Marc-André Lussier

Archive du 10 décembre 2012

Lundi 10 décembre 2012 | Mise en ligne à 16h07 | Commenter Commentaires (8)

Un oubli impardonnable de l’American Film Institute

The Master - 1

Vous le savez : nous en sommes à cette période de l’année où déboulent toutes les listes imaginables. Chaque association locale de critiques, chaque association professionnelle y va de sa propre liste. On ne peut évidemment s’arrêter à chacune d’entre elles et commenter. Nos journées entières y passeraient.

Quand même, deux choses à signaler. Il y a d’abord le palmarès établi par l’Association des critiques de Los Angeles. Puis, les choix du vénérable American Film Institute.

Commençons d’abord par les collègues de la Cité des anges. Qui, contrairement aux autres associations, ont carrément attribué le titre de meilleur film de l’année à un film étranger : Amour (Michael Haneke). Ils ont de surcroît attribué un prix d’interprétation à la grande Emmanuelle Riva (ex aequo avec Jennifer Lawrence – Silver Linings Playbook). Quant au prix du meilleur film étranger, il est allé à Holy Motors (Leos Carax), un choix quand même audacieux. The Master a aussi fait très belle figure sur leur palmarès. Paul Thomas Anderson a récolté le prix de la meilleure réalisation; Joaquin celui du meilleur acteur; et Amy Adams celui de le meilleure actrice de soutien.

Quand on pense que ces critiques vivent au coeur même de Hollywood, ces choix ont quelque chose d’assez glorieux.

Par ailleurs, l’American Film Institute, une institution très respectée, vient aussi de dévoiler sa liste des 10 meilleurs films de l’année (sans ordre précis). Alors que plusieurs observateurs estiment qu’il est difficile de trouver dix films américains dignes de mention cette année, le jury de l’AFI a trouvé le moyen d’écarter The Master de leur liste ! Comment est-ce possible ? Bien entendu, le cinéma est parfois une question de goûts et de couleurs, mais que des professionnels du cinéma ne soient pas à même de reconnaître les qualités exceptionnelles du film de Paul Thomas Anderson, ne serait-ce que sur le plan de la réalisation, cela dépasse l’entendement. D’autant que The Dark Knight Rises, pourtant moins réussi que de The Dark Knight, est invité au bal. À n’y rien comprendre. Mais bon, il y en aura d’autres…

Le palmarès du Los Angeles Film Critics Association.

Le palmarès de l’American Film Institute.

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Lundi 10 décembre 2012 | Mise en ligne à 11h26 | Commenter Aucun commentaire

Distribution en salle : un joueur de moins…

CRAZY - 1
C.R.A.Z.Y.

Le Devoir nous apprenait samedi, sous la plume de Stéphane Baillargeon, la fermeture du service de distribution en salle de la société TVA Films. Cette nouvelle ne surprend évidemment personne. Aucun film portant bannière TVA Films n’a pris l’affiche en salle en 2012. À vrai dire, il faut remontrer jusqu’au 7 octobre 2011 pour trouver un titre lié à cette entreprise : French Immersion !

Vrai que TVA Films a eu moins de flair au cours des récentes années, du moins sur le flanc québécois. Si Piché – Entre ciel et terre compte parmi les succès de l’entreprise, on remarque aussi dans son catalogue des titres comme French Kiss, ainsi que le fameux Pour toujours les Canadiens… Cela dit, la société compte aussi de beaux films à son actif, notamment C.R.A.Z.Y. (Jean-Marc Vallée), Délivrez-moi (Denis Chouinard), et Dédé à travers les brumes (Jean-Philippe Duval).

Le domaine de la distribution de longs métrages en salle est en profonde mutation. C’est d’ailleurs le mois prochain que tombera la décision du Bureau de la concurrence à propos de l’acquisition du géant Alliance Vivafilm par Entertainment One (Films Séville), un autre géant. Si la transaction est approuvée, la distribution en salle au Québec ne sera pratiquement plus l’affaire que d’un seul méga distributeur. Il ne restera plus autour que Métropole Films, qui possède un catalogue très riche en films d’auteurs; Remstar (dont la vocation n’est pas encore bien définie sur le plan artistique), et quelques autres sociétés indépendantes (K Films Amérique, Fun Film, A-Z Films, Axia Films, Filmoption, etc.)*.

En vérité, cela n’est guère rassurant. Ni pour le créateur, ni pour le cinéphile…

* Petite précision : Bien entendu, les distributeurs indépendants font du travail de terrain dans un contexte de plus en plus difficile. Et doivent tirer leur épingle du jeu en dénichant des oeuvres originales. Ces distributeurs n’ont souvent pas les moyens de rivaliser avec les «majors» québécois pour les titres internationaux plus «porteurs» (Audiard, Almodovar, Von Trier et cie). La distribution de ces films-là au Québec fait en effet souvent partie d’une entente globale de distribution en Amérique du Nord. Et le distributeur québécois doit alors harmoniser sa stratégie de lancement à celle du distributeur américain. J’ai dénoncé ce non sens à maintes reprises.

Compte Twitter : @MALussier

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