Marc-André Lussier

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    Mardi 20 novembre 2012 | Mise en ligne à 15h20 | Commenter Commentaires (12)

    Cinéma québécois : au tour de l’APCQ maintenant…

    APCQ - 1

    La photo de famille (tirée du site de l’APCQ)

    C’est maintenant au tour de l’Association des propriétaires de cinéma du Québec de faire connaître sa position. Rappelons que monsieur Vincent Guzzo est le président de cette association.*

    Le cinéma québécois: notre passion

    Les récentes déclarations de Vincent Guzzo, Vice-président des Cinémas Guzzo et Président de l’APCQ, ont fait coulé beaucoup d’encre. Le but ici n’est pas de répondre aux insultes dirigées envers Monsieur Guzzo et par conséquent à l’égard des propriétaires de cinémas de l’ensemble du Québec. L’Association des propriétaires de cinémas du Québec aimerait clarifier et faire connaître sa position laquelle est endossée par tous ses membres.

    Au début de l’année 2012, l’APCQ s’est doté d’un nouveau logo auquel il a attaché une signature: “Fiers partenaires de la réussite de notre cinéma”. Cette signature n’a pas été ajoutée pour faire “joli” mais bien parce que nous, propriétaires de cinéma, croyons au cinéma québécois et à sa réussite. Nous sommes partenaires, depuis toujours, à faire la promotion de notre cinéma auprès du grand public.

    Le cinéma québécois a connu des années plus fastes que d’autres. Même si nous faisons abstraction de la notion de cinéma d’auteur et de cinéma commercial, il n’en demeure pas moins que la cuvée de l’année 2012 relève plus du cinéma d’auteur que celui qu’on dit commercial.

    Il est difficile de prédire le succès d’un film. On pense que tous les éléments sont présents pour en faire un grand succès et hélas, on s’est trompé! Qui aurait pu prédire les succès de La grande séduction, Incendies, Monsieur Lazar? Même avec plusieurs années d’expérience dans le domaine, il aurait été bien difficile de prédire ces résultats. Malgré tout, nous croyons qu’il est nécessaire de respecter un certain équilibre dans les films produits. Notre cinéma national doit offrir une diversité dans les genres, c’est-à-dire, du film d’auteur à diffusion plus limitée au film commercial à très large diffusion. Oui il est parfois difficile de tracer une ligne définitive entre le film d’auteur et le film commercial comme le souligne Philippe Falardeau. C’est aussi avec notre diversité que nous développons un cinéma qui s’exporte.

    Sachez que le passage du 35mm au cinéma numérique a demandé d’énormes investissements aux propriétaires de cinémas. Les cinémas ont investi plus de 80 millions dans la conversion et ce sans aide de l’état pour plusieurs d’entre eux. L’année 2012 n’est pas l’année escomptée par les propriétaires de cinémas: les obligations face aux investissements, un été décevant en raison de la trop belle température et la rareté des films porteurs. Toutes ces raisons sont bonnes pour expliquer le désappointement face aux résultats de cette année.

    Les propriétaires de cinémas du Québec sont et demeureront les diffuseurs du cinéma québécois tant dans les années fastes que les années moins fastes.

    Bon sang qu’on s’amuse…

    * Notez que la lettre est retranscrite ici intégralement…

    Cinéma québécois : le président de la SODEC fait le point.

    Philippe Falardeau réplique à Vincent Guzzo.

    À quand Occupation double au cinéma ?

    Compte Twitter : @MALussier


    • Dans la mouvance de ce débat animé entre les propriétaires de salle de cinéma et les artisans du cinéma québécois, une constante revient souvent dans les discussions; le financement public des fictions.

      La question du financement des films et autres productions d’œuvres de fiction ne se pose pas en termes de revenue aux guichets ou aux cotes d’écoutes télévisuelles et mêmes aux clics des séries web.

      Comparer par exemple James Bond avec n’importe quel film québécois et même canadien est tout à fait démagogique. Nous avons notre propre culture, mais cela ne nous force pas du même coup à vivre en vase clos et à être imperméables aux blockbusters de ce monde et c’est bien tant mieux!

      Les James Bond et autres mégaproductions sont des phénomènes mondiaux, alors que les productions québécoises ou canadiennes sont bien souvent des phénomènes régionaux qui ne s’exportent quand de très rare cas.

      En ce sens, si nous voulons préserver cette culture de « région », nous n’avons d’autres choix que de financer publiquement notre industrie cinématographique. Contrairement aux États-Unis, nous n’avons pas une culture du mécénat et les portefeuilles privés n’ont pas l’habitude de creuser loin dans leur poche pour financer des œuvres de fiction pour le simple plaisir de préserver notre culture. Pourquoi? Parce que le risque est trop grand de perdre son investissement et parce que le potentiel de revenus n’en vaut pas la chandelle au niveau purement économique.

      Néanmoins, pourquoi ne pas financer des œuvres dites « plus safe »?

      Disons un film avec une grande vedette de la télévision québécoise et un des humoristes les plus médiatisés, le tout réalisé par un réalisateur québécois qui a fait sa renommée aux États-Unis.

      Nous avons ici L’appât avec Guy A. Lepage et Rachid Badouri, réalisé par Yves Simoneau, un des plus gros navets québécois qui se voulait un coup sûr assuré…

      En culture, il n’y a pas de coup de circuit assuré et le financement de cette industrie permet l’embauche de milliers d’employés, qui font tourner en fin de compte l’économie d’ici. Alors, à moins que les Desmarais et Péladeau de ce monde se mettent à financer les fictions pour nos beaux yeux, je doute qu’il y ait une autre alternative au financement public.

    • Lamantard… C’est fou comment un propriétaire d’une chaîne de cinémas peut ne pas aimer le cinéma à ce point là.

    • La lettre est retranscrite avec la faute de français?

      Cette lettre fut envoyée à tous les médias. Celle rédigée en langue française s’est peut-être perdue dans le cyber-espace… M-A. L.

    • Ton très politically correct, j’aime presque mieux Guzzo mais dans ce cas là qu’il parle pour lui et ses cinémas.

      J’aimerais par ailleurs vérifier leur affirmation sur la cuvée 2012 : ” il n’en demeure pas moins que la cuvée de l’année 2012 relève plus du cinéma d’auteur que celui qu’on dit commercial”.

      Est-ce vrai ? Combien de films maintenant sont sortis et que l’on pourrait qualifier plus de cinéma d’auteur comparé à ceux plus dans la lignée du cinéma commercial ? Le pourcentage est-il plus élevé que d’autres années ? Ou bien c’est juste que le succès au box office n’est pas là cette année ?

      Pour les films produits ? C’est pas leur rôle. Eux ils sont dans la diffusion, la programmation, non ?

      Et si c’est plus une année pour le cinéma d’auteur cela devrait pas être une meilleure année pour le Beaubien et l’Excentris ? D’autres facteurs jouent.

    • Dites-moi chers Messieurs, si c’est si difficile d’être propriétaire d’une salle de cinéma, pourquoi ne faites-vous pas autre chose dans la vie? Dans votre lettre, dont le français parfois bien approximatif est décevant (et non pas désappointant), ne fait que répéter un point de vue désolant : les affaires n’ont pas été bonnes, mais ce n’est pas votre faute, c’est la faute à la “rareté ds films porteurs”. Mais porteurs de quoi pour l’amour?!

    • On devrait peut-être créer comme en France une Association des Cinémas d’Art et d’Essai. Cette association créée en 1955 regroupe aujourd’hui 1024 cinémas, plus de 40 à Paris uniquement, avec plus de 2000 salles. Elle est également membre fondateur de la CICAE, Confédération Internationale des Cinémas d’Art & d’Essai, réseau international qui rassemble aujourd’hui 3000 écrans dans 28 pays.

      Cette association, grâce au financement public, mène différentes actions, manifestations et apporte des aides à plusieurs niveaux dans toute la France pour promouvoir le cinéma d’auteur français et d’ailleurs et aussi pour faire découvrir au jeune public le cinéma de Chaplin à Tim Burton en passant par les nouveautés de l’actualité

      Mais existe -t-il vraiment une solution pour la diffusion du cinéma d’auteur ? Même en France, la situation est difficile pour de multiples raisons, voir l’excellent article paru dans Télérama sur le cinéma d’auteur : http://www.telerama.fr/cinema/il-faut-sauver-le-cinema-d-auteur,64724.php . L’article date de janvier 2010 mais il est toujours d’actualité.

      La seule certitude, c’est évident que l’on aider à la création, promotion et diffusion des films comme Tout ce que tu possèdes de Bernard Emond et d’autres également, la question ne se pose même pas…

    • Pendant que les artisans du cinéma se demandent où devrait aller l’argent ils oublient que c’est un des problèmes du cinéma Québécois.

      Cette mentalité que tout doit venir du gouvernement. Ca donne du cinéma de fonctionnaire.

      Quand Dolan a réalisé son premier film avec son argent il y avait une urgence et une énergie particulière. C’était un film vivant. C’est un peu ce qui manque présentement, cet esprit d’entrepreneur. Le gout de prendre des risques.

      On parle beaucoup de l’appât qui est un gros flop. Guy A veut faire du cinéma et il aime ca dire qu’il est millionnaire. Pourquoi est-ce qu’il ne met pas de son argent pour aider des jeunes réalisateurs? Si Lepage investissait dans des films il ne ferait pas des navets comme l’appât.

      C’est ca l’avantage d’investir de ton argent, tu n’as pas le choix de faire de la qualité. Tu vas t’entourer des meilleurs talents (et souvent des jeunes parce qu’ils coutent moins cher).

      A l’époque Harvey Keitel a aidé un jeune réalisateur qui avait une bonne idée de film et du talent. Ca a donné Reservoir Dogs. Ensuite le réalisateur a fondé sa boite de production qui a donné des Pulp Fiction, Kill Bill etc.

      Un film comme Reservoir Dogs n’aurait pas vu le jour dans notre système actuel. L’argent aurait été a un a nom connu qui aurait fait un film convenu. C’est ca le gros problème.

      Et c’est pour ca que l’ONF était bien également, ca permettait a des jeunes réalisateurs de talent de s’éclater.

      Présentement il y a un engourdissement dans le cinéma Québécois. On fait des films très convenus. Très exportables. On veut faire du cash ou on veut l’Oscar du meilleur film étranger (ce qui n’est pas vraiment mieux que de vouloir faire du cash selon moi).

      Il y a beaucoup de films populaires qui sont des navets mais Guzzo n’a pas complètement tort quand il parle des films ‘lamentards’.

      Il est maladroit dans ses propos mais c’est vrai qu’il y a plusieurs films ‘artistiques’ Québécois qui sont poches. Et ce n’est pas de l’anti-intellectualisme, c’est juste qu’on doit être honnête quand on analyse la situation.

    • C’est la faute de la température estivale maintenant…

    • ”Un film comme Reservoir Dogs n’aurait pas vu le jour dans notre système actuel.”

      Notre système n’empecherait aucunement un mécène de financer un projet qui lui tiens à coeur comme Keitel avec Reservoir Dog dans ton exemple.

      Mais ils sont où ces mécènes Québécois prêt à risquer quelques centaines de milliers de dollars avec un risque réel de ne pas faire ses frais et une très faible probabilité de faire un profit substantiel?

      Financièrement parlant, ce n’est pas un bon investissement le cinéma québécois alors seuls des passionnés fortunés prêt à perdre selon toute probabilité beaucoup d’argent pour réaliser leur vision artistique pourrait faire ce que tu suggère. Ils ne courent visiblement pas les rues.

    • @-55-

      Quand je parle de notre système je parle du système de subvention gouvernementale. C’est évident que si un mécène voulait financer un Reservoir Dogs Québécois il pourrait.

      Mon point c’est de dire que le système de subvention n’encourage pas la créativité et les jeunes talents. C’est un système lourd et contre-productif.

      Le fait de mettre de ta propre argent te pousse à en donner plus. Exemple, si Guy A mettait de sa propre argent dans ses films il n’aurait pas fait l’appât et ses autres navets. Probablement qu’il n’aurait même pas joué dans ses films.

      Je n’ai rien contre les films commerciaux et le fait de financer le cinéma avec mes taxes mais s’il-vous-plait, forcez-vous.

    • Crise du cinéma québécois.

      Je lisais vos collègues. Marc Cassivi :” S’il n’y a pas de crise, pourquoi parle-t-on de crise, docteur?”.
      Et Jozef Sikora : ” Une idée reçue persiste depuis plus de trois décennies à Hollywood : les ados et jeunes adultes constituent la clé du succès. Ces derniers temps, cependant, ce segment démographique se révèle de moins en moins fiable, pour preuve les recettes déclinantes au box office au cours des trois dernières années.”

      Tout ça pour dire que la supposé crise n’est pas que québécoise. Nos propriétaires de cinéma devraient en prendre note. S,ila avaient une stratégie pour attirer les “vieux” dans leurs salles, y’en aurait pas de problème !

    • Ce n’est pas assez rentable messieurs? Alors ouvrez vous un mcdo et laissez les artistes tranquille. De toutes façons les salles de cinéma sont vouez à la disparition. Nous vivons à l’époque numérique, tout est accessible tout de suite pour tout le monde.
      Quand nous conviendrons d’une entente où les films ne sont plus obligé d’être présentez en salle avant d’être disponible au public, ses salles seronts vides et là ce ne sera plus rentrable pour vrai.
      Maintenant ceux que l’ont retrouve dans les salles de cinéma, sont soit des vieux nostalgique de la salle sombre, ou des gens qui ont trop hâte de voir le film en question.
      Personne ne me fera croire qu’il préfère aller voir un film de 2h les pieds collé dans la liqueur, entouré d’inconnus qui marmonnent tout le long du film, et que si jamais une petite envie vous prend, tant pis, soit tu te retiens soit tu manque une partie du film. Alors que nous avons maintenant une technologie de pointe à moindre coût directement dans nos salons.

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