Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Mardi 7 août 2012 | Mise en ligne à 17h21 | Commenter Commentaires (2)

    FFM : dans sa continuité…

    FFM 12 - Affiche

    La conférence de presse dévoilant la programmation du 36e Festival des films du monde de Montréal a eu lieu ce matin. Comme il fallait s’y attendre, on trouve peu de grands noms parmi les auteurs des films retenus dans la compétition mondiale. Claude Gagnon, Jan Troëll, et Safi Nebbou mis à part, la plupart des cinéastes prenant part à la course restent inconnus au bataillon. Il n’y a guère lieu de s’en étonner. La Mostra de Venise, qui commence six jours après le FFM, a repris du poil de la bête et aligne désormais autant de pointures que le Festival de Cannes. D’ailleurs, on annonçait aujourd’hui l’ajout de The Master (Paul Thomas Anderson) dans la compétition vénitienne. Rien que ça.

    FFM : Claude Gagnon en compétition officielle (André Duchesne).

    J’ai par ailleurs soulevé, lors de la période de questions, l’épineuse question du sous-titrage. Grave problème sur lequel bon nombre de cinéphiles francophones attirent notre attention, bon an mal an. Hormis les films présentés dans la compétition mondiale, qui ont droit à un sous-titrage électronique, la très grande majorité des films étrangers montrés au FFM comportent des sous-titres anglais. Ne vous attendez pas à un grand changement à cet égard cette année. Danièle Cauchard, directrice générale du FFM, a évoqué le manque de ressources financières, et aussi le fait que toutes ces productions étrangères choisissent d’emblée les sous-titres en anglais pour tenter de percer le marché international. Elle a aussi évoqué la possibilité, éventuellement, d’alterner la langue des sous-titres (une séance en anglais, une autre en français) dans la mesure du possible, c’est à dire, quand la technologie de projection le permet, notamment grâce au format DCP (Digital Cinema Package). Mais on parle ici de cas exceptionnels pour l’instant. Vous êtes prévenus.

    En attendant, voici la liste complète des films retenus dans la compétition mondiale, tels que décrits dans le communiqué :

    17 longs métrages en provenance de 16 pays et 11 courts métrages seront présentés dans la Compétition mondiale. Tous ces films sont des premières mondiales et internationales.

    KARAKARA de Claude Gagnon (Canada / Japon) avec Gabriel Arcand, Youki Kudoh, Megumi Tomita, met en scène Pierre, un intellectuel, professeur à la retraite dans la soixantaine, qui entreprend un voyage à Okinawa en compagnie de Junko, une femme mariée de 40 ans qui a fui le domicile conjugal. Pierre est plutôt confus et hésite à poursuivre cette nouvelle relation inattendue. Mais pris d’un élan difficile à expliquer, il décide de suivre sa destinée…

    Dans le film LES AILES (WINGS) de Yazhou Yang et Bo Yang (Chine), Xiaobei, une jeune fille ayant accepté un contrat de mère porteuse, tente de se suicider, mais elle est recueillie par une mère monoparentale dont le fils plus âgé s’éprend d’elle.

    ANATAE (DEAREST) de Yasuo Furuhata (Japon) avec Ken Takakura, Yuko Tanaka, Koichi Sato. En réalisant le vœu de sa femme, aujourd’hui décédée, un homme finit par comprendre les motivations de la défunte.

    Dans le film autrichien ANFANG 80 (COMING OF AGE) realisé par Sabine Hiebler et Gerhard Ertl, deux octogénaires interprétés par Karl Merkatz, Christine Ostermeyer tombent amoureux et décident de vivre leur passion jusqu’au bout même s’ils savent que le temps est compté.

    Le film PLACE DES FLEURS (CVJETNI TRG) de Krsto Papic (Croatie), un homme ordinaire se trouve pris dans les griffes de la mafia qui est elle-même contrôlée par des entrepreneurs corrompus : quelques drames, des péripéties et une bonne dose d’humour…

    L’Espagne est présente avec deux films : MIEL DE NARANJAS de Imanol Uribe avec Iban Gárate, Blanca Suárez, Karra Elejalde, qui se déroule pendant les années 50 alors que la Guerre civile est terminée mais que la répression continue impitoyablement. Un jeune homme qui a trouvé un emploi au palais de justice devient le témoin d’atrocités. Il devrai choisir son camp…

    LES ENFANTS SAUVAGES (ELS NENS SALVATGES) de Patricia Ferreira (Espagne) met en scène trois adolescents de milieux différents qui rêvent de liberté et se révoltent contre leur entourage, avec des conséquences dramatiques.

    Le film polonais TRAQUE (OBLAWA) de Marcin Krzysztalowicz avec Marcin Dorociński, Maciej Stuhr, Sonia Bohosiewicz, se situe pendant l’automne de 1943, en Pologne. La chasse aux délateurs conduit un résistant sur les lieux d’un massacre des membres d’une escouade de résistants contre les forces de l’Occupation.

    Dans L’EXPIATION de Alexander Proshkin (Russie), Sasha survit comme elle peut, prise entre sa fidélité au souvenir de son père mort pour la patrie et sa mère, Ekaterina, qui fréquente les Allemands pour avoir de la nourriture. Mais bientôt, elle va faire la connaissance d’August. Aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale sur la vie de leur couple, vont s’ajouter celles du régime stalinien.

    CLOSED SEASON (ENDE DER SCHONZEIT) de Franziska Schlotterer (Allemagne / Israël) avec Brigitte Hobmeier, Hans-Jochen Wagner, Christian Friedel. En 1942, un Juif, Albert, fuit les Nazis. Après avoir échoué à traverser la frontière, il est aidé par Fritz, un fermier qui le cache dans la grange de sa ferme isolée dans les montagnes de la Forêt-Noire. En échange, Albert aide Fritz à la ferme. Fritz et Emma sont la risée des gens du village parce qu’ils n’ont pas d’enfants après tant d’années de vie commune. Profitant de la présence d’Albert, Fritz lui demande de coucher avec sa femme…

    Dans INVASION de Dito Tsintsadze (Allemagne / Autriche) un homme, devenu veuf récemment, est abordé par une femme qui se dit amie de sa femme défunte et bientôt, par tous les membres de la familles qui peu à peu envahissent sa vie, et ce qui lui semblait une agréable diversion va bientôt se transformer en menace…

    Dans LE WEEKEND de Nina Grosse (Allemagne) avec Katja Riemann, Sebastian Koch, Tobias Moretti, un ancien terroriste de la Fraction Armée rouge en Allemagne, sort de prison après 18 ans derrière les barreaux. Les retrouvailles avec sa bande d’autrefois ne sont pas sans heurts.

    Le réalisateur Jan Troëll nous apporte son dernier film THE LAST SENTENCE (DOM ÖVER DÖD MAN). Torgny Segerstedt, l’un des plus grands éditeurs du XXe siècle et pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Suédois le plus admiré au Danemark et en Norvège, mena une guerre en solitaire contre Hitler et le régime nazi. Des grandes personnalités du monde économique aux dirigeants politiques, en passant par le Roi de Suède en personne, tous s’efforcèrent de le faire taire, par crainte de représailles de la part de l’Allemagne.

    SHANGHAI GYPSY de Marko Nabersnik (Slovénie) raconte l’histoire de la famille Mirga, à travers quatre générations. Pour gagner sa vie, Belmondo est impliqué dans toutes sortes de trafics, lui donnant un pouvoir et une influence grandissantes. Avec la chute de la Yougoslavie, la contrebande de drogues est vite remplacée par celle des armes. Bien que ce nouveau trafic s’avère lucratif, il commence à menacer la vie de Belmondo, soudain obligé de faire des choix.

    TWO JACKS de Bernard Rose (U.S.A.) avec Sienna Miller, Billy Zane, Danny Huston, Jacqueline Bisset, Jack Huston. Réalisateur réputé, Jack Hussar retourne à Los Angeles après une longue absence. Il fait la connaissance de Brad, un admirateur qui veut percer dans le métier. Brad s’attache à Jack, l’invite aux soirées importantes et lui présente les grands producteurs. Jack a un faible pour les jolies femmes et entame une relation avec Diana… Des années plus tard, Jack, son fils, qui porte le même prénom, arrive à Hollywood dans le but de tourner son premier film…

    COMME UN HOMME de Safi Nebbou (France) avec Émile Berling et Charles Berling met en scène un jeune homme, Louis, 16 ans, qui est le fils du proviseur de son lycée. Greg, son meilleur ami, est sous la menace d’un renvoi définitif après avoir agressé sa jeune prof d’anglais. Pour se venger, il décide de la kidnapper.

    OÙ BRÛLE LE FEU de Ismael Gunes (Turquie) raconte une histoire de crime d’honneur. Ayşe tombe malade. Hospitalisée d’urgence, elle peut compter sur sa famille, qui la soutient dans cette épreuve. Les médecins constatent que la jeune fille est enceinte. Elle refuse de dévoiler le nom du père de son enfant. La famille qui l’avait soutenue pendant les moments difficiles veut aujourd’hui la tuer pour cet affront. Osman, le père, est chargé d’exécuter la sentence. C’est ainsi qu’il entreprend un voyage avec sa fille…

    COURTS MÉTRAGES EN COMPÉTITION

    MACPHERSON de Martine Chartrand (Canada) Produit par l’Office national du film du Canada, ce court métrage sera présenté en ouverture du Festival
    DAYS OF AWE de Rehana Rose Khan (Royaume-Uni)
    LA TIRICIA O DE COMO CURAR LA TRISTEZA de Ángeles Cruz (Mexique)
    LAS TARDES DE TINTICO de Alejandro Garcia Caballero (Mexique)
    LE BANQUET DE LA CONCUBINE de Hefang Wei (France / Canada)
    LE PETIT NUAGE de Renee George (États-Unis)
    NORMAN CATHERINE CURRICULUM VITAE de Paulene Abrey (Afrique du sud
    PERSONNE(S) de Marc Fouchard (France)
    REMEZ de Adi Bar Yossef (Israël)
    SNAPSHOT de Cesar Salmeron (Australie)
    ZIMMER 606 de Peter Volkart (Suisse)

    Voici maintenant la bande annonce de Million Dollar Crocodile, le film de Lisheng Lin qui ouvrira la manifestation le 23 août. Le FFM joue dans les plate-bandes de Fantasia maintenant ?


    Lien YouTube.

    Compte Twitter : @MALussier


    • N’ayant pas connu l’âge d’or du FFM, je vis bien avec l’image actuelle du FFM. De toute façon, la Montréal estivale regorge de festivals denvergure internationale . Que Toronto s’en fasse accroire en se faisant le fer de lance du cinéma hollywoodien, tant mieux pour elle.

      Si j’ai bien lu, le FFM des dernières années a concentré sa mission sur les films du monde. Ce qui donnerait une occasion unique de voyager, de voir le monde en numérique, de faire le tour du monde en 80 films, etc. J’avoue que j’aime cette vision.

      Par contre, là où le bât blesse, c’est la façon de le faire. Mon ouverture sur le monde se fait dans ma langue, à partir des références langagières que je connais et reconnais. Je m’attends donc à lire des sous-titres en français. Sauf que ce n’est pas ce qui m’attendais quand je me suis présenté aux guichets la dernière fois.

      Oser prétendre à l’ouverture d’esprit des cinéphiles masque l’incompétence crasse des programmateurs à nous offrir une liste de films sous-titrés dans notre langue. On s’en fout du marché international et des raisons blablabla. Démerdez-vous pour vous adresser à votre clientèle dans sa langue. Ou alors assumez-vous et allez présenter votre programmation dans des régions aussi francophones que Red Deer ou Flin Flon.

    • Mais le problème du FFM, est-ce Toronto et son TFF ? Le FFM, a ma connaissance, était un incontournable dans les années 80, est-ce que parce qu’il attire moins de vedettes que les critiques aiment pas ou est-ce la programmation ?

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