entrées pour ce film d’action portant le label Besson, on parle ici de la plus grande performance de l’histoire du cinéma français.

    Cela dit, monsieur le président voit aussi matière à réjouissance dans les succès de films de langue française, surtout ceux d’Intouchables et The Artist (classé film de langue française par l’organisation, bien qu’il s’agisse d’un film muet). À elles deux, ces productions ont aussi totalisé 42 millions d’entrées hors des frontières françaises. À l’arrivée, la répartition des entrées des films français à l’international selon la langue est la suivante : 64,1 % pour les films de langue française; 53,4 % pour les films tournés en langue étrangère. Les autres 22,5% sont l’affaire de films ou la langue française ou étrangère est en minorité.

    Rappelons qu’au Québec, Intouchables a amassé une recette de 3 078 525 dollars aux guichets. C’est plus qu’Omertà (2 738 160 dollars). Un film français plus populaire que le plus grand succès québécois de l’année ? Nous n’avions pas vu cela depuis des lustres.

    Bien conscient de l’effet Taken 2, mais reconnaissant aussi l’effet des succès – aussi exceptionnels qu’inattendus – de films de langue française (5 Oscars pour The Artist notamment), Antoine de Clermont-Tonnerre sait très bien que l’exploit pourra difficilement être répété cette année.

    Une question de ma collègue Odile Tremblay (du Devoir) est toutefois restée sans réponse. Interrogé sur la polémique qui secoue le milieu du cinéma français présentement, monsieur le président a rejeté du revers de la main la notion de crise. «Il n’y a pas de projet précis de révision du système», a-t-il dit avant de couper court à la période de questions.

    Record de fréquentation… (article de l’AFP).

    Le cinéma français en crise (lui aussi !)

    Cette conférence de presse fut suivie par la cérémonie des Lumières, prix attribués par les journalistes étrangers en poste à Paris (même principe que les Golden Globes). Les prix importants ont été partagés entre Amour (film, actrice, acteur) et De rouille et d’os (réalisation, scénario).

    Lors de son passage sur la scène du Gaîté Lyrique, Christian Rioux (un autre collègue du Devoir), qui a présidé l’Académie des Lumières pendant 10 ans, a déploré le peu d’intérêt des médias français envers cette cérémonie, comparativement à l’attention qu’obtiennent les Golden Globes. Mouais.

    On s’entend pour dire que les médias accordent en effet une importance démesurée aux Golden Globes. L’organisation a peu de crédibilité, tout autant que certains journalistes (pas tous) qui en sont membres. Cela dit, la cérémonie des Golden Globes est avant tout un gros show télévisé, qui couvre aussi le domaine du petit écran (ce que ne font pas les Lumières). Et puis, la cérémonie des Lumières ne fait pas l’objet d’une diffusion. Ni à la télé, ni sur le web. Considérant les approximations, les discours lénifiants, et les couacs qui nous ramènent à l’esprit les premières années des César, c’est d’ailleurs bien tant mieux pour tout le monde.

    Michael Haneke n’était pas à la cérémonie hier (il était pourtant à Los Angeles pour les Golden Globes), pas plus que Jacques Audiard. Emmanuelle Riva est toutefois venue chercher sa «panthère» (le nom du trophée des Lumières) sous une ovation. Un hommage fut aussi rendu à celle qui, à 18 ans, fut élue «la plus belle Italienne de Tunis» : Claudia Cardinale. Ces femmes nous ont offert les deux beaux moments de cette soirée.

    L’article d’André Duchesne.


    Compte Twitter : @MALussier


    • Beaux moments & Claudia Cardinale vont particulièrement bien ensemble.

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