Marc-André Lussier

Archive du 2 novembre 2012

Vendredi 2 novembre 2012 | Mise en ligne à 14h53 | Commenter Un commentaire

Patrice Chéreau : artiste d’exception

Chéreau - 1

Je le dis sans ambages : les films de Patrice Chéreau me touchent. Toujours. Même les moins accomplis. Cette façon de pousser les êtres dans leurs derniers retranchements pour les confronter à leur vérité me bouleverse. En filmant toujours au plus près des corps, même dans les élans les plus romanesques de La Reine Margot.

J’ai eu le plaisir d’animer dimanche au Cinéma Excentris une discussion publique avec lui. Pendant plus d’une heure, après la projection de Gabrielle, il s’est prêté avec beaucoup de générosité au jeu de l’interview, et de la séance «questions – réponses».

Chéreau racontait en outre avoir de plus en plus de difficulté à monter ses projets de cinéma. Question de contexte. Cela dit, il a toujours mené en parallèle une remarquable carrière de metteur en scène, tant au théâtre qu’à l’opéra. À cet égard, Chéreau est depuis longtemps une référence.

À Montréal, le metteur en scène est venu pour monter sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde à quelques reprises, le temps de faire une «lecture spectacle» de Coma, un récit autobiographique de l’auteur Pierre Guyotat.

Arrivant pied nus sur la grande scène dépouillée du TNM, Chéreau livre fiévreusement, feuillets à la main, ce texte beau mais exigeant, où l’auteur relate les affres de la dépression, mais exalte aussi le geste créatif. Pendant 75 minutes, l’acteur habite le texte en empruntant un ton exacerbé, qui exige du comédien d’aller souvent au bout de son souffle. Il est particulièrement émouvant de voir ainsi ce grand artiste dans toute son intensité, sa vulnérabilité.

Je crois toutefois que cette «lecture spectacle» est mal servie par le cadre dans lequel elle a lieu. Sur une scène plus intime, dans un plus petit théâtre où les spectateurs entoureraient l’acteur, l’effet serait assurément saisissant. À distance, il est plus difficile de plonger dans l’univers que décrit l’interprète.

Cela dit, les admirateurs de l’artiste d’exception qu’est Patrice Chéreau ne devraient pas manquer ce rendez-vous. Il reste encore quatre représentations.

Les liens :

Coma au Théâtre du Nouveau Monde.

La critique du collègue Luc Boulanger.

Coma :  transmission de parole (interview).

Compte Twitter : @MALussier

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