
De The Prime of Miss Jean Brodie à Half Nelson, en passant par Dead Poets Society, Dangerous Minds et, du côté franco, Entre les murs et Monsieur Lazhar, le milieu scolaire a souvent servi de cadre dramatique formidable.
Detachment, nouvelle offrande de Tony Kaye (American History X) relate le parcours d’Henry Barthes, un prof appelé à travailler dans une école réputée «difficile». Pauvreté, misère psychologique, violence, bref tout y est prévisible mais le portrait n’en tire pas moins sa vérité. Ce prof parvient toutefois à attirer l’attention de ses élèves grâce d’abord à son stoïcisme (il ne répond pas aux provocations violentes), de même que par une empathie souterraine que capteront certains d’entre eux.
Le récit n’évite pas les clichés pour autant. Henry prend sous son aile une jeune toxico prostituée ; fait naître malgré lui un sentiment amoureux dans le cœur d’une élève qui n’avait jamais eu droit à un regard bienveillant, ni à l’école ni chez elle ; les difficultés avec la direction, etc. Cela dit, Kaye verse rarement dans le bon sentiment. Son approche évite toute forme d’angélisme.
Surtout, Detachment bénéficie d’une interprétation remarquable d’Adrien Brody. L’acteur, lauréat d’un Oscar pour The Pianist (Polanski), offre ici une composition à la fois vibrante et subtile, qui aurait certainement pu lui valoir une attention plus grande si ce film avait eu droit à une diffusion digne de ce nom. Marcia Gay Harden, James Caan, Lucy Liu, Tim Blake Nelson, Blythe Danner, et d’autres, entourent l’acteur très solidement.
Detachment n’est pas un chef d’œuvre, mais ce drame affiche quand même un calibre bien supérieur à plusieurs des productions insignifiantes qui polluent nos écrans. D’abord lancé l’an dernier au Festival de Tribeca, Detachment a notamment obtenu le prix de la critique au Festival du cinéma américain de Deauville. Il figure aussi au palmarès du Festival international du film de Tokyo (meilleure contribution artistique).
Ce film nous est arrivé directement en Blu-ray / DVD, sans avoir droit à une sortie commerciale. Trouvez l’erreur.
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pezzz
30 août 2012
01h58
Trouvez l’erreur effectivement. À date, c’est dans mon top 5, voire top 3 pour l’année 2012. Évidemment, la grosse saison arrive, mais c’est néanmoins un film à voir sans l’ombre d’un doute.
La mise en scène un peu à la documentaire par moments nous fait parfois oublier qu’on a affaire à une fiction. J’imagine que ça aide à rendre le récit beaucoup moins racoleur, malgré les clichés.
pezzz
30 août 2012
02h02
Oh et…merci beaucoup pour le billet sinon, les chances auraient été faibles que j’y prête attention!
lavoial
2 septembre 2012
09h45
J’ai bien apprécié, malgré les situations un peu forcées par endroits (sans oublier les clichés que vous mentionnez). La forme qui mélange à la fois le documentaire et la fiction (et le journal de bord) ne manque pas d’intérêt aussi qui donne un rythme particulier au film, au risque même d’un certain éparpillement,à force de vouloir ratisser trop large. A noter le caractère réflexif du personnage mis de l’avant et qui mérite d’être souligné.