Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Vendredi 7 décembre 2012 | Mise en ligne à 10h48 | Commenter Commentaires (6)

    La méthode russe…

    Poutine - Meinski

    Vladimir Poutine et Vladimir Medinski
    (Photo : Kremlin.ru)

    Dans la dernière partie de ma chronique hebdomadaire, j’ai fait écho au virage idéologique qu’a pris le gouvernement russe pour le financement du cinéma. N’ébruitez pas trop l’affaire, ça pourrait donner des idées à d’autres. Déjà qu’on partage une date «historique» commune… 1812 ça vous rappelle quelque chose ?

    Quand il a obtenu le Lion d’or de la Mostra de Venise l’an dernier grâce à Faust, une œuvre admirable, le grand Alexandre Sokourov avait expliqué que Vladimir Poutine, alors premier ministre, était personnellement intervenu afin que son film obtienne un financement adéquat. Bien qu’il ait contribué à une réalisation artistique remarquable, le geste n’en était pas moins inquiétant. Cette semaine, Variety faisait écho à un article du journal Izvestia, lequel révélait l’existence d’une lettre envoyée aux cinéastes russes par le ministre de la Culture Vladimir Medinski. Dorénavant, pouvait-on lire, seules les productions abordant des thèmes approuvés par le gouvernement et s’accordant aux «intérêts stratégiques de l’État» obtiendront des fonds publics en Russie.

    Le ministre, nommé par Vladimir Poutine depuis le retour de ce dernier à la présidence, a même dressé une liste de douze sujets «socialement pertinents», basée sur un sondage mené auprès de la population (commandé par le ministère). Seront approuvés les scénarios faisant écho à l’histoire russe, aux victoires militaires et aux héros qui les incarnent, au bientôt 400ème anniversaire de la dynastie Romanov, sans oublier des thèmes plus contemporains liés à la famille, aux malades, au maintien de la loi et l’ordre, et à la lutte contre le terrorisme. Et vous, parasites qui comptez explorer une démarche plus particulière ou remettre en question la probité du régime dans une oeuvre cinématographique, devrez aller chercher du financement ailleurs. Pas de niaisage, ç’tu clair ?

    Faust sorti grâce à Vladimir Poutine (AFP).

    Russian Culture czar issues movie edict (Variety)

    Compte Twitter : @MALussier


    • Je me demande dans quelle catégorie de cette liste se classe l’excellent “Kak ya provel etim letom” (Comment s’est terminé mon été) que j’ai eu le bonheur de visionner hier. Du grand cinéma, peu importe la nationalité.

    • Ministère de la culture ou de la propagande? Imaginez si c’était le cas ici au Québec… Les Russes sont tellement restés avec leurs vieux stigmates… Mais ils nous donnent souvent du bon cinéma…

    • Moi aussi comme ‘’slickster” j’ai eu l’incroyable bonheur de visionner ce film de Popogrebskyi. En fait la question de catégorie (ce pourrait tout aussi un bien être un film de progagande ou d’aventure vantant le courage et la détermination russe) n’a aucune importance, c’est le résultat plutôt qui compte – et ici la réalisation se révèle absolument époustouflante.

    • Ah ben moi itou comme slickster et lavoial j’ai adoré ce film russe. Une confrontation de générations dans un contexte glacial. Un vieux qui le faisait pour la patrie et un jeune dans sa partie de jeu vidéo. C’est deux mondes. Loin de la propagande on voit la Russie comme elle est. Ça paraît simple mais juste pour ça c’est un exploit. De l’ambiance, des silences, ça c’est du cinéma.

      Encore une trouvaille de le TFO! En plus sans pub c’est le paradis. Vous connaissez sûrement les personnes qui s’occupent du cinéma à la télé franco ontarienne, Marc-André ? ça mériterait un blogue!

      Concernant “La méthode russe…” et Poutine je ne peux m’empêcher de faire le lien entre Guzzo et la méthode pop-corn. Deux vision, même combat…

    • Faust de Sokourov est un chef-d’oeuvre. Mais pour l’apprivoiser vraiment il convient de le regarder par intermittence avec patience et détachement à cause des nombreux détails que comportent chaque tableau tout plein de symboles visuellement parlant. Oeuvre difficile coté de 5 *****, ce genre de film peut lasser ou éblouir. Je vais me procurer Faust de Sokourov dès sa sortie en DVD c’est certain.

    • comme dirait le chauffeur du bus , avancez par en arrière

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