Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Mardi 20 novembre 2012 | Mise en ligne à 13h25 | Commenter Un commentaire

    Cinéma québécois : le président de la SODEC fait le point

    Esimesac - 2

    Ésimésac de Luc Picard

    Je reproduis ici dans son intégralité la réaction de François Macerola, président et chef de la direction de la SODEC.

    Depuis quelques jours, certains articles ont été publiés au sujet de la baisse de la fréquentation cinématographique au Québec, et plus particulièrement de celle du cinéma québécois. Il est vrai que 2012 n’est pas une année faste et que peu de films québécois ont connu de grands succès populaires.

    Je crois que cela mérite qu’on s’y arrête. D’ailleurs, j’ai déjà annoncé que la SODEC tiendra une table de réflexion à ce sujet en janvier prochain en collaboration avec des personnalités de talent et d’expérience, dont Michel Côté. Cette lettre veut tenter d’emblée de calmer le jeu et inviter le milieu à résister aux titres alarmistes et aux solutions simplistes.

    Dans un premier temps, j’aimerais rappeler que toutes les cinématographies nationales connaissent des variations annuelles, souvent importantes, en ce qui a trait à leur part de marché. Au cours de la décennie 2000, celle du cinéma québécois a varié du simple au triple (6 % en 2001, 18 % en 2005). Les résultats d’une seule année ne font donc pas une tendance lourde. Il suffit souvent d’un seul grand succès pour augmenter la part de marché du cinéma québécois de 2 % ou 3 %. Alors ne paniquons pas.

    Certains prétendent déjà avoir identifié le coupable : «le manque de comédies populaires». Je tiens à leur rappeler qu’au cours des dernières années, plusieurs comédies populaires ont connu des échecs commerciaux retentissants. On me permettra de ne pas les nommer. D’autres remettent carrément en question la compétence des producteurs et des distributeurs, leur manque de flair pour choisir les scénarios vraiment porteurs. Pourtant, pour une large part, les films québécois de 2012 ont été produits par les mêmes équipes qui ont connu de très grands succès populaires ici au cours des deux ou trois dernières années. La réalité est qu’il n’y a pas de recette magique; chaque film est un prototype dont la réussite n’est jamais assurée.

    D’autres encore reprochent à la SODEC une prétendue réticence face aux films commerciaux. Pourtant, la SODEC a été partie prenante au financement de tous les films québécois les plus populaires de l’année et ce, depuis 2002. Mais elle ne peut et ne doit pas tout miser sur le succès commercial immédiat, elle doit avoir une vision à long terme qui favorise la re-génération permanente de notre cinématographie nationale, développe une relève, encourage le risque et l’innovation.

    Cessons donc de parler de cinéma d’auteur et de cinéma commercial. Parlons plutôt de cinéma de qualité. D’un cinéma qui nous touche et nous rejoint, aussi divers que Starbuck et Incendies, Séraphin et Monsieur Lazhar, C.R.A.Z.Y. ou Les Invasions barbares? D‘un cinéma québécois qui a atteint sa maturité, qui voyage fièrement dans le monde, avec des réussites époustouflantes en France, des nominations à Cannes, Berlin et aux Oscars.

    Ne sautons pas trop vite aux conclusions. Avant d’affirmer qu’il y a crise, prenons un peu de distance et le temps de la réflexion pour analyser sereinement et en profondeur la situation. Après tout, les années se suivent mais ne se ressemblent pas, surtout en cinéma.

    ——————————————–

    Une part de marché au Québec équivaut à environ 1,7 M$ de recettes-guichets. Lorsqu’un film québécois atteint le seuil des 3,5 M$, il accapare à lui seul 2 % de parts de marché; 3 % s’il atteint le seuil des 5 M$.

    L’éléphant dans la pièce (chronique de Marc Cassivi)

    Compte Twitter : @MALussier


    • Avec ce texte et la réplique de Falardeau, on a, il me semble, un portrait assez juste de la situation. Que Guzzo se plaigne pourrait vouloir dire que son modèle d’affaire offre des rendements moins élevés qu’anticipés. Et que ce ne serait, évidemment, pas sa faute. Il devrait peut-être investir dans du maïs soufflé de couleurs voyantes à saveur de sloche

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