Marc-André Lussier

Archive, octobre 2012

Mercredi 31 octobre 2012 | Mise en ligne à 7h33 | Commenter Commentaires (9)

Ça ne s’invente pas !

Savez comment s’intitulera Silver Linings Playbook en France ? Happiness Therapy !

Ça ne s’invente pas.

Remarquez que la France n’a pas le monopole des titres un peu étranges. Nous sommes parfois bien servis de notre côté aussi. Cela dit, la version française du nouveau film de David O’Russell, qui sort en salle chez nous le 21 novembre, s’intitulera Le bon côté des choses au Québec.


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Vendredi 26 octobre 2012 | Mise en ligne à 6h30 | Commenter Commentaires (2)

Marc-André Grondin : L’homme qui parle

MAG - 1

Marc-André Grondin
(photo : Olivier Pontbriand – La Presse)

Je reproduis ici la chronique publiée ce matin dans La Presse. J’ai ajouté plus bas un lien vers l’émission des Francs-tireurs consacrée entièrement (ou presque) à Marc-André Grondin. Vous pouvez aussi visionner la bande annonce de L’homme qui rit.

L’homme qui parle

«Un Jutra, ça ne vaut rien !» Aux Francs-tireurs il y a deux semaines, Marc-André Grondin a dit de façon très franche ce que tous les acteurs savent déjà. Bien sûr, il est très flatteur d’être célébré par les gens de la profession le temps d’un gala mais au lendemain de la fête, le lauréat d’un trophée soulignant l’excellence dans le domaine du cinéma québécois ne reçoit pas davantage de propositions d’embauche. Il ne voit pas sa «valeur» augmenter non plus. Le Québec est un petit marché. Et les acteurs qui se consacrent uniquement au 7ème art n’ont pas le luxe du choix, du moins pas comme ceux qui reçoivent des distinctions équivalentes ailleurs.

«Je l’ai dit de cette façon-là parce que ça correspond à la réalité, mais aussi un peu pour relancer le débat, confiait l’acteur hier au cours d’un entretien téléphonique. La soirée des Jutra est un bel événement mais on pourrait en faire quelque chose de plus gratifiant à mon avis. On est dans un système de compétition, de chiffres, de recettes aux guichets. Un lauréat au gala Artis aura probablement plus de chances de décrocher un rôle au cinéma qu’un acteur qui gagne un Jutra. Il n’est pas normal que Guy A. Lepage tourne plus de films que Luc Picard. Mais c’est le système qui veut ça. On prend de moins en moins de risques.»

Grondin n’a jamais utilisé la langue de bois dans ses interviews. Ayant évolué dans ce milieu toute sa vie (ou presque), il s’est visiblement toujours méfié de la notoriété. Notamment en regard de son statut de «vedette». Et des faux rapports qu’il entraîne.

Sept ans après avoir été révélé au grand écran grâce à l’excellent film de Jean-Marc Vallée C.R.A.Z.Y., l’acteur amorce aujourd’hui, à 28 ans, un tournant dans sa carrière. Et dans sa vie. À cet égard, le changement de look fait ici figure de symbole. S’étant rasé la tête afin de pouvoir porter des perruques dans le film de Jean-Pierre Améris L’homme qui rit (présenté en clôture du festival Cinemania le 11 novembre), le jeune homme a décidé de maintenir son crâne dénudé pour un moment. Comme s’il remettait en jeu l’image de héros romantique qu’il véhicule malgré lui. Au collègue Lagacé à la télé, MAG expliquait qu’il s’agissait aussi un peu d’une façon de mettre au défi producteurs et cinéastes. Dans la mesure où s’il est vrai que son talent d’acteur est significatif, on devrait en principe pouvoir l’embaucher, même dénué d’ornement capillaire.

«Je n’ai jamais vraiment cherché l’approbation des autres mais je la cherche encore moins maintenant, rappelait-il hier. J’ai comme envie de défier mon statut pour voir sur quelles bases réelles il repose. J’évolue dans un milieu «phony». On est entourés de gens qui nous disent à quel point on est bons, on est fins, on est mignons. En réalité, on nous vend du rêve. Je suis plus sérieux que jamais dans mon travail. Et probablement meilleur que je ne l’ai jamais été parce que j’ai le goût de prendre des risques. Cela dit, je n’ai pas envie de me conter d’histoires. Je ne veux plus attendre pendant des mois comme je l’ai déjà fait. Aussi bien en avoir le cœur net tout de suite. Au pire, j’aurai quand même du temps pour me retourner de bord et faire autre chose si rien ne se pointe !»

Depuis le tournage de Vic et Flo ont vu un ours, que Denis Côté (Curling) a tourné récemment, Marc-André Grondin n’a aucun projet de film à son programme. Ni au Québec, ni en Europe. Il espère tomber bientôt sur un scénario «qui l’allume», d’autant que son envie de jouer est très forte.

«Je dois cela à Podz. C’est lui qui m’a redonné ce goût-là.»

La déception Dumont

Qui dit Podz dit L’affaire Dumont. Dont la carrière en salle fut plombée par des controverses inattendues. L’acteur défend toujours le film avec la même conviction.

«Je l’aime beaucoup, dit-il. J’en suis très fier. Mais je suis déçu de la tournure des événements. Disons que le film n’est pas sorti dans des conditions idéales. En plus, L’affaire Dumont a fait l’objet d’une vendetta de la part de TVA et LCN. À un point où c’en est devenu absurde et ridicule un moment donné. Personne n’a compris pourquoi. C’est une tendance de plus en plus lourde on dirait dans certains médias. On encourage le fast-food mental et cette malbouffe rend le Québec malade. C’est bien dommage.»

C’est un acteur lauréat d’un Jutra qui le dit.

Les Francs-tireurs (épisode 373).


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Mercredi 24 octobre 2012 | Mise en ligne à 21h52 | Commenter Commentaires (4)

Skyfall : Encore deux semaines? Sérieux?

Skyfall - Affiche US 1

On comprend mal les stratégies qu’empruntent les grands studios parfois. Depuis quelque temps, il arrive de plus en plus fréquemment dirait-on que de grandes superproductions attendues prennent d’abord l’affiche en Europe avant d’aboutir en Amérique. Cette année, ce fut notamment le cas de Prometheus, ou de Ice Age 4 (pour ne citer que deux exemples qui me viennent spontanément à l’esprit). Habituellement, le décalage entre les sorties sur les deux continents ne dépasse guère une semaine, cela dit. Je parle évidemment ici de films hollywoodiens qui prennent l’affiche en Europe avant l’Amérique. Le décalage peut parfois être beaucoup lus long dans l’autre sens.

Skyfall prend l’affiche en Grande-Bretagne et en France dès vendredi. Or, le James Bond no. 23 prendra l’affiche seulement deux semaines plus tard en Amérique du Nord (le 9 novembre). Compte tenu de l’imposante couverture médiatique qu’entraîne tout ce qui est lié aux aventures du plus célèbre agent secret de Sa Majesté, ce décalage me semble exagéré. D’autant que Skyfall, que j’ai eu le plaisir de voir en projection de presse à New York la semaine dernière, comporte des surprises qu’il vaut mieux ne pas connaître avant de voir le film. Bien honnêtement, je trouve qu’on abuse un peu de la patience des spectateurs nord-américains dans ce cas-ci.

Voici une chronique que j’ai écrite la semaine dernière sur Bond.

C’est un genre d’exploit. Peut-être encore plus spectaculaire que la plus palpitante des poursuites sur la Tamise. Pendant toute la durée de la production de Skyfall, le nouveau James Bond, aucun élément du scénario n’a filtré publiquement, si ce n’est la présence de Javier Bardem dans le rôle du vilain de l’histoire. En cette ère où la moindre rumeur trouve instantanément son chemin dans les médias sociaux, les productions d’envergure ont pourtant beaucoup plus de mal à garder leurs secrets. Bien sûr, des clauses de confidentialité sont habituellement incluses dans les contrats des artisans, mais il est quand même assez rare qu’aucune information ne coule d’une façon ou d’une autre. «Dans le contexte dans lequel on évolue, on ne peut exercer un contrôle absolu, faisait remarquer lundi le producteur Michael G. Wilson. Même si on essaie de réduire les risques de fuites le plus possible, il reste quand même qu’environ 300 copies du scénario circulent.»

En Grande-Bretagne, Skyfall prend l’affiche vendredi prochain, deux semaines avant sa sortie en Amérique du Nord (le 9 novembre). Or, des rencontres de presse ont déjà été tenues à New York. Les journalistes britanniques ont aussi vu le film. C’est dire que les mystères ont été révélés au grand jour à des dizaines de scribes. Et le risque que quelques-uns d’entre eux en disent trop est aujourd’hui beaucoup plus grand.

«C’est fou, commentait le réalisateur Sam Mendes. J’ai mis la touche finale au film mardi dernier et trois jours plus tard, je lisais déjà des critiques !»

Les journaux spécialisés, Variety, Hollywood Reporter et compagnie, se sont en effet empressés de publier leur recension, sans toutefois vendre la mèche à propos des points forts de l’histoire. Sur les réseaux sociaux, plusieurs journalistes – la plupart sont emballés par Skyfall – n’ont pu s’empêcher de faire écho à leur enthousiasme. Quelques-uns d’entre eux ont même écrit sur Twitter qu’il s’agit carrément du meilleur film de la franchise. D’autres prédisent une nomination aux Oscars pour Bardem. Un autre a demandé qu’on prévienne Mendes car il compte l’embrasser sur la bouche la prochaine fois qu’il le croisera…

Le plus beau de l’affaire : les secrets du film sont toujours bien gardés. Ceux-ci n’ont rien de «choquant» remarquez, mais il est clair qu’avec Skyfall, on tente de donner un nouvel élan aux aventures du plus célèbre agent secret de Sa Majesté. Indéniablement, on amorce un nouveau cycle.

Relancer la série

Il est à noter que ce James Bond no. 23 n’a pas été conçu spécifiquement pour célébrer le 50e anniversaire de la plus ancienne série cinématographique du monde. Cela dit, les producteurs n’ont pas voulu rater leur coup non plus. Même si l’opus précédent, Quantum of Solace, fut un très grand succès commercial, personne (ou presque) n’en fut satisfait. Ni le public, ni ses artisans. Au palmarès des films de la série, Quantum of Solace est souvent classé parmi les pires. Daniel Craig, qui enfile le costard de 007 pour une troisième fois dans Skyfall, avait d’ailleurs déclaré qu’ils (les artisans de Quantum) s’étaient «fait baiser», piégés par une production minée par un conflit. «On avait à peine une ligne directrice en guise de scénario et on n’a rien pu y faire à cause de la grève des scénaristes. Je me suis répété : plus jamais ça !». Le message, visiblement, a été entendu.

Faisant jusque là appel à d’habiles faiseurs, Barbara Broccoli et Michael G. Wilson ont cette fois embauché une pointure. Sam Mendes, lauréat d’un Oscar (American Beauty), fait partie de ces cinéastes capables de proposer une vision d’auteur, tout en respectant le «cahier des charges». Aussi, les scénaristes (le très respecté John Logan – Gladiator, Hugo – a travaillé au script avec les vétérans Neal Purvis et Robert Wade) ont tenu à camper l’intrigue dans un contexte plus réaliste, histoire de faire écho à un monde pour le moins différent de celui dans lequel Dr. No est né.

Surtout, on a voulu confronter cette fois James Bond à un rival de taille, aussi flamboyant qu’inquiétant. À cet égard, la rencontre au sommet entre Daniel Craig et Javier Bardem comble les attentes.

À New York, l’acteur espagnol racontait à quel point il était impressionné par la mythologie entourant les films de James Bond. Il en avait même perdu sa concentration lors du tournage d’une scène. «Et une autre fois, Judi Dench avait oublié d’éteindre son téléphone. J’ai craqué quand je me suis rendu compte que la sonnerie de son portable était le motif musical de Bond !»

Pas étonnant qu’avec une telle résonance dans l’imaginaire collectif, tout le monde se fait complice pour ne gâcher le plaisir de personne. Il y a d’ailleurs fort à parier que la consigne soit toujours respectée entre spectateurs une fois le film à l’affiche. Et c’est très bien ainsi.

Pour vous faire patienter un peu :


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