Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Vendredi 26 octobre 2012 | Mise en ligne à 6h30 | Commenter Commentaires (2)

    Marc-André Grondin : L’homme qui parle

    MAG - 1

    Marc-André Grondin
    (photo : Olivier Pontbriand – La Presse)

    Je reproduis ici la chronique publiée ce matin dans La Presse. J’ai ajouté plus bas un lien vers l’émission des Francs-tireurs consacrée entièrement (ou presque) à Marc-André Grondin. Vous pouvez aussi visionner la bande annonce de L’homme qui rit.

    L’homme qui parle

    «Un Jutra, ça ne vaut rien !» Aux Francs-tireurs il y a deux semaines, Marc-André Grondin a dit de façon très franche ce que tous les acteurs savent déjà. Bien sûr, il est très flatteur d’être célébré par les gens de la profession le temps d’un gala mais au lendemain de la fête, le lauréat d’un trophée soulignant l’excellence dans le domaine du cinéma québécois ne reçoit pas davantage de propositions d’embauche. Il ne voit pas sa «valeur» augmenter non plus. Le Québec est un petit marché. Et les acteurs qui se consacrent uniquement au 7ème art n’ont pas le luxe du choix, du moins pas comme ceux qui reçoivent des distinctions équivalentes ailleurs.

    «Je l’ai dit de cette façon-là parce que ça correspond à la réalité, mais aussi un peu pour relancer le débat, confiait l’acteur hier au cours d’un entretien téléphonique. La soirée des Jutra est un bel événement mais on pourrait en faire quelque chose de plus gratifiant à mon avis. On est dans un système de compétition, de chiffres, de recettes aux guichets. Un lauréat au gala Artis aura probablement plus de chances de décrocher un rôle au cinéma qu’un acteur qui gagne un Jutra. Il n’est pas normal que Guy A. Lepage tourne plus de films que Luc Picard. Mais c’est le système qui veut ça. On prend de moins en moins de risques.»

    Grondin n’a jamais utilisé la langue de bois dans ses interviews. Ayant évolué dans ce milieu toute sa vie (ou presque), il s’est visiblement toujours méfié de la notoriété. Notamment en regard de son statut de «vedette». Et des faux rapports qu’il entraîne.

    Sept ans après avoir été révélé au grand écran grâce à l’excellent film de Jean-Marc Vallée C.R.A.Z.Y., l’acteur amorce aujourd’hui, à 28 ans, un tournant dans sa carrière. Et dans sa vie. À cet égard, le changement de look fait ici figure de symbole. S’étant rasé la tête afin de pouvoir porter des perruques dans le film de Jean-Pierre Améris L’homme qui rit (présenté en clôture du festival Cinemania le 11 novembre), le jeune homme a décidé de maintenir son crâne dénudé pour un moment. Comme s’il remettait en jeu l’image de héros romantique qu’il véhicule malgré lui. Au collègue Lagacé à la télé, MAG expliquait qu’il s’agissait aussi un peu d’une façon de mettre au défi producteurs et cinéastes. Dans la mesure où s’il est vrai que son talent d’acteur est significatif, on devrait en principe pouvoir l’embaucher, même dénué d’ornement capillaire.

    «Je n’ai jamais vraiment cherché l’approbation des autres mais je la cherche encore moins maintenant, rappelait-il hier. J’ai comme envie de défier mon statut pour voir sur quelles bases réelles il repose. J’évolue dans un milieu «phony». On est entourés de gens qui nous disent à quel point on est bons, on est fins, on est mignons. En réalité, on nous vend du rêve. Je suis plus sérieux que jamais dans mon travail. Et probablement meilleur que je ne l’ai jamais été parce que j’ai le goût de prendre des risques. Cela dit, je n’ai pas envie de me conter d’histoires. Je ne veux plus attendre pendant des mois comme je l’ai déjà fait. Aussi bien en avoir le cœur net tout de suite. Au pire, j’aurai quand même du temps pour me retourner de bord et faire autre chose si rien ne se pointe !»

    Depuis le tournage de Vic et Flo ont vu un ours, que Denis Côté (Curling) a tourné récemment, Marc-André Grondin n’a aucun projet de film à son programme. Ni au Québec, ni en Europe. Il espère tomber bientôt sur un scénario «qui l’allume», d’autant que son envie de jouer est très forte.

    «Je dois cela à Podz. C’est lui qui m’a redonné ce goût-là.»

    La déception Dumont

    Qui dit Podz dit L’affaire Dumont. Dont la carrière en salle fut plombée par des controverses inattendues. L’acteur défend toujours le film avec la même conviction.

    «Je l’aime beaucoup, dit-il. J’en suis très fier. Mais je suis déçu de la tournure des événements. Disons que le film n’est pas sorti dans des conditions idéales. En plus, L’affaire Dumont a fait l’objet d’une vendetta de la part de TVA et LCN. À un point où c’en est devenu absurde et ridicule un moment donné. Personne n’a compris pourquoi. C’est une tendance de plus en plus lourde on dirait dans certains médias. On encourage le fast-food mental et cette malbouffe rend le Québec malade. C’est bien dommage.»

    C’est un acteur lauréat d’un Jutra qui le dit.

    Les Francs-tireurs (épisode 373).


    Lien YouTube.

    Compte Twitter : @MALussier


    • J’ai envie de dire à Marc-André Grondin que je trouve son désir d’excellence parfaitement justifié et qu’il fait un travail sincère et compétent comme acteur, mais j’ai envie de lui dire aussi qu’il ne travaille pas toujours avec les bonnes personnes — hormis Denis Côté qui fait un véritable travail de réalisation et de recherche de ton, et quelques autres que je ne connais sans doute pas.

      Personnellement, la bande-annonce de DUMONT ne me donne pas envie d’aller le voir. Il m’était arrivé la même chose avec POLYTHECHNIQUE: une réalisation lourde, appuyée, le regard hanté du craquepote, sur fond musical Moby, etc… Même aversion épidermique, sensitive, auditive avec DUMONT.

      On devrait trouver des cinéastes moins affectés par l’usine à saucisses ”gros pathos” à la Fabienne Larouche, ou tout est souligné, expliqué, hurlé, formaté.

      Nos cinéastes, jeunes et plus vieux — et producteurs également, devraient retourner en arrière et apprendre comment des Krzysztof Kieślowski (Les 10 commandements, Trois Couleurs) et Tarkovsky (The Sacrifice) travaillaient, ou comment s’y prennent maintenant les frères Cohen, Anderson, Nicolas Winding Refn (Drive) etc…

      On a déjà assez à subir les téléromans à la télé, on a pas besoin de se les taper sur un écran de cinéma, il me semble.

    • Il manque un je ne sais quoi à notre cinéma. Justement Jutra amenait ça. Comme dit fruitloops DUMONT, POLYTECHNIQUE, ETC… C’est comme trop formaté. C’est comme ça, des Jutra il n’en pleut pas!

      Il faut le dire il ne faut pas faire du cinéma avec la TV. C’est notre problème. Combien de navets avec Guy A Lepage et le passage raté de Marc Labrèche. Il y a la TV et le cinéma, c’est pas pareil. Il faudrait le dire à Podz.

      Vu comme ça évidemment un Jutra ça vaut rien. Vu autrement Jutra vaut tout ça, et c’est bien comme ça!

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